Page:Langlois - Le couronnement de Louis.djvu/14

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mis au courant de ce qui se passe par son neveu Bertrand, pénètre dans la chapelle, rompt la presse des barons, s’avance vers Arneïs et le tue d’un coup de poing, puis il prend la couronne sur l’autel et la pose sur le front de l’héritier légitime, en lui jurant de toujours la défendre [1]. Le vieil empereur en verse des larmes de joie :

« Sire Guillelmes, granz merciz en aiez.
Vostre lignages a le mien esalcié. »


Il fait à son fils les plus belles exhortations.

Chacun s’étant retiré, Guillaume prend congé de Charles et de Louis et va faire « un pèlerinage » à Rome.

  1. Cette scène en rappelle une autre dont Guillaume duc de Normandie fut le héros et que Richer raconte ainsi : « Ludovicus rex, cum in conclavi sese cum Ottone rege ac principibus recepisset, consilio incertum an fortuitu, solus Wilelmus dux admissus non est. Diucius ergo afforis exspectans, cum non vocaretur, rem animo irato ferebat. Tandem in iram versus, utpote manu et audatia nimius, foribus clausis vim intulit ac retrorsum vibrabundus adegit, ingressusque lectum conspicatur gestatorium, in quo etiam a parte cervicalis Otto editiore, rex vero in parte extrema humilior residebat, in quorum prospectu Hugo et Arnulfus duabus residentes sellis consilii ordinem exspectabant. Wilelmus regis injuriam non passus : « An, inquit, his interesse non debui ? Desertorisne dedecore aliquando sordui ? » Fervidusque propinquans : « Surge, inquit, paululum, rex ! » Quo mox surgente, ipse resedit. Dixitque indecens esse regem inferiorem, alium vero quemlibet superiorem videri ; quapropter oportere Ottonem inde amoliri regique cedere. Otto, pudore affectus, surgit ac regi cedit. Rex itaque superior, at Wilelmus inferior consederunt. » (Richeri hist., II, 30, éd. Pertz, Mon. Germ. hist. in-f° ; Script., III, 593, 594).