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SOUVENIRS POLITIQUES

boursés on eut recours à un emprunt de $4,000,000. Ce fut le commencement de notre dette provinciale.

L’année suivante, en 1875, le gouvernement fit voter un octroi additionnel de $1,500 par mille à sept de ces compagnies. Cette augmentation était d’autant plus surprenante que le trésorier, M. Robertson, avait déclaré, en faisant voter la première subvention, que les ressources de la province ne permettaient pas de donner un sou de plus pour les chemins de fer.

C’est aussi vers la même époque que M. Ruggles Church, devenu trésorier, voulut assurer le parachèvement des chemins de fer du Nord et de Colonisation. Pour cet objet les Chambres l’autorisèrent à faire un second emprunt de $4,000,000. On comprend quel appât fut pour les spéculateurs la perspective de ces grandes dépenses d’argent. Des députés et des ministres avaient des intérêts dans ces chemins de fer. Tous comprenaient bien l’influence énorme qu’une telle politique allait leur permettre d’exercer. Les députés sollicitaient les ministres et ceux-ci se montraient d’autant plus faciles à convaincre qu’ils y trouvaient eux-mêmes leur compte. Ces députés ainsi intéressés contrôlaient vraiment la Chambre, ce qui faisait dire plus tard par M. DeBoucherville au lieutenant-gouverneur que son gouver-