Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 11, part. 4, Ocu-Oz.djvu/259

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ORLO

cette circonstance, à l’immense talent de Van Orley.

ORLEY (Richard van), peintre et graveur flamand, né à Bruxelles en 1652, mort dans la même ville en 1732. Son père, receveur de rentes à Bruxelles, et son oncle, qui faisaient du paysage en amateurs, entreprirent l’éducation de Richard, qui devint bientôt plus fort que ses maîtres. A seize ans, il peignait sur ivoire des portraits-miniatures assez agréables, puis il perfectionna son talent et exécuta des compositions remarquables par le dessin, l’entente de la perspective et l’ingéniosité des sujets. Ayant succédé à son père comme receveur, il n’en continua pas moins ses travaux artistiques, et il produisit un très-grand nombre de tableaux, de dessins et de gravures. Parmi ses dessins, gravés par Picard et Bertram, on remarque un recueil de 98 dessins à la plume et à l’encre de Chine ; l’Accroissement de Home, en 68 dessins ; le Pontificat romain et des illustrations pour VHistoire de la guerre des Juifs’de Flavius Josèphe. Ces petits sujets sont traités avec une grande habileté de métier. Cette habileté se montre également dans ses eaux-fortes. Citons les meilleures : la Chute des anges et un Bacchus ivre, d’après Rubens ; le Mariage de la Vierge, d’après I.uca Giordano, et des illustrations pour le Pastor fido de Guurini et les Amours de Veriumne et de Pomone.

ORLL1E-ÀNT01NE 1er. V. Tounens.

ORLOF ou OMLOFF (on prononce Arlof), nom d’une famille russe, dont plusieurs membres ont joué un grand rôle dans leur pays depuis le xvme siècle. Le premier membre connu de cetto maison était Ivan, surnommé Orel (l’Aigle). Il faisait partie des strélitz lorsque Pierre le Grand, qui avait voué cette milice à l’extermination, témoin du sang-froid inouï dont il faisait preuve en marchant à la mort, lui donna sa grâce et l’incorpora dans la garde impériale (1689). En peu de temps Ivan parvint au grade d’officier, ce qui lui valait le titre de gentilhomme, et prit alors le nom d’Orlof. — Son fils, Grégoire, devint général et gouverneur de Novgorod. Il eut cinq fils et une fille. Cette dernière, nommée Catherine, mena une vie exemplaire et acquit la réputation d’une sainte. Catherine II lit bâtir en son honneur une église à Moscou.-Le fils aîné de Grégoire, Ivan, comte Oiîlof, né à Moscou en 1733, mort à Saint-Pétersbourg en 1791, reçut do l’impératrice Elisabeth le titre de comti et devint chambellan de Catherine II, qui lui donna en outre un siège au sénat. Exempt d’ambition, il mena une vie retirée et reçut de ses frères le surnom de Philosophe, qui lui est resté.

ORLOF (Grégoire-Grigorievitch, comte), grand maître de l’artillerie russe, favori de Catherine II, second fils de Grégoire, né en 1734, mort en 1783. Il entra de bonne heure dans l’armée, servit dans la garde, puis dans l’artillerie, mena une vie des plus dissipées, passa dans l’armée autrichienne pendant la guerre de Sept ans, puis revint à Saint-Pétersbourg, ou le comte Chouvaloff, grand

maître de l’artillerie, le prit pour aide de camp. Une intrigue amoureuse qu’il eut avec la maîtresse de ce dernier attira sur lui l’attention de la cour, et particulièrement celle de Catherine, alors’grande-duchesse. Non-seulement cette princesse empêcha qu’il fût envoyé en Sibérie, mais encore, frappée de l’élégance et des qualités physiques du jeune aide de camp, elle le garda auprès d’elle et en fit son amant. Lorsque Catherine eut pris la résolution de se débarrasser de son mari, Pierre II, elle prit pour confident de ses projets Grégoire Orlof, et celui-ci, aidé par ses frères, devint le chef de la révolution qui renversa Pierre II et mit la couronne sur la tête de Catherine (9 juillet 1762). En récompense de ce signalé service, Orlof reçut le titre de comte, Ta charge de grand maître de l’artillerie, et fut comblé de dons et de richesses. Devenu tout-puissant à la cour, consulté dans toutes les affaires importantes, il fut sur le point de monter sur le trône. Le chancelier Bestoucheff proposa à l’impératrice de l’associer à son pouvoir ; mais cette proposition, combattue comme impolitique et impopulaire par Panin et Czernitcheff, ne fut point mise à exécution, et Orlof refusa de s’unir par un mariage secret à l’impératrice. En 1771, il se rendit à Moscou pour y prendre les mesures nécessaires pour combattre la peste qui ravageait cette ville. L’habileté et le courage dont il fit preuve en cette circonstance lui méritèrent l’approbation universelle, et, par ordre de Catherine, un arc de triomphe fut érigé en son honneur à Moscou. Cependant, par ses propos indiscrets, par son inconstance, il avait singulièrement affaibli l’affection que lui avait jusque-là portée l’impératrice. Envoyé en Valachie pour y négocier la paix avec les Turcs (1772), Orlof, par sa hauteur, rendit sa mission infructueuse. Il retournait à Saint-Pétersbourg, lorsqu’il apprit que Joseph II lui avait accordé le titre ■^9 prince de l’empire et que Wassilehikoff venait de le remplacer dans les bonnes glaces de Catherine, fin même temps i] reçut l’ordre de se retirer dans son château de Gatchiua. Ce fut un coup de foudre pour le favori. Toutefois il ne songea point à résister. 11 se consola en menant un train de prince oriental, et dès la’ fin de la mémo année

ORLO

1772, il put retourner à Saint-Pétersbourg, où il parut avoir recouvré toute son ancienne faveur. C’est alors qu’il construisit à ses frais le grand arsenal de Saint-Pétersbourg et qu’il fit don à la ozarine d’un brillant fameux. Peu après, agité, inquiet, ennuyé, il quitta Saint-Pétersbourg, visita l’Allemagne et la France, trouva a son retour en Russie Potemkin en possession de la faveur impériale (1775), épousa une de ses cousines, voyagea en Italie et en Suisse, perdit sa femme à Lausanne et éprouva un vif chagrin de cette perte. Ce chagrin, joint au sentiment de son irréparable disgrâce, altéra sa raison. Il tomba dans des accès de démence et mourut dans d’horribles souffrances peu après son retour à Saint-Pétersbourfr. Le comte Orlof avait eu de Catherine un fils naturel, qui reçut le nom de comte Bobrinski.

ORLOF (Alexis-Grigorievitch, comte), amiral russe, frère du précédent, né à Novgorod en 1736, mort à Moscou en 1808. À une force herculéenne et à une taille de géant il joignait un esprit entreprenant et une rare audace. D’abord simple soldat, puis officier d’un régiment de la garde, il reçut, dans une rixe de caserne, une blessure au visage qui lui valut le surnom de Dnlarré. Lors de la révoluLion de 1762, Alexis contribua puissamment à renverser Pierre II, proclama le premier Catherine impératrice, fut chargé de la garde de l’empereur dépossédé et fut, dit-on, l’auteur de sa mort. Il obtint alors le grade de lieutenant-colonel, prit part à la guerre contre les Turcs (1768-1769), y fit preuve de courage, mais de peu de capacité, devint maréchal de camp, adjudant généra], et^fut élevé, en 1770, à la dignité d’amiral. Mis cette même année à la tête d’une flotte, il remporta sur les Turcs la bataille navale de Tschesme (1770), grâce a l’officier anglais Elphinston, qui suppléa à son incapacité ; il n’en prit pas moins le surnom de Tsciicsminski. Une fille de l’impératrice Elisabeth, la princesse Tarakanoff, vivait à Rome et inspirait un reste d’ombrage à Catherine : Orloff se rend auprès d’elle, l’épouse, la flatte de l’espoir de l’établir sur le trône et la livre à son ennemie, qui la fait périr. L’empereur Paul Ier, à son avènement (1796), fit exhumer les restes de son père, Pierre II, lui rendit les honneurs qui lui avaient été. refusés, exigea que son meurtrier tînt le drap funéraire pendant la cérémonie et l’exila. Il se mit alors à voyager et revint en Russie après la mort du ezur. Alexis passases dernières années à Moscou. Il laissa en mourant son immense fortune à sa fille unique, Anna, née en 1785, et qui épousa le comte Panin.

— Son frère, Fœdor, comte Oklof, né en 1741, mort en 1796, reçut le grade de capitaine après la révolution de 1762, prit part à la campagne de Morée, fut défait en plusieurs rencontres et n’en reçut pas moins, à son retour, le grade de lieutenant général. — Un autre frère des précédents et le cinquième des fils de Grégoire, "Vladimir, comte Orlof, né en 1742, mort en 1812, devint lieutenantcolonel des gardes, puis quitta le service militaire, reçut le titre de conseiller intime et fut président de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg.

ORLOF (Grégoire-Vladimir, comte), littérateur et sénateur russe, membre de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, né dans cette ville en 1777, mort en 1826. Il était fils de Vladimir et petit-fils de Grégoire Orlof. Il habita Paris sous la Restauration, s’y lia •avec le parti libéral, dont il voulut propager les idées en Russie, mais fut disgracié un moment par l’empereur Alexandre. On a de lui les ouvrages suivants, en français, langue dans laquallo il écrivait avec autant d’élégance que de facilité : Mémoires historiques, politiques et littéraires sur le royaume de Naples, avec des additions d’Amaury Duval (1819-1822-1825, 5 vol. in-8°) ; Essai sur l’histoire de la musique en Italie (1822, 2 vol. in-8°) ; Essai sur l’histoire de la peinture en Italie (1823, 8 vol, in-8°) ; Voyage dans une' partie de la France (1824, 3 vol. in-S°). La mort le surprit au moment où il s’occupait d’un Abrégé de l’histoire de Russie, en français. Ainaury Duval passe, mais à tort, pour être le véritable auteur des livres de cet écrivain.

ORLOF (Michel-Fœdorovitch), général russe, fils naturel de Fœdor, le quatrième fils de Grégoire, né à Moscou en 1785, mort eu 1841. Il prit part, comme adjudant major d’Alexandre Ier, aux campagnes de 1805, 1807 et 1812 contre la France, accompagna son souverain à Paris en 1814, fut un des signataires de la capitulation de Paris et reçut le grade de général de brigade. l’artisan des idées libérales, Michel Orlof conseilla à plusieurs reprises à Alexandre de donner une constitution k ses peuples. Son insistance a cet égard amena sa disgrâce. Il reçut alors l’ordre de se rendre a l’armée du Sud, y propagea ses opinions, s’affilia à des sociétés secrètes, fut arrêté, lors de l’avènement de Nicolas I«, comme compromis dans la révolte militaire de Saint-Pétersbourg (26 décembre 1825), dut sa mise en liberté à l’intercession de son frère Alexis, niais reçut l’ordre de se rendre dans ses terres avec défense de reparaître à Saint-Pétersbourg et à Moscou.

ORLOF (Alexis-Fœdorovitch, prince), général et homme d’État russe, frère du prêcé ORLO

dent, né à Moscou en 1786, mort à Saint-Pétersbourg en 1861. Il prit part aux guerres de la Russie contre Napoléon, devint adjudant du grand-duc Constantin, colonel de la garde à cheval, dispersa les insurgés par des charges de cavalerie lors de la révolte militaire qui éclata à Saint-Pétersbourg le 25 décembre 1825, et sauva la vie à Nicolas 1er, qui iui conféra le titre de comte et le grade d’adjudant général. Après avoir commandé une division d’infanterie dans la guerre contre les Turcs en 1828, il fut chargé, Tannée suivante, de négocier avec la Porté le traité d’Andrinople (14 septembre 1829). L’habileté dont il fit preuve dans cette circonstance lui valut la réputation d’un excellent diplomate et accrut encore la confiance qu’avait en lui son souverain. À partir de ce moment, le comte Orlof tint une place considérable dans la direction des affaires politiques de son pays. En 1830, il se rendit, en qualité d’ambassadeur extraordinaire, à Con-StantinopSe et, peu après, reçut l’ordre d’aller en Pologne pour connaître la cause de la lenteur de l’armée russe à écraser l’insurrection polonaise. Le maréchal Diebistch et le grand-duc Constantin étant morts peu après son arrivée, le comte Orlof se vit accusé par la rumeur publique d’avoir empoisonné ces deux personnages ; mais Frédéric de Smith a victorieusement réfuté cette accusation. Après avoir comprimé la révolte des colonies militaires du Sud (1832), il partit pour Londres, dans le but d’empêcher la séparation de la Belgique et de la Hollande. Malgré ses efforts, il échoua complètement dans cette mission. De retour en Russie, Orlof reçut le commandement de l’armée envoyée à Constantinople pour protéger la Turquie contre

les entreprises d Ibrahim-Pacha et signa le fameux traité d’Unkiar-Skelessi, qui livrait à la Russie seule le libre passage du Bosphore et des Dardanelles (5 mai 1833). Après son retour de cette expédition, il fut successivement nommé général de cavalerie, conseiller d’État, commandant de la gendarmerie (1844), directeur de la police secrète, accompagna l’empereur Nicolas dans ses voyages à Londres, à Palerme, à Naples, et prit part aux conférences de Berlin et d’Olmutz en 1853. Lorsque éclata la guerre d’Orient, en 1854, il reçut la mission de se rendre à Vienne pour amener la cour d’Autriche k faire cause commune avec la Russie ; mais il échoua, malgré tous ses efforts, et no put même obtenir une assurance de neutralité. À son lit de mort, Nicolas ne le recommanda pas moins vivement a son fils Alexandre II, qui le chargea de représenter la Russie lors de la conclusion du traité de Paris (mars 1856). feu après, il reçut le titre de prince, la présidence du conseil de l’empire et la présidence du conseil des ministres. Atteint par un ramollissement du cerveau, Alexis Orlof se démit de ses fonctions et mourut peu après. Ce représentant de la vieille politique russe avait une haute taille, une belle physionomie et une attitude martiale qui imposait.

ORLOF (Nicolas, prince), général et diplomate russe, fils du précédent, né en 1827. 11 fut d’abord admis au nombre des pages de Nicolas Ier, dont il était le filleul, puis il suivit la carrière des armes, se conduisit bravement pendant la guerre d’Orient et perdit un œil au siège de Sébastopol en 1854. Peu après, il fut nommé général-major et appelé, en 1859, au poste de ministre plénipotentiaire à Bruxelles. À la mort de son père, en 1861, il prit le titre de prince, devint ensuite lieutenant général, aide de camp général et fut nommé, en juin 1870, ambassadeur à Londres, en remplacement du baron de Brunow. Mais ce dernier ayant demandé h continuer ces fonctions jusqu’au moment de sa retraite, le prince Orlof resta en disponibilité jusqu’au mois de janvier 1873, époque où il fut appelé à l’ambassade de Paris. Ce diplomate a épousé à Fontainebleau une princesse Troubetskoï. 11 appartient, dit-on, à l’ancien parti russe, qui est favorable à la France. Étant ministre a Bruxelles, il a adressé au gouvernement russe un mémoire pour demander l’abolition des châtiments corporels, soit pour les civils, soit pour les militaires. On lui doit un ouvrage publié en langue russe : la Campagne de Prusse en 1806 (Saint-Pétersbourg, 1850).

ORLOF ou ORLOF -DEMSOFF, famille russe, dont le premier meniuro connu est Wasili Orlof, qui épousa l’héritière de la famille Denisoff en 1799, et reçut alors la dignité héréditaire d’hetinan des Cosaques.tion fils aîné, Wasili Orlof-Denisoff, né en 1777, mort en 1843, fut promu général de brigade en 1807, commanda les Cosaques en 1812, fit pendant la retraite de Moscou une brigade du général Baraguay-d’Iiilliers prisonnière, commanda les Cosaques de la garde à Leipzig et contribua par ses charges vigoureuses au gain de la première journée.

ORLOFF s. m. (or-loff — nom propre d’homme). Econ. rur. Cheval d’une race russe, qui descend de divers croisements des races arabe, hollandaise, danoise, anglaise et persane, et qui s’est créée en Russie vers la fin du siècle dernier.

ORLOV, ville de la Russie d’Europe, gouvernement de Viatka, ch.l-. du cercle de son , nom, sur la rive droite de ta Viatka ; 4,000 hab. Il Bourg de la Russie d’Europe, gouverne ORME

1485

ment de Voronej, sur la rive droite dél’Ousman ; 4,900 hab.

ORLOWSKl (Boris-Ivanovitch), sculpteur russe, né en 1793, mort à Saint-Pétersbourg en 1837. Il était fils d’un paysan. D’abord élève du sculpteur Trescorni, puis de l’Académie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, il se rendit pour se perfectionner en Italio (1822) et y reçut les leçons du célèbre Thorwaldsen. De retour dans la capitale de la Russie, il y a exécuté de nombreux et importants travaux. Nous citerons, entre autres : Ivan Oustinovitck arrêtant un taureau enragé, groupe ; un Faune et une Bacchante, groupe ; Paris décernant la pomme, groupe ; les statues de Barclay de Tolly et de Koutousof ; l’Ange sur la colonne d’Alexandre Ier, devant le palais d’hiver ; le buste colossal d’Alexandre /«, nu sénat, etc.

ORLU, village et commune de France (Ariége), canton d’Ax.arrond. et a 47 kilom. de Foix, sur le ruisseau du même nom ; 364 hab. Belle cascade de l’Ariége.

ORMAIE s. f. (or-mè — rad. orme). Lieu planté d’ormes. Il On dit aussi okmoik.

ORMÀNCEY, village et commune de France (Haute-Marne), cant., arrond. et a 17 kilom. de Langres, sur la rive droite de la Suize ; 310 hab. Ruines imposantes d’un château fort.

ORME s. m. (or-rae.—V. l’étym. À la partie encycl.). Bot. Genre d’arbres, type de la famille des ulmacées, comprenant plusieurs espèces qui croissent dans les régions tempérées de l’hémisphère nord : Une allée d’oRmes. L’orne 'est un des arbres dont on borde le plus communément les avenues et les grandes roules. (Raspàil.) Un seul ormk produit 529,000 graines. (A. Karr.) I ! Orme de Samarie, Orme à trois feuilles, Nom vulgaire du ptéléa trifolié, il Orme d’Amérique, Orme américain, Orme pyramidal, Nom vulgaire du g’uazuma à feuilles d’orme : C’est un bel arbre que I’orme américain, avec son tronc blanc, son feuillage élégant, gui rappelle à la fois le cliêne et le bouleau. (Ampère.) Il Orme polygame, Ancien nom de la planète polygame. Il Orme de Sibérie, Ancien nom do la planère crénelée.

— Bois d’orme commun : £’orme est fibreux, solide, élastique.

Juges de dessous l’orme, Juges qui, n’ayant pas de tribunal, rendaient leurs sentences sous l’orme qui ombrageait ordinairement la place située devant le manoir féodal.

Attendre sous l’orme, Attendre avec pleine confiance en sa cause, comme faisaient les parties qui, fortes de leur bon droit, n’hésitaient pas k devancer leur partie adverso devant le tribunal du juge ; Le cardinal Petrucci les attend sous l’orme, et ils n’osent l’attaquer, parce qu’il a de l’esprit et du savoir joints à une grande dignité. (Corbinelli.)

Attendez-moi sous l’orme, Invitation ironique que l’on fait à quelqu’un d’aller à un rendez-vous où l’on n’a pas dessein d’aller soimême, de compter sur une promesse que l’on De veut pas tenir :

Attendez-moi sous l’orme.

Voua m’attendrez longtemps.

Rbonabd.

— Encycl. Linguist. Des six ou sept noms persans de l’orme, aucun n’offre d’analogie avec les noms européens, et le sanscrit fait défaut ; mais nos langues occidentales présentent entre elles quelques rapports qui indiquent une provenance de source commune. Au latin ulmus répond l’anglo - saxon ellm, lo Scandinave almr, l’ancien allemand elm, eti-boum, etc. ; le russe ileuve, le polonais

ilm, ilnia ; l’irlandais ailm, uilm, et, par inversion, leamhan, et le kyinrique llwyf, llwyfan (pour lluiym). Le sens primitif de ces noms paraît être, comme pour le chêne et le bouleau en slave et en grec, celui de combustible. Ou trouve, en effet, en sanscrit une racine étymologique ul, brûler, k laquelle on rattache ulfcd, ut/cushî, tison, météore igné, utupa, broussailles, mèche de lampe, ulmuka, tison, d’un thème ulmu. Au même groupe se lient sans doute le kymrique ulw, ulwyn, braise, charbon ardent, et l’irlandais ulaclid, couleur, par la liaison ordinaire entre les notions de brûler et de briller. À côté de ul, il existe aussi des traces d’une racine al, et, avec le même sens, surtout dans les langues germaniques, où le nom de l’arbre, elm, paraît avoir un rapport direct avec l’anglo-saxon aelan, brûler, enflammer, aeled, aeld ; Scandinave elldr, " feu ; ancien allemand elo, elm, rouge de feu.. Comparez le persan âl, rouge, atosti, couleur rouge, etc. Ajoutez encore l’irlandais alain, brillant ; le kymrique au>l, lumière, et le Scandinave itr, chaleur. L’armoricain evlech, orme, ainsi que evl, bourdaine, paraissent avqjr une autre origine et se l’Attacher, avec le même sens de combustible, au kymrique ufel, feu, étincelle, en irlandais aibheal, aibtile, aibhleog, et en armoricain elven, par inversion pour evlen.

Pictet conjecture que l’orme, en grec ptelea, est ainsi nommé de ses graines ailées, pteron, ptilon, plume, sanscrit patra, de la racine put, tomber, voler. Il croit retrouver cette signification dans un autre nom commun au slave, au lithuanien et au germanique. C’est le russe viazu, polonais wiaz, lithuanien winhszna, allemand wicke, anglais wych. Ces formes conduisent a une racine