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IV


Recevez donc ces fils ! en eux plus qu’en mon livre,
Ô mon père ! l’honneur de votre nom doit vivre.
Puissiez-vous, de longs jours, régnant sur la maison,
Dispenser la culture à leur jeune raison.
Pour former dans ces cœurs un sang de bonne race,
J’espère que le ciel y répandra sa grâce ;
Car, veillant sur nos fils d’un amour éternel,
Nous avons près de Dieu notre ange maternel.
Oui, toujours attentive à nos maux, dans sa gloire,
Elle nous voit encor, j’ai besoin de le croire.
Quand je serre en mes bras cet enfant gracieux,
Je sens un froid au cœur et des larmes aux yeux,
En songeant qu’à travers sa douloureuse voie
Ma mère n’a pas eu cette suprême joie ;
Elle qui m’aima tant et l’aurait tant aimé,
Ce grand cœur tout de flamme et qui s’est consumé !

Mais Je sais que là-haut, commise à notre garde,
D’aussi près qu’autrefois ma mère nous regarde ;
Qu’elle préside encor, pour nous rendre meilleurs,
À nos humbles travaux, surtout à nos douleurs.
Je la vois, je lui parle ! et c’est elle, ô mon père !
Que j’invoque pour vous ; c’est elle en qui j’espère.
Son amour inquiet ne vous quittera pas ;
Elle nous garde encore ; et son âme, ici-bas,
Inspirant dans leurs soins votre fils, votre fille,