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Louis IX lui avança la somme nécessaire et reçut pour ce service l’a cession des droits du comte sur Blois, Chartres, Sancerre et Châteaudun.

Sur ces entrefaites, l’oncle maternel de Thibaut, le roi de Navarre, Sanche le Fort, mourut, laissant un sceptre à son neveu. Ce dernier se hâta de profiter de l’occasion, accourut en Espagne et fixa à Pampelune le siège de son gouvernement. Les domaines qu’il avait cédés lui tenaient fort au cœur. Il revint en France, afin de tâcher de les ravoir. Mais le roi n’était pas disposé à s’en dessaisir. Un nouveau dissentiment surgit. Thibaut fut battu, réduit a l’obéissance et se décida à partir pour la croisade. Il ne reparut dans ses terres que pour y rendre le dernier soupir.

Le Surnom de Faiseur de chansons est resté au comte. Son enfance s’était écoulée dans un milieu qui lui avait donné des goûts littéraires ; mais, à proprement parler, ces goûts étaient héréditaires dans la famille à laquelle il appartenait, Son éducation avait été extrêmement soignée ; il était très-instruit. Il a laissé un recueil de vers dont les beautés sont à peu près inintelligibles pour nous aujourd’hui. Cependant ; il faut bien croire qu’il jouissait d’une grande réputation, puisque les anciennes chroniques disent de lui qu’il fit les plus belles, les plus délitables et mélodieuses chansons qui furent oncques oyes. » Cette appréciation est un peu exagérée ; mais il faut reconnaître qu’on trouve dans les œuvres de Thibaut un grand nombre de passages qui sont empreints de naïveté et de grâce. Raynouard lui accorde « un esprit chevaleresque, un talent aimable et ingénieux, une sensibilité vive et touchante, l’énergie sévère qui caractérise les ouvrages des troubadours. »

Nous voulons bien qu’il ait eu toutes ces qualités, puisque M. Raynouard se porte garant de la chose ; mais, à notre sens, il est difficile, à une si grande distance des événements, de porter un jugement exact. Ce que Thibaut eut comme mérite particulier, ce fut principalement le sentiment de l’harmonie. Il passe, mais seulement près de certains écrivains, pour l’inventeur de la rime féminine.

Thibaut IV (chansons de),

Comte de Champagne et de Brie, roi de Navarre. La meilleure édition que l’on ait de cet ouvrage estimé a pour titre : Poésies du roi de Navarre avec des notes et un glossaire français, par l’évêque de La Ravallière (Paris, 1742, vol. petit in-8°). Le premier volume, fort recherché, contient cinq lettres sur les chansons et un mémoire intitulé : Révolution de la langue française depuis Charlemagne jusqu’à saint Louis, puis un autre mémoire sur l’antiquité de la chanson en France. On possède une nouvelle édition des poésies de Thibault (Reims, 1851, 1 vol. in-8°), qui fait partie de la collection des poëtes champenois de M. Prosper Tarbé.

Les chansons de Thibaut sont au nombre de quatre-vingt-une et furent composées à des époques très-diverses de la vie de l’auteur. Quatorze ont le titre de Jeux partis et sont des discussions amoureuses ; dix sont des cantiques religieux adressés à la Vierge ; six sont des dialogues. Des cinquante et une qui restent, treize sont dédiées à des amis ou à des confrères ; les autres sont purement et simplement des chants d’amour.

On a voulu faire de Thibaut le chevalier servant de la reine Blanche de Castille, dont il aurait été l’amant et pour laquelle il aurait chanté. Voici comment les Grandes chroniques de France parlent de l’entrevue qui aurait motivé cet amour. On est en 1234 ; la reine reproche à Thibaut son ingratitude : Le comte, dit le chroniqueur, regarda la reyne qui tant estoit saige et tant belle que de la grant beauté d’éles il fut tout esbahi. Si ly respondit : « Par ma foy, madame, mon cueur et mon corps et toute ma terre est en vostre commandement ; ne n’est rien qui vous puist plaire que je ne feisse volontiers. Ne jamais, se Dieu plaist, contre vous ne contre les vos je n’irai. » D’ilec se parti tout pensiz ; et ly venoit souvent en remembrance du doux regard de la reyne et de sa belle contenance. Lors li entroit en son cueur une pensée douce et amoureuse ; mais quant ly souvenoit qu’elle estoit si haute dame, de si bonne vie et de si nete qu’il n’en porroit ja joïr, si muoit sa doulce en pensée amoureuse en grant tristesse. Et pour ce que profondes pensées engendrent mélancolie, ly fu il loé d’aulcuns saiges hommes qu’il s’estudiat en beaux sons de vielle et en dous chants délitables et mélodieuses que onques feussent oïes en chançon ne en vielle et les fist escripre en la sale à Provins et en celle de Troyes. Et sont appellées les chançons au roy de Navarre, car le royaume de Navarre luy eschez de par son frère qui mourut sans hoir de son corps. »

Thibaut avait fondé deux universités, à Provins et à Troyes. On voit le cas que les contemporains faisaient de sa muse. Quant à son amour pour Blanche de Castille, on n’est guère autorisé à croire qu’il sortit des bornes d’un pur amour chevaleresque, c’est-à-dire platonique. Le caractère et les mœurs de la reine étaient des obstacles assez sérieux, et ceux qui soutiennent que Thibaut fut réellement son amant se fondent sur des médisances dépourvues d’autorité.


Parmi les chansons du roi de Navavre, quelques-unes seulement peuvent être datées. La plupart de celles qui restent sont postérieures à son avènement au trône de Navarre. Celles de sa jeunesse sont perdues sans doute, ou il n’a pas cru qu’elles valussent la peine d’être écrites. D’ordinaire, il nous apprend lui-même la circonstance qui le détermine à prendre sa lyre. Il vécut d’ailleurs dans la compagnie des meilleurs poètes ou trouvères de son temps, comme Guillaume et son frère Gilles le Vignier, Baudoin des Autels, Raoul de Soissons, Raoul de Coucy, Philippe de Nanteuil, Thibaut de Blazon, Renault de Sabeuil, Bernard de La Ferté, Jean d’Argies, Gace Brûlé, Gérard d’Amiens, Robert de Blois, etc., tous poëtes fort peu connus de nos jours, mais qui étaient alors des célébrités, du moins dans les châteaux de la noblesse féodale.

La dame des pensées de Thibaut ne ressemble pas beaucoup d’ailleurs à Blanche de Castille. Ses portraits conviennent à toutes les femmes qui ont une figure jolie et une belle taille. Ce sont deux détails sur lesquels il appuie toujours. Dans plusieurs chansons, le poète dit que sa dame est blonde :

Celé por qui sopir,
La blonde colorée
Peut bien dire et gehir
Que par li sans mentir
S’est amours moult hastée.

Varillas conclut de là que Blanche de Castille avait un teint de lis et de rosé. Malheureusement, il arrive à Thibaut d’appeler sa dame Brunette, d’où l’on peut conclure qu’il aimait alternativement la blonde et la brune, au gré de son cœur volage. Il en nomme une comtesse ; c’était, à ce qu’on suppose, la femme de Raoul de Soissons, seigneur de Cœuvres, poëte et chevalier du comte de Champagne et en outre son ami :

Ne je n’os à li parler
De ma chanson fais message ;
Car tant est cortoise et sage
Que ne puis aillors penser.
Se je puis oblier
Sa biauté et ses bons dis
Et son irez douz esgarder
Bien puisse estre gariz.
Mais n’en puis mon cueur oster
Tant i pens de haut corage.
Espoir s’est fait grant folage ;
Mais moi convient endurer.
Chascuns dist qu’il muert d’amors,
Mais je n’en quiers ja morir.
Miex aim sofrir ma dolors,
Vivre et atendre et languir ;
Qu’ele me puet bien mérir
Mes maus et ma cousirée.
N’aime pas à droit, qui bée
Qu’il en porroit avenir.

On voit que la galanterie en vers et les délicatesses outrées de la poésie prodiguées aux dames ne datent point de Dorat et du chevalier de Boufflers.

On sait aussi que Thibaut faisait des chansons pour ses amis ; dans celles-là, la politesse remplaçait l’amour comme inspiration. Quelques-unes ont peut-être été faites pour Blanche de Castille ; la suivante, faite à son retour de terre sainte, le montre encore amoureux :

Se j’ai longtemps esté en Romanie
Et outre mer fait mon pèlerinage
Soffert i ai moult douloureux domage
Et enduré mainte grant maladie.
Mais or ai pis qu’onques n’oi en Surie ;
Que bon amour m’a donné tel malage
Dont nulle fois la douleur n’assouage.
Ains croist a dès, et double et multiplie
Si que la face en ai toute palie,
Car jeune dame et couite et envoisie
Douce et plaisant, belle, cortoise et sage
M’a mis au cueur une si douce rage
Que j’en oubli le voir et la ouye,
Si comme cil qui dort en létargie
Dont nus ne puet esveiller son corage ;
Car quant je pens à son trez doux visage
De mon penser aim miex la compagnie
Qu’onques Tristan ne fist Yseult, s’amie.
Bien m’a amour fera eu droite vaine
Par un regard plein de doulce espérance
Dont navré m’a la plus sage de France
Et de biauté la rosé souveraine,
Et m’esmerveil que la playe ne saigne ;
Car navré m’a de si douce semblance
Qu’onques ne vis si trenchant fer de lance ;
Mais il ressemble au chant de la siraine
Dont la douceur attent douler et paine.
Puisse je sentir sa très-douce haleine
Et retenir sa simple contenance
Que je désire s’amour et s’acointance
Plus que Paris ne fist onques Heleine.
Et s’amour n’est envers moi trop-vilaine,
Ja sans merci n’en ferai pénitence,
Car sa biauté et sa très-grant vaillance
M’ont cent sospirs le jour doué d’estraine
Et li biaus vis où la vie primeraine
Et sa face qui tant est douce et belle
Ne m’a laissé qu’une seule pensée.
Et c’elle m’est au cueur si embrasée,
Que je la sens plus chaude et plus isnelle
Qu’onques ne fut ni braise n’estincelle.
Si ne puis pas avoir longue durée
Sé de pitié n’ai ma dame navrée,
Quant ma chançon lui dira la nouvelle
De la douleur qui pour lui me flaelle,
Chançon va-t’en a Porchier, qui vielle
Et à Raoul de Soissons, qui m’agrée :
Di leur qu’amours est trop trenchant espée.

Le style des chansons de Thibaut n’est pas uniforme. Il y en a qui paraissent d’un siècle ou deux plus vieilles que les autres. Peut-être celles qui paraissent plus modernes sont-elles restées longtemps en circulation, c’est-à-dire ont-elles été chantées dans les manoirs féodaux, ce qui, a permis de les rajeunir. Il est plus probable que Lévêque, dont l’édition fait autorité, les a remaniées systématiquement, afin de permettre aux contemporains de les lire avec plus de facilité. Elles ont donc besoin d’un éditeur nouveau qui les confronte avec les manuscrits qu’on en a et s’applique à leur restituer leur physionomie primitive. Les linguistes modernes leur accordent une grande importance au point de vue du langage. Les amateurs de notre vieille poésie en font le même cas. C’est un des monuments littéraires du moyen âge où l’on distingue le mieux cette clarté de la pensée et cette légèreté du ton qui, jointes à une précision remarquable, en font un modèle de notre esprit gaulois, facile, concis, sans prétention, d’une lucidité transparente pour ainsi dire. Thibaut de Champagne, par ses qualités poétiques, fut le Béranger du xiiie siècle. Le milieu et le siècle dans lesquels les deux poètes ont vécu diffèrent beaucoup, mais il y a une foule de rapports qui les rapprochent et en font presque les deux côtés d’une même médaille.

THIBAUT V, comte de Champagne et roi de Navarre, fils du précédent, né en 1240, mort en Sicile en 1270. Il succéda à son père à l’âge de treize ans sous la tutelle de samère Marguerite de Bourbon, épousa la fille aînée de Louis IX et montra un grand attachement à ce roi, qu’il accompagna dans sa dernière croisade.

THIBAUT (Jean), médecin empirique français, né dans la seconde moitié du xve siècle. On ignore le lieu et la date de sa naissance, ainsi que celle de sa mort. Après avoir exercé la médecine en France, où il prit le titre de médecin ordinaire de Louis XII, et pratiqué l’astrologie, Thibaut passa dans les Pays-Bas et fut attaché pendant quelque temps à la maison de Marguerite d’Autriche, tante de Charles-Quint. Il se rendit ensuite à Malines (1530), où régnait une maladie épidémique, fut empêché par les médecins de cette ville de pratiquer son art et retourna à Paris. Là encore, il eut maille à partir avec ses confrères, qui le firent mettre en prison et obtinrent qu’on lui interdit l’exercice de la médecine (1536). Thibaut avait la manie de prophétiser et prétendait guérir les maladies par la connaissance des astres. On lui doit les ouvrages suivants : la Physionomie des songes et visions fantastiques des personnes (Lyon, in-4°, sans date) ; le Triomphe de la paix célébrée en Cambroy (Anvers, 1529, in-4°) ; les Tables du soleil et de la lune ; Prognostication nouvelle de frère Thibaut (Lyon, in-8°) ; Trésor du remède préservatif et guérison bien expérimentée de la peste (Paris, 1544) ; Grande et merveilleuse prophétie (1545).

THIBAUT (Jean-Thomas), peintre et architecte français, membre de l'Académie des beaux-arts, né à Montier-en-Der (Haute-Marne) en 1757, mort à Paris en 1826. Il s'adonna d'abord à la peinture, particulièrement au paysage, et fut chargé par le prince de Conti d'exécuter divers tableaux à l’Ile-Adam. Bientôt il se livra aussi à l'étude de l'architecture, reçut les leçons et les conseils de Boule et de Paris et remporta le grand prix de Rome. Pendant son séjour en Italie, il se perfectionna en exécutant des études aussi ombreuses que variées d'après les chefs-d’œuvre anciens et modernes. De retour en France, Thibaut fut chargé d'exécuter des travaux à Neuilly, à la Malmaison, à l'Elysée, puis passa en Hollande, où il construisit et acheva divers monuments, restaura l'hôtel de ville d'Amsterdam, embellit le palais de La Haye, etc. Nommé membre de l'Institut (1818), il fut appelé quelque temps après à professer la perspective à l'École des beaux-arts et devint membre du conseil des bâtiments civils. On lui doit un ouvrage intitulé : Application de la perspective linéaire aux arts du dessin (1827, in-4°), avec 55 planches.

THIBAUT (Antoine-Frédéric-Just), jurisconsulte allemand, né à Hameln en 1774, mort en 1840. Il fit ses études à Gœttingue, à Kœnigsberg, puis à Kiel, où il prit ses grades en 1700 et y devint, trois ans plus tard, professeur de droit. En 1802, il passa à Iéna, en la même qualité, mais fut bientôt appelé à l'université d'Heidelberg, où il professa, jusqu’à sa mort, avec le plus grand succès. Son principal ouvrage est le Systeme du droit des Pandectes (Iena, 1803-1846, 9e édition donnée par Buchholtz), qui se distingue surtout par l'exactitude et la méthode avec laquelle l’auteur a su y grouper toutes les décisions du droit romain et en exposer les modifications successives jusqu'a l'époque moderne. On a encore de lui : De genuina juris personarum et rerum indole veroque hujus divisionis prætio (Kiel, 1796, in-8°), dissertation inaugurale qat valut au jeune auteur l'honneur d'une polémique avec le savant Hugo ; Encyclopédie et méthodologie juridiques (Altona, 1797) ; Essai sur différentes parties de la théorie du droit (Iéna, 1798, 2 vol.) ; Théorie d'une interprétation logique du droit romain (Altona, 1799-1806, 2e edit.) ; Sur la


possession et sur la prescription (Iéna, 1802) ; Documents pour la critique de la révision faite par Feuerbach des idées fondamentales du droit pénal (Iéna, 1802) ; Dissertations de droit civil (Heidelberg, 1814). Lorsque la chute de la domination de Napoléon eut fait naître en Allemagne des idées et des désirs nouveaux, Thibaut fut l’un des premiers à reconnaître l'importance qu'aurait, pour la bonne organisation d'une confédération des Etats germaniques, mise en vigueur d’un droit uniforme pour toute l'Allemagne. Ce fut dans ce but qu'il écrivit, sous ce titre : De la nécessité d'un droit civil universel pour l'Allemagne (Heidelberg, 1814), un ouvrage que Savigny chercha cependant à combattre dans sa brochure intitulée : De la vocation de notre époque pour la législation et la jurisprudence (Berlin, 1813 ). Thibaut avait fondé avec Lœhr et Mittermnier les Archives pour la pratique du droit civil (Heidelberg, 1818 et années suiv.). Grand amateur de la musique, il rendit hommage à Palestrina dans sa brochure intitulée : De la pureté de l'harmonie (Heidelberg, 1823-1801, 4e edit.), où prévenu contre les novateurs il attaquait avec acharnement les innovations musicales et qui lui attira une polémique des plus vives avec Nœgeli de Zurich. Après sa mort, ses précieuses collections musicales passèrent à la bibliothèque de la cour et à la bibliothèque publique de Munich. Ses Œuvres posthumes de jurisprudence furent publiées par Guyet (Berlin, 1841-1842, 2 vol.). — Son frète, Bernard-Frédéric Thibaut, né en 1775, mort en 1832, fut professeur de mathématiques à Gœttingue. Il s'est fait connaître avantageusement par des Eléments de mathématiques pures (Gœttingue, 1801-1823, 4e édit.) et par des Principes d'arithmétique générale (Gœttingue, 1809.1830, de édit.).

THIBERT (Félix), médecin français contemporain. Il se fit recevoir docteur à Paris en 1834, puis s'occupa exclusivement de la fabrication et de l'exploitation de pièces anatomiques en carton-pâte, moulées en relief sur la nature elle-même et coloriées après coup. Ces pièces imitant parfaitement les objets qu'elles représentent, sont solides, portatives, et par conséquent se prêtent admirablement à l'étude. Le musée Dupuytren possède un grand nombre de ces pièces. Le docteur Thibert a publié : Musée d'anatomie pathologique ; Bibliothèque de médecine et de chirurgie pratiques, représentant en relief les altérations morbides du corps humain (1844, in-8°).

THIBERVILLE, village et commune de . France (Eure), ch. l. de cant., arrond. de Bernay ; pop. aggl., 532 hab. ; pop. tot., 1,426 hab. Fabrique de toiles.

THIBÉRY(SAINT-), village de France (Hérault), cant., et h 9 kilom. d’Agde ; 1,814 hab. L’Hérault est traversé par un pont romain classé parmi les monuments historiques. L’ancienne abbaye de Saint-Thibery, qui figure aussi parmi les monuments historiques, offre un curieux escalier à vis et quelques restes de bâtiments remrquables par leur architecture.

THIBET ou TIBET, en chinois Si-Dzang, contrée de l’extrême Asie, dans la partie occidentale de l’empire chinois, entre 27° et 37" de latit. N. et entre 71° et 102° de longit. O. Ses limites sont : à l’E. l’empire de Chine, au S : l’Inde Transgangétique, l’Indoustan et l’Afghanistan, à l’O. la Petite Boukharie, au N.-O. ce même pays et au N.-E. le pays de Khou-khou-noor. Superficie., 21,700 myriamètres carrés ; 7,000,000 d’hab. environ. Capitale, Lhassa où Lassa. C’est la partie la plus élevée de l’Asie septentrionale. Elle est séparée de l’Indoustan par la gigantesque chaîne de l’Himalaya, et traversée par diverses ramifications élevées, ou masses isolées de montagnes. Des vallées profondément encaissées la parcourent dans tous les sens, ce qui lui donne la physionomie générale d’une contrée alpestre. La chaîne de montagnes qui borne le Thibet au nord forme une continuation de l’Hindoukouh, ayant 235 myriamètres de développement, s’étend en droite ligne à l’est, et se confond avec la région alpestre de la Chine. Une seconde chaîne se détache de sa partie occidentale ; elle s’étend parallèlement à L’Himalaya, d’abord au sud-est, puis à l’est. Ainsi tout ce plateau se trouve partagé en une grande moitié septentrionale et une moindre moitié méridionale. La partie nord est encore aujourd’hui peu connue ; toutefois, depuis quelques années, le missionnaire Hue et, en 1872-1873, le voyageur russe Prjevalsky ont donné sur une partie de cette région des détails pleins d’intérêt. La confusion qu’on a faite autrefois entre les divers plateaux et les pics les plus élevés de l’Asie centrale a fait exagérer l’élévation du Thibet. Suivant M. de Humboldt, sa hauteur moyenne dans le Thibet oriental est à peine de 3,600 mètres. Elle atteint son point extrême d’altitude aux bords des lacs, appelés saints par une ancienne tradition. Des montagnes forment le rebord méridional et oriental du Thibet et longent les fleuves les plus considérables. C’est là que l’Indus ou Sind, le Iraouaddy et les principaux fleuves de la Chine ont leur source. Le Thibet possède de nombreux lacs, dont les principaux sont le Namtro ou Ten-gri-Noor, le Buka-Noor, l’Iké-Namour, leBak-kan-Amour, le Manassarovar, etc. L’hiver