Page:Langlois - Le couronnement de Louis.djvu/107

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mais, car se venu ne feussiés, l’apoinctement de Corbault et de moy contenoit que je me devoie a lui soubzmettre et lui rendre ce chastel et ung aultre, ouquel a moult grant et noble clergié, qui tout devoit estre serf a luy et subgect. Or vous a Dieux et bonne fortune par deça amené pour le combactre ; sy conseille que nous facions en leur ost publier la bataille a ung jour brief que vous nous dirés. Car a voustre bon aise et plaisir le voulons bien faire, et c’est raison. » Et quant Guillaume ouy le pere saint qui ainsy parla, (fol. 154 r°) il ne fut mye trop esbahy, ains respondi : « Pour vous venir secourir, pere saint, » fet il, « ay je des bessongnes laissiés moult necessaires, lesquelles me sont touchans au cueur, si suy comtempt d’estre expedié plus tost que plus tard, affin d’icelles plus tost eschever ; sy me consens que a demain faciés publier la journee, car mieulx vault et plus honorablement dedans le terme et le jour contenu en voustre respit et triesve que plus tart. » Sy en fut le pere saint ausques joyeux, et commanda que on alast sur les murs parler aux Sarrasins et denoncier la bataille a l’endemain.

Par le commandement du pere saint, par le consentement de Guillaume, et du commun acort du clergié, par le consseil de la chevalerie rommaine, fut ung chevallier transmis sur le mur du chastel, pour crier en l’ost des Sarrasins a ce que quelqu’un parlast a lui, et lors vindrent les Sarrasins a .x. ou a .xii. [Quant les] paiens furent la arrivés, lors parla a eulx le chevalier en italien haultement : « De par le pape chrestien vous fay a savoir, beaus signeurs, » fet il, « que a demain soit la journee d’un champion chrestien, qui est nouvellement arrivé pour combatre au roy Corbault, en enssieuvant et entretenant le traictié lequel a esté fait ; sy denonciés au roy Corbault qu’il y soit, se bon lui semble, car l’intenction du pere saint est de plus tost abregier que plus tard. » Et quant les Sarrasins ouïrent cellui qui ainssy parla, ils lui respondirent que ils yroient ceste chose denoncier a leur seigneur, lequel fut moult joyeux, car grant estoit, puissant et fort a merveilles, et ne doubtoit homme nul du monde ; sy renvoya