Page:Lara - Contribution de la Guadeloupe à la pensée française, 1936.djvu/221

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Il avait fondé le Travail avec le concours de Jules Méline, de Georges Clémenceau et d’autres jeunes étudiants. C’est dans le Travail que Clémenceau fit ses débuts de journaliste. Les premières productions d’Emile Zola y furent publiées, par Germain Casse, malgré l’opposition de Geoges Clémenceau.

Après un séjour en Belgique, où il connut les principaux chefs de l’Internationale et les exilés de toutes les nations, il revint en France purger à Sainte-Pélagie la condamnation que lui avait valu le Travail et il vécut en prison avec Blanqui.

Pendant le siège de Paris, Germain Casse fut chef du 135e bataillon et organisa une compagnie de francs-tireurs, et, naturellement, il manifesta ses sentiments en faveur de la Commune.

En septembre 1873, les électeurs de la Guadeloupe le nommèrent député à l’Assemblée Nationale, en remplacement d’Adolphe Rollin, démissionnaire. Germain Casse était alors attaché à la rédaction de la République Française de Gambetta.

Il fut élu par 6.063 voix, au scrutin de ballottage, contre Paul de Cassagnac, directeur de l’Autorité, qui obtint, au premier tour de scrutin, 2.552 suffrages contre plus de 5.900 à Germain Casse[1].

Melvil-Bloncourt contribua beaucoup à l’élection de son ami qui, à l’Assemblée Nationale, siégea, avec lui, à l’extrême-gauche.

Dans une lettre aux électeurs de la Guadeloupe, publiée dans l’Avenir de la Guadeloupe du 19 août 1873, Léon Gambetta parlait dans les termes suivants de son collaborateur à la République Française : « Il est très désintéressé, travailleur, instruit. Il est doué d’un réel talent de parole et peut, avec quelque pratique des assemblées, devenir un excellent orateur ». Gambetta ajoutait : "Casse est un des meilleurs entre les meilleurs".

Le 5 mars 1876, le XIVe arrondissement de Paris le choisissait comme député. Il représenta cet arrondissement jusqu’en 1899. date à laquelle il ne se représenta pas.

Nommé gouverneur de la Martinique, puis trésorier-payeur de

  1. A la séance du 1er juin 1876 de la Chambre des députés, se produisit un incident très violent entre Paul de Cassagnac, qui avait été élu dans le Gers, et Germain Casse. Le premier avait rappelé les paroles prononcées au Congrès de Liège et s’étonnait que « l’un des orateurs les plus violents du Congrès de Liège siège aujourd’hui sur les bancs de la Chambre". A la fin de la séance, Germain Casse demanda la parole pour un fait personnel. "C’est moi qui suis l’auteur des paroles que M. Paul de Cassagnac apporta à cette tribune. C’est systématiquement que je n’ai pas voulu me nommer quand il m’a adressé une provocation personnelle, car il y a des provocations que je méprise." Invité par le président à retirer de telles expressions, Germain Casse déclara : "Je les retire par déférence envers M. le Président seul." (L’Echo de la Guadeloupe du 24 juin 1876.)
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