Page:Langlois - Le couronnement de Louis.djvu/117

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ou la plus grant partie, furent si espardus que chascun s’escarta l’un ça l’autre la, ne oncques n’y eust homme qui a deffence sceut le sien corps mettre par la grace de Dieu, ainssi comme il pouoit visiblement sembler.

Alors les uns prirent la fuite, les autres se soumirent et obtinrent grâce. En apprenant ce qui se passait, les bourgeois, marchands, laboureurs, gens d’église et de tous autres états coururent aux armes pour soutenir Guillaume, qui, en peu de temps, devint ainsi le maître de Paris.

L’ennemi dispersé, on fit des fêtes, on envoya chercher Louis à Melun et on le reçut à Paris avec les plus grands honneurs. Puis « Guillaume et ceulx de Paris firent de par le filz Charlemeine, Loys, mander tous les princes, pers et barons de France, pour venir au couronnement et sacre de leur roy a Rains, ainssi qu’il est acoustumé. » Le sacre fut suivi de fêtes qui durèrent huit jours, pendant lesquelles Guillaume, qui gouvernait de fait sous le nom de Louis, proposa au roi pour femme sa sœur Blanchefleur. Le roi ayant accepté, Guillaume envoya immédiatement des messagers à Narbonne pour y donner des nouvelles de ce qui se faisait à Paris et pour demander qu’on amenât Blanchefleur en grande pompe.

Le mariage fut une occasion de prolonger les fêtes qui durèrent encore quinze jours, après lesquels « la cour departit ». Aimery de Narbonne et ses fils restèrent auprès du roi. L’aîné de ceux-ci, Hernaïs, obtint de Louis le duché d’Orléans, dont le seigneur « avoit par le sien frere Guillaume esté occis, et en