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AUC AUC AUC AUC

les archevêques François de Savoie et la Trémouille, frère du célèbre capitaine (conduisirent l’œuvre à la moitié, c’est-a-dire jusqu’aux deux portes latérales du transsept. Le cardinal François de Clermnnt-Lodève, Eromu à l’épiscopat d’Auch en 1507, fit élever îs chapelles des collatéraux, sculpter les boiseries (lu chœur et poser plusieurs des plus belles verrières. L’église futconsacréeen 15*18, mais son achèvement complet n’eut lieu que vers 1683, sous l’épiscopat de Henri de Lamothe-Houdancourt. À cette époque, l’art ogival était mort depuis longtemps déjà ; dès 1560, l’architecte J. de Beaujeu entreprit de souder au monument gothique une façade en style néo-grec. Un porche a triple arcade archivoltée occupe toute la largeur de cette façade ; il se compose de soixante-douze colonnes et pilastres corinthiens, entremêlés de vingt-quatre niches, aujourd’hui vides. Jehan Cailhon architecte de Paris, éleva ce porche à la hauteur de 15 m. 76 c, c’est-a-dire jusqu’au niveau de la première galerie (1622) ; son style, plus riche et plus orné que celui de J. de Beaujeu, porte le cachet du grand siècle. Les deux grandes tours carrées qui couronnent la façade ne furent pas terminées avant 1665. Elles ont chacune deux étages et sont à peu près semblables. Le premier étage, haut de 12 m. 77 c, est enrichi extérieurement de seize colonnes rudentées de l’ordre composite, et se termine, à la hauteur du grand comble, par un trottoir de ronde que borde une balustrade à jour. Une grande rose est pratiquée dans la muraille nue oui relie les deux tours. Le deuxième étage, haut de 15 m. 27 c, est orné de seize pilastres cannelés, et percé sur, les quatre faces de baies étroites et géminées, dont les deux arcades sont inscrites dans une autre plus large et à plein cintre comme elles. On assure qu’un vaste dôme, en harmonie avec l’ensemble et les détails de l’architecture, devait couvrir la plate-forme de chaque tour ; à la place s’élève une mesquine toiture à quatre pans, établie sur l’extrados de la dernière voûte. Les deux portes ogivales, placées aux extrémités du transsept, sont flanquées l’une et l’autre de deux tours carrées terminées en dôme.

Aux trois grandes arcades du porche de la façade principale correspondent trois portes cintrées, avec pilastres, colonnes et ornements de l’ordre corinthien. On est frappé, en pénétrant dans l’intérieur de l’église, de l’ampleur du vaisseau, de l’harmonie des proportions, de la beauté de la perspective, de la richesse des détails. L’édifice comprend trois nefs, coupées par un transsept, et terminées par une grande abside semi-circulaire. Sa longueur dans œuvre est de 93 m. 10 c, de 105 m. 90 c. jusqu’au fond de la chapelle du Saint-Sacrement ; sa largeur totale est de 34 m. 95 c. ; sa hauteur de 2G m. 64 c. sous la clef de la voûte principale. La nef centrale est bordée de piliers de forme cylindrique, sur le contour desquels sont profilés verticalement huit larges listels à vives arêtes, dont quatre correspondent aux arcs doubleaux et aux arcades qui séparent les trois nefs, tandis que les autres vont se confondre avec le filet courant à l’intrados des nervures qui se croisent sur l’axe des voûtes. Un jubé, décoré de colonnes d’ordre corinthien en marbre du Levant, avec balustrade en marbre rouge d’Italie, est placé à l’entrée du chœur ; il a été construit au xviie siècle, à la même époque que l’élégante tribune des orgues. Le chœur est remarquable par ses vastes proportions, mais plus encore par ses boiseries, chef-d’œuvre de délicatesse et d’érudition, ou les deux Testaments, l’histoire profane, la mythologie, la légende et le symbolisme se mêient, sans jamais se confondre, à travers tous les caprices du ciseau. Ces sculptures, d’un travail exquis, semblent avoir été faites pour compléter la pensée d’Arnaut de Moles, l’éminent artiste à qui sont dues les verrières de l’abside de Sainte-Marie, magnifique série de cinquante personnages en pieu, patriarches, prophètes, sibylles, juges, rois, guerriers, grands prêtres, etc. M. l’abbé Canéto a donné une très-intéressante et très-complète description de ces boiseries et de ces vitraux célèbres dans le savant ouvrage qu’il a publié sous le titre d’Atlas monographique de Sainte-Marie d’Auch (in-fol. 1857J. Les chapelles des collatéraux sont au nombre de vingt-trois. Celle du baptistère possède des fonts d’un très-beau bloc de marbre noir. Les autres offrent quelques mausolées intéressants, entre autres ceux de MM. de Potnereu et d’Etigny, intendants de la généralité d’Auch. Au-dessous de l’abside se trouvent cinq cryptes ou chapelles souterraines : elles renferment les tombeaux de trois anciens évêques d’Auch, saint Léothade, saint Taurin et saint Austinde.

On remarque encore à Auch : l’hôtel de la Fréfecture, vaste édirtee, autrefois palais de intendance ; l’hôtel de ville, bâtiment assez élégant ; le séminaire, qui possède une bibliohèque de 15, 000 vol., etc.

AUCHE s. f. (ô-che — du gr. auchén, cou). Techn. Cavité hémisphérique pratiquée dans la tête du mnuton dont on se sert pour façonner les têtes des épingles. On l’appelle aussi tétine.

AUCHÉNANGIE s. f. (Ô-ké-nan-jî — du gr. auchén, cou ; agyeion, vase). Bot. Genre de mousses aérocarpes, syn. du genre orée. Le nom définitivement adopté paraît être celui de mielichnferia.

AUCHÉNATE adj. (6-ké— na-te — du gr.


auchén, cou). Entom. Se dit des insectes qui ont un cou, dont la tûte n’adhère pas directement au corselet, ti s. m. pi. Famille d’insectes aptères qui offrent ce caractère.

AUCHÉNIE s. f. (ô-ké-nî — du gr. auchén, cou). Mamm. Nom scientifique du genre lama. — Entom. Genre do coléoptères tétramères, de la famille des chrysomélines, démembré du genre criocère, et qui a pour type l’anchénia subspinosa, insecte que l’on rencontre aux environs de Paris.

AUCHÉNION s. m. (ô-ké-ni-on — du gr. auchén, cou). Anat. Région du COU située sous la nuque.

AUCHÉNOPTÈRE adj. (ô-ké-no-ptè-re — du gr. auchén, cou ; pteron, nageoire). Ichth. Dont les nageoires ventrales sont placées sous le cou.

— s. m. pi. Famille de poissons holobranches, dont les nageoires inférieures sont placées sous le cou et en avant des thoraciques. Elle correspond à l’ordre des jugulaires do

AUCHÉNORHYNQUE adj. (ô-ké-no-rain-ko’— du gr. auchén, cou ; rhug’chos, bec). Zool. Dont le bec ou le rostre semble naître du cou. Il s. m. pi. Famille d’insectes hémiptères homoptères, comprenant, entre autres genres, cigales.

AUCHER (Eloi), botaniste français, passa une grande partie de sa vie dans les voyages, et mourut à Ispahan en 1839.

AUCHÈRE s. f. (ô-chè-re — du nom du botaniste Aucher, n. pr.) Bot. Genre déplantes composées-cynarées, ne comprenant qu’une seule espèce propre à la Perse.

AUCHMUTY (Samuel), général anglais, né en 1756, mort en 1822. Il combattit contre l’insurrection des États-Unis, puis dans les Indes orientales ; dirigea en 1800 les attaques contre les postes français de Suez et de la mer Rouge ; fut chargé en 1806 du commandement des troupes britanniques dans l’Amérique du Sud ; emporta Montevideo, retourna dans l’Inde en 1810, et soumit l’île de Java. Il fut pommé lieutenant général à son retour on Angleterre.

AUCHOIS, SE, s. et adj. (ô-choij oi-ze). Géogr. Habitant d’Auch ; qui appartient à la ville d’Auch ou à ses habitants.

AUCHON ou AUÇON s. m. (ô-chon, o-son). Techn. Poisson indéterminé que l’on trouve dans la Moselle.

AUCKLAND (William-Eden, lord), homme d’État anglais, né en 1750, mort h. Londres en 1814, prit une part active aux affaires sous le ministère de Pitt, et remplit avec distinction un grand nombre de missions diplomatiques en Amérique, en France, en Espagne, en Hollande. En 1778, il fit partie de la commission envoyée dans l’Amérique du Nord pour engager les colonies révoltées à rentrer dans l’obéissance envers la mère patrie. Cette mission ayant échoué, il revint prendre sa place dans la chambre des communes,’•.ù il avait été élu en 1774, et eut une grande part dans la réforme des lois pénales et à d’autres mesures importantes. Il occupa ensuite le poste élevé de secrétaire d’État pour l’Irlande, vint à Versailles en 1785 pour y conclure un traité de commerce avec’la France, et reçut l’ambassade des Provinces-Unies à l’époque de la Révolution de 1789. Il exerça alors une grande influence sur les mesures adoptées par les puissances étrangères pour combattre la République française. Lord Auckland a laissé divers écrits, entre autres un ouvrage estimé sur Y État des pauvres en Angleterre.

AUCKLAND, ville et port de la Nouvelle-Zélande, située au fond du golfe de Shouraki, dans le Nouvel-Ulster, nom donné par les Anglais à la partie septentrionale de l’île Jka-na-Mawi. Cette ville, fondée en 1841. sur un isthme, par 36 » 50’lat. S. et 172 » 25’long. E., est en communication avec l’océan’par les deux ports de Woïtemata à l’est, et celui de Manukan à l’ouest, qui offrent un rendez-vous très-commode aux baleiniers de toutes les nations que la pêche amène dans ces parages lointains. Résidence du gouverneur de la colonie anglaise établie en 1839 ; 8, 500 hab. À Auckland, qui est mis en coni ; munication avec.l’Europe par un service postal de cinquante-deux jours, ainsi que les deux autres ports de la Nouvelle-Zélande, il n’existe d’autres droits’à payer que celui de pilotage.

AUCKLAND (îles), groupe d’Iles de l’Océanie, situé auS.-O.de la Nouvelle-Zélande, par 51° lat. S. et 164<> long. E., découvert en 1806 par Briston, capitaine du baleinier l’Océan, et occupé récemment par les Anglais. Ces Iles, dont les principales sont Enderby, Adams et Auckland, montagneuses et boisées, paraissent de formation volcanique, et jouissent d’un climat sain et très-doux. Le sol, généralement fertile, est peuplé de nombreuses espèces d’oiseaux, et les côtes présentent une grande variété de poissons et de grosses moules.

AUCKLAND-BISHOP, ou BISHOP’S-AUCKLAND, ville d’Angleterre, comté et à 18 kil. S.-O. de Durham ; 3, 200 hab. Fabrication de toiles et de lainages ; beau château, résidence de l’évêque de Durham.

Au clair de la lune, chanson populaire. L’auteur des naïves paroles de cette chanson


est complètement inconnu, sort ordinaire des chansonniers populaires ; mais on en attribue la musique au fameux Lulli, alors simple marmiton ; au reste, rien n’est moins certain, et tout repose sur une tradition fragile ; mais cet air, si simple en apparence, est fécond en mélodies, et Boïeldieu en a tiré le plus heureux parti en composant sur ce thème les fameuses variations de son opéra des Voitures versées. Quant aux acteurs de ce petit drame, ils diffèrent suivant les versions ; c’est tantôt Pierrot avec Lubin, tantôt Pierrot avec Arlequin.

Au clair de la lune
Mon ami Pierrot,
Préte-moi ta plume
Pour écrire un mot ;
Ma chandelle est morte,
Je n’ai plus de feu,
Ouvre-moi la porte
Pour l’amour de Dieu.

Au clair de la lune,
Pierrot répondit :
Je n'ai pas ma plume,
Je suis dans mon lit ;
Va chez la voisine.
Je crois qu’elle y est ;
Car dans sa cuisine
On bat le briquet.

Au clair de la tune,
L’aimable Lubin
Frappe chez la brune ;
Ell' répond soudain :
Qui frappe de la sorte ?
Il dit à son tour :
Ouvrez votre porte,
Pour le dieu d'amour.

Au clair de la lune,
On n'y voit qu'un peu ;
On chercha la plume,
On chercha du feu.
En cherchant d'la sorte
Je n'sais c'qu'on trouva :
Mais j'sais que la porte
Sur eux se ferma.

ACCLERC (Gabriel-André), né à Argenton (Berri), vers le milieu du xvtire siècle, mort à Bourges, en 1815. Il était avocat. À l’époque de la Révolution, il prêcha sérieusement le rétablissement du paganisme, s’affubla d’i de Qnintus Nantius, et célébra di les rites païens, du moins tels qu’il.les imaginait. Ces excentricités archéologiques, qui se continuèrent assez longtemps, n eurent d’ailleurs aucun succès. Auclerc a consigné une partie de ses rêveries dans un ouvrage anonyme intitulé : la Thréicie ou la seule voie des sciences dioines et humaines du culte vrai et de ta morale ; Francfort (Paris), 1799. Quelques-uns ont assuré que le nouveau Julien avait abjuré ses erreurs à ses derniers moments pour rentrer dans le sein du catholicisme. Si cette assertion est exacte, il faut avouer que l’orthodoxie a fait là.une conquête que la philosophie ne dut guère lui disputer.

AUÇON s. ni. (ô-son). Tochn. Poisson de la Moselle, que l’on rapporte à des genres divers. Il On dit aussi Auchon.

AUCOUR (Barbier d') V. Modèle:ScBarbier d'Aucour.

AUCOUTE ! interj. (ô-kou-te — lat. ousculta, écoute). Chass. Exclamation dont se sert le chasseur quand il entend un chien qui chasse, afin d’avertir les autres chiens.

AUCTION s. f. (ô-ksi-on — lat. auctio, même sens, formé de auctus, augmenté). Ant. rom. Sorte de vente à l’enchère, au plus haut enchérisseur, qui se faisait sous une lance suspendue par les deux boute. Ce mot est encore usité en Angleterre, et la salle de vente se nomme auction-room.

Auctorem fidei, nom d’une bulle (les bulles, toujours écrites en latin, sont désignées par leurs premiers mots) dans laquelle furent condamnées, en 1794, par le pape Pie VI, les décisions d’un synode tenu à Pistoie, en Toscane, en 1786, Les propositions condamnées par cette bulle se rapportent, les unes à des questions do dogmes, les autres à des questions d’autorité, de discipline et de jurisprudence ecclésiastiques.

Le synode de Pistoie avait dit ou-paru dire :

— Que l’innocence antérieure au péché originel (prop. 16) impliquait la justice interne, avec impulsion vers Dieu, l’amour de charité, en un mot, la sainteté, comme conséquence de la création et condition de la nature humaine ;

— Qu’avant le péché origine) (prop. 17), l’immortalité sur la terre était une condition naturelle de l’homme, et non un bienfait gratuit de Dieu ;

— Que l’homme, sans la grâce, est sous la puissance du péché (prop. 23), et qu’en cet état, toutes ses actions sont infectées, corrompues par l’influx général de la cupidité dominante ; — Qu’entre la cupidité dominante et la charité dominante (prop. 24), entre l’amour divin et l’amour humain, illicite et damnable, il n’y a pas de milieu, c’est-à-dire pas d’amour humain licite, pas d’affections naturelles, innocentes, louables.

La bulle condamna ces quatre propositions jansénistes, qui ne distinguaient pas suffisam-


ment l’ordre naturel do l’ordre surnaturel, et qui ne tenaient aucun compte du premier.

Par les propositions 19, 20 et 21, le s^nodo

— Que, sous la loi, l’homme était devenu prévaricateur, par impuissance d’observer, sans la grâce, les préceptes auxquels Dieu

— Que la loi, si elle n’avait pas guéri le cœur de l’homme, l’avait convaincu de son infirmité radicale, et lui avait l’ait désirer la grâce du médiateur ;

— Qu’il faut distinguer deux espèces de grâces, la grâce-lumière, par laquelle il nous est seulement donné de connaître le malheur de notre état, et qui est aussi impuissante que la loi à nous en tirer, et la grâce-amour, que Dieu crée en notre cœur, et qui est la seule racine d’où germent les bonnes œuvres.

La bulle déclara qu’on ne devait, point admettre des préceptes impossibles à accomplir, une source du désir de la grâce autre que la grâce même, et enfin une grâce essentiellement impuissante comme la loi.

Le synode, dans le but de simplifier le dogme de la présence réelle et de le soustraire aux curiosités et aux controverses scolastiques, en avait donné une définition (prop. 29), dont le mot transsubstantiation Se trouvait écarté. La bulle, jalouse de conserver au mystère toute son obscurité divine, condamna cette simplification comme contraire à la définition expresse du concile de Trente, et maintint la nécessité du mot transsubstantiation, en ce que ce mot précieux indiquait quelque chose de plus qu’une simple substitution d’une substance aune autre substance, sous des espèces restées les mêmes.

Le synode, avec un rigorisme janséniste, rejetait (prop, 26), comme une fable pélagienne, le lieu des enfers désigné’par les fidèles sous le nom de limbes ; il réclamait pour les enfants, coupables de n’avoir’pas reçu le baptême avant de mourir, c’est-à-dire pour la seule coulpe originelle, non-seulement la peine du dam ou privative, mais encore la peine du sens ou du feu. Pie VI tint bon pour les limbes, et, traçant la ligne assez peu droite de la foi catholique entre la logique pélagienne, qui supprimait le péché d’origine, et la logique janséniste, qui donnait a ce péché une portée cruelle, il fit grâce aux enfants morts sans baptême (et à l’imagination de leurs mères) de l’odieuse peine du feu.

Nous arrivons aux proportions qui touchaient à l’ordre ecclésiastique établi, au gouvernement et à l’administration de la société religieuse. Les propositions 2 et 3, qui faisaient ou paraissaient Faire dériver de la communauté des fidèles la puissance du ministère et du gouvernement ecclésiastiques, et, en particulier ? l’autorité du souverain pontife ; les propositions 4 et 5, qui refusaient à l’Église le droit d’étendre son autorité au delà des limites de la doctrine et des mœurs, et d’exiger par une force extérieure la soumission à ses décrets ; qui, en un mot, paraissaient nier toute puissance législative et judiciaire de l’Église, furent condamnées comme hérétiques.

La bulle réprouva également, avec diverses notes, les unes comme schismatiques, les autres comme induisant au schisme ; celles-ci comme tendant à la subversion de la hiérarchie, celles-là comme fausses, erronées, téméraires, pernicieuses, injurieuses pour l’Église, etc. :

— Les propositions 6, 7 et 8, qui paraissaient affranchir le gouvernement de chaque évêque’de toute hiérarchie supérieure ;

— Les propositions 9, 10 et 11, qui paraissaient exagérer l’autorité des synodes diocésains, et celle des curés et autres prêtres dans ces synodes ;

— La proposition 85, qui paraissait admettre qu’un simple concile national pouvait terminer par jugement irréfragable toutes les controverses relatives à la foi ;

— La proposition 46, qui avançait que l’effet de l’excommunication est purement extérieur, parce qu’il exclut simplement de la communion extérieure de l’Église ;

— La proposition 67, qui déclarait obligatoire, à moins d’impossibilité, la lecture de l’Écriture sainte ;

— La proposition 76, qui rejetait avec mépris la scolastique comme « ouvrant la voie aux systèmes nouveaux et aux vaines disputes sur les vérités du plus haut intérêt, et comme ayant conduit au probabilisme et au relâche ;

— La proposition 77, qui signalait dans « le changement de forme du gouvernement ecclésiastique la source de tous les abus ;

— La proposition 30, refusant au prêtre la liberté d’appliquer les fruits du sacrifice à qui bon lui semble, et rejetant comme fausse l’opinion, répandue dans le peuple, « que ceux oui donnent au prêtre une aumône, sous condition qu’il célèore une messe, reçoivent de cette messe quelque fruit spécial ; »

— La proposition 32 interdisant de mettre sur les autels des boites de reliques ;

— Les propositions 34, 35, 36 et 38, préten— " dant que le relâchement qui s’est introduit dans la discipline de l’Église, relativement à l’administration du sacrement de pénitence (attrition regardée comme suffisante, satisfaction dérisoire suivant l’absolution), est contraire à la dignité de ce sacrement et met obstacle à son efficacité ;

— La proposition 39, qui s’élevait contre la fréquence des confessions de péchés véniels,