Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 15, part. 4, Vl-Zz.djvu/366

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ZOOG-

xoné, ceinture ; ptilon, pli me}. Entora. Genre d’insectes coléoptères per taraères, de la tribu des oxytéliens, dont 1 espèce type habite la Géorgie asiatique.

ZON-ZON ou simplement ZON, mimologisme qui imite le son j’un instrument, et particulièrement d’un instrument k cordes : Zon ! flûte et basse ! Zon ! violon i Zon ! A aie ei basse ! Et violon, zon ! sont

BÉBjUiQER.

ZONZONATE, ville d<. la république de Sau-Salvador. V. Sobscnate.

ZOO ou ZO, préfixe qui signifie animal, et qui vient du gr. zôon, proprement vivant, allié k zaô, vivre, zoos, vivant. Ces mots appartiennent peut-être, ainsi que le présume Curtius, à la même famille que le sanscrit gio, vivre, givos, vivant, gtuathas, givitam, givatu, vie, ginu, se mouvoir et vivifier, ranimer ; le grec bios, biôtus, biôtê, vie, vivre, bioô, vivre, etc., pour bifos, etc. ; le latin vivo, vivre, vivus, vivajt, vita, vie ; le gothique quius, vivant, ijaçttiuman, revivre, ressusciter ; ancien haut allemand quek, ancien norrois, kvik, allenand moderne quiek, aueck, vivant ; le moyen haut allemand çm’eken, allemand moderne erquieken, vivifier, ranimer ; l’ancien norrois kvikvendi, animal ; l’ancien slave ziva, vivre, zivu, vivant, zivotu, vivante, et le lith mnien gyvenu, vivre, gyvas, vivant, gyvala, *ie, vivre, etc.

ZOOBIE adj. (zo-o-bl— du préf. zoo, et du gr. ii’od, je vis). Zool. Qui vit en parasite sur les animaux.

— s. f. Se dit quelquefois pour zoobiolo-

GIB.

— s. f. pi. Entom. Grande division des insectes diptères, comprenant ceux qui vivent en parasites dans le corps d’autres insectes, ou sur les ma» mifères herbivores.

ZOOBIOLOGIE s. f. (zo-o-bi-o-lo-ji — du préf. zoo, et du gr. bioi, vie ; loges, discours). Zool. Physiologie animale.

ZOOBIOLOGIQUE adj. (zo-o-bi-o-lo-ji-ke — rad zoobiologie). Zcol. Qui appartient ou qui se rapporte à la zoobiologie : Études

ZOOBIOLOGIQUES.

ZOOBOTBYON S. m. (zo-o-bo-tri-on — du préf. zoo, et du gr. bo’.ruon, grappe). Zooph. Genre de polypiers bryozoaires, de la famille des eristatellieus, voisin des dédalées.

ZOOCARPE si m. (zo-o-kar-pe — du préf. Modèle:Sc1100, et un gr. karpos, fruit). Zooph. Animalcule produit par un être zooearpé.

ZOOCARPÉ, ÉE adj. (zo-o-kar-pé — du préf. zoo, et du gr. leurpos, fruit). Zooph. Se ilit des animaux qui, ; e présentant sous l’apparence d’une expansion végétale, produisent des animalcule ; destines k se transformer en expansion.1, du même genre, et se reproduisent ainsi indéfiniment.

— s. m. pi. Kainilli d’animalcules, qui offrent le caractère ci-dessus.

ZOOCH1M1E s. f. (zo-o-chi-mî — du préf. zoo, et un chimie). Syn. de chimie animale. il Peu usité.

ZOOCH1M1QUE fiU|.(zo-o-chi-nii-ke— rad. zoochimie). Qui appartient ou qui se rapporte k lu zooeliimie : Études zoccuimiques.

ZOOCHRÉSIE s. f. (zo-o-kré-zl— du préf. zoo, et du gr. chrèsi :, usage). Dans la classification d’Ampère, IScience qui a pour but l’élève et l’utilisatio i des animaux.

ZOOCHRESTIQUE adj. {zo-o-krè-sti-kerad. zooehrésie). Qu. a rapport à la zooehrésie : Méthodes zoochrestiqoks.

ZOOCLADIE s. f. (zo-o-kla-dl — du préf. zoo, et du gr. kladis, rameau). Infus. Syn.

de ZOOTHAMNIE.

ZOOCOCCINE s. f, {zo-o-ko-ksi-ne — du préf. zoo, et du gr. kokkos, kermès). Chim. Matière animale fournie par le kermès.

ZOOCORALLIEN. IENNE adj. (zo-O-koral-li-ain, ie-ne, — du préf. zoo, et du gr. koraliion, corail). :îooph. Se dit des polypiers anthozoaires }ui ressemblent plus ou moins au genre corul.

— s. in. pi. Ordre de polypiers anthozoaires. À On dit aussi zxicoraux.

ZOOÉTHIQUE s. f. (zo-o-é-ti-ke). Syn. de zoéthique.

ZOOGÉNE s. m. (zo-o-jè-ne — du préf. zoo, et du gr. genmiô, je produis. Cette matière est ainsi nommée parce qu’elle donne à l’analyse les mènes éléments que les matières animales). Chim. Matière visqueuse qui existe dans les eaux thermales.

ZOOGÉNIE s. f. (zo-o-jé-nl — du préf. zoo, et du gr. gemsis, origine). Partie de la zoologie qui traite du développement progressif des animat.x. et de leurs organes. || un dit aussi zoogonie et zooùonolouie.

ZOOGÉNIQUE adj. (zo-o-jé-ni-ke — rad. zoogénie). Zool. Qui appartient ou qui se rapporte k la zoogeuii ; Études zoogéniques.

ZOOGLYPH1TE s. m. (zo-o-gli-fi-te — du pref. zoo, et un g gluphi, gravure). Zool. Empreinte d’uniiuul fossile.

ZOOGONB adj. m. (zo-o-go-ne — gr. zoâgonos, vivifiant ; ce zoân, animal ; gonas, génération). Mythol. gr. Epithète de Jupiter.

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— s. m. Titre donné aux dieux protecteurs des animaux.

ZOOGONIE S. f. V. ZOOGÉNIE. ZOOGONIQUE adj. (zo-o-go-ni-ke). Qui a rapport à la zoogonie. Il On dit aussi zoogo-

NOL0GIQUK.

ZOOGONOLOGIE S. f. V. ZOOGÉNIE.

ZOOGRAPHE S. m. (zo-o-gra-fe — du gr. zôon, animal ; graphà, je décris). Auteur d’une zoographie ; naturaliste qui s’occupe de cette science : Leuvienhoeck, Swammerdam, Spatlanzani, Béaumur, Ch. Bonnet, Muller, huiler et autres patients zoographes ont démontré combien les mœurs des animaux sont intéressantes. (Balz.)

— Peint. Se disait, chez les anciens, pour Peintre d’animaux, animalier.

ZOOGRAPHIES, f. (zo-o-gra-fl — (lu préf. zoo, et du gr. graphà, je décris). Partie de la zoologie qui s’occupe de la description des diverses espèces d’animaux : L’embryogénie rentre nécessairement dans la zoographib. (P. Gervais.)

— Art de représenter les animaux et leurs organes dans un but d’étude.

— Peint. Se disait, chez les anciens, pour Peinture d’animaux.

ZOOGRAPHIQUE adj. (zo-o-gra-fi-kerad. zoographie). Qui appartient ou qui se rapporte à la zoographie : Études zoographiques. Système zoographique.

— Diploro. Lettres zoographiques, Lettres formées de figures d’animaux diversement agencées.

— Miner. Talc zoographique, Talc employé par les peintres.

ZOOHÉMATINE s. f. (zo-o-é-ma-ti-ne — du

prèf. zoo, et du gr. Aaima, haimatos, sang).

Chim. Matière colorante rouge des globules du sang.

ZOOÏÂTRE s. m. (zo-o-i-â-tre — du préf. zoo, et du gr. iatros, médecin). Médecin vétérinaire. || Peu usité.

ZOOÏÂTRIE s. f. (zo-o-i-â-trî — du préf. zoo, et du gr. iatreuà, je guéris). Médecine vétérinaire. Il Peu usité.

ZOOÏÂTRIQUE adj. (zo-o-i-â-tri-ke —rad. zooïâtrie). Qui a rapport à la zooïàtrie : Système ZOOÏATRIQUE.

ZOOÏDE adj. (zo-o-i-de — du préf. zoo, et du gr. eidos, aspect). Miner. Qui porte une figure d’animal ou de quelqu’une des parties d un animal : Minéraux zooïdes.

ZOOL. Abréviation du mot zoologie.

ZOOLÂTRE s. (zo-o-là-tre — du préf. zoo, et du gr, lûlreuà, j’adore). Adorateur d’animaux.

— Atljectiv." : Les Égyptiens étaient zoo LÂTRES.

ZOOLÂTRIE s. f. (zo-o-là-trl — du préf. zoo, et du gr. latreuô, j’adore). Adoration des animaux.

ZOOLÂTRIQUE adj. (zo-o-là-tri-ke). Qui a rapport à la zooïàtrie, qui est basé sur la zooïâtrie : Religion zooLÂTiftQUE.

ZOOLÉE s. f. (zo-o- !é — du préf. zoo, et du gr. oilumi, je détruis). Kntuui. Section des théoelytes ou vates, genre d’insectes orthoptères, dont l’espèce type vit, dit-on, à Trauquebar.

ZOOLIQUE adj. (zo-o-li-ke — du gr, zàon, animal). Mécan. Qui est mû par une force animale : Machine zooi.iquk.

ZOOLITHE ou ZOOLITE s. in. (zo-o-li-te — du préf. zoo, et du gr. lithos, pierre). Zool. Nom vulgaire de diverses parties d’animaux fossiles ou pétrifiées : L’ivoire fossile et les turquoises sont des espèces de zoo-WTHES. (V. de Bomare.)

ZOOL1THIFEBE ou ZOOL1TIFÉRE adj. (zo-o-H-ti-fè-re— de zoolilhe, et du lat. fero, je porte). Miner. Qui contient des débris d’animaux fossiles.

ZOOLITHIQUE ou ZOOLITIQUE adj. (zoo-li-ti-ke — rad. zoolit/te). Miner. Qui contient des zooliibes : Boches zoolithiQUES, u Qui ressemble k un zoolithe ; qui u rapport aux zoolithes : Fossiles zoolithiques.

ZOOLOGIE s.f. (zo-o-lo-jl — du préf. zoo, et du gr. logos, discQurs). Partie de l’histoire naturelle qui traite de l’étude des animaux : Il serait difficile de dire à quelle direction obéit aujourd’hui l’élude de ta zoologie. (Ë. Baudeinent.) La zoologie philosophique ou ubstractive a pour but de raisonner les matériaux de la zoologih descriptive. (P. Gervais.) Cuoier a reconstruit des mondes avec des os blanchis et repeuple mille forêts avec les mystères de la zoologie. (Balz.)

Zoologie médicale, Connaissance des animaux qui fournissent des matières à la thérapeutique ou qui sont capables de produire des maladies.

— Encycl. Hist. Les tentatives de classification zoologique paraissent remonter aux premières observations, et la légende hébraïque place le premier essai de ce genre à l’origine même du monde. La Genèse, en effet, nous montre Adam, à peine sorti des mains du créateur, avant même la création de la femme, occupé k nommer les animaux de la terre et les oiseaux du ciel, et les noms qu’il leur donna, ajoute le texte sacré, furent leurs

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vrais noms. Si nous nous en rapportons aux témoignages plus positifs fournis par les études historiques, ou mieux antéhistoriques, nous trouvons les restes de l’homme ou de son industrie associés aux débris d’un nombre assez considérable d’animaux sauvages, ou même domestiques, qui, dans tous les cas, durent de bonne heure appeler son attention et être l’objet d’observations suivies.

Dans les premiers temps, la zoologie est confondue avec la plupart des autres sciences dans l’étude générale de la nature. Toutefois, on ne peut douter qu’elle n’ait été sérieusement étudiée en Égypte. La grande étendue de ce pays, le voisinage du désert, la difficulté de voyager sans l’aide d’animaux domestiques, le grand nombre de mammifères et de reptiles nuisibles à l’homme, la multitude de poissons alimentaires qui peuplent le Nil, et jusqu’àces myriades d’insectea si incommodes sous les climats chauds, imposaient aux habitants la nécessité, en même temps qu’ils leur offraient les moyens de recueillir des faits et des notions utiles. « Le savoir zoologique des Égyptiens, dit Is. Geoffroy Saint-Hilaire, est en effet mis hors de doute par les témoignages de l’histoire sur la religion égyptienne, dont chaque mystère était l’expression allégorique de l’un des grands phénomènes naturels ; par les peintures des monuments sur lesquels une multitude d’animaux sont représentés, et presque toujours avec une entente remarquable de leurs habitudes ; par les momies, les statuettes d’animaux et d’autres documents de diverses sortes qui ont été recueillis dans les monuments et les catacombes ; enfin, par les récits d’Hérodote, dont le magnifique ouvrage est une histoire scientifique, religieuse et morale en même temps que politique. Les détails qu’Hérodote nous a transmis sur l’organisation de plusieurs animaux de l’Égypte, les récits si fidèlement naïfs qu’il nous a faits de leurs mœurs ne sont sans doute qu’un pâle reflet du savoir des Égyptiens. »

En Grèce, la zoologie présente d’abord le même caractère. Mais ici, après Thaïes, Anaxagore, Démocrite, Pythagore, Hippoorate, Zénon d’ICIée et autres, dont les travaux ne se rattachent que d’une manière indirecte aux sciences naturelles, nous trouvons à citer deux grands noms. Théophraste avait étudié d’une manière approfondie les trois règnes de la nature et exposé leur histoire complète ; mais son livre sur les animaux n’est pas venu jusqu’à nous, et quelques fragments, retrouvés en divers lieux, ne suffisent pas à nous en donner une idée exacte ; c’est une perte très - regrettable. Aristote peut être regardé comme le prince des naturalistes de l’antiquité. Il ne se contente pas d’exposer une multitude de faits sur les formes extérieures, l’organisation et les mœurs des animaux, de les analyser, de les discuter ; mais encore il les généralise, et alors il s’élève parfois jusqu’aux plus hautes théories de la zoologie et de l’anatomie philosophiques.

Pline est moins un savant qu’un compilateur, a la vérité très-élégant et très-spirituel ; il amuse plus qu’il n’instruit. À côté de faits réels, il réédite, des fables absurdes, des inepties populaires, des contes de bonne femme, dont Aristote, quatre siècles avant lui, avait déjà fait justice. La chute est encore plus grande, si nous arrivons k ses successeurs, Oppien, Athénée, Elien, Ausone, etc. Galien seul, savant disciple de l’école d’Alexandrie, mérite de faire une honorable exception.

Au moyen âge, la zoologie subit un temps d’arrêt, ou pour mieux dire elle traverse ce que l’on pourrait appeler la période fabuleuse. Une foule d’êtres imaginaires, les uns hérités de l’antiquité, les autres éclos dans l’imagination des peuples nouveaux, forment une sorte de règne fantastique. C’est alors qu’on voit apparaître, ou du moins arriver k l’apogée de leur gloire, la licorne, le vampire, le phénix, l’oiseau rock, la guivre, le dragon, le basilic, le serpent de mer, le kraken, la sirène et bien d’autres encore. Néanmoins, quelques auteurs semblent protester contre cette extension du domaine fabuleux ; tels sont, entre autres, Isidore de Séville, Albert le Grand, Thomas d’Aquin, Manuel Phile, Vincent da Beauvais, Wotton, etc. Mais ce ne sont là encore que des compilateurs plus ou moins diserts, et malheureusement ils ne puisent guère que dans les compilations de Piine et de ses successeurs, les ouvrages d’Aristote n’étant connus alors que par des extraits peu fidèles, faits sur une traduction arabe.

À la Renaissance, les choses changent de face. Après la prise de Constantiuople, un Grec réfugié publie une nouvelle traduction d’Aristote, et fournit ainsi un champ plus vaste, une base plus sûre aux coin pilateurs, qui n’eut sont pas encore arrivés à étudier dans le graud livre de la nature. Lonicerus ouvre en quelque sorte la marche ; s’il n’enrichit pas la science de notions nouvelles, il a du moins le mérite de mieux classer celles que l’on possédait déjà. Toutefois, l’histoire commence k enregistrer quelques observations originales sur les animaux indigènes et même sur certaines espèces exotiques. C’est ainsi que Pierre Gyllius, parcourant la mer Rouge, fait connaître quelques-unes des productions des contrées qu’il a visitées.

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Conrad Gesner, de Zurich, est encore un compilateur ; mais c’est aussi un commentateur érudit et un observateur sagace. On ne lit plus aujourd’hui ses ouvrages, mais on les consulte avec profit. C’est avec justice qu’on l’a appelé le restaurateur de l’histoire naturelle. • Sa grande histoire des animaux, dit Is. Geoffroy Saint-Hilaire, n’est pas un simple traité, mais bien plutôt une bibliothèque complète de zoologie. Tout ce qu’on savait alors sur les animaux, tout ce que l’antiquité et le moyen âge avaient transmis aux temps modernes de notions zoologiques, tout s’y trouve fidèlement rapporté, méthodiquement classé et de plus augmenta d’un certain nombre de faits flabilement observés par Gesner lui-même. Cette œuvre résume donc en ello tous les livres précédents avec un immense avantage et les complète par les premiers résultats de la science moderne ; c’est tout à la fois l’époque de ta compilation qui se clôt et celle de 1 observation qui s’ouvre ; c’est le passé qui finit et l’avenir qui commence. »

Bélon, voyageur infatigable et observateur judicieux, en décrivant les êtres vus par lui dans les contrées lointaines, s’est adonné surtout à l’histoire des oiseaux ; en mettant en face leur squelette et celui de l’homme, en désignant par des signes communs toutes les parties qui leur sont communes, il a le premier essayé de démontrer le grand principe de l’unité de composition organique. Il s’est occupé aussi de l’histoire des poissons, ou, pour parler plus exactement, des animaux aquatiques. Mais ses écrits sur celte partie sont moins célèbres que ceux de son contemporain Rondelet. Salviani s’est encore distingué dans cette branche de la zoologie. Nous ne devons pas omettre non plus de citer des noms célèbres, ceux de Vésale, d’Aldrovandi et de Johnston ; si les deux derniers sont encore des compilateurs, il n’en est pas de même de Vésale, qui a fait faire de grands progrès aux sciences de l’organisation.

Jean Ray, dont les travaux appartiennent à la seconde moitié du xvne siècle, apporta à la zoologie un notable perfectionnement en établissant, pour plusieurs groupes, des classifications régulières et rationnelles qui sont encore en vigueur. Vers la même époque se créait la ménagerie de Versailles ; Claude Perrault et Buverney posaient les premières bases de l’anatomie comparée ; Harvey s’immortalisait autant par ses beaux travaux sur la génération que par sa brillante découverte de la circulation du sang ; Leuwenhoeck et Hartsoeker, en perfectionnant le microscope, permirent d’observer les petits êtres et les menus détails de l’organisation des grands animaux et préludèrent ainsi aux graudes découvertes zoologiques de Malpighi et de Swammerdam.

Le xvme siècle a été une époque brillante pour la zoologie. Deux grands noms suffiraient seuls pour l’illustrer. Linné a porté dans toutes les branches des sciences naturelles cet esprit méthodique, cet accord de l’analyse et de la synthèse qui sait allier la précision des détails à la justesse des grandes vues d’ensemble. En zoologie particulièrement on le regarde aujourd’hui avec juste raison comme le véritable fondateur de la méthode naturelle. Si sa classification a été modifiée sur des points nombreux, son esprit règne encore. Personne n’a mieux apprécié la valeur des caractères ; les espèces et les variétés, les genres, les ordres, les classes ont reçu, grâce k lui, une signification précise. Il a le grand mérite d’avoir fondé la nomenclature binaire, nomenclature qu’on peut appeler universelle dans son objet comme dans ses applications et k laquelle la reconnaissance du monde savant a donné le nom de nomenclature linnèenne. Il n’est pas jusqu’à son style clair, précis, simple, élégant k 1 occasion, qui ne puisse être regardé comme le type du genre.

Buffon contribua surtout k imprimer à la zoologie un caractère philosophique. « Buffon, dit encore Is. Geoffroy Saint-Hilaire, sagace, ingénieux, négligeant de créer, de multiplier pour lui les faits d’observation, mais eu saisissant toutes les conséquences et, sur une base en apparence étroite et fragile, élevant hardiment un édifice dont lui seul et la postérité concevront le gigantesque plan ; dédaiguant les détails techniques, les divisions systématiques, parce qu’il sait planer au-dessus d’eux dans ses hautes conceptions, et cependant, par une heureuse contradiction, créant lui-même un jour une classification méthodique digne de servir de modèle à tous ; s’égarant quelquefois dans ces espaces inconnus où il s’élance sans guide, mais de ses erreurs mêmes sachant faire naître des vérités utiles ; passionné pour tout ce qui est beau, pour tout ce qui est grand, avide de contempler la nature dans son ensemble et appelant k son aide, pour en peindre dignement les grandes scènes, tous les trésors d’une éloquence que nulle autre n’a surpassée ; un de ces hommes qui ne termiuent rien, mais qui osent tout commencer ; un de ces hommes puissants par la synthèse, qui, franchissant d un pied hardi les limites de leur époque, marchent seuls en avant et s’élancent vers les siècles futurs en tenant tout de leur génie comme un conquérant de son épée. • Nous ne relèverons pas ici ce qu’un pareil éloge a d’exagéré (v. histoire Modèle:Sematurelle). Ajoutons seulement que Buffon, par sa position à la tète du Jardin des