Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 15, part. 2, Tous-Vama.djvu/176

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on apercevait l’immense horizon et les montagnes bleues. (T. de St-Germain.)

— Art railit. Ouverture pratiquée dans les lignes ou les remparts ennemis : Pratiquer vue trouée. La cavalerie ouvrit une large trouée. Les colonnes d’assaut pénétrèrent par la trouée qu’avait faite le canon.

TROUELLE s. f. (trou-è-le). Pêche. Petite baguette souple que l’on place entre les mailles de certains filets à manche, pour les maintenir ouverts.,

TROUER v. a. ou tr. (trou-é. — Ce mot correspond au vieux, français trauer, willon tramer, provençal traucar, bas latin traucare. Plusieurs étymologistes le rapportent soit au grec truein, percer, soit au gothique thairkà, trou, soit au kymrique tzwyd, tzwyaw, percer, trouer, toutes formes qui se rattachent à la racine sanscrite tar, traverser, d’où aussi le grec to’io’, je perce ; tribô, je broie ; le latin terere, broyer). Ouvrir un trou dans : Trouer une planche.'Trouer unmur. Les vers trouent des bois très-durs, Vous avez troué votre habit. Le chemin de fer va trouer ces collines et couper ces vallées. (V. Hugo.) Les balles vinrent trouer le plancher autour de nous. (Alex. Dum.)

— Passer au travers de : D’un bond, le lapin troua la haie et disparut. Il avait ramassé un fusil de munition et s’en servait comme d’une massue ; il troua le bataillon et reparut de l’autre côté. (Alex. Dum.)

— v. n. S’enfoncer, faire son trou : Les souris trouent dans les murs-les plus solides. Elle aimait à trouer dans un lit de satin garni de dentelles. (G. Sand.)

— Fig. Faire son chemin, réussir : // et fini par trouer.

Se trouer v. pr. Devenir troué : Votre habit se troue au coude, il Être troué : Ce bois se troue difficilement.

TROO-FIGNON s. m. (trou-fi-gnon ; gnmU.). Ouverture anale : Des deux premiers doigts, vous ouvrirez le trou-fignon, en éloignant les fesses. (B. de Verv.)

TROUFLE s. f. (trou-fle — altér. du fr. truffe). Bot. Nom vulgaire des pommes de terre dans le Poitou.

TRODGHTON (Édouard), constructeur anglais d’instruments astronomiques, né en 1753, mort en 1835. Il apprit sa profession sous la direction de son oncle, qui fabriquait des instruments de précision, et lui succéda à la tête de sa maison. Joignant à une grande habileté un esprit inventif, il exécuta pour les observatoires de l’Angleterre et de l’étranger un grand nombre d’instruments de dimensions jusqu’alors inconnues et d’une rare précision. Les instruments de précision qu’il fabriqua pour la marine contribuèrent également à sa grande réputation. Troughton publia des articles de technologie dans l’Encyclopédie de Brewster, dans les Transactions philosophiques, etc. Vers la fin de sa vie, il devint aveugle. Après sa mort, on plaça son buste, exécuté par Chantrey, dans une salle de l’observatoire de Greenwich.

TROUGNE s. m. (trou-gne ; gn mil. — corruption de troène). Bot. Nom vulgaire du troène.

THOU1LLARJJ (Pierre), sieur de Montfekré, historien français, mort en 1666. Il exerça la profession d’avocat au Mans et consacra ses loisirs à l’étude de l’histoire de sa province natale. On a de lui un ouvrage devenu rare, intitulé Mémoire des anciens comtes du Maine (Le Mans, 1643, in-8<>), qui contient de3 documents rares et intéressants dont on s’est souvent servi depuis.

TROCILLAUD (Pierre), pasteur protestant français, né à Sedan vers 1620. Iffit ses études dans sa ville natale et desservit différentes églises de la Champagne, entre autres celles de La Ferté-Vidame et d’Aï. Nommé pasteur à Calais en 1684, c’est-à-dire à la veille de la révocation de i’éditde Nantes, il vit son église interdite et passa en Hollande, puis en Angleterre, où il devint pasteur de l’église française de Cantorbéry. La date de sa mort est inconnne. On a de lui : Douze arguments proposez contre la transsubstantiation, avec la réfutation des réponses du sieur Quidebeuf (Charenton, 1657, ia-12) ; Traité de l’Église fondée sur la parole de Dieu (1659, in-8°), etc.

TROUILLE s. f. (trou-Ile ; Il mil.). Comm. Marcs fournis par la fabrication des huiles de graine.

TROUILLE s. f. (trou-Ile ; Il mil.). Aphérèse de citrouille. Généralement on ajoute à ce mot l’épithète de grosse et même de vieille, et c’est une injure, un terme de mépris qu’emploient les gens du peuple pour désigner une femme qui a beaucoup d’embonpoint.

TROUILLE (Jean-Nicolas), ingénieur maritime et homme politique français, né à Versailles en 1752, mort à Brest en 1825. S’étant engagé dans l’infanterie de marine, il fut envoyé à Brest, où il se fit remarquer de ses chefs par des dessins relatifs à l’artillerie, par des plans bien faits, et il se vit bientôt attaché aux travaux de la marine et du port. En 1789, il adopta avec chaleur les idées nouvelles et devint commandant de la garde nationale de Brest ; mais, comme il.voulait le maintien de l’ordre, il fut arrêté pendant la l’erreur et ne recouvra sa liberté qu’après

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la chute de Robespierre. Peu après, il obtint un emploi important au ministère de la marine. Elu député du Finistère au conseil des Cinq-Cents en 1795, Trouille s’y occupa principalement des questions d’administration maritime et vota constamment avec le parti qui voulait la retour complet à l’ordre et à la justice. C’est en partie à l’influence que ses connaissances spéciales et sa probité reconnue lui avaient acquise dans le conseil que fut due la conservation du Palais-Royal et de son jardin, ainsi que celle du château de Versailles, dont la destruction ou l’aliénation avait été proposée par le Directoire. Après l’expiration de la session, il continua jusqu’en 1821 ses travaux d’ingénieur maritime. Trouille a laissé un grand nombre de projets et de plans pour des magasins, des forts, des arsenaux, dont plusieurs furent exécutés sous ses yeux à Rochefort et à Brest. Il avait présenté à l’Exposition de 1798 deux Plans d’hôpitaux maritimes que l’Institut jugea dignes de la récompense promise par le gouvernement pour le meilleur projet d’architecture.

TROUILLET (Jacques-Joseph), historien français, né à Ornans (Franche-Comté) en 1716, mort à Lons-le-Saunier en 1809. Il entra dans les ordres, devint curé de sa ville natale et consacra ses loisirs à des travaux d’érudition. L’Académie de Besançon, qui avait couronné plusieurs de ses mémoires, l’admit au nombre de ses membres. Trouillet remplaça pendant quelque temps Bergier comme principal du collège de Besançon. Emprisonné pendant la l’erreur, il eut le chagrin d’apprendre, lorsqu’il recouvra la liberté, que ses amis avaient pris et brûlé ses manuscrits dans la crainte qu’ils ne tombas| sent entre les mains des révolutionnaires. Outre le plan d’une Histoire des saints de Franche-Comté, on a de lui quatre dissertations : Quel était l’Hercule appelé Ogmius par les Gaulois ? (1756) ; Quelles étaient les voies romaines dans le pays des Séquanois ? (1756) ; Est-ce à titre de conquête ou d’hospitalité que les Bourguignons furent admis dans les Gaules ? (1758) ; Quelles ont été les villes principales du comté de Bourgogne depuis le xis siècle ? (1759).

TROUILLOTTE s. f. (trou-llo-te ; Il mil.). Pêche. Sorte de truble dépourvue de manche, que l’on suspend comme le plateau d’une balance.

TROU-MADAME s. m. (trou-ma-da-me). Sorte de jeu formé de plusieurs arcades numérotées, qu’on cherche à enfiler avec de petites boules d’ivoire : Plus, un trou-madame et un damier, avec un jeu de l’oie renouvelé des Grecs, fort propres à passer le temps, lorsqu’on n’a que faire. (Mol.) il PI. des trous-madamb.

— Sorte d’appareil a arcades qu’on place sur un.billard, et qu’on essaye d’enfiler avec les billes.

TROUPE s. f. (trou-pe — du lat. turba, foule, d’où truba, puis trupa et troupe). Réunion de gens : Une troupe de jeunes filles. Une troupe de soldats. Le chef de la troupe. Une troupe de nymphes couronnées de fleurs nageaient en foule derrière le char. (Fén.) Une grande troupe formée en tumulte peut faire beaucoup de mal. (J.-J. Rouss.)

Je cours, et je ne vois que des troupes craintives D’esclaves effrayés, de femmes fugitives.

Ràcin*. Lui-même, le premier, pour honorer la troupe. D’un vin pur et vermeil il fait remplir sa coupe.

Boileau.

— Réunion de gens conduits par un même chef :

Sur ses pas au barreau la troupe s’achemine.

Boileau.

— Association de gens exerçant en commun une même industrie, se livrant à la même occupation : Une troupe de bateleurs. Une troupe équestre. Une troupe de buveurs.

— Classe de gens appartenant à une même catégorie, réunis ou non :

Rions, chantons, dit cette troupe impie.

Racine. Et ne voyez-vous pas que leur troupe en furie Va prendre encor ces verB pour une miJlei’ie ?

Boileau.

— Animaux vivant ou se trouvant accidentellement ensemble :

... On voit les frelons, troupe lâche et stérile, Aller piller le miel que l’abeille distille.

Boileau.

En troupe. Ensemble et en grand nombre : Les pèlerins et les marchands allaient en troupe. Presque tous les animaux faibles, qui ne sont point pourvus d’armes naturelles, vont en troupe. (Maury.)

Par troupes, Par bandes distinctes : Ils allaient par petites troupes, par troupes de dix hommes. L’isatis va souvent par troupes. (Buff.)

Troupe céleste, immortelle, Troupe des dieux du paganisme :

Voulez-vous m’exposer à la honte cruelle Des ris injurieux de la troupe immortelle ?

LACttAËAUSSIÈRE.

Il Anges et saints du paradis : La troupe céleste chante éternellement les louanges de Dieu.

Troupe furieuse, Chasseurs nocturnes

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dont la superstition a peuplé les forêts de l’Allemagne.

— Prov. Les étourneaux sont maigres, parce qu’ils vont en troupe, On se nuit lorsqu’on va ensemble en trop grand nombre.

— Art milit. Corps d’infanterie ou de cavalerie : Troupe de ligne. Une belle troupe. La troupe a parfaitement manoeuvré. Il a fallu que les hommes débandés attendissent l’arrivée de la première troupe, encore commandée et en ordre. (Ségur.) il En ce sens, s’emploie le plus souvent au pluriel : Des troupes de ligne. De belles troupes. Des troupes de marine. Lever des troupKS. Passer des troupes en revue. Toutes les villes de Pologne sont à celui qui se présente à leurs portes avec des troupes. (Volt.) Le véritable but des troupes de ligne est de mettre entre les mains des rois un pouvoir indépendant des peuples. (Mme de Staël.) il Particul. Sous-ofiiciers et soldats, par opposition aux officiers : Les officiers et la troupe son(logés en ville. Il Enfant de troupe, Fils de soldat élevé aux frais de l’administration. || Officier de troupes, Officier d’un grade inférieur à celui de général, parce qu’il est attaché directement aux troupes, il Cheval de troupe, Cheval employé au service militaire.

— Mar. Troupes surnuméraires, Celles qui dépassent le contingent réglementaire : Je suis persuadé que, n’y ayant point de troupes surnuméraires embarquées sur la flotte ennemie, elle ne peut faire de défense d’aucune considération. (Tourville.)

— Théâtre. Ensemble des comédiens, des artistes d’un même théâtre : Une bonne troupe. Le directeur de la troupe. Le public se divertit autant de la petite troupe qui est restée à Paris que le roi s’ennuie de ta grande qui est restée à Fontainebleau. (Volt.)Ton appui

Peut m’impatroniser dans la troupe aujourd’hui. C. Délavions.

— Gramm Ce mot devient un collectif quand il est suivi de la préposition de et d’un complément. Il suit aiors les règles données au mot collectif.

— Syn. Troupe, bande, compagnie. V.

BANDE.

— Encycl. Théâtre. On donne le nom de troupe à la réunion des comédiens qui forment le personne ! d’un théâtre. Les étrangers, particulièrement les Italiens et les Espagnols, emploient en ce sens le mot de compagnie, qui nous paraît plus relevé et plus digne. Chez nous, on dit une troupe d’opéra, une troupe de drame, une troupe de vaudeville, selon le genre adopté par celle qui occupe tel ou tel théâtre.

À Paris et dans les grandes villes, il y a une troupe distincte pour chaque théâtre, et qui ne change jamais son centre d’action. Mais, pour les petites villes de province, il y a ce qu’on appelle les troupes allemandes, qui s’en vont de localité en localité, aujourd’hui ici, demain là, après-demain ailleurs, trouvant ainsi moyen, dans leurs pérégrinations incessantes, de satisfaire dans le cours d’une année la curiosité (d’ailleurs médiocre, car le théâtre ne compte que peu d’amateurs dans les petites villes des départements, où le clergé, son ennemi nature), est tout-puissant) de six, huit ou dix endroits différents.

Autrefois, la plupart de nos troupes dramatiques étaient constituées en société, c’est-à-dire que les comédiens qui les composaient, formaient entre eux une association régie par un ou plusieurs d’entre eux. Lorsqu’il n’y avait qu’un chef, celui-ci prenait le titre de gérant ou chef de la société, et lorsque plusieurs artistes étaient chargés du soin et de la direction des intérêts généraux, leur réunion formait un comité de direction. Les bénéfices de l’entreprise étaient, par un traité collectif, divisés en un certain nombre de parts, et chacun des sociétaires recevait, selon la nature de son talent, son utilité, l’importance de l’emploi occupé par lui, soit une demi-part, soit trois quarts de part, soit une part entière, soit davantage encore. À cette époque, les directions concentrées entre les mains d’un administrateur unique, responsable, gérant à ses risques et périls, étaient un fait exceptionnel. La Comédie-Française, la Comédie-Italienne, l’Opéra-Comique, l’Odéon étaient régis en société. Aujourd’hui, c’est le contraire qui a lieu, et, pour ne prendre que Paris pour exemple, depuis la dissolution de la société de l’Opéra-Comique, qui eut lieu vers 1830 et qui fit passer ce théâtre aux mains d’un directeur unique, une seule société dramatique est restée debout : c’est celle de la Comédie-Française, régie par le décret de Moscou, et à la tète de laquelle se trouve, comme administrateur non responsable, un fonctionnaire nommé par le gouvernement ; mais le rôle de cet administrateur est à peu près exclusivement artistique, et la société est gouvernée, au point de vue de ses intérêts financiers, par un comité composé de cinq membres. Nous devons faire remarquer que la troupe de la Comédie-Française n’est pas exclusivement composée d’artistes sociétaires ; quelques-uns d’entre eux, les nouveaux venus, ne sont que pensionnaires et appointés d’une façon fixe. Quand un pensionnaire a donné des preuves de talent, d’aptitude et d’utilité, il demande à faire partie de la société, et les membres de celle-ci, réunis à cet effet, votent, à la plu TROU

ralité des voix, sur son admission ou son rejet. Le comédien ainsi élu est appelé à faire, pendant dix ans seulement, partie de la société ; au bout de ce temps, il faut au’un nouveau vote de ses camarades vienne le confirmer dans ses droits ; si ce second vote lui est favorable, il continue à demeurer sociétaire jusqu’au moment où il lui plaît de faire valoir ses droits à la retraite et de réclamer sa pension-, dans le cas contraire, il quitte la Comédie-Française avec une demipension, c’est-à-dire une pension liquidée à raison de moitié de ce qu’il aurait dû’avoir après vingt ans de services non interrompus.

Comme les théâtres déParis, obligés de jouer tous les jours, sont naturellement tenus de se mettre en garde contre les accidents, indispositions, etc., qui pourraient arrêter la marche de leurs spectacles, l’ensemble du personnel comprend en quelque sorte deux troupes distinctes : les membres de l’une sont toujours prêts à remplacer les membres de l’autre, en cas d’événement quelconque. Cela s’observait jadis d’une façon bien plus rigoureuse encore, et il arrivait qu’un spectacle entier était joué par ce qu’on appelle les doublures. Le public avait pris alors l’habitude de distinguer entre les comédiens de premier choix et ceux qui ne faisaient que les remplacer ; il désignait l’ensemble des premiers sous le nom de la grande troupe ou la troupe dorée ; quant aux autres, ils formaient ce qu’on appelait déïisoirement la petite troupe, la troupe de carton, la troupe de bois, la troupe de fer-blanc.

TROUPEAU s. m. (trou-po— rad. troupe). Animaux domestiques vivant ensemble et conduits par un ou plusieurs pasteurs : Un troupeau de moulons, de bœufs, de cochons, d’mes, de dindons. Si un loup se jette sur un troupeau, il ne le dévore pas tout entier. (Lamennais.) Les troupeaux sont des biftecks qui marchent. (H. Taine.)

— Fig. Fidèles réunis sous la conduite d’un même supérieur ecclésiastique : Le TROU-PEAU d’un évêque, d’un curé. Chaque évêque a son troupeau particulier, (Boss.)

Le bon pasteur s’oublie et meurt pour son troupeau.

A. Barbier, .

— Troupe d’hommes, dans un sens défavorable : Les armées nombreuses qu’entretiennent les États modernes sont des troupeaux de célibataires. (A. Garnier.)

— Féod. Droit de troupeau à part, Droit exclusif du seigneur de faire garder ses troupeaux isolément et sans les mêler à d’autres.

Troupeau de Jésus-Christ, L’Église.

— Encycl. Econ. rur. Un troupeau, dans l’acception la plus large et la plus naturelle de ce terme, est une réunion d’un grand nombre d’animaux domestiques qu’on mène paître ensemble. Mais, dans la pratique, on réserve en général ce ternie pour les ruminants domestiques, employant pour les autres animaux ceux de troupe ou de bande. Dans certains pays, chaque propriétaire a ses bestiaux réunis en troupeau, sous la garde d’un employé (berger, chevrier ou bouvier) qu’il paye seul ; dans d’autres, tous les bestiaux d’une commune sont confiés à la garde d’un berger qui se paye en commun. On reproche généralement aux troupeaux qui se trouvent dans ce dernier cas de faire plus de dégâts que les autres dans les bois et les terres cultivées ; aussi, dans les pays où cet usage existe, l’agriculture iaisset-elle à désirer.

Troupeau paisnui an gué, tableau de Berghem ; au Louvre (n° 419). Trois pâtres, accompagnés de quatre chiens, font passer à un troupeau de bœufs le gué d’une rivière qui coule dans une vallée terminée à l’horizon par de hautes montagnes. Sur le devant du tableau, au bord de la rivière, une femme à cheval s’entretient avec un des pâtres ; celui-ci s’appuie sur un long bâton. Cette toile, de petites dimensions, est une des meilleures que nous ayons de Ber^hem. « Le ton un peu froid de ce paysage, dit Waagen, forme un heureux contraste avec le ton doré des animaux ; ils sont d’une vérité frappante et l’on ne saurait assez admirer la solidité de l’exécution. » Le Gué, acheté en 1784 à la vente de M. de Vaudreuil, a été gravé dans leiWusée français par Halck, et dans les recueils de Filhol et de Landon. Le musée du Belvédère a, de Berghem, un Troupeau passant un ruisseau sous la conduite de deux bergères, dont l’une est montée sur un âne ; un jeune garçon, deux doigts tendus, fait les cornes à urie jeune fillette qui pleure. Ce tableau est daté de 1680.

Un charmant tableau d’Adrien van de Velde, qui est dans la galerie de Schleissheim, et qui a été gravé par Réveil (Galerie des arts, VII, pi. 70), représente un Troupeau traversant un gué ; deux pâtres, les pieds dans l’eau, poussent devant eux des moutons, des chèvres et des vaches ; une paysanne est assise- dans une charrette qui vient de franchir le gué et qui s’avance vers la gauche. Les animaux et les figures sont dessinés avec une grande pureté ; le paysage a une limpidité et une fraîcheur exquises. Le Louvre possède plusieurs toiles de Van de Velde (n°s 537 à 540) représentant des Troupeaux en marche ou en repos ; la plus admirable est celle que Varin a gravée dans le Musée français, sous le titre de Soleil levant, et qui nous