Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 14, part. 3, Sois-Suj.djvu/208

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SPLE

qui, dédaignant l’étourdissement momentané, va demander à la mort elle-même la guérison de son spleen.

Ainsi de Baudelaire, dont l’esprit mourut avant le corps, et qui, dans ses Fleurs du mal, pousse le cri célèbre :

Û Mort ! vieux capitaine, il est temps ; levons l’ancre ! Ce pays nous ennuie. 0 Mort ! appareillons ! Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre, Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons I Donne-nous tou poison pour qu’il nous réconforte 1

Kt ce vers, enfin, qui résume tout :

Plongeons dans le néant pour trouver du nouveau !

Le spleen ne pusse cependant pas pour s’être acclimaté en France. Il semble au premier abord, en effet, s’être circonscrit à l’école poétique dont nous venons de parler. S’il en était ainsi, on pourrait conclure, avec certains littérateurs, que cette mélancolie n’a été que factice, qu’elle a été importée dans notre pays par l’admiration de Byron et qu’elle n’est pas plus sérieuse au point de vue social que les projets et les enthousiasmes des petits enfants à la lecture de Jîobinson Crusoé ; de même que ceux-ci rêvent sans cesse une île déserte, il semble que ceux-là aient voulu, par esprit d’imitation, se donner le « genre* de la désespérance. Cette thèse a été souvent et éloqueinment soutenue, et elle est juste. Toutefois, nous avons en France une variété de spleen, la désespérance. Le spleen anglais est plus inconscient, moins douloureux que la désespérance française. U tient davantage de la pathologie ; c’est une maladie plutôt qu’un sentiment ; il affecte plus ce que Xavier de Maistre appelait « la bêle » et moins la conscience. Il est impossible de ne pas citer, à son sujet, la belle pièce d’Auguste Barbier, dans son Las are, intitulée :

LE SPLEEN.

« C’est moi, moi qui, du fond des siècles et des âges, Fis blanchir le sourcil et la barbe des sages ;

La terre à peine ouverte au soleil souriant, C’est moi qui, sous le froc des vieux rois d’Orient, Avec la tète basse et la face pensive. Du haut de la terrasse et de la tour massive, Jetai cette clameur au monde épouvante1 : Vanité, vanité, tout n’est que vanité 1 C’est moi qui mis l’Asie aux serres d’Alexandre, Qui, plus tard, changeai Rome en un grand tas de cendre, Kt qui, menant son peuple éventrer les lions. Sur la pourpre latine enfantai les Nérons. Partout, j’ai fait tomber bien des dieux en poussière, J’en ai fait arriver d’autres à la lumière, Et sitôt qu’ils ont vu dominer leurs autels, A. leur tour, j’ai brisé ces nouveaux immortels. Ici-bas, rien ne peut m’arracher la victoire. Je suis la fin de tout, le terme it toute gloire, Le vautour déchirant le cœur des nations, La main qui fais jouer les révolutions ; Je change constamment les besoins de la foule, Kt partant le grand lit où le neuve humain coule. »

Ah ! nous te connaissons ; ce n’est pas d’aujourd’hui Que tu passes chez nous et qu’on te nomme ennui ; Prince des scorpions, fléau de l’Angleterre, Au sein de nos cités, fantôme solitaire, Jour et nuit l’on te voit, maigre et décoloré, Courir, on ne sait où, comme un chien égaré ! Que de fois, fatigué de mâcher du gingembre, Dans ton mois le plus cher, dans ton mois de novembre, A d’horribles cordons tu suspends nos enfants Ou leur ouvres le crâne avec des plombs brûlants ! Arrière Us Lacets et ta poudre maudite ! Avec tes instruments, va-l’en rendre visite Aux malheureux chargés de travaux continus ! O sanglant médecin ! va voir les gueux tout nus Que la vie embarrasse et qui, sur chaque voie, Présentent à la mort une facile proie ; Les mille souffreteux qui, sur leurs noirs grabats, Se plaignent d’être mal et de n’en unir pas ] [sêres j Prends-les, monstre, et d’un coup termine leurs mi-Respecte les richards et ne traîne jamais Ton spectre maigr6 et jaune autour de nos palais !

  • Eh ! que me font à moi les soucis et les plaintes,

lit les gémissements de vos races éteintes ?

11 faut bien que, jouant mou râle de bourreau, Je remette partout les hommes de niveau. O corrompus ! ô vous que mon haleine enivre Et qui ne savez plus comment faire pour vivre. Qui, sans cesse flottant, voguant de mers en mers, Sur vos planches de bois arpentez l’univers. Cherchez au loin le vin et le libertinage,

Et, passant par la France, allez voir à l’ouvrage Sur son rouge établi le sombre menuisier Travaillant un coupable et le rognant d’un pied, Semez l’or et l’argent comme de la poussière, Pour vos ventres blasés fouillez l’onde et la terre, inventez des paisirs de toutes les façons, Que l’homme et l’animal soient les sanglants jetons Et les dés palpitants de jeux épouvantables Où viendront s’étourdir vos âmes lamentables ; Qu’a nos regards ardents, sous des poings vigoureux, Les hommes, assommés, tombent comme des bœufs, Et que, sur le gazon des vallons et des plaines, Chevaux et cavaliers expirent sans baleines ; Malgré vos durs boxeurs, vos courses, vos renards, Sous le ciel bleu d’Espagne ou sous les gris brouillards, Et le jour et la nuit, sur l’onde et sur la terre, Je planerai sur vous, et vous aurez beau faire, Nouer de longs détours, revenir sur vos pas, Demeurer, vous enfuir, vous n’échapperez pas [ J’épuiserai vos nerfs à cette rude course, Et no’is irons ensemble, en dernière ressource,

XIV.

SPLE

Heurter, tout haletants, le seuil ensanglanté De ton temple de bronze, 6 froide cruauté ! •

Ennui, fatal ennui ! monstre au pâle visage,

À la taille voûtée et courbée avant l’âge ;

Mais aussi fort, pourtant, qu’un empereur romain,

Comment se dérober a ta puissante main ?

Nos envahissements sur le temps et l’espace

Ne servent qu’à te foire une plus large place,

Nos vaisseaux à vapeur et nos chemins de fer

A t’amener vers nous plus vite de l’enfer :

Lutter est désormais chose inutile et vaine.

Sur l’univers entier ta victoire est certaine ;

Et nous nous inclinons sous ton vent’ destructeur

Comme un agneau muet sous la main du tondeur.

Verse, verse à ton gré les vapeurs homicides,

Fais de la terre un champ de bruyères arides,

De la voûte céleste un pays sons beauté

Et du soleil lui-même un orbe sans clarté ;

Hébète tous nos sens et ferme leurs cinq portes

Aux désirs les plus vifs, aux ardeurs les plus fortes ;

I Dans l’arbre des amours jette un ver malfaisant

| Et sur la vigne en fleurs un rayon flétrissant. Mieux que le vil poison, que l’opium en poudre, Que l’acide qui tue aussi prompt que la foudre,

] Que le blanc arsenic et tous les minéraux, Ouvrages ténébreux des esprits infernaux,

! Fais circuler le mal sur le globe où nous sommes,

Jusqu’au dernier tissu ronge le cœur des hommes, Et lorsque, bien repu, vampire sensuel, A tes lèvres sans feu le plus chétif mortel Aura livré sa veine aride et languissante, Que la terre vaincue et toujours gémissante Aux bras du suicide abandonne son corps, Et, sombre coroner, que l’ange noir des morts Rende enfin ce verdict sur le globe sans vie : Ci-glt un monde mort pour cause de foliet

Folie I c’est par ce mot, en effet, que l’on prétend communément expliquer le spleen. Sans doute, cet ennemi mortel n’est pas raisonné et peut, à ce titre, prendre sa place au nombre des maladies mentales, sous l’étiquette de o monomanie du suicide. > Mais, d’un autre côté, il se distingue terriblement de toutes les autres maladies mentales par ce fait : que les maladies mentales sont isolées, pouvant atteindre des individus de tout âge et de toute classe, au lieu que, dans les sociétés où il s’implante, le spleen ne vient aux individus qu’avec la raison, et que son empire s’étend à la fois sur un grand nombre de personnes appartenant à la classe la moins pauvre d’abord, puis descendant de couche en couche et finissant par tout absorber.

C’est que si, au point de vue de l’individu qui en est atteint, le spleen est une maladie mentale, au point de vue social, il est un symptôme. Nul doute, pour nous servir de notre premier exemple, que l’ami de Sénèque ne fût malade ; mais n’est-il pas évident que sa maladie, commune à bon nombre de contemporains, n’était que le signe certain de la désorganisation profonde du monde romain, le symptôme de son agonie, l’indice précurseur de sa mort ?

SPLÉNALGIE s. f. (splé-nal-jî — du gr. splên, rate ; algos, douleur). Pathol. Douleur qu’on ressent à la rate, ou dont on rapporte le siège à la rate.

SPLÉNALG1QUE adj. (splé-nal-ji-kerad. splënalgie). Pathol. Qui concerne la splénalgie : Douleur splénalgique.

SPLENDEUR s. f. (splan-deur — lat.spteitdor ; de splendeo, je brille). Grand éclat de lumière : La splendeur du soleil. La splendeur des astres.

Ce dieu d’un seul regard confond toute grandeur, Des astres devant lui s’éclipse la splendeur.

L. Racine. Le ciel a ses splendeurs et ses gloires sans nombrci Son jour éblouissant et sa grande nuit sombre.

A. Barbieb..

— Fig. Grand éclat d’honneur ou de gloire : La splendeur de son rang, dé son nom. La

splendeur de sa race. Cet empire a perdu, a

recouvré son ancienne splendeur. (Acad.) Le vieux catholicisme est morne et solitaire, Sa splendeur à présent n’est qu’une ombre sur terre.

A. Barbier. Il Magnificence, pompe : Il vit avec beaucoup de splendeur. Il a vécu dans son ambassade avec splendeur. (Acad.) La splendeur des grands ajoute à notre propre misère le poids du bonheur des autres. (La Bruy.) Il faut qu’un banquier suit fastueux ; les splendeurs du luxe, les sédticJt’oiis de la vanité conviennent à sa profession périlleuse et brillante. (Mme E. de Gir.)

La nature se rit des souffrances humaines ; Elle dispense à tous ses faveurs souveraines Et garde pour sa part le calme et la splendeur. Lecomte ce Lisle. Voyant la sptendeur non commune Dont ce maraud est revêtu, Dirait-on pas que la fortune Veut faire enrager la vertu ?

Gombaud.

Il Eclat moral, qualité brillante, splendide : Dans l’univers, le vrai est l’expression du bien, et te beau la splendeur du vrai. (L’abbé Buuuùn.) Le beau n’est que la splendeur du bon réfléchie dans les arts. (Villem.) La pensée a ses audaces, ses résolutions, ses splendeurs, ses misères. (Mallenlle.)

— Syn. Splendeur, brilluut, éclat, etc. V. BRILLANT.

— Splendeur, fuale, luie, etc. V. FASTE. Splendeurs et misère» des cuurliaaucs, ro SPLÈ

man, par H. de Balzac. V. Scènes de la vie

PARISIENNE.

SPLENDIDE adj. (splan-di-de — lat. splendidus ; de splendere, briller). Qui a de la splendeur, un grand éclat lumineux : Un soleil SPLENDIDE. Ull Ciel SPLENDIDE.

— Magnifique, somptueux : Festin splendide. À voir une cour spLendide. (Acad.) Depuis le jour où Michel-Ange avait couvert les murs de la chapelle Sixtine de ses splendides et gigantesques peintures, il avait jeté le trouble dans tous les esprits. (Vitet.) En France, te banquet offert à l’appétit du savoir est splendidb. (Mme Romieu.) L’ordre social, même le plus splendidb, sans la liberté, ne serait qu’une statue. (Le Père Félix.) Tôt ou tard la splendide question de l’instruction universelle se posera avec l’irrésistible autorité du vrai absolu. (V. Hugo.) En France, l’honorabilité consiste, chez beaucoup de gens, à avoir un salon splendidb, quitte à coucher dans un galetas. (E. Texier.)

11 est sous les bosquets et les treilles poudreuses, De splendides festins et des noces heureuses.

A. Barbier. Liberté, liberté, que la brûlante haleine Ressemble aux jets divins du splendide soleil !

A. Barbier.

— Beau, superbe, en parlant des personnes : C’est une femme splendidb.

SPLENDIDEMENT adv. (splan-di-de-man

— rad. splendide). D’une manière splendide : Vivre splendidement. Traiter splendidement ses amis.

SPLÉNECTOMIE s. f. (splé-nè-kto-mîdu gr. spiên, rate ; ek, hors de ; temnô, je coupe). Chirur. Extirpation de la rate.

SPLÉNECTOMIQUE adj. (splé-nè-kto-mika — rad. splënectomie). Chir. Qui appartient à la splënectomie.

SPLÉNEMPHRACTIQUE adj. (splé-nanfra-kti-ko — rad. splénemphraxié). Pathol. Qui appartient a la splénemphraxié. Il On dit

aussi SPLÉNOPHRACTîQUE.

SPLÉNEMPHRAXIÉ s. f. (splé-nan-fra-ksl

— du gr. splên, rate ; emphrassô, j’obstrue). Pathol. Engorgement de la rate, il On dit

aussi SPLÉNOPHRAX.IE.

— Encycl. Cet accident s’observe surtout chez les adultes, et trois fois plus souvent chez les hommes que chez les femmes. Il affecta les individus de tous tempéraments. Sa cause la plus commune est l’exposition aux miasmes marécageux. On la voit encore survenir dans le cours de la fièvre typhoïde, du scorbut, des scrofules et de quelques autres maladies. La splénemphraxié hypertiophique peut être, suivant les cas, simple, avec ramollissement ou avec induration. Elle reste souvent latente pendant longtemps et n’a parfois pas d’autres symptômes qu’une douleur sourde et une sensation incommode de pesanteur dans l’hypocondre gauche. La palpation et la percussion sont ses meilleurs moyens de diagnostic, puisqu’ils permettent de mesurer d’une manière exacte le volumo de la rate. Nous ne croyons pas devoir nous étendre plus longuement ici sur la splénemphraxié et nous renvoyons le lecteur, pour plus de développements, au mot rate.

SPLÉNÉTIQUE adj. (splé-né-ti-ke — du gr. splên, rate). Méd. Quia rapport à la rate. Il Qui a une maladie de la rate. Il Qui a le spleen, maladie autrefois attribuée h la rate.

— Substantiv. Personne atteinte d’une affection delà rate. Il Personne qui a le spleen.

SPLÉNIFICATION s. f. (splé-ni-fi-ka-si-on

— du gr, splén, rate, et du lat. facio, je fais). Pathol. Dégénérescence d’un tissu organique devenu semblable à celui de la rate.

SPLÉN 1 QUE adj. (splé-ni-ke — du gr. splên, rate), Anat. Qui a rapport a la rate, qui appartient à la rate : Artère, viscère splénique. Muscle spléniqcb.

— Méd. Se dit des médicaments propres à combattre les maladies de ta rate.

— Encycl. Anat, Qui a rappport it la rate.

Artère splénique. C’est une des branches du tronc cœliaque. Dès son origine, elle se porte vers la rate en suivant une demigouttière pratiquée tout le long du bord supérieur du pancréas. Ses branches collatérales sont : les pancréatiques, la gustroépiploïque gauche et les vaisseaux courts (vasa brevioru). C’est après avoir fourni ces rameaux importants, qu’elle pénètre dans la rate par la scissure de cet organe.

Plexus splénique. On donne ce nom au lacis peu abondant de filets Derveux qui, à leur sortie du plexus cœliaque, accompagnent l’artère splénique.

Veine splénique. Veine née delà rate, très-volumineuse, et qui contribue avec lamésentérique supérieure à former la veineporte.

SPLÉNISATION s. f. (splé-ni-za-si-ondu gr. splén, rate). Pathol. Formation d’un tissu morbide analogue à celui de la rate.

SPLÉNITE s. f. (splé-ni-te — du gr. splên,

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rate). Pathol. Inflammation de la rate.

— Ane. anat. Nom donné autrefois à une veine de la main gauche à laquelle on supposait quelques rapports avec la rate.

— Encycl. Pathol. humaine. La splénite est une affection très-rare et encore imparfaitc ’ ment connue des pathologistes. Se-, caractè res anatomiques les plus certains sont : la congestion ou hyperhémie, le ramollissement et la suppuration. Ce dernier phénomène, à moins qu’il ne soit sous la dépendance de l’infection purulente, indique nécessairement une splénite antérieure. Le pus est tantôt infiltré dans la rate, tantôt réuni en un ou plusieurs foyers. Dans la plupart des cas, il n’en existe pas plus de 10 à 50 grammes, mais on a vu cette quantité s’élever plusieurs fois à plus de 5 ou 6 litres. Les abcès de la rate peuvent s’ouvrir dans l’estomac, dans l’intestin, dans la plèvre, le poumon ou le péritoine, ou bien à l’extérieur, h travers les parois abdominales.

La splénite peut débuter brusquement ou après des prodromes. Ses principaux symptômes sont de la douleur dans l’hypocondre gauche, une augmentation de volume de la rate, sensible à ia percussion et à la palpa» tion, des vomissements, de la fièvre, des frissons, des sueurs nocturnes et quelquefois des accès fébriles franchement intermittents.

L’inflammation de la rate est rarement primitive ; le plus souvent elle est produite par une cause trauraatique, surtout par un coup porté sur l’hypocondre gauche, une chute ou une secousse violente. Son pronostic est très-variable, suivant l’intensité d’action de la cause qui l’a produite et suivant l’état constitutionnel des individus. Son traitement doit être surtout antiphlogistique. On aura recours aux saignées générales et locales, aux cataplasmes et aux laxatifs doux. Dans le cas de réimttence ou d’intermittence des accès fébriles, on administrerait le sulfate do quinine, Plus tard on pourrait encore employer avec avantage les vésicatoires et les préparations hydrargyriques, à titre de moyens révulsifs et résolutifs,

— Art vétér. La splénite s’observe chez nos animaux, domestiques. Elle est aiguô ou chronique.

La splénite est beaucoup plus souvent secondaire que primitive. Dans le plus grand nombre de cas, elle est une complication ultérieure des congestions qui se font vers la rate, et surtout de l’engorgement chronique de cet organe. L’afflux sanguin qui détermine ces congestions, l’irritation qui en résulte pour le tissu de la rate, sont, en effet, des causes prédisposantes manifestes d’un état inflammatoire. D’autres fois, la splénite succède à une inflammation du foie, du péritoine ou d’un autre organe du voisinage ; on l’a vue occasionnée directement par une chute, un coup violent sur l’hypocondre gauche, une course longue et rapide. Ces diverses influences ont une action bien plus puissante si la rate est déjà le siège d’un engorgement chronique. Enfin, on peut encore rapporter les causes de la splénite aux étés très-secs et pendant lesquels il règne une grande chaleur, aux changements de temps trop subits, au défaut de boisson et de bonne nourriture, aux eaux pourries, aux mauvais pâturages, a l’air vicié ou trop froid, aux écuries sombres, humides, mal aérées ; aux mauvais traitements des conducteurs, qui tiennent les animaux dans une continuelle agitation, ce qui nuit à la liberté des pAimons, s’oppose aux battements réguliers du cœur et trouble la Circulation du sang, de la lymphe et des autres fluides du corps.

Le cheval atteint de splénite aiguë devient lourd, paresseux, lent au travail ; la marche est incertaine, la tête est penchée, les oreilles sont pendantes, les yeux ètincelants, enflammés, troubles, larmoyants ; la muqueuse nasale est sèche et pâle ; l’air expiré est froid ; la bouche est aussi froide et sèche ; la langue est chargée et pâle, ainsi que les gencives et le palais. La respiration est tantôt accélérée et tantôt lente ; rarement il y a toux, et elle est sèche et faible ; le pouls est précipité, gêné, inégal ; le ventre est affaissé, tendu et dur ; les excréments sont secs, noirs, ou mous et mal digérés ; les poils sont piques et rudes. Ces symptômes précurseurs durent depuis quelques heures jusqu’à deux ou trois jours. Alors, après ces premiers symptômes, on voit des accès de fièvre, tantôt violents, tantôt faibles ; pendant le frisson, les muscles semblent contractés par tout le corps, dont toute la surface est froide ; l«s poils sont rebroussés, et il se fuit un tremblement général de temps en temps ; les yeux sont quelquefois à demi fermés ; l’appétit est très-faible. Tout cela dure une heure ou deux, quelquefois plus. Ensuite se produit la chaleur ; les yeux deviennent vifs, hagards, proéminents, rouges ; la bouche est écuineuse ; l’animal s’agite, le pouls est quelquefois faible, souvent dur et accélère ; l’appétit sa perd. Cette grande chaleur dure peU do temps. À la fin, on ne voit plus de rémission daDS la fièvre ; la faiblesse est extrême, et l’animal tombe quelquefois à terre. Ensuite, on voit survenir de petites tumeurs molles et froides, rarement chaudes au début, qui contiennent une matière acre et sanguinolente. Elles acquièrent une grosseur considérable en quelques heures ; quelquefois elles disparaissent, et l’animal est en grand danger. Elles ne suppurent pas, mais toujours la gangrène s’en empare. Elles surviennent par tout le corps, généralement à un seul enn droit, rarement dans deux. Les forces s’éteignent ; les sécrétions sont troublées ou supprimées ; les animaux ont de la peine à se soutenir ; le corps se gonfle. Le cheval esÇ

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