Page:Langlois - Le couronnement de Louis.djvu/115

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héritier du trône est Richard lui-même, le duc de Normandie. Cependant, il se trouve encore des seigneurs assez courageux pour défendre l’honneur de Sibille et les droits de Louis ; ils ont pour eux les bourgeois et le commun peuple. Pendant que les partisans du Normand veulent réunir à Paris un parlement où l’on couronnera Hernaïs, fils du duc, tous ceux qui sont restés fidèles à la famille de Charlemagne, et parmi eux l’archevêque de Reims, envoient l’abbé de Saint-Denis demander des secours à Rome. Le messager se rend auprès du pape, lui expose sa mission, lui dit que sur douze pairs dix sont pour Hernaïs, deux seulement pour Louis. Guillaume, qui est présent à cet entretien, gémit d’abord sur la mort de Charlemagne, puis s’écrie : « Je servi le pere, sy doy aimer et cognoistre le fils. »

Il obtient du pape le pouvoir d’excommunier ceux qui s’opposeront à l’élection de Louis, et part pour Paris. Arrivé dans la grande ville, il descend chez son hôte habituel, à qui il fait connaître le but de son voyage et qu’il prie de garder le secret sur son arrivée. Cependant, le troisième jour, se tient le fameux parlement réuni par Richard. Guillaume envoie d’abord son hôte aux informations, puis il se rend lui-même au palais, seul, une épée sous son manteau.

Comment Guillaume, le fils Aymery de Nerbonne, envoya querir Laouys, le filz Charlemeine, a Melun et le fist couronner a Rains et espouser sa sueur Blanchefluer (fol. 160 v°).

Guillaume se rend donc au palais, traversant une