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SOUVENIRS POLITIQUES

La session fut ouverte le 4 juin 1878, avec la solennité ordinaire. La première question sur laquelle les deux partis politiques allaient essayer leurs forces respectives, c’était celle de l’élection de l’orateur. Si le candidat des ministres était défait, c’était la preuve qu’ils ne commandaient pas la majorité dans la Chambre, et, dans ce cas, il ne leur restait qu’une chose à faire : offrir leur résignation.

La population de Québec si sympathique au nouveau ministère s’était rendue en foule pour assister à cette épreuve décisive. Elle accueillit avec une grande joie l’élection de M. Arthur Turcotte, député des Trois-Rivières.

M. Chapleau, le chef de l’opposition, injuria M. Turcotte ; il l’accusa de trahison, de lâcheté, etc., etc. M. Turcotte depuis longtemps déjà, bien que conservateur, avait donné des marques non équivoques d’indépendance ; c’est là ce qui avait engagé M. Joly à lui offrir la position d’Orateur, position qui avait autrefois été occupée avec honneur par le père du député des Trois-Rivières. M. Chapleau qui insistait si fortement sur la fidélité que l’on doit à son parti mettait en oubli les déclarations qu’il avait faites l’année précédente, dans un grand discours sur le progrès. Il trouvait alors qu’il n’y avait pas de crime à s’associer aux libéraux :

« Le gouvernement de Québec, disait-il,