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et île slyle. Succédant, au pied levé, k Mme Vandenheuvel-Duprez dans un personnage ingrat, M11’ Sass ne triompha que grâce & ce timbre d’or, bien préférable, après tout, à toutes les ficelles des chanteuses expérimentées. Car, si pour faire un civet il finit un lièvre, pour faire une chanteuse il faut d’abord une voix. Il est permis de supposer, en outre, que si Mairie Sass reçut des conseils pour le duo de Chérubin et de la comtesse, ce fut Mme Carvalho, la première intéressée au succès de ce morceau, qui se chargea de les donner à la débutante. Le public, qui ne juge que d’après l’émotion du moment, et il a bien raison, accueillit bien la nouvelle comtesse, dont l’intelligence, comme comédienne, tenait du prodige. On ne dit pas cependant que Mme Ugalde, dépourvue de distinction comme actrice, lui ait enseigné ce bon ton qui est l’accord du sentiment et du

foût ; la nature avait tout fait. Mu< ; Sass déuta à l’Opéra le 3 août 1860, par le rôle d’Alice dans liohert le Diable. Elle y obtint, dès le premier soir, un succès complet et mérité. Depuis la retraite de MHo Cruvelli, jamais les voûtes de notre première scène lyrique n’avaient retenti d’accents aussi éclatants. Elle chanta le rôle de Rachel, à la reprise de la Juive, en 1862, et un critique disait de M Ho Sass : < On n’a jamais discuté la beauté de sa voix, d’une puissance si peu commune et à la fois d’un timbre si riche. Mais ce qu’il faut noter, c’est la rapidité avec laquelle la jeune cantatrice a appris tout ce quelle ignorait encore il y a quelques années, quand elle chantait au café du Géant. Mlle Sass a aujourd’hui oublié ce début indigne de ses grands moyens et, à force de travail et de zèle, elle est arrivée à faire très-bonne figure sur la redoutable scène de l’Opéra. ■ La cantatrice a dû modifier sou nom de théâtre en 18G5, à la suite d’un procès ridicule qui lui fut intenté par M. Six, fabricant d’instruments de musique, jaloux sans doute de faire une forte réclame à ses trombones aux dépens de l’artiste de l’Opéra. Elle a plaidé aussi contre Mme Ugabie qui, se fondant sur on ne sait quelle convention ■verbale, prétendait opérer une retenue sur les appointements de son élève. Mariée depuis plusieurs années à M. Oastelniary, chanteur do province, qu’elle a fait engager à l’Opéra, Mi»e Sass tint longtemps a l’Opéra de Paris le premier rang. Elle a quitté notre première scène en 1872, pour aller chanter à Madrid, à Lisbonne et à Bruxelles, où elle a été fort applaudie en 1872, 1873 et 1874.

Mme Marie Sass est, sans contredit, une des premières cantatrices de notre époque. Elle a acquis k* style et la méthode qui lui manquaient naguère, sans rien perdre des précieuses qualités de son organe, ainsi que cela arrive trop souvent aux chanteuses qui arrivent k la quarantaine. Son jeu est nature ! et intelligent. Ceux qui l’ont entendue dans Y Africaine sont de cet avis, que la tragédienne se trouve à la hauteur de la cantatrice. Mmc Sass étudie d’ailleurs, chaque jour, les secrets de son art avec une ardeur et une persévérance bien rares. Celte artiste, sans être précisément ce qu’on appelle uno beauté, est douée d’un physique expressif et mubile, très-avantageux pour les rôles du son emploi. On pourrait lui reprocher, peut-être, un orgueil que sa position explique et justifie en partie. Fille de ses œuvres, elle a la conscience de sa valeur. Elle a complété autant que possible une éducation négligée. Toujours sur la brèche, Mme Sass a remplacé M»ie Gueymard dans lu. Reine de Saba, do M. Gounod, avec un talent très-remarque. Le rôle d’FJisubeth, du Tannhauser, prouve qu’elle sait tirer parti même d’un personnage sacrifié. Meyerbeer lui a confie son Africaine, et le résultat a prouvé que le maître avait le coup d’œil juste. Mme Sass s’est fait applaudir aussi dans le Trouvère, les Vêpres sici- iieiutes, lesJïugueno/s et dans le Don Juan de Mozart. L’avenir lui réserve d’autres triomphes.

SASSA s. m. (sa-sa). Bot. Grand arbre indéterminé de Nubie, qu’on croit être une espèce de mimosa.

Gomme de sassa, Sorte de gomme-résine, qu’on croit être la même substance que l’opocalpasum : La gomme de sassa esl d’un grain uni et serré. (Bruce). Il parait presque prouvé que la gomme nu sassa est l’opocalpasum. (V. de Boraare.)

SASSAFRAS s. m. (sa-sa-frâ). Bot. Genre d’arbres, de la famille des laurir>ées, formé aux dépens des lauriers, et dont l’espèce type habite l’Amérique du Nord. IlSassa/Wij de Cayeime, Nom vulgaire de la licarie de la Guyane, appelée aussi bois de rose, il Sassafras de t’Orénoque, Nom vulgaire de l’ocotée à canots.

— Encycl. Le genre sassafras, réuni autrefois aux lauriers, est caractérisé par des fleurs dioïeues, entourées d’un périanthe membraneux, à six divisions égales ; les fleurs mâles, à neuf étaraines fertiles, disposées sur deux rangs et un ovaire rudiinentaire ; les femelles ayant neuf ou un plus grand nombre d’étamipes stériles et un ovaire à une seule loge uniovulée, surmonté d’un style subulé, terminé par un stigmate discoïde ; le fruit est une baie monosperme. Le sassafras officinal est un arbre de 10 à 15 mètres, à tige droite, couverte d’une écorce épaisse,

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fongueuse, gris cendré et divisée en branches étalées, très-rameuses, formant une large cime ; les rameaux portent des feuilles alternes, ovales, lancéolées ou trilobées, molles et velues dans leur jeunesse, plus tard coriaces, glabres, d’un vert foncé en dessus et presque blanchâtres en dessous. Les fleurs, petites et d’un jaune verdâtre, paraissent en mai, avant les feuilles ; les fruits sont des baies d’un bleu noirâtre, de la gro-seur d’un pois, à cupule et à pédicelle rouges. Toutes les parties de cet arbre, quand on les froisse, exhalent une odeur agréable.

Le sassafras croît aux États-Unis et nu Canada ; on le trouve surtout dans les forêts et au bord des rivières. Il végète bien en plein air jusque sous le climat de Paris et s’accommode de tout terrain exempt d’humidité ; mais il vient mieux on terre de bruyère. On peut le multip.ier de graines, semées aussitôt après leur maturité ; mais celles-ci sont assez rares et d’ailleurs lentes à germer. Aussi piéfère-t-on généralement le propager de rejetons ou drageons ; le marcottage est un peu plus difticile ; il se fait avec du bois de deux ans. Le bouturage des racines fournit encore un moyen commode et expéditif ; au printemps, on prend sur les vieux pieds des racines de la grosseur d’un tuyau de plume -, on les coupe en tronçons longs de om,10 à oa>,15, qu’on place dans des terrains remplies d’un mélange de terreau et de terre de bruyère ; on arrose souvent, mais peu à la fois ; à cinq ans, les jeunes sujets peuvent être plantés à demeure.

Presque toutes les parties du sassafras sont usitées en médecine. Elles doivent leurs propriétés à une huile essentielle, plus lourde que l’eau, jaune, d’une saveur acre, d’une odeur qui rappelle celles du girofle et du fenouil. Le bois est d’un jaune fauve, léger, poreux, luisant, d’une odeur forte. Les racines, telles qu’un les trouve dans le commerce, atteignent et dépassent la grosseur du bras ; elles sont ramifiées, couvertes d’une écorce grisa en dedans, couleur rouille en dehors ; elle est très-aromatique. I/éeoroe isolée est spongieuse, d’une odeur forte, d’une saveur piquante. Le sassafras forme, avec lit squine, la salsepareille et le guïac, les quatre bois sudoritiques ; on l’emploie so ; ; s forme de tisane ou de sirop ; on l’administre surtout Contre les maladies de la peau, les affections syphilitiques, l’hydropisie, l’hypocondrie, le catarrhe pulmonaire chronique. Le sassafras est sudorilique, tonique, stomachique, curminatif et diurétique. Il ne convient pas aux tempéraments secs et bilieux. Aujourd’hui, il est surtout employé en médecine homocopathique, comme dépuratif. Les feuilles, scellées et pulvérisées, sont employées aux États-Unis comme condiment ; les fruits sont utilisés dans l’épicerie et la parfumerie. Le bois sert à faire des meubles qui tie sont pas attaqués par les insectes.

SASSAGE s. m. {sa-sa-je — rad. sasser), Techn. Opération qui consiste à agiter, poulles polir, de menus objets de bijouterie dans du sable, du grès ou autre matière pulvérulente.

—Encycl. Le sassage est une opération indispensable dans la bijouterie et surtout dans l’Iiydroplastie et la galvanoplastie, où il peut remplacer le décapage ; il a pour but de nettoyer parfaitement, par vois de frottement, les menus objets qui ne pourraient l’être un à un, tels que : agrafes, maillons de chaînes, perles métalliques, boutons, etc., etc. Plusieurs de ces articles sont même, par ce moyen, polis et adoucis. Pour obtenir ces divers résultats, on introduit dans un suc de toile les objets à sasser et le corps qui doit Us frotter (son, sable, sciure, grès). On donne, soit à bras, soit par différents moyens mécaniques, un mouvement rapide et saccadé de va-et-vient au sac, et les objets qui y sont enfermés, suivant les mouvements et roulant l’un sur l’autre, se nettoient ou se polissent petit à petit. Ces résultats sont généralement ceux que recherchent les bijoutiers en acier ou en or et argent ; mais le sassage est aussi de la plus grande utilité pour les doreurs et les galvauoplastes, surtout pour ceux qui opèrent sur des objets de très-petite dimension. En effet, souvent les dorures ou autres dépôts métalliques laissent à désirer au sortir du bain sous le rapport du velouté ou du brillant, et il peut être presque impossible de les gratte-boësser. Il devient donc nécessaire de les sécher et de les agiter au sein de la sciure de bois pour leur donner le brillant que doivent avoir ces sortes d’objets.

On sasse également dans des liquides selon les nécessités de la fabrication et le but qu’on se propose. I/enu et le vinaigre servent à éclaircir la dorure des perles. Par extension, on donne le nom de sassage k toute opération dans laquelle on agite de menus objets par un mouvement de va-et-vient ; c’est ainsi que, dans la fabrication des perles fausses, ou dit qu’on sasse les grosseurs lorsqu’on agite les tamis pour classer les calibres de grains.

Dans quelques cas, le sassage à l’eau est appelé baquetaye.

Dans les professions oùl’on emploie des sasseurs d’une manière permanente, ce travail est effectué par des nommes de peine auxquels on donne environ 2 fr. 50 par jour, bien que cette occupation soit futigaute et mal SASS

saine par suite de la poussière qu’on absorbe en grande quantité.

SASSANIDE s. m. (sa-sa-ni-de — deSassan, fondateur de ladynastie). Hist. Membre d’une dynastie de rois de Perse : La dynastie des Sassanides.

— adj. Qui appartient à cette race : Les rois

SASSANIDSS.

— Encycl. V. Perse.

SASSARI, ville du royaume d’Italie, dans l’île de Sardaigne, chef-lieu de la province et du district de son nom, sur la côte septentrionale de l’île, à 160 kilom. N.-O. de Cagliari, par 3&° 20’ de latit. N. et 6" 15’ do longit. E. ; 25,086 hab. Archevêché fondé en 1411, résidence du gouverneur de la province, tribunaux civil et criminel. Université fondée en 1765 ; collège, bibliothèque publique. Agent consulaire français ; place de guerre avec vastes magasins de réserves. Bains célèbres très-fréquentés. Fabrique de tabac, commerce d’huile et de tabac. Sassari est située dans une plaine vaste et fertile ; elle a une enceinte de murs gothiques percée de cinq portes principales, it un ancien château de même architecture flanqué de cinq tours et entouré de fossés, ljans l’intérieur de la ville, on remarque le palais du gouverneur, celui de l’archevêché et la cathédrale. Aux environs, s’étendent de belles promenades publiques ornées do fontaines, parmi lesquelles la plus magnifique est celle de Rosello. Sassari fut saccagée par les Génois en 1IC6 et par les Français en 1527.

SASSAR1(province de), division administrative du royaume d’Italie. Eliecompren à la partie septentrionale de l’Ile de Sardaigne et est subdivisée en cinq districts : Alghero, Nnoro, Ozieri, Sassari et Tempio-Pansauia ; elle a une superficie de 10,720 kilom. carres et une population de 215,967 hab. répartis dans 110 communes.

SASSATA s. m. (sa-sa-ta). Comin. Indigo provenant de la troisième pousse de l’indigotier.

SASSBACH, bourg du grand-duché de Bade. V. Sasbach. SASSE adj. (sa-se). Ancienne forme du mot

SAXON.

— Linguist. Langue sasse, Nom donné par Scheller au bas allemand.

— s. f. Mar. Pelle creuse, ayant une anse ou une poignée, dont on se sert pour jeter l’eau hors des embarcations.

— Techn. Blutoir dans lequel tombe la farine.

SASSÉBÉ s. m. (sa-sé-bé — de xaxabes, nom américain de 1 oiseau). Ornith. Espèce de perroquet qui habite la Jamaïque.

SASSEGNAT s. m. (sa-se-gna ; gn mil.) Ornith. Nom vulgaire du mégapode.

SASSELLO, ville du royaume d’Italie, province de Gênes, district de Savone, chef-lieu de mandement, sur la rive droite de la Bormida ; 4,07-4 hab.

SASSEMENT s. m. (sa-se-man — rad. sasser)..Action de sasser,

SASSENAGE s. m. (sa-se-na-je — du nom du pays où l’on fabrique ces fromages. Quelques-uns pensent que ce bourg, dont le nom latin est Cassanelum, doit ce nom à ses fromages et que ce nom vient du celtique : cas, casw, fromage, sen, bon, et tyie, habitation. Mais il est probable que le celtique casw est emprunté au latin caseus, fromage, car il paraît prouvé que les Celtes ignoraient l’art de fabriquer le fromage, ce qui réfute absolument la première explication du nom de sasseimge). Fromage renommé, que l’on fabrique dans les environs de Sassenage, dans le département de l’Isère.

— Encycl. Le fromage bleu ou sassenage, qui se fabrique dans le département de l’Isère, doit sa célébrité au roi François le^ qui l’aimait ayee passion. On le fabrique avec un mélange de lait de vache et de lait de chèvre ou de brebis, dans la proportion d’environ 8 du premier pour 1 de l’un des deux seconds. « Supposons, dit Joigneaux, qu’on opère sur un mélange de 100 litres de lait. Aussitôt la traite achevée, on en coule 75 litres dans un chaudron de cuivre et l’on met le chaudron sur le feu. Lorsque le lait menace de s’en aller par-dessus les bords, on enlève le chaudron, on l’écréme au bout de vingt-quatre heures. Alors, on peut chauffer 25 litres d’une seconde traite, et, dès que l’ébullition a lieu, on les verse dans le lait écrémé et l’on mélange bien. La température de ce mélange s’élève a 32" ou 35» centigrades. On ajoute de suite un quart de litre environ da présure, puis on recouvre bien le vase. Au bout d’une demi-heure, le lait se caille ; on le remue pour diviser la masse, et, à mesure qu’il se dépose, on l’enlève avtc une large cuiller. Cette opération ne dure pas moins d’une heure. Une fois le fromage séparé du petit-lait, on le pétrit soigneusement avec ia main, de manière à rendre la pâte aussi fine et aussi homogène que possible. Après cela, on introduit cette pâte en la pressant dans un moule en bois de la forme d’une coupe, percé de toutes parts et garni d’un linge k l’intérieur. Cette seconde opération prend une demi-heure environ. On rabat ensuite les bouts du linge sur la pâte, on emporte le moule avec le fromage sur une

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table, près du feu, et on l’y laisse toute une journée. Le lendemain, on change le fromage de moule et on enlève le linge. Il suffit, pour cela, d’appliquer sur le premier moule un second moule de même diamètre, de retourner le tout sens dessus dessous et d’imprimer une petite secousse. Une fois le transvasement opéré, on répand sur la partie découverte du fromage une couche de sel pilé de l’épaisseur de om,01 environ et on le laisse s’en saturer pendant une journée. Le lendemain, le fromage, devenu ferme, peut être retourné sur la main ; ou le retourne donc

! pour saler l’autre face ; puis on sale le tout

en frottant avec la main et en pressant pour mieux fixer le sel. Le fromage salé ainsi est , déposé dans un endroit sec et chaud, sur du 1 glui (paille de seigle). On le retourne sou- ; vent, et au bout de quatre ou cinq jours, I lorsqu’il est arrivé à un état de consistance convenable, on le transporte duns une cavo d’une température fraîche et peu variable. C’est là qu’il s’afdne et bleuit à l’intérieur. On ne le livre au commerce qu’au bout de deux ou trois mois.

Les 100 litres de lait rendent k peu près 10 kilogr, de fromage prêta être mangé et 3 kilogr. et demi de beurre fondu, >

Lo sussenuge ressemble beaucoup au roquefort ; il est un peu plus gros et pese de 3 à 4 kilogr. Le sassenage, selon O. de Serres, doit ses qualités au mélange de luit froid et de lait chaud employés dans sa fabrication.

j SASSENAGE, bourgdeFrance(Isère), ch.-l. de caut., arrotid. et à 6 kilom. de Grenoble, au pied d’une montagne de G50 met. d’a’titude, sur le torrent du Furon ; pop. uggt.,

! 1,300 hab. — pop. tôt., 1,708 hab. Fabriques,

I de draps ; important commerce de fromages ’ dits do Sassenage. Ce bourg est un des plus | pittoresques du Dauphiné. Dans l’église, récemment construite, repose sous une simple dalle do marbre sans inscription la dépouille I du comiétnble de Lesdiguicres, enseveli d’abord dans son château des Hautes-Alpes, dévasté en 1791. Ces restes ont été transportés à Sassenage en 1822, par les soins île la famille de Bèrenger, alliée a la famille de Lesdiguières, et qui possède aujourd’hui le château de Sassenage. Ce château occupe une position agréable, un peu au-dessous du bourg ; il est de construction moderne et a remplacé l’ancien château du xi« siècle, situé ù 2 kilom. au-dessus, sur mi mamelon isolé et dans une position très-forte. Le nouveau château remonte au règne de Louis XIII, n L’aspect actuel, dit M. du Boys, est noble et imposant ; au-de-sus du frontispice de lu porte d’entrée, un bas-relief représente la fee Mèlusiue, moitié femme, moitié couleuvre, à deux queues, se baignant la partie inférieure du corps dans une espèce de conque marine, tenant d’une main l’écu des Sassenage et de l’autre l’écu des Bérenfer. » On remarque à l’intérieur du château e Sassenage de vastes et magnifiques appartements, entre autres celui que le roi occupa lors de son passage en Dauphiné. Le salon d’honneur est orné de tableaux, parmi lesquels on remarque les Quatre évangélistes de Alurillo et deux, excellents paysages de l’école du Poussin. De grandes tapisseries des anciens Gobelins couvrent les murs des appartements du haut. Il nous reste à parler de ce au’on nomme les cuves de Sassenage, c’est-à-dire de ce qui a été longtemps une des gloires et des merveilles du Dauphiné. Derrière la place principale du village s’ouvrent les gorges du Furon, torrent qui bondit de cascade en cascade dans un ravin surplombé par les immenses parois à pic de roches grisâtres et dont le sommet est néanmoins recouvert d’une végétation luxuriante. Rien de plus pittoresque que la tableau qui s’offre aux regards du voyageur longeant le sentier escarpé qui mène aux grottes. • Un aqueduc qui passe sur un arceau revêtu de lierre, dit l’écrivain déjà cité plus haut, encadre délicieusement le premier plan du tableau. Tout à coup, on est arrêté par un ruisseau latéral qui se précipite dans le Furon. Ce ruisseau, qui est d’un volume très-considérable au printemps, sort comme par enchantement des entrailles de la montagne et se fait jour sous un sombre péristyle Oe rochers. Après un petit circuit, on peut parcourir co péristyle, s’enfoncer dans les grandes grottes et dans le Four des fées. A mesure que l’on pénètre dans ces caveaux, mystérieux, on entend de nombreux ruisseaux se croiser, se choquer et se perdre en murmurant dans des abîmes sans fond. « C’est à l’entrée même de la grotte, a droite, que se trouvent les cuves de Sassenage. Ces cuves sont deux excavations d’une forme à peu près cylindrique, creusées, par les eaux sans doute, dans un roc calcaire très-dur, au fond d’une glotte pittoresque. Elles ont environ 1»’,65 de diamètre et sont profondes l’une do 1 mètre et l’autre de om,50 seulement. Les grottes, dans lesquelles se trouvent les cuves, s’annoncent par une ouverture semblable à deux grandes arcades, dont le diamètre inférieur a plus de 8 mètre*. On y aperçoit des bancs de rocher qui imitent les degrés d’un grand escalier tombé en ruine.

SASSER v. a. ou tr. (sa-xé — rad. sas). Passer au sas : Sasser de la farine, du plâtre.

— Fig. Examiner avec soin et à plusieurs reprises : Sasser une affaire. Quinault a eu pour son partage quatre ou cinq cents mot* de