Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 1, part. 2, An-Ar.djvu/392

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ARS

ARSÉnéthyle s. mv(ar-sé-nô-ti-le — de arsenic, et de éthyle). Chim. Composé qui s’obtieiitpar la réaction de l’arséniure de sodium sur l’iodure d’éthyle.

— Encycl. L’arsénéthyle, appelé aussi arsé-

thyle, constitue un liquide incolore très-réfringent, fort mobile, doué d’une odeur désagréable âui rappelle celle de l’hydrogène arsénié ; sa ensilé est de 1,151.11 est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et dans l’éther. Il s’oxyde aisément, ce qui empêche de le conserver longtemps sans altération, même sous, l’eau. On connaît aussi un arséniobiéthyle, qui diffère du premier par un équivalent d’éthyle en moins. Ces deux composés sont donc réuni3 sous la dénomination a’arsénéthyles.

ARSÉNÉTHYLIUMs.m. (ar-sé-né-ti-li-omm — rad. arsénéthyle). Chim. Radical hypothétique jouant, comme le tétréthylammonium le rôle de métal dans les combinaisons qu’il forme. Ces combinaisons sont cristallisables, fort stables, amères, inodores, et très-solubles dans l’eau. En faisant réagir l’iodure d’éthyle ot l’arsénéthyle, on obtient de l’iodure d’arsénéthylium, d’où l’on tire, par double décomposition, l’oxyde, le chlorure et le bisulfate crarsénéthylium.,

arséniate s. m. (ar-sé-ni-a-te — ràd. arsenic). Chim. Sel formé de la combinaison de l’acide arsénique avec une base.

— Encycl. Chim. Les arséniates sont des sels solubles ou insolubles, colorés ou incolores, cristallisés ou amorphes, et chimiquement reconnaissables aux caractères que nous allons énumérer. Lorsqu’ils sont solubles, les sels formés par l’acide arsénique donnent un précipité rouge-brique par l’azotate d’argent, un précipité bleu verdâtre par le sulfate do cuivre, et un précipité jaune par l’acide suifhydrique ; dans l’appared de Marsh, ils donnent des taches arsenicales, comme tous les composés arsenicaux. Les sels insolubles se reconnaîtront, de leur côté, à ce que, par l’action de l’acide azotique, ils se transformeront en azotates solubles qui présenteront les caractères précédemment énoncés ; fondus avec du charbon et de l’acide borique, ils dégageront de l’arsenic en vapeur, avec production d’une odeur alliacée caractéristique. On obtient les trséniates alcalins par l’action directe de l’acide arsénique sur les Carbonates alcalins ; les arséniates à base insoluble seront produits par la précipitation des arséniates solubles.

Les principaux arséniates sont ceux de potasse, de soude, d’ammoniaque, de magnésie, de plomb, de bismuth, de fer, de cuivre, de mercure et d’argent ; mais la plupart n’offrent qu’un intérêt purement scientiiiq’Ue et n’ont point reçu d’application. En médecine, quelques-uns d’entre eux trouvent un emploi.

Bi-arséniate de potasse ou sel arsenical de Macquer, Sel incolore, soluble, qui cristallise en beaux prismes à quatre faces, terminés par des pyramides à quatre pans. Il s’obtient par l’action du sel de nitre sur l’acide arsénieux, et s’emploie dans les mêmes circonstances que cet acide, et aux mêmes doses. Varséniate neutre dépotasse, déliquescent, incristallisable, n’a aucun usage en médecine. Ces deux sels sont utilisés dans les indienneries,

Arséniate de soude. Il cristallise en prismes hexagonaux réguliers ; il est incolore et soluble. On l’obtient en traitant l’acide arsénieux par le carbonate et l’azotate de soude, et son emploi médical est le même que celui du précédent. Il entre dans la composition de la liqueur de Pearson. usitée contre les ma’ ladies de peau, les lièvres paludéennes et diverses cachexies. Quelques arséiiates alcalins, regardés comme efficaces contre les maladies des bronches, de la peau, etc., se trouvent en petite quantité dans des eaux minérales employées contre des affections de natures fort différentes. L’arsenic, dans ces ea : ix, ne saurait être considéré ni comme l’unique, ni même comme le principal agent thérapeutique, et son rôle n’y est pas encore déterminé. Les principales eaux arsénifères' sont celles dé Bourbon-l’Archambault, Contrexéville, Vichy, Uriage. Bourbonne, Pougues, Forges, Luxeuil, Plombières, Spa, Wiesbaden, Ems, etc. ; enfin, les eaux de Bussang et du Mont-Dore : ces dernières contiennent une quantité plus notable à’arséniate, un milligramme et plus par litre.

Arséniate d’ammoniaque. Il cristallise en prismes rhomboïdaux, et, comme les arséniates précédents, est soluble dans l’eau et incolore ; il est employé aux mêmes doses, particulièrement pour combattre les dartres squainmeuses.

Arséniate de protoxyde de fer, Sel blane, insoluble, qui s’altère promptement à l’air, et se prépare par double décomposition, en faisant réagir Y arséniate de soude sur le sulfate de protoxyde de fer. Il s’administre aux mêmes doses que les précédents, ou à des doses plus élevées, pour combattre les dartres rongeantes scrofuleuses, les dartres furfuracées squammeuses et même le cancer,

Arséniate de quinine. Il est employé à la dose de 5 à 10 milligrammes dans certains cas de folie.

Arséniate de cuivre, Sel de couleur verte, employé dans l’industrie. Il constitue le vert de Mitis et le vert Paul-Véronèse ; ce dernier s’obtient par un procédé resté secret.

— Miner. Les arséniates existent dans la

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nature, et se reconnaissent aux caractères chimiques que nous avons indiqués comme se rapportant aux sels insolubles à basé d’acide arsénique. Les principaux arséniates naturels sont : ('arséniate déplomb ou mimétèse, Combinaison &’arséniate et de chlorure de plomb, cristallisée en prismes hexagones, réguliers, jaunâtres. Il Les arséniates de chaux, qui portent le nom de pharwacolithe, haidingérite et arsénicite, et ne diffèrent entre eux que par des équivalents d’eau ; ils se présentent en houppes blanches ou colorées en rose par 'ar~ séniate de cobalt, u Les arséniates de cuivre, olivénilé, eucroïte, aphanèse, érinite et liraco- —’*" "" -"’ "— apparence fibreuse et sont

rite et sidérïtine. Ce dernier est le plus important, et se ’ montre sous l’apparence d une matière brune, fragile, à cassure résineuse, tl Arséniate de nickel ou nickelocre, en cristaux de couleur violette, ou verte lorsqu’il est en poudre. Il Arséniate de cobalt ou érythrine, de couleur vert-pomme et souvent mélangé au précédent.

Les arséniates naturels sont des produits modernes qui résultent de la décomposition des arséniures et se forment journellement dans les mines. Nous avons parlé des arséniates alcalins des sources minérales.

ARSÉNIATE, ÉE adj. (ar-sé-ni-a-té —• rad. arséniate}. Chim. Se dit d’une base convertie

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en arséniate : Fer

Cuivre arsé-

ARSENIC s. m. (ar-se-nik, et, suivant quelques-iins, ar-se-ni, excepté devant une voyelle, où le k se fait toujours sentir —du gr. arsen, homme, mâle-, nikaô, je dompte). Chim. Corps simple, d’apparence métallique, très-répandu dans les minerais métalliques, et qui entre dans la composition de plusieurs substances très-vénéneuses, il Dans le langage vulgaire, ce nom désigne souvent l’acide arsénieux.

— Absol. Toute espèce de composé arsenical vénéneux : II a été empoisonné par r arsenic. (Orfila.).

Arsenic métallique, Nom impropre de l’arsenic proprement dit. Il Arsenic blanc, Nom vulgaire de l’acide arsénieux. il Arsenic natif, Arsenic naturel, qui présente les propriétés de l’arsenic proprement dit.

— Alchim. Arsenic des philosophes, Le mercure ou la matière d’où l’on tire le mercure ou le soufre.

— Encycl. Chim. h’arsenic est un corps simple, d’apparence métallique, appartenant toutefois à la grande division des métalloïdes, et, dans cette, division, au groupe naturel des —métalloïdes pentatomiques dont le phosphore est le type. Comme le phosphore, l’arsenic donne naissance, par la combustion, à des composés solides et acides, avec dégagement d’une odeur alliacée particulière ; il forme, avec l’hydrogène, le chlore et les métaux, des composes comparables à ceux que le phosphore et l’azote fournissent dans les mêmes circonstances.

— I. Propriétés physiques de l’arsenic. L’arsenic est solide k la température ordinaire, d’un gris d’acier très-brillant quand il vient d’être volatilisé ; mais il se ternit promptement au contact de l’air. Ce corps est facile à pulvériser ; il est sans saveur, insoluble et de texture cristalline. Sa densité est 5,75. Soumis à l’action de la chaleurj il se volatilise sans devenir liquide ; toutefois, on peut opérer la fusion de Varsenic en le chauffant dans un tube métallique fermé aux deux extrémités. En vase ouvert, il se volatilise vers 300<>, et se sublime dans le dôme des cornues, en cristallisant en rhomboèdres groupés.

— II. Propriétés chimiques de l’arsenic. Chauffé au rouge ou projeté sur un charbon allumé, l’arsenic répand une odeur alliacée très-forte et caractéristique. Cette odeur, qui n’appartient ni aux vapeurs à’arsenic, ni aux vapeurs d’acide arsénieux7 paraît se développer au moment même où se produit l’oxydation. À une température peu élevée, Yarsenie brûle dans l’oxygène avec une flamme d’un bleu pâle, et produit de l’acide arsénieux. C’est ce même composé oxygéné qui se forme, à la température.ordinaire, autour des cristaux d’arsenic et vient les ternir. Un^jrand nombre de corps simples se combinent directement avec Y arsenic : ce métalloïde, jeté dans un flacon de chlore, s’enflamme et produit des vapeurs blanches de chlorure d’arsenic. Il s’unit encore directement au phosphore, à l’iode, au brome et à un très-grand nombre de métaux qu’il a la propriété de rendre blancs et cassants.

—III. Préparation et usages de l’arsenic. On obtient Yarsenie en réduisant par la chaleur un arséniosulfure naturel, le mispickel. On le calcine avec des débris de fonte ou de tôle dans des cylindres de terre disposés dans un même fourneau ; l’arsenic se" volatilise, tandis que le soufre est complètement retenu à l’état de sulfure. On retire ce métalloïde de l’arsenic natif par le même procédé. Enfin, on peut extraire l’arsenic des sulfures métalliques, en grillant ceux-ci pour former d’abord de l’acide arsénieux, puis en décomposant, ce produit par la chaleur, et en sublimant.

h’arsenic est peu employé ;* cependant, réduit en poudre, il constitue le produit connu dans le commerce sous le nom de cobalt.

cobolt, ou poudre aux mouches, qui est dans nos maisons un danger continuel d’empoisonnement. ’ Cette poudre, pk ’ "

s’oxyde lent x -* stance se tr : duit soluble très-vénéneux. Divers moyens ont été indiqués pour remédiera l’inconvénient de voir ainsi livrée au premier venu une substance malfaisante qui n’atteint que très-imparfaitement son but, de débarrasser de mouches nos habitations, et qui peut être employée pour servir de mauvais desseins : c’est ainsi qu’on a proposé de mélanger à la poudre aux mouches des substances très-amères, ou susceptibles de provoquer le vomissement. L’arsenic entre dans la composition de quelques verres étrangers et dans quelques alliages, tels que la tain des miroirs de télescopes, le plomb dé chasse, etc. Il est inusité en médecine. Introduit dans l’estomac d’un animal, il peut n’y déterminer.des symptômes d’empoisonnement qu’au bout d’un temps assez long ; on suppose, dans ce cas, qu’il devient vénéneux en se transformant en acide arsénieux.

— IV. Composés formés par l’arsenic. Oxydes d’arsenic. Varsenic forme, avec l’oxygène, deux composés acides : l’aciae arsénieux, qui répond à la formule As O3. et l’acide arsénique, As 05. V. arsénieux et Arsénique.:

-t- Arséniures d’hydrogène. On en connaît deux espèces : 1" l’arséniure solide d’hydrogène, qui se présente sous forme de flocons d’un brun châtain, et s’obtient en plaçant de Yarsenie au pôle négatif d’une pile dont on se sert pour décomposer l’eau ; 2» l’hydrogène arsénié ou arsemqué, plus important, qui a pour formule As H», et est homologue de l’ammoniaque Ai H3, et de l’hydrogène phosphore PA H3. C’est un produit gazeux à la tempéraT ture ordinaire, liquéfiable à—30°, d’unedensité égale à 3,695. Son odeur est désagréable et fortement alliacée ; il est soluble dans l’eau et est absorbé par l’essence de térébenthine avec formation d un précipité blanc. La chaleur le décompose en hydrogène et en arsenic métallique : c’est sur cette propriété qu’est fondé l’emploi de l’appareil de Marsh. Ce gaz brûle avec une-flamme blanchâtre, et la combustion produit de l’eau, de l’acide arsénieux, et un dépôt d’arsenic* Le chlore, le brome, l’iode, décomposent l’hydrogène arsénié en s’em parant de son- hydrogène ; l’action du chlore produit un dégagement de chaleur et une vive lumière..Le soufre, le phosphore, l’étain, le potassium et le sodium, décomposent également cet arséniure sous l’influence de la chaleur. Le gaz hydrogène arsénié est très-vénémeux : le chimiste allemand Gehlen mourut après en avoir respiré une petite quantité. On le prépare très-simplement, en mettant une dissolution arsénieuse en présence de l’hydrogène à l’état naissant. On l’obtient à l’état de pureté par l’action de l’acide chlorhydrique sur l’arséniure de zinc :

Arsén. de Acide Hyd. Chl. de

linc. chlorhydrique. arsénié. ànc.

Zn3A* + 3HCi = AsH3+3ZnCJ Les alliages d’arsenic, traités par les acides étendus, dégagent également de l’hydrogène arsénié.

Chlorure d’arsenic, AsCi3. C’est un liquide incolore, oléagineux, fumant, qui bout à 132ô et reste liquide à —29<>. Il est décomposé par l’eau en acides chlorhydrique et arsénieux, et s’obtient en faisant agir le chlore sur l’arsenic. Pour enlever le chlore en excès, il suffit ensuite de distiller le produit avec de l’arsenic pulvérisé. Un autre procédé de préparation du chlorure d’arsèliic consiste à distiller un mélange d’acide arsénieux, .de chlorure de sodium et d’acide sulfurique. "La réaction donne du sulfate de soude, du chlorure d’arsenic et de l’eau :

Acide Chl.de Acide ■ Sulf.de

sulfurique. sodium, arsénieux. soude. 3SHO* + 3NaCI + AsO» = 3SNaO* + Chl. d’arsenic. Eau. AsCP + 3 HO

— Le bromure d’arsenic, AsBr3, l’iodure d’arsenic, As13, etle/ïuorwre d’arsenic, AsPl$, s’obtiennent directement par des procédés analogues, et ne présentent aucune impor — Sulfure d’arsenic. On en connaît cinq, qui répondent aux formules As® S, As S2, As S3, AsS*>, AsS’8, Nous parlerons des deux plus importants : 1« le bisulfure d’arsenic ou réalgar, As S2. C’est un corps solide, d’un rouge brun, dont la poussière est jaune orangé. Il est insoluble et décomposable par la potasse ; cette décomposition donne naissance a de l’arsénite de potasse, du sous-sulfure d’arsenic As6 S, et une combinaison soluble de bisulfure d’arsenic et de sulfure de potassium. Ce dernier produit, qui a pour formule dans la notation dualistique SK, AsS2, est regardé comme un sulfo-sel, de sorte que le bisulfure d’arsenic en est le sulfacide. Le réalgar est employé comme matière colorante et entre dans la composition du feu indien des artificiers ;— 2° le trisulfure d’arsenic ou orpiment, As S*. Il est solide, de couleur jaune, presque insoluble, se décompose à l’air sous l’influence de la chaleur, et brûle en donnant naissance à de l’acide sulfureux et à de l’acide arsénieux ; l’acide azotique et l’eau régale le décomposent également. Il doit être aussi considéré comme un sulfacide. L’orpiment est en usage pour la teinture j les Chinois en fabriquent des vases pour

y laisser séjourner une eau qui devient purfative ; il entre dans la composition du rusma es Turcs. Il est peu soluble, et ainsi peu vénéneux. Ces deux sulfures d’arsenic se préparent, en distillant un mélange de soufre et d’acide arsénieux.dans les proportions convenables.

Arséniures métalliques. L’arsenic forme ave<j les métaux un certain nombre de composés auxquels on donne quelquefois le nom d’alliages, eu égard à l’apparence métallique de l’arser.ic. En effet, ces combinaisons se font ordinairement en toutes proportions, et la substance qui en résulte est d’apparence métallique, plus blanche que le mét ; il qui lui a donné naissance, est très-cassante. Les principaux arséniures métalliques sont ceux de fer, denickel, de cobalt, â’étain, de plomb et de cuivre. Nous avons parlé du tain des miroirs de télescopes etdu plomb de chasse ; l’arsenic, en s’unissant au plomb, lui donne la propriété.de se diviser plus facilement en gouttelettes.,

Sels d’arsenic, Sels formés par la combinaison d’une base avec les acides arsétiieiijr et arsénique, et que nous décrivons sous leUinom à’arséniates et arsénites. (V. ces mots.) On pourrait y joindre les sulfosels, qui sout formés par la combinaison des sulfures d’arsenic avec les sulfures alcalins ; ces composés sont peu connus, et d’ailleurs sans importance.

—■ L’arsenic n’existe pas dans le tissu des êtres vivants, et les combinaisons organiquef qu’il pourrait fournir.ne sauraient être que des produits de l’art. Parmi les combinaisons organiques, la plus remarquable est le cacodyle^ que M. Bunsen a obtenu de la liqueur fwnaiiti de Cadet, qu’il a considérée comme un oxyde de cacodyle. Ce composé singulier, qui a poui formule C4H8As, est donc, suivant les chimistes, un radical composé, jouant le rôle de métal, mais très-différent des autres radicaux organiques, en ce qu’il est insoluble. C’est un liquide visqueux, transparent et spontanément inflammable. Son odeur est insupportable, et rappelle celle de l’hydrogène arsénié. Il cristallise à — 6» et bout à 170». À une température plus élevée, il se décompose en arsenic et en carbures d’hydrogène. Il est peu soluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther ; il brûle dans l’oxygène et-dans le chlore, dissout le soufre, et est dissous par l’acide azotique. Le cacodyle forme un grand nombre de composés dans lesquels il joue le rôle de métal ; M. Bunsen a fait connaître ces composés sous les dénominations d’oxydes de cacodyle, acide cacodylique, sulfures, bromure, fluorure, cyanure, oxy chlorure, etc., de cacodyle, cacodylates, ’etc.

— Méd. Propriétés thérapeutiques et

TOXICOI.OG1QUES DE"S COMPOSÉS FOURNIS PAR

l’arsenic.Emploi médical des composés d’arsenic. Les préparations arsenicales sont d’autant plus dangereuses qu’elles sont pjus solubles. Les plus grandes précautions doivent toujours présider à leur administration ; mais, bien maniées, elles sont d’un admirable secours et d’une efficacité incontestable. Dioscôride connaissait déjà l’efficacité de certains composés arsenicaux, mais Paracelse est le premier qui ait connu l’arsenic. Schrœder, Valchimiste Brandt en 1733, et Macquer firent connaître ses propriétés. Cependant la puissance toxique de ces préparations les avait fait abandonner en thérapeutique, lorsqu’une étudeplus attentive et plus approfondie vint, dans ces derniers temps, rappeler l’attention des’ —médecins sur une classe de médicaments qui nous fournit les plus précieux agents médiateurs. Administrés à petites doses, mais souvent répétées et longtemps continuées, les arsenicaux agissent en modifiant profondément la nature du sang et des principaux liquides de l’économie. Cette médication, dite altérante, est suivie des succès les plus remarquables dans les maladies chroniques, les cachexies invétérées, les viciations du sang, etc. Après avoir produit une action locale irritante, et dont il faut ménager les effets, les arsenicaux produisent leur action dynamique en détruisant, par une sorte de propriété spécifique, les germes morbides. Cette action est ordinairement insensible, et dès les premiers accidents, on doit discontinuer l’usage de l’arsenic. Ce qu’il y a de plus remarquable dans cette application de l’arsenic au traitement des maladies, c’est qu’à petites doses, ce violent poison, loin de manifester son action par des phénomènes morbides, néfait qu’augmenter l’appétit et favoriser le développement da l’embonpoint. La plupart du temps, du reste, il est permis d’augmenter progressivement les doses, grâce à l’accoutumance qui s’établit dans l’organisme. Cette accoutumance varie beaucoup selon les individus, et peut-être selon la nature des maladies dont ils sont atteints. Si, cependant, les doses d’arsenic administrées dépassent la résistance du malade, il se déclare des accidents qui prennent le caractère d’un commencement d’empoisonnement, et qui forcent à interrompre immédiatement le traitement. D’autres fois, l’accident pathogénique se -manifestera sous la forme d’éruptions de nature chronique, ce qui dépend probablement de la trop lente élimination du médicament. À l’extérieur, on administre encore l’arsenic à des doses naturellement plus élevées, mais qui, trop considérables, exposeraient les malades à des accidents sérieux. L’arsenic agit, dans ce cas, en détruisant la vie dans les tissus superficiels, et en provoquant un afflux sanguin plus cou-