Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 15, part. 4, Vl-Zz.djvu/379

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voix juste, franche, pleine, bien timbrée, de la gaieté, de l’accent, du goût. Les bravos éclatent de toutes parts ; il prend courage, et le voila lancé. Il chante et joue son air et tout son rôle, surtout le grand duo avec Dandini, de la façon lu plus magistrale et la plus triomphante. On le rappelle, on l’applaudit, on le rappelle encore, il est délinitivement adopté. » Il aborda ensuite Bartholo d’il Barbiere di Siviglia, et selon le même critique, il fut aussi vrai, aussi naturel, aussi amusant que Lablache, dont il est cependunt la vivante antithèse, physiquement parlant. 11 a parfaitement chanté et d’une voix très-agréable et très-juste l’air de Romani, que Rossini intercalait au premier acte ; dans le finale, ce n’est pas un homme, c’est la statue de l’étonnement, de la bêtise et de la stupeur. Il créa avec non moins de verve et de justesse d’expression dans le chant don Magnifico de Fiorina, opéra semi-seria en trois actes, de Charles Pedrotti. Il interpréta tour à tour : en 1856, la Gasza ladra ; en 1857, Don Pasguale, incarnation heureuse, même après Lablache ; Yltatiana in Algeri ; en 1858, Tristano de Marta ; Don Desiderio du prince Poniatowski ; en 1859, Taddeo d’Cii Curioso accidente, opéra bouffe en deux actes, arrangé sur la musique de Rossini ; en

1860, Geronimo d’il Mutrimonio segreto ; en

1861, Leporello de Don Giovanni ; en 1802, Isidore de Matilde di Shabran ; en 18G3, YIIlisir d’amore, '' Linda diCliamounix ; en 1805, Don Bucefalo de Cagnoni, un de ses meilleurs rôles. En 1866, il chanta avec le plus vif succès, à côté de la Patti, Crispino e la comare, des frères Ricci. Devenu le pensionnaire de M. Bagier, il n’attendit pas la fin de la gestion de ce directeur et partit pour l’étranger. Il fut engagé, au mois d’août 1870, au Circo de Barcelone, où il chanta pendant une saison. De retour à Paris, il fit sa rentrée aux Italiens le 7 octobre 1873 et se montra successivement dans les quatre principaux rôles de son répertoire : Don Pasquole, le Barbier de Séville, Don Juan et Ceuiirillon. Au mois de mars 1876, il alla chanter à Moscou les duos bouffes û’Elisir d’amore et de Don Ducefulo, avant do se rendre à Vienne, où l’appelait un brillant engagement.

ZUCCOLO (Siinéon), littérateur italien, né à Cologna. Il vivait au xvio siècle. Tout ce qu’on sait de lui, c’est qu’il est auteur d’un ouvrage, aujourd’hui très-rare et rempli de remarques érudites et curieuses, intitulé : la Pazzia del ballo (Padoue, 1549, in-4°). Dans ce livre, divisé en douze chapitres, Zuceolo examine les diverses opinions émises sur l’antiquité et l’origine de ce qu’il appelle »la folie de la danse » et prétend que l’amour, le vin et la musique sont les trois principales causes qui ont amené de tout temps les individus des deux sexes h se réunir dans des bals.

ZUCCOLO (dont Vital), écrivain et religieux italien, né à Padoue en 1550, mort à Vienne en 1630. Il entra dans l’ordre des camaltlules à Venise, se livra avec passion k l’étude et devint successivement abbé du couvent de Saint-Michel dans cette ville et procureur général de son ordre. Zuceolo a écrit un très-grand nombre d’ouvrages qui, pour la plupart, sont restés manuscrits. Parmi ceux qui ont été imprimés nous citerons : Discorsi sopra le ciugutuita conclusioni del Tasso (Bergitme, 1588, in-4<>) ; Dialorjo délie cose meteorologiche seconda i filosofi (Venise, 1590, in-4«) ; Enarrationes in Evangelia D. Marci et D. Lucas (Veuise, 1605-1617, 2 vol. in-4°),

ZUCCOLO (Louis), littérateur italien, né à Faenza (Romagne) vers 1570. La plus grande partie de sa vie s’écoula à la cour des ducs d’Urbin, où il entra en relations amicales avec les hommes les plus distingués du temps. Il s’occupa principalement de littérature et de philosophie morale et composa plusieurs ouvrages, dont les principaux sont : Il Gradenigo, dialogo contre ait’ amor platonico e intorno aqueto del Petrarcha(Bologne, 1008, in-8°) ; Dialoglti né quali si scuoprono vari peusieri filosofici morati epolitici (Pérouse, 1615, io-S’j ; Consideruzioni politiche e morati (Venise, 1621, in-4°) ; Discorso délie ragioni del numéro del verso italiano (Venise, 1623, in-4°) ; Nobillà commune ed eroicu (Venise, 1025, in-4°),

ZUCCOLO (Louis), jurisconsulte italien, né a. Santa-Croce, près de Carpi, mort en 1868. Après avoir passé son doctorat k Bologne (1017), il remplit à Carpi diverses fonctions municipales, puis devint auditeur de la rote de Florence (1037) et fut nommé par le duc de Modène, eu 1640, conseiller de justice et auditeur général. On lui doit fin traité de politique intitulé : De ratione status (Hambourg, 1603, in-8°).

ZUCHETTE S. f. (zu-chè-te — de l’Haï. zucchettti, petite courge). Bot. Espèce de concombre.

ZUCHETTI s. m. pi. (dzou-kètt-ti). Art culin. Mets italien préparé avec des oranges et de petites courges.

ZUCKERT (Jean-Frédéric), médecin allemand, né à Berlin en 1737, mort en 1778. 11 étudia d’abord la pharmacie, puis commença en 1750 l’étude de la médecine. En 1758, il se rendit à l’université de Fraucfort-surl’Oder, où il prit le grade de docteur (1760). Il parcourut alors diverses parties de l’Allé•

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magne, et, de retour h, Berlin en 1701, il fut agrégé au collège supérieur des médecins de Berlin ; mais la faiblesse de sa santé ne lui permit point de se livrer beaucoup à la pratique. En revanche, il s’adonna aux travaux de cabinet et publia de nombreux ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Anatomico-medica dissertatio de morbis ex alieno situ partium ihoracis (Vienne, 1760, in-4°) ; Maleria aliment aria in gênera, dusses et species disposita (Berlin, 1769, in-4°) ; De insomniis ut signa in medicina, etc.

ZUCKMANTEL, ville de l’empire d’Autriche, dans la Silésie, cercle de Troppau, à 35 kilom. N.-O. de Jagerndorf ; 3,200 hab.. Fabrication importante de toiles ; commerce de toiles et de fils. Aux environs, mines d’or, dont l’exploitation est abandonnée,

ZUÉLANIE s. f. (zu-é-la-nl). Bot. Genre d’arbres, de la famille des bixacées, dont l’espèce type croît aux Antilles. Il On dit aussi

ZUÉLANDIE.

— Encycl. A. Richard, dans sa Flore de Cuba, donne le nom de zueiania lœtioides à une espèce de bixacées qui se distinguerait par ses fleurs apétales, étroitement agrégées dans l’aisselle des feuilles ; ses feuilles alternes, elliptiques, cotonneuses en dessous, marquées en dessus de ponctuations transparentes. Mais plusieurs botanistes expriment le doute que ce genre doive être maintenu comme réellement distinct.

ZUEItA, en latin Zurononium, bourg d’Espagne, province et à 19 kilom. N. de Saragossa, sur le Gallego ; 2,000 hab.

ZUEUOS, bourg d’Espagne, province de Cordoue, à 13 kilom.- N. de Lucena, à la source de la Marbella ; 3,200 hab.

ZUFFI (Jean), jurisconsulte italien, né à Final, duché de Modène, mort en 1644. 11 alla se fixer à Rome, où il acquit la réputation d’un éloquent avocat et d’un savant juriste. On lui doit des ouvrages longtemps estimés : Tractants de criminalis processus legitimalione (Rome, 1605, in-fol.) ; Instilutioves criminules, quibus judiciorum matéria, judiciali oc prucïica méthodo libris quatuor comprelienditur (Rome, 1667, in-8°),

ZUG, anciennement Tugium, ville de Suisse, chef-lieu du canton du même nom, sur le bord oriental du lac de Zug, à 80 kilom. E.-N.-E. de Berne, par 47" 9’ 57" de latit. N. et par 60 10’ 50" de longit. E. ; 3,800 hab. Gymnase, bibliothèque, théâtre, hôpital, arsenal ; papeteries. Commerce de bétail, bois, kirseliwasser, cidre, vins, fruits, châtaignes, fruits séchés. On y remarque l’église Saint-Oswald et l’hôtel de ville. En 1795, une partie do la ville fut détruite par un incendie.

ZUG (canton de), un des vingt-deux cantons de la Suisse, entre 47» 5’ et 47° 13’ de latit. N-, et 6° 4’ et G» 19’ de longit. E. Situé au centre de la république, il est borné au N. par le canton de Zurich, à l’O. par ceux de Lucerne et d’Argovie, au S. et à. l’B. par celui de Schwitz, Le plus petit de tous les cantons, il n’a que 239 kilom, carrés. D’après le recensement de novembre 1870, sa population est de 20,933 hab., dont 20,082 catholiques et 851 protestants. Chef-lieu, Zug. Dans la partie S.-E., le pays est montagneux ; toutefois, les cimes les plus élevées ne dépassent pas 1,666 mètres d’altitude. Parmi les montagnes de cette région, dont les habitants s’occupent principalement de l’élève du bétail, nous citerons les monts Rossberg et Morgarten. La partie N.-O. du canton est généralement plate. Elle produit beaucoup de grains et de fruits, Les principaux cours d’eau sont la Reuss, la Litnmut, la Loretz. On y trouve deux lacs, celui de Zug et celui d’Egeri. Le climat est généralement doux, ce qui permet de récolter des grains, des fruits, des légumes, etc. Les châtaigniers y sont abondants et la vigne y réussit. Les principaux objets d’exportation sont : le bétail, le cidre, le kirsch-wasser, les fruits secs, etc. L’industrie y est restreinEe. On trouve quelques filatures de soie, des papeteries, des tanneries, des fabriques de tissus en paille. Les habitants parlent l’allemand. Le canton de Zug est le 6» de la Suisse par ordre d’admission. Il fut admis dans la confédération en 1352. Par l’étendue, il est le 22e et par la population le 2U. Sa constitution, qui date de 1814, mais qui a été successivement révisée en 1848 et 1874, est complètement démocratique. Le pouvoir souverain appartient à une assemblée nationale, qui se réunit chaque année le 1er mai, procède à l’élection des fonctionnaires et examine les comptes des fonctionnaires en exercice. Le pouvoir exécutif et judiciaire appartient à un landamman, assisté d’un conseil. Le pouvoir législatif est exercé par un grand conseil, qui élit les députés à la diète fédérale. Du temps des Romains, le pays de Zug était habité par les Tugeni. Au moyen âge, il appartint successivement aux comtes de Lenzbourg, de liybourg et de Habsbourg. Ce fut sur les bords du lac Egeri, à Morgarten, que les Suisses remportèrent, en 1315, une victoire qui contribua à leur indépendance, et obtinrent un avantage sur les Français en 1798.

ZUG (lac de), lac de Suisse, compris au N. dans le canton de son nom et au S. dans le canton de Sclrwitz. Il s’étend du N. au S. sur une longueur de 18 kilom., avec une lar ZULI

geur moyenne de 4,500 mètres ; il a 200 mètres de profondeur, et son niveau est à 434 mètres au-dessus de celui de la mer. Ce lac est compris dans le bassin du Rhin, ou ses eaux affluent par l’intermédiaire successif de la Lorze, de la Reuss et de l’Aa. Son principal affluent est la Lorze, qui sort du lac Egeri, traverse dans son cours le lac de Zug, et en sort au N. pour porter ses eaux à la Reuss.

ZU1CHEM D’AYTA (Vigile ce), célèbre jurisconsulte. V. Ayta. (Zuiehem d’),

ZUIDEBZÉë, golfe formé par la mer du Nord. V. Zuyderzêe.

ZUINGLE (Ulric), célèbre réformateur suisse, V. Zwinqlis.

ZUINGL1EN s. m. V. ZWINGUEN,

ZUJA11, bourg d’Espagne, province de Grenade, à 13 kilom. N.-O. de Baza, près de la Barbata ; 2,800 hab. Sources sulfureuses et mines de cuivre.

ZULATTI (Angelo), médecin, né à Lissmi, Ho de Céphalonie, en 1732, mort en 1798. Après avoir passé son doctorat à Padoue en 1750, il exerça avec beaucoup de succès son art à Bologne, se rendit en 1754 à Constautinople en qualité de médecin de l’ambassade de Venise, puis revint à Venise, où il devint médecin en chef de l’hôpital militaire (1702). I ! se signala par son dévouement pendant une épidémie de fièvre scarlatine maligne qui Ht, cette même année, de grands ravages à Venise. Ce médecin fut un des premiers qui se servit de l’électricité dans le traitement des maladies nerveuses, et il obtint quelques cures par ce procédé. On lui doit plusieurs ouvrages estimés. Nous citerons particulièrement : Lettera ad un medico sopra le riflessioni sut vitto Pitngorico di Giuseppe Pujali (Florence, 1752), où il soutient que Pythagore connaissait ia forme spliériquo de la terre, les véritables lois astronomiques, les principes de la génération des animaux, etc. ; Cornpendio di medicina pratica, nel quale si descrivuiio le principali malattie del corpo umano (1758 et 1764) ; Description d’un tétanos observé à Bologne en 1751 (1762) ; Afixli pariler generis scarlatina maligna et epidemica (1763), travail curieux, etc.

ZULATTI (Jean-François), médecin, fils du précédent, né.à IJssuri (Céphalonie) en 1762, mort en 1805. Il compléta son instruction scientifique par des voyages, devint un praticien habile, fut gouverneur de l’Ile d’Itaca, puis médecin en chef de l’hôpital de Corfou pendant la possession des Iles Ioniennes par les Français, et reçut par la suite de l’empereur de Russie Alexandre I« le titre de conseiller aulique. Zulatti s’occupa beaucoup d’hygiène et de l’influence que la musique et la danse peuvent exercer sur les maladies. Nous citerons do lui, entre autres écrits qui attestent une véritable érudition : Saggio délia virtu febbrifuga dell’ ipoeastano ; Saggio sopra aïeuni fenomeni délia peste, ta natura del contagio ; Dei danni che recano ait' agricoltura deli’ isola di Cefalonia lo smembramento, la dispersions e la lontananza dei poderi (1794).

ZULFÉCAK-EFFEND1, diplomate turc, né à Constantinople. Il vivait au xvne siècle et dut probablement à sa réputation d’habileté et d’adresse son surnom de Zuifécar, sous lequel il est connu, et qui est lénom de l’épée à, .deux tranchants du fameux Ali. Ce personnage tenait le registre des janissaires, un emploi des plus lucratifs, et s’était fait remarquer du sultan Soliman III, lorsque ce prince le chargea avec Maurocordato, en 1688, d’aller négocier la paix avec l’empereur Léopold Ier. Mais la cour de Vienne, qui venait de remporter de grands succès et de s’emparer de Belgrade, posa des conditions tellement exagérées et inacceptables que les négociations ne purent aboutir, Soliman recommença la guerre, fut de nouveau battu et donna l’ordre à ses ambassadeurs de faire de nouvelles ouvertures de paix en insistant sur la remise de Belgrade. Mustapha Koproli fut appelé alors aux fonctions de grand vizir et aussitôt les choses changèrent de face. Ne voulant point négocier en vertu des instructions données à Zulfécar et à Maurocordato, il écrivit à Vienne pour désavouer ces deux agents, entra en campagne, remporta de brillantes victoires et mourut au milieu de son triomphe (1690). Rappelés à Constantinople, les deux négociateurs engagèrent le nouveau vizir k continuer la guerre avec l’Autriche épuisée, lui assurant qu’il lui serait facile d’arracher à cette puissance un© paix avantageuse. Leurs prévisions ne tardèrent pointa, se réaliser ; mais Zulfécar mourut avant la signature du traité de Carlowitz. Il laissait ses immenses richesses à son filsOsman-Aga, qui devint lieutenant, du grand vizir,

ZUL1A, rivière de l’Amérique du Sud, dans la république de Venezuela, affluent du lac de Maracaïbo. Elle donnait son nom à un département de la Colombie, qui a furmé dans la république les quatre provinces de Maracaïbo, Truxillo, Coro et Merida.

ZUL1ANI (François), médecin italien, né en 1743, mort en 1806. Il étudia successivement la philosophie, le droit, la médecine, alla pratiquer cette dernière science à Milan, puis à Brescia et entra en relation avec les savants les plus remarquables de la pénin ZULT

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suie. L’Académie de Gœttingue l’avait admis au nombre de ses membres. On lui doit : De apoplexia prmsertim nervea commentarhtt (Brescia, 1789, in-8°} ; De quibusdam cordis a/fectionibus, ac prsasertim de ejusdein’, ut aiunt, prolapsu spécimen (Brescia, 1S05, in-4<>).

— Son frère, André Zuliani, enseigna en 1804 le droit k Brescia. Outre une traduction des œuvres de d’Aguesseau (1780, 6 vol. in-8°) et la révision d’une traduction des Lois étoiles de Domat (1793, 9 vol. in-8°), il a publié : Lettre aux peuples libres de l’État de Venise (Milan, 1797, in-12).

Zulime, tragédie en cinq actes, de Voltaire ; Théâtre-Français, 8 juin 1740. « Le sujet, dit l’auteur lui-même dans une lettre au comte d’Argental, est un père trahi par une fille dont il est l’idole et qui en est idolâtre. C’est une fille malheureuse, sacrifiant tout à un amour effréné, sauvant la vie à son amunt, quittant tout pour lui et abandonnée par lui ; c’est un combat perpétuel de passions ; ce sont des crimes presque involontaires et des passions insurmontables. Figurez r vous un peu de Chimène, de Roxane et d’Ariane ; ces trois situations s’y trouvent, la même personne les éprouve. Je ne réponds pas du reste, mais j’ai l’intention de vous faire pleurer. • Bénassar, roi des Maures, a été attaqué ; il est sauvé par Raniire, un captif espagnol ; mais, après la défaite des ennemis, les Maures, ingrats, réclament la mort du héros ; Zulime, la fille de Bénassar, a conçu pour lui un amour insensé, qu’il tente en vain d’amoindrir, car il est maria avec Atide, une autre captive de sa race. Zulime, aveuglée pur la passion, ne comprend pas sa froideur et, d’un autre côté, Rumire, qui a besoin de l’aide de Zulime pour éviter la mort et regagner sa patrie, ne peut lui dire ouvertement la vérité. Zulime est décidée k fuir nvec Ramire et Atide, lorsque Ramire jure à Bénassar, sur la tète d’Atide, de ne pas emmener sa fille. Mais, pendant leur entretien, Zulime est montée sur le vaisseau qui doit les emporter, et son père, croyant Ramire traître à sa.parole, l’attaque. Un combat s’engage, dans lequel le héros ménage les jours de Bénassar. Il se voit offrir, en récompense de sa générosité, le trône et la main de Zulime. Poussé dans ses derniers retranchements, il avoue la vérité ; Atide, pour lui rendre la liberté, veut se frapper d’un poignard, mais Zulime le lui arrache et se perce le cœur en s’écriant :

C’est a moi de mourir, puisque c’est toi qu’il aime t

Telle est la fable de Zulime, Dans le principe, Voltaire avait fait tomber Bénassar sous les coups de Ramire, et c’est Atide qui se tuait pour le laisser à l’amour de sa rivale. Le public goûta peu ce dénoùment, et Voltaire le changea, en écrivant au comte d’Argental : « La mort du père tue la pièce, parce que l’intérêt change, et cela fait une pièce double. Le cœur n’aime pas k se voir dérouté ; et, quand une fois il est plein d’un sentiment qu’on lui a inspiré, il rebute tout ce qui se présente k la traverse. D’ailleurs, les passions qui régnent dans Zulime ne sont plus assen neuves. • Ce dernier point est capital ; le défaut de Zulime est d’ètro le même sujet que Bajaset et Ariane. En reprenant la même fable que Corneille et Racine, Voltaire voulut que ni le héros, ni l’amante abandonnée, ni l’amante préférée ne fussent avilis. C’est d’après cette idée que toute sa pièce aété combinée. La fuite de Zulime, sa révolte contre son père sont des crimes, mais il n’y a dans ces crimes ni trahison ni cruauté. Ses emportements sont ceux d’une âme entraînée par son amour, mais née pour la vertu, que les passions ont pu égarer, mais qu’elles n’ont pu corrompre. Ce rôle était k cette époque le seul rôle de femme de ce genre qu’il y eût dans nos tragédies, et Voltaire est le premier qui ait marqué sur le théâtre la différence des fureurs de la passion aux véritables crimes de l’amour. Le père de Zulime était également une nouveauté intéressante, ce père qui avait à punir une fille unique d’un amour criminel. Le rôle de Rumire est faible et la médiocrité de ce personnage se répand sur toute la pièce. « Un héros, disait Voltaire à Mlle Clairon, qui ne joue d’autre rôle que celui d’être aimé ou amoureux ne peut jamais émouvoir ; il cesse dès lors d’être un personnage de tragédie, ce qu’on peut reprocher à quelques héros de Racine. » Ce qui relève Zulime, c’est le cinquième acte et lu catastrophe de Zulime, qui sont d’une grande beauté, puis l’élégance facile du style et enfin quelques vers énergiques.

ZULL1CHAU, ville de Prusse, province de Brandebourg, régence et à 89 kilom. Ë. de Francfort-sur-1’Oder, chef-lieu du cercle de son nom ; 6,000 hab. Gymnase ; maison d’orphelins. Fabrication de draps, lainages ; eaude-vie et vinaigre,

ZULPICH, ville de Prusse, province du Rhin, régence et à 33 kilom. S.-O. de Cologne, cercle d’Euskirchen ; 1,500 hab. Tanneries ; fabrication de lainages. Cette ville est regardée comme l’ancienne Tolbiac, près da laquelle Clovis défit les Atlemanni eu 409.

ZULTAU, duc de Hongrie. V. Zoi/tau.

ZULTEPEC, ville du Mexique, dans l’État et à 45 kilom. S.-O. do Mexico ; 2,000 hab. Mines d’argent.