Page:Larive - Dictionnaire français illustré - 1889 - Tome 2.djvu/594

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f00000. Ces porcs lorrains, blancs ou pres- que blancs, ont une forte charpente, sont . mal conformés,présententune longue tète et des oreilles pointues. Les habitants du pays consommentet exportent beaucoup de viande de porc. Anes et mulets font à peu près complètement défaut dans le département; mais, par contre, celui-ci possède environ 14 000 chèvres et autant de ruches d'abeilles. Le département de Meurthe-et-Moselle occupant en France le premier rang par l'importance de ses salines, celles-ci de- vaient presque inévitablement attirer l'in- dustrie chimique, dont le sel constitue la matière première. Aussi existe-t -il a Varaot- qcville-Dombasle une très importante fabri- que de carbonate de soude où l'on emploiele procédé Leblanc. Comme pour le sel gemme, Meurthe-et-Moselleest à la tête de tous les départements français au point de vue de la production des fers et des fontes. Des hauts fourneaux ou des forges existent à portée .de chacune des deux regions où est exploité le minerai de fer. Dans la circonscription de Nancy sont les grands établissements métallurgiques de Pompey, de Champi- de dans celle de Longwy, il existe des hauts fourneaux à cheualle, commune de Ville-Rupt, à Saulnes, à Ijmqwy-Bas, à Réhon, à Port-Sec et à Gorcy.K cette production du fer se jux a- posent des industries accessoires existé dans le département une pointerie impor- tante à Blainville, deux fabriques d'instru- ments de pesage, trois fabriques de meubles en fer, autant de fabriques de limes et deux fabriques d'instruments aratoires. L indus- trie du'verre vient immédiatement après celle des fontes. Elle est représentée par la cé- lèbre cristallerie de Baccarat, par la manu- facture de glaces de Cirey par celle de verre à vitres de la Neuveville-lès-Nancy par les ateliers qui existent à Nancy pour la gobe- letterie et les verres de montre. Une usine de Neuveville-lès-Nancyprépare le prussiate de potasse. Six importantes fabriques de faïence existent à Lunéuille, Saint-Clémezzt, et Pexonne. Nancy est devenu un centre industriel considérable depuis la perte de Strasbourg, nombre d'éta- blissementsde premier ordre qui étaient dans cette dernière ville ayant émigré dans 1 an- cienne capitale de la Lorraine. Tel a été, entre autres, l'établissement typographique de Berger-Levrault. Nancy a en outre une grande fabrique de bougies, une manufac- ture de tabac et des fabriqués de chapeaux de paille. Lunéville tresse des chapeaux en bois de palmier et de panama. Toul confec- tionne des chapeaux de feutre et des cas- quettes Malzéville fabrique du noir animal et des boutons d'os; Blénod possède une fabrique d'allumettes. Des filatures de laine existent à Nancy,, Tomblaine, Saint-Nicolas, Badonviller, Auboué, Véaelise. On confec- tionne des flanelles à Nancy,, à Briey, à Pierrepmt, et l'on fabrique des draps pour la troupe dans cette dernière localité ainsi qu'à Moutiers. Des filatures de coton ou des fabriques d'étoffes de coton sont installées à Nancy à Lunéville, à Briey, a Badonviller, à Blamont. Le département compte six pa- peteries, dont la plus considérable est à Maimbotel-et-Genlyval,commune de Mercy- le-Bas. Nancy possède deux grandes fabri- ques de dragées. Nous n'énuméreronspoint les autres établissements industriels, tels que moulins, scieries, féculeries, distilleries, tanneries, corroieries, etc. Les progrès de la production végétale sont encouragés par l'existeute d'une école forestière à Nancy, par la station agrono- mique de l'E., qui a son siège dans la même ville, et qui est la plus anciennes de toute la France; par l'école d'agriculture pratique fondée à Tomblaine en 1879 et par l'institut agricole de Roaille. Nancy, avec ses facultés des lettres et des sciences, est l'un des cen- tres intellectuels de nos provinces. A l'époque gauloise, le territoire du dé- partementde Meurthe-et-Moselleétait habité par la peuplade des Leukes. On sait quelle a été la condition politique de .la Lorraine au moyen âge, sous ses ducs, et la prospérité qu'elle dut à Stanislas. La population spécifique du département est de 80 habitants par kilomètre carre. La Meurthe-et-Moselle exporte principalement des sels, des minerais de fer, des tontes et des fers, des cristaux, des glaces, des céréa- les, des bois de construction et de chauffage, du houblon, des chapeaux de paille. Elle importe surtout du charbon de terre, des pierres de taille, des grains, des vins, des denrées coloniales, du coton et de la laine brute. Le département est traversé par dix-huit chemins de fer, qui sont 1° le chemin de fer de Paris à Strasbourg celui de Nancy .à Épinai 3° le chemin de fer de Nancy à Metz.; 4" la ligne de Pagny à Longuyon; l'emhranchement d'OnvilleàTlnaucourt; 60 le chemin de fer de Paris a Metz 10 celui de Mézières à Thiomille; 8ô la ligne de Lunéville à Saint-Dié; 9° le chemin de fer d'Avriuourt à Cirey; 10° celui de Conftans à Briey; 11° le chemin de fer de Nancy à Château-Salins; 12o le chemin de fer de Nancy à Mirecourt 13° celui de Longuyon à Arlon; la ligne de Longwy à Villerupt; 15o le chemin de fer de Toul à Mirecourt l(io le chemin de fer de Lunéville a Gerbé- viller le chemin de fer de Pompey à Nomény; 18° l'embranchement de Baccarat a Badonviller. Le département de Meurthe- et-Moselle comprend 4 arrondissements, 29 cantons et 597 communes. Ch .- l. Nancy,, évêché. S . - préf. Briey, L1tnéville et tout. MEURTRE (goth. maurthr), sxn. Homi- cide commis avec violence Le meurtre conznzis avec préméditation ou de guet-apens est qualifié d'assassinat. Fig. C'est un meurtre, c'est grand dommage. Prov. IL s'en DÉFEND COMME D'UN MEURTRE, il nie avec indignation avoir commis l'acte qu'on lui attribue. Dér. Meurtrier, meurtrière, meurtrièrement meurtrir, meurtrissant, MEURTRIER, 1ÈRE (meurtre), s. Per- sonne qui a commis un meurtre La justice pozcrsuit les meurtriers. Adj. Qui cause la mort à beaucoup de personnes Guerre meurtrière. Fig. Qui cause un grand dommage La calonznie est une arme per fide et meurtrière. Syn. (V. Assassin.) MEURTRIERE (meurtrier), sf. vuver- ture longue et étroite au dehors, évasée en dedans, pratiquée dans une fortification et d'où les défenseurs tirent sur les assaillants. Les meurtrières, appelées au moyen âge archères archières ou raïères, étaient in- connues des Romains. Ce ne fut qu'au début du xne siècle que l'on commence à en percer vers la base des courtines et aux différentsétages des tours. Ces ouver- tures se multiplièrent au xm» siècle; pen- dant le xiv« siècle on les supprima habi- tuellement dans les parties basses des forti- fications, mais on les fit plus nombreuses vers le sommet. Les meurtrières avaient à l'intérieur la forme d'une niche voûtée en berceau surbaissé. De ce côté, elles présen- taient une ouverture évasée et assez grande pour loger un défenseur, et elles se termi- naient inférieurement par un plan très in- cliné. En dehors, elles n'offraient qu'une ouverture très étroite. Au xiv° siècle, pour permettre à deux archers de tirer à la fois par la même meurtrière, on donna à ces ouvertures la forme d'une croix ,Pattée, le bras transversal de cette croix étant très petit par rapport à son bras vertical. Au xve siècle, après l'introduction de l'artillerie à feu, on donna aux meurtrières la forme circulaire, qui permettait mieux l'emploi de MEURTRIÈREMENT(meurtrière + sfx. ment), adv. D'une manière meurtrière. MEURTRIR (meurtre), ut. Faire une meurtrissure Il est tombé et sa chute l'aa meurtri. Il Se dit en parlant des fruits Il faut cueillir les poires sur l'arbre et prendre qarde de les meurtrir. Se meurtrir, vr. Se faire une meurtrissure Il s'est meurtri la jambe en tombant. Dér. Meurtrissant, meurtrissure. MEURTRISSANT, ANTE (nzeztrtrir), adj Qui meurtrit Une chute meurtrissante. MEURTRISSURE (meurtrir), sf. Tache livide résultant d'une contusion Il (( le corps couvert de meurtrissures. Il Tache sur les fruits causée par leur chute et par leur froissement La meurtrissure des I nuls pro- voque leur pourriture. MEUSE (en 1. Mosa; en wallon, Mouse; en flamand, Maes; en hollandais, Dlaas), 925 ki- lomètres dont 492 en France, 194 en Belgique et 239 en Hollande. Grand fleuve de l'Europe occidentale, qui a la première partie de son cours en France, traverse ensuite la Bel- ique et la Hollande,et méle ses eauxacelles du Rhin avant de les verser, par plusieurs embouchures qui ne sont, à proprementpar- ler, que des bras du Rhin, dans la mer du Nord. La Meuse prend sa source en France à la Fontaine de Meuse, par 409 mètres d'altitude, près de Pouilly (canton de Bour- bonne-les-Bains), au pied des monts Fau- cilles, dans le lias, au N.- E. de Langres. Avant de pénétrer en Belgique, elle arrose les quatre départements français de la Haute- Marne, des Vosges, de la Meuse et des Ar- dennes. A son entrée dans les Vosges, aux environs de Bazoilles, elle s'engouftre tout entière en été, et partiellement pendant les autres saisons, dans des fissures pour rejail- lir plus loin à Noncourt. C'est là ce que l'on appelle laverie de la Meuse. Ensuite le fleuve baigne Neufchâteau, Domremy-la-Puçelle,et baigne «eiucnaieau, Liuiureuij-1»' "TMi"- pénètre par 267 mètres d'altitude dans le département de la Meuse, où il prend la direction du S. -E. au N.- O. à travers les terrains oolithiques. Là le fleuve arrose Vau- couleurs, passe près de Void, à Commercy, Saint -Mihiel, Verdun, Charny, Dun-sur- Meuse, Stenay, et, s'infléchissant de plus en plus vers l'O., pénètre par 162 mètres d'al- titude dans le département des Ardennes. Il y baigne Sedan, Mégère, traverse de nou- veau la zone du lias, puis serpente dans une faille profonde et en formant de nom- breux lacets dans le plateau schisteux de l'Ardenne, en passant à Monthermé, au pied de Fumay, et à Montigny. En aval de cette dernière localité, la Meuse quitte les schistes siluriens pour couler sur le sol dévonien, passe entre Givet et Charlemout, prend exac- tement la direction du S. au N., et bientôt pénètre en Belgique en arrosant Dinan et en parcourant toujours le même terrain jus- qu'à Namur. A partir de cette ville, où elle reçoit la Sambre, la Meuse se dirige au N"-E dans une vallée étroite, profonde et rocheuse, sillonnée par d'importants gîtes de houille. Dans cette nouvclle partie de son cours; elle baigne Fluy, puis Liège; elle se redresse ensuite vers le N. et entre eu Hol- lande, où elle passe à Maastricht, coule entre le Limbourg belge et le Limbourg liollan- dais, puis pénètre dans le Brabant hollan- dais, arrose Ruremonde, Vanloo, tourne au N.- 0., baigne Grave et va se joindre à un grand bras du Rhin, le Vaal, à Wondn- chem, près de.Gorkum. Mêlés désormais en un inextricable réseau, la Meuse et le Rhin réunis entourent de leurs bras multiples les îles septentrionales de l'archipel de la Zé- lande. Dans le langage courant, on donne le nom de Meuse au bras qui passe devant Rotterdam, et celui de Ilieille-Meuse à celui qui limite au S. l'île d'Isselmonde et au N. celle de Voorne. En outre, on considère comme appartenant aux embouchures de la Meuse le grand estuaire appelé Ilanng-Vliet. En Hollande, la Meuse ne parcourt que des terrains d'alluvion. Parmi les innombrables affluents de la Meuse, nous ne citerons que les plus importants. En France, ceux de la rive droite sont le Mouzon, ou Petite-Meuse, qui finit à Neufchâteau; la Chiers, qui a son confluent à Remilly la Semoy, qui la joint à la Valdieu, en amont de Montherme. Par- venue en Belgique, où elle a une largeur de 120 à 150 mètres, la Meuse se grossit, à droite, de la Lesse et de l'Ourthe. Sur le territoire hollandais, elle se grossit du même côté de la Roër, dn Schwalm et de la Niens. Sur sa rive gauche, la Meuse a pour -if- Auents la Bar, qui prête sa vallée au canal des Ardennes la Vence, qui finit à Mézières, et la Sambre,'quitombe à Namur et dont le fleuve emprunte la direction. Autrefois na- vigable en France depuis Verdun grâce au creusement du canal de l'E., la Meuse 1 est maintenant partir de Troussey, près de