Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 13, part. 2, Pubi-Rece.djvu/373

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REAS

mer, on trouve un thym d’un parfum déli~ deux. (Ad. Meyer.) Il Absol. ; Le bruit court que te gouvernement anglais songe à réarmer.

— Fig. Se munir, s’entourer de précautions : On voit chaque jour les gouvernements inintelligents réarmer leur autorité contre le courant de l’opinion.

RÉARPENTAGE 3. m. (ré-ar-pan-ta-jerad. réarpenter). Nouvel arpentage, qui a pour but de vérifier l’exactitude d’un premier arpentage, surtout quand il s’agit de la vente des coupes de bois.

RÉARPENTER v. a. ou tr. (ré-ar-pan-tédu préf. et de arpenter). Arpenter de nouveau : Réarpenter une coupe de bois.

RÉART, torrent de France (Pyrénées-Orientales). Il se perd dans l’étang de Suint-Nazaire après 40 kilom. de cours. À la suite d’une forte pluie, ce torrent devient très-dangereux et recouvre une grande étendue de terrain. Ses eaux, qui se déversaient jadis dans des marais infects, fertilisent aujourd’hui la plaine, grâce aux nombreux canaux d’irrigation qu’on y a creusés.

RÉASSERVI, IE (ré-a-sèr-vi) part, passé du v. Réasservir. Asservi de nouveau : Les Polonais furent réasservis plus durement encore que la première fois.

RÉASSERVIR v. a. ou tr. (ré-a-sèr-vir, du préf. et de asservir). Asservir de nouveau : Réasservir une nation.

RÉASSERVISSEMENT S. m. (ré-a-sèr-vise-nian — nul. réasservir). Action de réasservii- : Le peuple juif eut alors à subir un

RÉASSE(RVISSEMliNT.

RÉASSIGNATION s. f. (ré-a-si-gna-si-on ; ffn mM.-^TAà.réassigner). Jurispr. Nouvelle assignation devant un juge : Faire une réassignation. Donner une reassignation.

— Fin. Assignation sur un autre fonds que celui qui avait été affecté d’abord au payement d’une somme.

RÉASSIGNER v. a. ou tr. (ré-a-si-gné ; gn mil. —du préf. ré et de assigner). Jurispr. Assigner une seconde fois.

RÉASSOCIER (SE) v. pr. (ré-a-so-si-é — du préf. ré et de associer). S’associer, se joindre, se réunir de nouveau : Les philosophes devaient donc rentrer dans la seule voie d’élévation qui leur fût connue, pour se réassocier au sacerdoce. (Fourier.)

RÉASSOMPTION s. f. (ré-a-son-psi-ondu préf. , et du lat. assumptio, action de prendre). Théol. Miracle par lequel Jésus aurait repris le sang qu’il avait perdu sur la croix.

— Encycl. Ce terme appartient à la langue de la moderne théologie luthérienne de France et d’Allemagne. On sait que pour cette théologie, comme pour le catholicisme, l’eucharistie est non pas un symbole, mais une réalité ; en d’autres termes, le fidèle s’y assimile la chair et le sang mêmes de Jésus- ; Christ. Mais les théologiens d’autrefois n’a- ’ vaient pas pensé à tout. Ceux de nos jours ont découvert une difficulté jusqu’ici non aperçue. Eh I quoi I buvez et mangez. Manger, oui ; cela se peut. Mais boire ? N’est-il pas écrit, en parlant du Fils de Dieu, que son sang a été répandu pour nos offenses ? Son sang n’a-t-il pas conlé, en effet, sur la croix ? Il n est donc pas exact de dire que nous puissions boire son sang. Non, a-t-on répondu, à moins d’un miracle. Et c’est ce miracle qui s’appelle la réassomplion. Le sang versé sur la croix a été miraculeusement réassumé ou réintégré dans les artères du Seigneur, lors de sa résurrection, sans qu’il en manquât une goutte. Car enfin, pour nous donner son sang à boire, il faut bien qu’il l’ait. Mais, admirez la profondeur de la révélation, le psaume, xvi avait précisément annoncé ce miracle de la réassomplionl Sur cette explication, grand débat dans l’école : les uns s’en contentent ; les autres préfèrent avouer qu’on mange le corps, mais qu’on ne boit’ pas le sang du Christ dans la cène. L’illustre Thomasius, d’Erlangen, a trouvé une solution. 11 admet que toutes les molécules du sang restées dans le corps déJôsus ont été englobées dans la glorification de tout le corps ; or, la matière glorifiée, on le sait, n’est plus sujette aux misères de la condition commune des matières ; elle est, entre autres qualités, aussi inépuisable, qu’on voudra. Ainsi s’explique l’existence de cette source éternelle de sang qui coule pour les fidèles dans la cène et qui ne saurait tarir. D’autres ont trouvé pourtant des difficultés à cette solution, et Thomasius lui-même confesse qu’il ne s’explique pas bien comment le Seigneur

a pu distribuer séparément, son corps et son sang. S’il distribue son corps, le sang y est renfermé. Pas de corps sans le sang. Comment donc les distingue-t-il dans la formule sacramentelle de la cène ? Thomasius ne se l’explique pas. Probablement, il y a là-dessous quelque mystère sublime réservé à l’intelligence de nos arrière-neveux et qu’érigera en dogme quelque concile du xxo siècle.

RÉASSUMER v." a. ou tr. (ré-a-su-médu préf. , et de assufher). Assumer de nouveau : Réassumer une obligation.

— Théol. Infuser, introduire de nouveau, en parlant du sang de Jésus après sa résurrection ; Jésus ne put ressusciter qu’en rkas-

l

RÉAU

sdmant dans ses veines le sang qu’il avait perdu.

RÉASSURANCE s. f. (ré-a-su-ran-serad. réassurer). Contrat qui constate une nouvelle assurance, un nouvel engagement entre l’assureur et l’assuré.

Compagnie de réassurance, Société qui ne traite qu’avec les compagnies d’assurance proprement dites et n’a aucun rapport direct avec les assurés.

RÉASSURÉ (ré-a-su-ré) part, passé du v. Réassuré. Assuré de nouveau.

— Substantiv, Personne qui s’est fait assurer de nouveau : Le réassuré est, à l’égard du réassureur, comme le propriétaire deschoses dont il s’est fait l’assureur. (A, Mignot.)

RÉASSURER v. a. ou tr. (ré-a-su-ré — du préf. , et de assurer). Assurer de nouveau : On offre de me réassurer à de meilleures conditions.

Se réassurer v. pr. Signer une nouvelle police d’assurance,

RÉASSUREUR s. m. (ré-a-su-reur — rad. réassurer). Celui qui réassure, qui assure de nouveau.

. HEATE, aujourd’hui Rieti, ancienne ville de l’Italie centrale, sur le Velinus. Elle était la capitale de la Sabine. V. Rieti.

RÉATTAQUER v. a. ou tr. (ré-a-ta-kédu préf. , et de attaquer). Attaquer ’de nouveau.

RÉATTELER v. a. ou tr. (ré-à-te-lé — du préf. ré, et de atteler). Atteler de nouveau : À peine venait-on de dételer les chevaux, qu’il fallut les réatteler. [1 Absol. : Vers deux heures on réattelle et on termine le battage.

RÉATTRACTION s. f. (ré-a-tra-ksi-ondu préf. , et de attraction). Physiq. Action d’un corps électrisé, par laquelle il attire de nouveau un corps qu’il avait déjà attiré, mais qu’il avait ensuite repoussé.

REATU (IN) loc. adv. Cnn-ré-a-tu— mots lat. qui signif. en inculpation). Procéd. En prévention, en accusation : Être, se trouver

IN REATU.

— Encycl. L’expression in reatu était emloyée autrefois, dans les affaires crimineles, pour désigner un homme qui s’était rendu coupable d’un crime ou qui était sous le coup d’un décret de prise de corps et, par conséquent, réputé coupable. L’homme qui était in reatu ne pouvait faire aucune disposition de ses biens qui rendit impossible la confiscation ou les réparations civiles. Il demeurait interdit de plein droit des fonctions publiques et de tous honneurs, quoiqu’il n’eût pas encouru la mort civile.

RÉAUGMENTER v. a. ou tr. (ré-o-gman-té — du préf. , et de augmenter). Augmenter de nouveau : Il faut réaugmenter la dose.

REAUMUR, village et commune de France (Vendée), canton de Pouzanges, arrond. et h 31 kilom. de Fontenay, à 54 kilom, de La Roche-sur-Yon ; 786 hab. Fontaiue ferrugineuse. Ce village a vu naître le célèbre physicien Rôaumur, dont le manoir existe encore et a conservé en partie son ameublement primitif. L’église, qui date du xvc siècle, mais qui a été remaniée, ressemblé extérieurement à une forteresse. Elle.est flanquée, en effet, de tours rondes et surmontée d’un clocher carré, recouvert en tuiles creuses. On remarque à l’intérieur la chapelle de la Vierge, qui attire tous les ans un grand nombre de pèlerins.

RÉAUMUR (René-Antoine Ferchault de), célèbre physicien et naturaliste fiançais, né à La Rochelle le 28 février 1683, mort le 17 octobre 1757. Son nom est surtout connu des gens du monde par le thermomètre à 80° qu’il a construit et qui porte son nom. Mais il ne se recommande pas seulement par cette utile création, déjà ébauchée avant lui par Galilée et Digby. Son génie sagace et investigateur s’est exercé sur presque toutes les branches des sciences mathématiques, physiques et naturelles.

A vingt ans, il publiait déjà plusieurs mémoires de géométrie. Un peu plus tard, il se livrait à des observations intéressantes sur la régénération des membres perdus des crustacés, sur l’action électrique de la torpille, sur le genre de locomotion des étoiles de mer, etc. A vingt-cinq ans, il fut élu membre de l’Académie des sciences et bientôt chargé par cette compagnie de la direction de la Description des divers arts et métiers. Parmi ses nombreux mémoires, il faut citer surtout ceux qui sont relatifs aux rivières qui roulent de l’or, aux mines de turquoises, aux différentes espèces de bois, à la fabrication de l’acier, à l’aimantation du fer et de l’acier, à la cristallisation métallique, à l’art de fabriquer le fer-blanc, qu’on tirait auparavant de l’Allemagne, à l’incubation des oiseaux, à lamanièrede conserveries œufs, etc. S’il n’obtint pas la porcelaine de la Chine, au • moins ouvrit-il la voie et découvrit-il le verre blanc opaque connu sous le nom de porcelaine de Réaumur. Les travaux où il a montré peut-être le plus d’originalité sont ceux qui ont pour objet l’histoire naturelle. Il s’attacha à l’étude des invertébrés et surtout des insectes. Observateur doué d’une sagacité ingénieuse, il a laissé, sous le titre de Mémoires pour servir à l’histoire des insectes (1734-1742), un ouvrage d’une autorité capi EEBA

taie, que les travaux plus récents, d’une précision supérieure sur quelques points > ne doivent pas faire oublier. Réaumur ne s’occupait pas seulement de l’anatomie des insectes, mais aussi de leurs mœurs. • Nous voyons, dit-il, dans ces animaux autant que dans chacun des autres, des procédés qui nous donnent du penchant à leur croire un certain degré d’intelligence. > Il admettait, comme Leibniz, Malebranche, Bonnet, l’bypothèse de la préexistence des germes. Il eut le mérite de mettre hors de doute ce qui avait été déjà entrevu par Peyssonel, que les coraux et les madrépores ne sont pas des plantes, mais le travail d’une classe d’animalcules. À tous ces travaux, qui valurent à Réaumur le surnom de Pline du i<ub siècle, il faut ajouter les mémoires où il expose ses recherches thermométriques. Parmi ses écrits, nous citerons : Examen de la soie des araignées (1710) ; Observations sur tes mines de turquoises (1713) ; Essais de l’histoire des rivières du royaume qui roulent des paillettes d’or (1718) ; Réflexions sur l’état des bois dn royaume (1721) ; Sidérotackosie (1722) ; Sur l’art de faire éclore et d’élever en toute saison des oiseaux domestiques (1749), etc.

RÉAUMURIACÉ, ÉE adj. (ré-ô-mu-ri-a-sê — rad. réaumurie). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la réaumurie.

— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre réaumurie.

— Encycl. Cette famille renferme des arbrisseaux et des sous-arbrisseaux à feuilles alternes, sessiles, entières, plus ou inoins charnues, couvertes de petites glandes, généralement glauques, dépourvues de stipules. Les fleurs, solitaires à l’aisselle des feuilles ou à l’extrémité des rameaux, accompagnées de bractées plus ou moins nombreuses, présentent un calice à cinq divisions ; une corolle à cinq pétales, le plus souvent munis intérieurement d’un double appendice à leur base, à préfloraison tordue ; dix ou un plus grand nombre d’étamines, à filets soudés en un ou plusieurs corps, à anthères oscillantes ; un ovaire libre, sessile, à une seule loge pluriovulée divisée par des cloisons incomplètes, surmonté de deux à cinq styles terminés chacun par un stigmate simple. Le fruit est une capsule qui se divise en plusieurs valves à la maturité et renferme plusieurs graines à tégument mince et velu, à embryon entouré d’un albumen farineux.

Cette famille, qui a des affinités avec les ficoïdées et les portulacées, comprend les genres réaumurie, eickœaldie et halolachne. Les réaumuriacées sont répandues sur le littoral méditerranéen et dans l’Asie centrale ; elles se plaisent surtout dans les terrains sablonneux et salés. Leurs rameaux sont en général roides et étalés. Leurs propriétés sont peu connues. A cause des localités où elles croissent, quelques-unes de ces plantes sont imprégnées de sel marin. Plusieurs sont employées, en médecine par les Orientaux ; on es vante contre les maladies de la peau.

RÉAUMURIE s. f. (ré-ô-mu-r ! — de Réaumur, physic. franc.). Bot. Genre d’arbustes, type de la famille des réaumuriacées, dont 1 espèce type croit au pourtour de la Méditerranée.

fe

— Encycl. Les réaumuries sont des plantes sous-frutescentes, à feuilles alternes, très-rapprochées, sessiles, aiguës, linéaires, glauques et plus ou moins charnues. Les fleurs, généralement blanches et courtement pédonculées, accompagnées de bractées imbriquées, présentent un calice monosépale, à. cinq divisions profondes ; une corolle régulière, à cinq pétales ; des étamines assez nombreuses, insérées sur le réceptacle. Le fruit est une capsule uniloculaire, polysperme, s’ouvrant en cinq valves. Les espèces peu nombreuses de. ce genre croissent au pourtour du bassin méditerranéen. Elles ont le port des soudes et on leur attribue les mêmes propriétés. La réaumurie vermiculée croit en Orient ; les médecins du pays l’emploient contre la gale.

RÉAUMURIE, ÉE (ré-ô-mu-ri-é). Bot. Syn.

de RÉAUMURIACÉ.

RÉAUV1LLE, village et commune de France (Drôme), canton de Grignan, arrond. et à 20 kilom. de Montélimar, à 64 kilom. de Valence, entre la Berre et la Vence ; 575 hab. Vin, huile d’olive ; carrière de gypse. Sur le territoire do cette commune se dresse, au milieu des bois et des rochers, la tour de Montlucet, que quelques antiquaires regardent comme les restes d’un temple dédié à Apollon. De Réauville dépend le hameau d’Aiguebelle, qui doit son nom aux magnifiques sources qui jaillissent sur son territoire, et où se trouve une abbaye de trappistes.

V. AlGUEBELLK.

RÉAUX s. m. pi. (ré-ô — de réal pour réel). Philos. Syn. de réalistes.

RÉAUX (Tallemant des), chroniqueur français. Taixkmant.

REBABAH s. m. (re-ba-ba). Sorte d’instrument à cordes avec lequel s’accompagnent les musiciens dans les cafés arabes, il On dit aussi REBAB.

REBADIGEONNÉ, ÉE (re- ba- di-jo-né) part, passé du v. Rebadigeonner. Badigeonné de nouveau : Chacun à son tour venait lui demander à l’oreille quel jour on pendrait la

HEBA

crémaillère au vieux château restauré ci rk-

badigeonnb. (G. Sand.)

REBADIGEONNER v. a. ou tr. (re-ba-dijo-né — du préf. re, et de badigeonner). Badigeonner de nouveau : Il a rkbadigbonké sa maison.

— Fig. En mauv. part, Essayer de restaurer, de rétablir par des moyens artificiels : C’est un vieux système qu’il a essayé de rebadigeonner.

REBAIGNER v. a. ou tr. (re-bé-gné — du préf. re, et de baigner). Baigner de nouveau.

REBAIS, bourg de France (Seine-et-Marne), ch.-l. de cant., arrond. et à 12 kilom. de Coulommiers, à 59 kilom. de Melun, sur un affluent du Grand-Morin ; pop. aggl., 779 hab. — pop. tôt., 1,081 hab. Fabrique de moutarde, tuileries, papeterie, distillerie, nombreux moulins. Dans l’enceinte du vieux château se voient les vestiges d’une école militaire qui y fut établie en 1776.

REBAISER v. a. ou tr. (re-bè-zé — du préf. re, et de baiser). Baiser, embrasser de nouveau : Il prit dans ses bras l’enfant et ne le rendit à sa mère qu’après l’avoir baisé et rebaisé. Elle lui retendit sa grosse maiu rouge, que rebaisa le joyeux républicain. (Balz.)

— Métro !. Ajuster les carreaux pour que le poids en soit exact : La première opération se nomme les approcher, ensuite on les rebaisb. (Littré.)

REBAISSER v. a. ou tr. (re-bè-sé — du préf. re, et de baisser). Baisser de nouveau : À peine eut-on relevé la toile qu’on fut obligé de la rebaisser.

RÉBALADE S. f. (ré-ba-la-de). Chasse aux oiseaux aquatiques, qui se fait ordinairement pendant la nuit.

— Encycl. Lâchasse de nuit appelée chasse à la rébalade est exceptionnelle et ne peut avoir lieu qu’avec l’autorisation de l’autorité ; à défaut de cette autorisation, le rébaleur est passible des lois sur les chasses prohibées. Voici comment a lieu la rébalade, J La chasseur, couché dans un petit bateau très-léger dont les bords sont presque à fleur d’eau et qu’il dirige sans bruit à l’aide d’une perche, profite des ombres de la nuit pour naviguer, en s’abritant le long des roseaux, en se dissimulant dans l’ombre projetée par les berges. Son but est de gagner, en se glissant ainsi, l’endroit où les canards sont, au large, en train de manger les herbes aquatiques. Il marche sur le vent ijui emporte derrière lui le bruit qu’il fait ainsi que les émanations de son corps ; étendue ; comme lui dans le bateau estsa caiiardière, et le bateau silencieux marche droit vers le lieu où l’on entend nager et barboter le gibier. Au moindre bruit, le barbotement cesse ; les canards ont l’éveil, alors il ne faut plus faire un mouvement ; la frayeur des oiseaux Se dissipera en un instant ; ils se mettront de nouveau a chercher leur nourriture. Le chasseur pourra alors se rapprocher du gibier, le distinguer dans l’ombre, se soulever un peu, ajuster sa canardière dans la masse noire et tirer... Le second coup est prêt ; le chasseur le dirige sur les canards qui, n’ayant pas été atteints par le premier coup, s envolent en poussant des cris d’effroi.

Cette chasse nocturne n’offre de charmes qu’aux esprits solitaires qui n’aiment pas à partager les plaisirs qu’ils éprouvent. Elle détruit beaucoup de gibier dont le chasseur ne profite pas, parce qu’il est impossible de le trouver dans l’obscurité. D’ailleurs cette chasse, souvent heureuse quand il s’agit d’atteindre des canards, ne l’est pas toujours pour les autres oiseaux d’eau. Les foulques, par exemple, se gardent si bien qu’il est impossible de les surprendre pendant leurs repas ; on ne peut espérer les approcher, avec mille précautions, que lorsqu’elles sont endormies, ce que l’on connaît au léger ronflement que chacune d’elles fait entendre et que l’on peut percevoir d’assez loin. Pendant les grands froids de l’hiver, alors que les étangs sont gelés, les oiseaux d’eau se réunissent en masses compactes dans les rares endroits que la glace n’a pas envahis : il est alors plus facile de surprendre le gibier. On fait glisser le bateau sur la glace à l’aide de deux morceaux de bois en biseau, qui lui servent de patins ; arrivé à l’endroit qui n’est point gelé, le chasseur met le bateau à l’eau et agit comme à l’ordinaire.

RÉBALER v. n. ou intr. (ré-ba-la). Chasser à la rébalade.

RÉBALEUR s. m. (ré-ba-leur). Celui qui chasse à la rébalade.

REBANDER v. a. ou tr. (re-ban-dé — du préf. re, et de bander). Bander de nouveau : Rebander un arc.

REBANNIR v. a. ou tr. (re-ba-nir — do préf. re, et de bannir). Bannir de nouveau : Il n’est pas rare de voir un despote rebannik des proscrits après les avoir amnistiés.

REBAPTISANT s. m. (re-ba-ti-zan — rad. rebaptiser). Hist. ecclés. Nom donné à ceux qui administraient une seconde fois le baptême aux catéchumènes baptisés une première fois par des hérétiques, n On a dit aussi quelquefois rebaptisatecr.

— Encycl. Los rebaptisants apparaissent pour la première fois au siècle avec Firmilien, évêque de Césarée, avec saint Cy-