Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 15, part. 1, T-Tour.djvu/81

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la seule école à laquelle les peuples, dans leur enfance, ont pu se former à îa civilisation, et qu’il ait rendu par là un éminent service à l’humanité, il serait aussi insensé de le nier qu’il serait injuste de ne pas lui en garder une éternelle reconnaissance. Mais une fois que la société s’est assise, que. les sentiments de paix, de conservation, de concorde ont remplacé généralement les instinct* vagabonds, cruels et destructeurs des pasteurs et des chasseurs nomades et indisciplinés ; une fois que les facultés humaines, cessant d’être le jouet des accidents extérieurs, des sens, des passions les plus grossières ou d’une imitation enfantine, se sont accoutumées à n’entrer en jeu, le plus ordinairement, que d’après des croyances fixes, des idées réfléchies, des intérêts sérieux et raisonnables, l’œuvre de la théocratie est accomplie, et il ne lui reste qu’à remettre son autorité en des mains plus capables de diriger le nouvel ordru de choses, ou à remplacer elle-même ses institutions primitives, établies en vue de barbares qu’il s’agissait de former à la vie policée, par d’autres institutions qui soient en rapport avec les nouvelles aptitudes intellectuelles et morales, et avec les conditions d’existence des sociétés dont la civilisation est déjà avancée.

Mais la théocratie ne veut, disons mieux, la théocratie ne peut faire ni l’un ni l’autre. C’est un fait incontestable que les institutions théocratiques, quand elles ne sont pas renversées, après qu’elles ont accompli leur œuvre, ont toujours pour effet inévitable de paralyser les forces vives de l’intelligence et d’enfoncer dans une sorte d’abêtissement les peuples sur lesquels elles font peser leur empire. Le manque absolu de liberté, d’initiative, de personnalité maintient nécessairement l’ignorance, ne permet pas à l’intelligence de dépasser un cercle très-borné, affaiblit les caractères et amène à la suite de ces maux des maux plus grands encore et qui eu sont la conséquence, Ta paresse, la misère, la dégradation inorale. La vie s’éteint peu à peu dans les sociétés où tout est disposé de manière que l’homme n’ait pas à mettre constamment en jeu ses facultés et à les entretenir par le travail, les luttes légitimes et une louable émulation. La monotonie y tue toute initiative ; une langueur funeste s’y empare des esprits ; les cœurs s’y dessèchent, parce qu’il n’y a plus pour eux ni joie ni espérance, et la mort spirituelle enveloppe de ses froides ombres aussi bien les maîtres que le vil troupeau d’esclaves qui leur obéit aveuglément.

Ce triste tableau ne convient pas seulement à des civilisations passées, à des nations éteintes depuis des siècles ; nous en voyons encore des traces autour de nous. La théocratie n’a pas disparu tout entière du sol de la vieille Europe. Son influence, il est vrai, méine dans les lieux où elle semblerait avoir de profondes racines, est loin d’être toute-puissante ; elle y est contre-balancée par les tendances philosophiques, politiques, et littéraires, qui datent de l’époque de la renaissance des lettres et dont les conséquences inévitables doivent être l’émancipation de la conscience individuelle. La lutte est engagée depuis longtemps, au milieu de nous, entre les deux principes contraires ; elle remplit depuis trois siècles noue histoire ; il n’est pas un seul événement de quelque importance qui ne s’y rapporte. On peut prévoir déjà auquel des deux partis restera la victoire.-En attendant, on peut-s’assurer que la prospérité intellectuelle, morale et matérielle de chacun des peuples engagés dans la lutte monte ou baisse dans la même proportion que l’influence théocratique s’affaiblit ou se fortifie. Il en est des sociétés humaines comme des individus. Ce n’est jamais qu’un infiniment petit nombre d’hommes qui, après s’être fait une claire conscience du but de leur existence, s’efforcent volontairement de l’atteindre. Tout le reste, enfant jusqu’aux dernières limites de la vieillesse, n’arrive jamais à la pleine possession de soi-même et suit aveuglément la tradition, Sans s’inquiéter même ni d’en rechercher la valeur, ni de s’assurer au moins qu’elle est un guide sûr et désintéressé. Là où elle est le plus dégagéede préjugés, la foule n’a d’autre mobile qu’un sentiment vague ; elle agit par des entraînements Spontanés, et presque jamais par suite de réflexions bien dirigées. Que ce sentiment la conduise au bien, que ci ; s entraînements soient le fait d’une nature généreuse, nous le voulons bien j mais il est évident que l’idéal moral réclame autre chose que ces mouvements irréfléchis, dont l’agent est incapable de se rendre compte et qui ne remplissent pas certainement toutes les conditions contenues dans la notion du devoir.

Il n’en est pas autrement des sociétés humaines. La plupart d’entre elles ne s’élèvent pas plus que la grande majorité des individus au-dessus de ce degré de la vie morale dans lequel tout est du domaine de la spontanéité et du sentiment vague. Les nations que la fermeté de leur génie, la lucidité de leur intelligence, leur caractère bien trempé, et

presque toujours aussi quelque heureux concours de circonstances, mettent en état de se posséder et de se rendre capables de se gouverner librement elles-mêmes, sous l’impulsion réfléchie de la conscience et de la raison, sont comparativement aussi rares que les hommes d’élite qui suivent la loi morale, le

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sachant et le voulant, sous leur propre responsabilité et avec un entier désintéressement. Ces nations sont les seules qui ne soient pas condamnées à une enfance éternelle. La monde antique n’en a connu que deux, nous voulons parler de la Grèce et de Rome.

De tous les peuples de l’antiquité, les Grecs et les Romains ont seuls parcouru la carrière complète de l’existence sociale. Avantde tomber dans la caducité, ils ont eu un âge viril. Aucune des autres nations antiques ne peut nous offrir un spectacle analogue. Tandis que nous regardons celles-ci presque du même œil que nous considérons des êtres informes qui nous apparaissent comme des jeux de la nature, nous retrouvons l’homme tout entier, tel que nous le concevons, dans le Grec du siècle de Périclès et dans le Romain des beaux temps de la république. Nous n’éprouverions aucune répugnance à être leurs concitoyens ; nous ne concevons pas même la possibilité de nous associer à la vie des Chaldéens ou des Égyptiens de l’antiquité. Il manque à ces peuples théocratiques une foule de choses dont, à notre jugement, l’homme ne peut se passer sans renoncer à ce qui fait la gloire et le bonheur de sa nature. Ces lacunes ne nous frappent pas au même degré, tant s’en faut, chez les Grecs et les Romains. Ce serait, assurément, une exagération de les prendre pour l’expression définitive, absolue de l’idéal de l’humanité ; mais, du moins, l’humanité s’est élevée en eux au plus haut point de perfection qu’il lui fût possible d’atteindre dans les temps et dans les circonstances au milieu desquels ils vécurent.

Les Grecs, surtout, nous remplissent d’un sentiment profond d’admiration car le tableau qu’ils nous présentent d’un développement harmonieux de toutes les facultés de la nature humaine. Les Romains.’sur sont inférieurs sous plusieurs rapports, soit que leur génie propre ait été moins complet que celui des Grecs, soit encore paive qu’ils ne se dégagèrent ni aussi vite ni aussi radicalement que ces derniers de toute empreinte théocratique. La Grèce eut le bonheur de s’affranchir de la tutelle de la théocratie et même de l’influence des souvenirs, qu’elle laissa à Rome, précisément au moment où, après l’avoir formée à la vie policée, les institutions sacerdotales n’auraient plus eu désormais d’autre effet que de retenir, que d’étouffer ses admirables facultés. C’est grâce à cet heureux affranchissement, autant au moins qu’aux dons brillantsqu’elle avait reçus de la nature, qu’elle doit d’être devenue la nation la plus remarquable de l’antiquité par ses arts, ses lumières, sa civilisation la plus libérale, la plus attrayante, la plus véritablement sympathique et humaine peut-être qui ait existé depuis le commencement du monde, la patrie d’Homère, de Phidias, de Sophocle, de Platon, d’Aristote.

Si, par quelque fâcheux concours de circonstances, la théocratie n’avait pas fait place, dans la Grèce, à une civilisation d’un ordre supérieur, laissant à la raison humaine la facilité de se développer librement, le génie grec, qui s’est montré, au plus haut degré, capable de sentir et d’exprimer les sentiments les plus vrais et les plus nobles de la nature humaine, retenu dans les puériles conceptions de l’enfance, enfermé dans une sphère d’idées de convention, arrêté par les entraves des constitutions sacerdotales, n’aurait produit, au lieu des œuvres si remarquables de pureté et de maturité qu’il a léguées à l’admiration de la postérité, quedes ouvrages plus semblables à des rêves discordants qu’à des créations d’un esprit maître et sûr de lui-même. À la place des chants immortels de l'Iliade et de VOdyssée, les poètes de lu Grèce théocratique n’auraient composé que des poèmes informes dans le genre des poésies du cycle de Charlemagne ; Platon n aurait été qu’un Duns Scot parlant grec, Aristote qu’un Simon de Tournay ou qu’un Roger Bacon ; la trilogie du Prométhée d’Eschyle n’aurait pas dépassé la hauteur des mystères du moyen âge ; Hérodote et Thucydide nous auraient laissé des chroniques dans le genre de celles des religieux de Saint-Dénis ou du Spéculum historiale de Vincent de Beauvais.

THÉOCRATIQUE adj. (té-o-kra-ti-kerad. théocratie). Qui appartient, qui a rapport à la théocratie : Les brahmanes, dans l’Inde, ont eu longtemps le pouvoir théocratiqcu. (Volt.) L’uniformité est te propre des gouvernements THÉOCRATIQUES. (Kératry.)

THÉOCRAT1QUEMENT adv. (té-o-kra-tike-man— rad. théocratique). D’une manière théocratique : État gouverné thkocratiquement.

THÉOCRATISER v, a. ou tr. (lé-o-krati-zô— rad. théocratie). Soumettre à un pouvoir théocratique :Théocratiser une nation, un peuple. Il Peu usité.

THÉOCRÈNE OU THEOCRENUS, littérateur italien. V. Taguacarne.

THÉOCRITE, poëte bucolique grec, le père et le prince de la poésie pastorale, né à Syracuse vers 290 av. J.-C. Il vécut sous le roi Hiéron le Jeune, qu’il célébra dans ses vers, fut attiré à la cour d’Alexandrie par les libéralités de Ptoléinée Philadelphe et fit partie de la fameuse pléiade.’De retour en Sicile, il mourut, à ce qu’on croit, dans un âge très-avancé, après la prise de Syracuse

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par Marcellus. Il ne reste de lui que vingt-neuf idylles et vingt-trois épigrammes {dont douze seulement sont considérées comme authentiques). Parmi ses petits poèmes, on ne

compte guère que douze égtogues proprement dites ; mais il a répandu dans ses autres tableaux une teinte champêtre qui, sans nuire à l’énergie de son pinceau, donne à ses récits une grâce inimitable. Ses pièces rustiques se distinguent par une naïveté gracieuse et piquante, un naturel exquis, une harmonie, une vivacité de dialogue, un charme de descriptions qui en ont fait le modèle comme le désespoir des poètes bucoliques. Mais on souhaiterait qué la décence n’y fût pas si souvent violée. Dans quelquesunes de ses autres pièces (les Dioscures, la Magicienne, etc.), il s’élève jusqu’au lyrisme de l’épopée. Virgile a imité ses poésies pastorales ; mais, malgré la grâce ravissante, la douceur et l’élégance de ses vers, il ne les a pas fait oublier, et l’on a dit avec raison que la victoire est restée indécise entre le cygne de Mantoue et le berger de Syracuse.

t Théocrite, dit M. Léo Joubert, est un poëte savant et naturel, qui connaît à fond toutes les ressources de son art et les dissimule en les employant. Il a les défauts de son temps, mais il les domine et les transforme souvent en beautés. Il ressembler ses contemporains, sans qu’il soit possible de le confondre avec eux. Il égale presque les poètes des âges classiques, bien qu’il porte les marques incontestables d’un siècle de déclin. En tout, c’est un poète à part, que pourtant l’on jugerait mal si on, le détachait de son époque. Il garda du dialecte sicilien, dialecte dont il trouvait d’excellents modèles dans Epicharme et Sophron, ce qui était inr telligible à tous, et, combinant ce dorien populaire avec le dorieu lyrique de Stésiehore et de Pindare, il se forma un style familier et poétique, abondant, naïf, varié, qui se prêtait à rendre les situations et les sentiments les plus contraires, la querelle des deux pâtres ou la plainte passionnée de Simétba, la chanson du moissonneur ou les dernières paroles de Daphnis, les propos des deux Syracusaines coudoyées dans la foule, ou le chant des femmes d’Alexandrie célébrant la résurrection d’Adonis. Rarement un poëte disposa d’un instrument aussi souple et aussi énergique. Théocrite ne s’en contente pas. Il s’approprie encore pour ses descriptions épiques la langue d’Homère, et, pour ses essais lyriques, le vieil éolien d’Alcèe et de Sapho. S’il étend une main hardie sur les richesses de l’ancienne poésie, il ne dédaigne pas les artifices de la poésie contemporaine. Il recherche, comme Callimaque, le contraste des idées élevées et des expressions communes, et il placo des proverbes populaires à côté de périphrases poétiques dignes de Lycophron. Ces savants effets de style ne déplaisent pas chez lui, parce que, au-dessus de cet art alexandrin, oh sent passer un souffle vivifiant d’inspiration, un souffle qui a traversé les grands’bois de chênes de 1 Etna et qui s’est mêlé à la brise marine sur les rivages de Syracuse. > L’édition princeps de Théocrite a paru sans date à Milan (in-fol.) vers 1481. Une des principales éditions de ce poète est celle de Boissonade (Paris, 1837). On estime aussi celle d’Ameis (i-ollection Didot), avec une traduction latine et les scolies. Parmi les traductions françaises en prose de cet écrivain, nous citerons celles de Geoffroy (lSOO) et de l.econte de Lisle (1861). Longepierre l’a traduit en vers (1688), ainsi que Servaa de Sugny (1822) et Firmin Didot (1833).

THÉ0D*S1ES s. f. pi. (té-o-dé-zf — gr, theodaisia ; de theos, dieu j dainumi, je partage). Antiq. gr. Fête libyenne en l’honneur de Bacchus.

— Encycl. On sait, parHésychius, que Bacchus était nommé en Crète Theodsesi us. Ainsi les théodssies sont, chez les Cretois, des fêtes enl’honneur de Bacchus. On ignoresi les Cretois observaient dans cette fête les mêmes rites que les autres peuples de la Grèce. En Libye, on associait les nymphes à Bacchus. Il en était peut-être de même en Grèce, mais il est difficile de l’assurer faute d’autorités. Hésychius joint cette fête aux hétochies ; ce qui pourrait faire soupçonner que ces deux fêtes se célébraient ensemble, ou du moins à peu de temps de distance l’une de l’autre, ou bien encore que c’était la même fête sous deux noms différents. Mais, comme, il est parlé des hérochies duns le traité conclu entre les Hiérapytniens et les Priaiuiens, et des théodssies dans celui qui eut lieu entre les Laliens et les Olontiens, nous pensons que ce sont deux fêtes différentes. Le passage d’Hésychius et ce dernier traité sont les seuls documents que nous ayons sur cette fête.

THÉODAMAS ou THIODAMAS, roi des

Dryopes. Il refusa de donner l’hospitalité a Hercule, qui traversait ses États avec Déjànire. Le héros, irrité de cette conduite, tomba sur les Dryopes, dont il massacra un grand nombre, tua Théodamas et lui enleva son fils Hyias. Dans cette bataille, Déjanire combattit avec courage et reçut une blessure.

T11ÉODAT, roi des Ostrogoths d’Italie, neveu de Théodoric, dernier rejeton des Amales, mort près de Ravenne en 536. Amalasonte, mère du dernier roi, Athalaric, l’éleva

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sur le trôna en l’épousant (534). Thêodat avait cependant toujours été son ennemi secret, et bientôt après il la fit assassiner. L’empereur Justinien prit le prétexte de venger ce meurtre pour tenter d’arracher l’Italie aux Ostrogoths (535). Le lâche Théodat, plongé dans la débauche, laissa Bélisaire envahir la Sicile et conquérir la basse Italie et Naples. Son armée, indignée, proclama Vitigès, qui le fit poursuivre sur la route de Ravenne et mettre à mort (536). C’était un prince lâche, avare, perfide et cruel^ adonne aux plaisirs. Il avait reçu dans sa jeunesse une forte éducation, était très-versé dans les lettres grecques et latines, dans la philosophie platonicienne ; mais ses études n avaient eu aucune influence sur sa mauvaise nature. Th. Corneille a pris ce prince pour le sujet d’une dé ses tragédies.

THÉODBBALD, roi d’Austrasie, né en 533j mort en £53. Il succéda en 547 à sou père, Théodebert Ier, fut reconnu par les chefs austrasiens malgré sa jeunesse, ne fit rien de remarquable et mourut d’une paralysie. Clotaire Ier, après avoir épousé sa veuve, Wultrade, réunit l’Austrasie à sas États,

THÉODEBERT 1er, petit-fils de Clovis, né veis.504, mort en 548. Il succéda (534) à son père, Thierri, comme roi de Metz ou d’Austrasie. Il avait fait preuve d’habileté et de bravoure dès l’âge de dix-huit ans en repoussant une invasion de pirates normands près de l’embouchure de la Meuse et en tuant leur chef Cochiliac. Théodebert faisait la guerre aux Wisigoths, lorsqu’il dut aller prendre possession de son trône, à Metz. Celait un prince actif, entreprenant, libéral envers les églises, ce qui lui a valu de grands éloges de la part de Grégoire de Tours. Appelé en même temps en Italie par Justinien et par les Ostrogoths, il reçut les présents dus deux partis, les trompa dans l’intention de les perT dre l’un par l’autre et de s’agrandir à leurs dépens, puis les combattit successivement, ravagea la Ligurie, d’où il rapporta un immense butin, et se disposait à exécuter les plus vastes projets et à marcher sur Constantinople (déjà même il avait pris le titre d’Auguste, comme on le voit par une de ses monnaies), lorsqu’il se tua à la chasse. Ce prince fut le plus capable et le plus bravé des descendants de Clovis. Le premier de sa race, il fit frapper des monnaies à son effigie.

THÉODEBERT II, roi d’Austrasie, né en 586, mort en 612. Après la mort de son père, Childebert II (596), il gouverna d’abord sous la direction de son aïeule Brunehaut, à laquelle avait été confiée la régence, mais qu’il chassa de son royaume à l’instigation dés seigneurs. Celte princesse suscita contre lui Thierry II, roi de Bourgogne, qui le vainquit à Toul et à Tolbiac Livré à Brunehaut, il fut dépouillé des ornements royaux et mis à mort. L’un de ses fils, Sigebert, est regardé comme la tige de la maison de Habsbourg.

THÉODECTE, poète tragique et orateur grec, né à Phasélis (Lycie). Il vivait vers lé milieu du ivo siècle avant notre ère et se rendit à Athènes, où il suivit les leçons d’Isocrate et devint l’ami d’Aristote, qui lui dédia un de ses traités de rhétorique. D’après Quintilien, Théodecte possédait une mémoire prodigieuse. Il mourut, croit-on, à Athènes, âgé de quarante et un ans. Les habitants de Phasélis lui élevèrent une statue sur la place publique. Théodecte composa des discours, des préceptes en vers et cinquante tragédies,parmi lesquelles on cite : Ajax, Œdipe, Alcméon, Hélène, Oreste, PUiloctète, Tydée, Mausole. Il ne reste que de rares fragments de ces compositions.

TU ÉODEL1NDE, reine des Lombards, morte en 625. Elle était fille de Garibald, duc de Bavière, qui la fit élever dans la religion catholique, et elle épousa, en 5S9, le roi des Lombards, Autharic. Elle sut si bien gagner l’affection de se3 sujets, qu’après la mort do son mari (590) les Lombards lui proposèrent d’accepter pour roi le prince qu elle choisirait pour époux. Théodelinde se remaria alors avec Agilulphe, duc de Turin, qui se montra digne de ce choix. Sur les instances de cette princesse, Agilulphe abandonna l’arianisme pour se faire catholique. De cette union naquit un fils, Adaloald, dont Théodelinde eut la tutelle après la mort de son mari, de 614 à 625. Cette princesse exerça le pouvoir avec fermeté et sagesse et mourut emportant les regrets des Lombards.

THÉODEMIR, prince wisigoth, né en Espagne, mort vers 720. Il était, croit-on, fils ou gendre du roi Egiza. Commandant de la flotte des Wisigoths sous le règne de ce roi, il battit une flotte grecque qui ravageait les côtes de l’Espagne (665) et fit subir le même sort à une armée navale de musulmans sous la règne de Witiza (709). Sous Roderic, il assista à la fameuse défaite de Guadalete, qui livra l’Espagne méridionale aux musulmans, appelés dans la péninsule par le comte Julien (7ll), et parvint à sauver une partie de l’armée des Goths en se retirant au delà de la sierra Morena, où il fut élu roi. Poursuivi par Abd-el-Aziz, fils de Mousa, il lutta longtemps avec avantage dans les montagnes, se fit complètement battre en descendant dans la plaine de Lorca, parvint à le jeter dans la ville forte d’Orihuela, s’y dé-