Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 6, part. 2, Dell-Dian.djvu/195

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putrides, antiseptiques servent encore & les désigner.

Liqueur ou Eau désinfectante de Ledoyen. C’est un soluté de 1 d’azotate plombique dans 8 d’eau distillée, qui sert pour la désinfection et la cicatrisation des plaies. Le remède de Liébert est une solution analogue colorée avec de l’orcanète. On l’emploie contre les gerçures et les crevasses des seins.

V. AZOTATE DE PLOMB.

Pommade de Rust. C’est de l’onguent styrax (30) avec charbon (30), camphre, myrrhe (de chaque, 7) et q. s. d’essence de térébenthine. On l’emploie quelquefois pour le pansement des ulcères fétides.

Poudre désinfectante de Souchardal. Plâtre, 1,000 grammes ; acide phénique (alcool phénylique), 1 gramme. On 1 emploie dans les mêmes cas que la poudre de Corne et’Demeaux (v. plus oas). On a aussi proposé des poudres désinfectantes au perchlorure de fer, à la teinture d’iode, mélangés avec du plâtre.

Poudre désinfectante de Corne et Dem’eaux. Plâtre coalté, poudre coaltée, coaltar gypseux. Plâtre à mouler fin, 100 grammes ; coaltar (goudron de houille), 1 à 4 grammes. Cette poudre a été proposée en 1859 pour la désinfection et le pansement des plaies. On varie la proportion de coaltar suivant la plus ou moins grande infection de la plaie. On l’emploie ainsi ou réduite en pâte à l’aide de l’huile d’olive ou de l’huile d’oeillette. La glycérine remplit assez bien ce but. Délayée avec quantité suffisante d’eau, cette poudre peut servir de cataplasme.

La poudre de Mac-Dougal], très-employée en Angleterre, est composée de sulfite de magnésium et de phénate de chaux.

DÉSINFECTÉ, ÉE (dé-zain-fè-kté) part, passé du v. Désinfecter. Qui n’est plus infecté : Maison désinfectée. Viande désinfectée. A t’r DÉSINFECTÉ.

— Fig. Qui n’est plus corrompu : Société

DÉSINFECTÉE.

DÉSINFECTER v. a. ou tr. (dé-zain-fè-kté

— du préf. dés, et de infecter). Purifier, purger de ce qui infectait : Désinfecter une habitation. Désinfecter de l’eau. Désinfecter l’atmosphère d’une chambre. On se sert du charbon pour désinfecter les viandes. (A. Rion.)

— Fig. Purifier, soustraire à la corruption des mœurs : Le travail seul peut désinfecter un peuple corrompu.

Se désinfecter v.pr. Être désinfecté : L’air atmosphérique ne se désinfecte pas aisément,

DÉSINFECTEUR adj. m. (dé-zain-fè-kteur

— rad. désinfecter). Qui. est propre à désinfecter : Appareil désinfecteur.

DÉSINFECTION s. f. (dé-zain-fè-ksi-ondu préf. dés, et de infection). Action de désinfecter : Opérer la désinfection d’un hôpital. La desinfection des viandes ne leur rend pas leurs propriétés nutritives.

— Encycl. La désinfection a pour but de détruire certains gaz ou certaines exhalaisons produites par des matières organisées, et appelées miasmes, qui, mélangées à l’air, le rendent impropre à la respiration des hommes ou des animaux. Comme on le voit, elle s’applique aussi bien à l’élimination des substances vicieuses et inodores qu’à celle des substances odorantes. On la pratique par deux sortes de moyens : par des procédés chimiques, qui changent la nature des substances en les transformant en corps inodores et dépourvus d’inconvénients, ou par des procédés mécaniques qui, mettant en mouvement la masse d’air infectée, la déversent dans l’atmosphère et la remplacent par de l’air pur. La désinfection ainsi entendue ne s’appliquerait qu’à détruire le mal une fois produit, mais on l’emploie aussi pour le prévenir ; on empêche les substances putréfiables, par exemple, soit de dégager dans l’air les gaz qu’elles produisent, soit même de se décomposer et de produire ces gaz. Enfin, en dehors de ces moyens de désinfection, il en est d’autres d’un usage populaire, mais dont les résultats laissent Deaucoup à désirer : ils consistent, non pas k enlever à l’air les substances nuisibles et puantes qu’il renferme, ce qui constitue essentiellement une véritable désinfection, mais à masquer seulement les mauvaises odeurs par l’odeur plus énergique d’un corps convenablement choisi. Cette pratique ne peut être employée que comme auxiliaire de la ventilation.

Les anciens oie connaissaient qu’un seul moyen de désinfection, le feu, qui, en effet, détermine une ventilation active. Plutarque raconte que, pendant la guerre du Péloponèse, un médecin nommé Acron sauva

Athènes de la peste en faisant allumer dans les rues un grand nombre de feux. Parfois on joignait à la combustion des fumigations odorantes ; on brûlait des aromates, des résines, etc., dont l’odeur masquait celle dont on voulait se débarrasser. Aujourd’hui, îea progrès réalisés permettent de spécialiser les moyens à employer et d’en obtenir de meilleurs résultats. Nous allons passer en revue les principaux moyens de désinfection usités, en indiquant les cas spéciaux auxquels chacun d’eux est particulièrement applicable. Les moyens mécaniques, les moyens de ventilation sont nombreux (v. ventilation) ; ils ont été étudiés avec beaucoup de soin depuis la fin du siècle dernier. Tantôt ils consistent

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à aspirer l’air contenu dans les locaux à ventiler, salles de spectacles, usines, amphithéâtres, salles d’hôpitaux, galeries de mines, etc., au moyen d’appareils spéciaux mus par des machines, et dont les formes sont des plus variées : ventilateurs, pompes, etc. Tantôt, au contraire, ces mêmes appareils sont employés à injecter de l’air frais, tandis que l’air vicié s’échappe par des ouvertures convenablement disposées. Dans certains cas,

l’aspiration ou la propulsion d’air peut être obtenue au moyen d’une chute d’eau formant trombe, ainsi que cela est usité dans les machines soufflantes des forges. Mais un des procédés de ventilation les plus avantageux, lorsqu’on peut l’appliquer, est encore l’emploi de la chaleur. L’air chauffé se dilate et tend à s’élever dans l’espace ; on conçoit dès lors que des foyers convenablement placés puissent déterminer une ventilation active, surtout si l’air chaud est dirigé dans des cheminées très-hautes qui activent son mouvement et le déversent à une grande distance dans l’atmosphère. Souvent, dans les lieux où sont réunis un grand nombre de personnes, dans les théâtres, par exemple, la chaleur produite par la respiration suffit pour déterminer dans une cheminée d’appel un mouvement de gaz qui assure la ventilation. Le feu est très-Fréquemment employé pour renouveler l’air vicié de certaines excavations, puits, carrières, etc., dans lesquels le sol a laissé échapper des gaz dangereux pour la santé des ouvriers, de l’acide carbonique, par exemple, qui, ainsi que cela arrive souvent, y séjourne pendant un temps considérable, à cause de sa grande densité. Dans des cas semblables, on descend dans les trous de3 réchauds bien allumés : les premiers s’éteignent rapidement, mais peu à peu la combustion se prolonge, et lorsque, enfin, elle persiste régulièrement, l’air est complètement renouvelé et tout danger a disparu. La même pratique réussit également pour assainir certains celliers dans lesquels des cuves en fermentation dégagent des torrents d’acide carbonique. Enfin, de nos jours, comme du temps d’Acron, on allume encore, dans les villes ravagées par des épidémies, de vastes foyers constamment entretenus ; cette précaution ne peut qu’ajouter à la salubrité, mais on ne peut malheureusement en attendre aucun résultat

bien décisif pour la cessation de l’épidémie. En un mot, comme on peut le voir par ce qui précède, les procédés mécaniques, par les moyens les plus divers, concourent tous à atteindre un but unique, le renouvellement de l’air. Les procédés chimiques procèdent différemment ; ils sont très-nombreux, mais aussi tout à fait spéciaux, et chacun d’eux ne s’applique que dans un nombre de cas restreint. Si l’air est vicié par une vapeur acide, on le purifiera parfaitement avec des alcalis, et inversement.

À la fin du siècle dernier, les vapeurs acides jouissaient d’une grande réputation pour la destruction des miasmes : les vapeurs d’acide chlorhydrique, les vapeurs nitreuses, l’acide nitrique étaient fort usités ; on les produisait dans des vases placés dans les locaux à désinfecter. L’acide sulfureux vint ensuite, et son emploi se généralisa rapidement ; il ne présente pas autant d’inconvénients que les corps précédents, et, de plus, la production en est facile. Si l’on allume du soufre dans une terrine, l’acide sulfureux est le produit de cette combustion. Ce corps est employé comme assainissant dans les lazarets’, les cales de navires, etc. ; il sert aussi à désinfecter les vêtements, la literie et tous les objets qui ont servi en temps d’épidémie dans les hôpitaux ; en même temps qu’il leur enlève leurs Ïiropriétés nuisibles, il blanchit les objets de aine. On explique généralement le mode d’action de l’acide sulfureux par son affinité pour l’oxygène ; il détruit les matières peu stables, les miasmes, les matières colorantes, en leur enlevant cet élément. En 1785, Halley proposa d’employer le chlore comme désinfectant ; une polémique s’engagea aussitôt entre ce professeur de la Faculté de médecine de Paris et Dizé, qui réclama pour lui la priorité de cette invention et prétendit s’en être servi en Béarn, dès 1773, pour combattre une épizootie. Cependant l’usage de ce corps ne se vulgarisa pas, malgré les efforts de Fourcroy pour le faire employer dans les cimetières ; ce ne fut que quelques années après que Guyton de Morveau, ayant réussi, par des recherches persévérantes, à en introduire l’usage dans les fabriques d’étoffes comme agent de blanchiment, en rendit la production peu coûteuse et en fit connaître les avantages. Il imagina un petit appareil propre à produire ce gaz à volonté : un flacon de verre, renfermant des fragments de peroxyde de manganèse et de l’acide chlorhydrique, est fermé par un bouchon de verre conique, mobile dans une armature de bois qui garnit le flacon ; une vis tournant dans la garniture de bois, au-dessus du bouchon, permet d’enfoncer ou de retirer celui-ci, par conséquent de laisser sortir ou d’intercepter le courant de chlore. Ce petit appareil, quoique fort incommode, fut en vogue, et il n en fallut pas plus pour répandre l’usage du chlore ; on l’a abandonné depuis, et, quand on veut introduire du chlore dans un appartement, on met dans une terrine les réactifs indiqués ci-dessus et on abandonne la terrine dans un coin. L’action du chlore sur les matières organiques est facile à expliquer : ce corps les

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détruit en s’emparant de leur hydrogène et en produisant de l’acide chlorhydrique ; mais les difficultés inhérentes à la manipulation des gaz devaient rapidement donner l’idée de remplacer le chlore gazeux par un composé liquide capable d’en fournir de grandes quantités ^ c’est ce qui arriva. Dans une épizootie qui ruina la Hollande au commencement de ce siècle, Thenard conseilla l’emploi de la solution aqueuse de chlore ; c’était un progrès. Disops toutefois, dès maintenant, que, si le chlore a des propriétés désinfectantes non douteuses, son action ’sur les miasmes épidémiques n est pas aussi certaine,et que, dans l’opinion des chimistes et des médecins, on ne connaît pas encore de substance capable de nous préserver efficacement de leur action. En 1807, Masuyer indiqua l’emploi de l’hypochlorite de chaux, vulgairement nommé chlorure de chaux ; mais ce ne fut qu’en 1822, après que, dans un mémoire couronné par la Société d’encouragement, Labarraque eut donné tous les conseils nécessaires pour son emploi et indiqué la formule d’un liquide désinfectant, la liqueur de Labarraque, que l’usage des hypochlorites Commença à se généraliser. L’hypochlorite de chaux, dont on se sert journellement aujourd’hui, se prépare en faisant agir du chlore sur de la chaux éteinte, en vertu de la réaction suivante :

2C1 4- 2CaO = CaO, CIO + Cad.

Ce corps dégage du chlore en abondance dès qu’on vient à le détruire par un acide faible, par l’acide carbonique de l’air, par exemple. Cet acide élimine d’abord l’acide hypochloreux, lequel, en présence d’une nouvelle quantité d acide étranger, réagit sur l’acide chlorhydrique du chlorure de calcium, en donnant de l’eau et du chlore :

ClO + HCl = C12+HO,

de telle manière que le chlorure de chaux cède, non-seulement le chlore qu’il renferme à l’état d’acide hypochloreux, mais encore celui qui constitue le chlorure de calcium. On l’emploie en le mettant à l’air sur des assiettes, ou simplement en le répandant à la surface du sol. La liqueur de Labarraque est de l’hypochlorite de soude en solution dans l’eau ; elle se prépare en délayant 100 grammes de chlorure de chaux sec dans 3 kilogrammes d’eau, en ajoutant à la bouillie obtenue une solution de 200 grammes de carbonate de soude cristallisé dans 1,500 gr. d’eau, et en laissant précipiter le mélange ; on termine en filtrant le liquide. Son mode d’action est le même que celui du chlorure de chaux. On peut se servir pour le même usage de l’eau de Javelle, qui n’est autre chose que de l’hypochlorite de potasse, et a, par conséquent, les mêmes propriétés ; elle se prépare comme la liqueur de Labarraque, en remplaçant seulement le carbonate de soude par du carbonate 3e potasse, ou bien en faisant passer un courant de chlore gazeux dans une solution de carbonate de potasse ; c’est co dernier moyen que l’on emploie dans l’industrie. Le chlore et les hypochlorites sont maintenant les désinfectants les plus usités ; leur usage cependant doit être limité et ne pas excéder les besoins, le chlore ayant une odeur désagréable et une action nuisible sur les voies respiratoires. On doit les recommander particulièrement pour enlever à un appartement récemment peint l’odeur qu’il conserve longtemps d’ordinaire et qui disparaît rapidement, au contraire, par l’action du chlore. Dans les salles de dissection, les abattoirs, les cimetières, dans tous les endroits ou des matières animales se trouvent en décomposition, ils peuvent rendre de véritables services. Mais il est un corps dont le chlore est le véritable contre-poison, c’est le gaz acide sulfhydrique. Ce gaz se forme en abondance dans une foule d occasions où des matières sulfurées sont en fermentation, dans les fosses d’aisances notamment. Le chlore le détruit en donnant de l’acide chlorhydrique et un dépôt de soufre :

SH + Cl = HC1 + S.

Le soufre est sans inconvénient et l’acide chlorhydrique est utile pour saturer les vapeurs ammoniacales dont la production accompagne souvent celle de l’hydrogène sulfuré. Cependant, pour les fosses d’aisances, le chlore n’est pas suffisant ; il détruit seulement les émanations qui choquent l’odorat, sans agir sur les autres gaz. D après les analyses de Barruel, en effet, les gaz qui se dégagent dans ces conditions renferment jusqu à 90 pour 100 d’azote, c’est-à-dire d’un gaz irrespirable, qui vicie l’atmosphère des lusses et sur lequel le chlore n’a aucune action. On a proposé pour s’en débarrasser un grand nombre d’agents, parmi lesquels l’un des plus actifs, après la ventilation, est sans contredit le charbon végétal. Ce corps, extrêmement poreux, jouit de la propriété de condenser à sa surface les gaz avec lesquels il est en contact ; son action est, par conséquent, toute mécanique. Un chimiste français, Salmon, en conseilla le premier l’usage dans le cas qui nous occupe ; il lit même, en 1826, des expériences dans lesquelles il transformait les matières fécales en un engrais tout à fait inodore. Il mélangeait à 1 hectolitre de matières 1 hectolitre de charbon en poudre obtenu par la calcination des vases, boues, sciures, tourbes et autres immondices, et formait une pâte qu’il laissait sécher. On

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raconte que le célèbre d’Arcet emporta un jour avec lui une certaine quantité de matière ainsi désinfectée, la fit mettre sur une assiette et présenter à diverses personnes sans qu’aucune pût reconnaître quelle était la nature de la substance soumise à l’examen. Encouragé par ces premiers résultats, Salinon perfectionna son invention et adopta enfin la pratique suivante, qui est encore en usage aujourd’hui pour le traitement des vidan ges. A 3 hectolitres de matière on ajouto 12 kilogrammes de charbon, l kilogramme de plâtre et 1 kilogramme de sulfate de fer ou couperose verte ; puis on finit de solidifier en ajoutant des matières organiques, telles que terreau, tourbe, etc. La masse ainsi obtenue constitue un engrais fort estimé et connu sous le nom de noir animalisé. Le conseil do salubrité et l’Académie des sciences ont approuvé le procédé Salmon ; en 1835, un prix Montyon pour l’amélioration des arts insalubres lui fut décerné. Souvent on ajouto immédiatement, avant de procéder à la vidange des fosses, une solution de sulfate do fer ou de sulfate de zinc, qui désinfecte on absorbant l’acide sulfhydrique et l’ammoniaque. U faut faire remarquer cependant que tous ces procédés laissent à désirer j ils no désinfectent qu’au moment de la vidange, tandis qu’il y aurait un intérêt très-grand à co que la désinfection fût permanente. En conséquence, on a proposé, dans ces derniers temps, d’introdui re chaque jour dans les fosses une proportion déterminée d’un mélange analogue à celui de Salmon ; plusieurs compagnies se sont formées pour l’exploitation de brevets pris dans ce sens. Dans le cas des urines isolées, on les désinfecte très-facilement en y ajoutant une petite quantité d’alun. Depuis peu on se sert comme désinfectants des goudrons provenant des usines à gaz, du coaltar, comme on les appelle souvent. Ces corps peuvent avoir quoique action réelle par l’acide phénique qu’ils renferment, mais leur rôle le plus évident est de masquer par leur odeur prononcée celles que l’on désire détruire ; ils agissent dans le même sens que les fumigations, les lotions aromatiques, dans le même sens aussi que cette pratique si répandue qui consiste à faire brûler du sucre sur une pelle rougie au feu. Enfin, tout récemment, on a proposé l’usage d’un grand nombre de substances chimiques très-diverses, parmi lesquelles il faut citer le pormanjjanate de potasse, la créosote, et surtout l’acide phénique ou phénol. Ce dernier corps, qu’une déplorable épidémie a contribué à mettre à la mode, est employé sous les formes les plus diverses, soit seul", soit combiné aux alcalis, et le plus souvent déguisé par les dénominations les plus variées ; il agit surtout comme antiseptique, c’est-â-dire en empochant les.substances putrescibles de fermenter.

, M. Moule, ecclésiastique anglais, a trouvé récemment un nouveau procédé pour combattre l’infection produite par les excréments humains. Il se sert, dans ce but, de terre végétale desséchée au soleil et tamisée très-fin. Cette terre est renfermée dans un réservoir qui, de même que le réservoir à eau des water-closets, est placé derrière et au-dessus du siège. Ce réservoir, construit en tôle, a une direction oblique de haut en bas et se termine par une trappe qui s’ouvre au moyen d’un levier mécanique. C’est par i’ouverture de cette trappe qu une certaine quantité do terre desséchée tombe sur les excréments. 11 est facile de mettre les lieux d’aisances en communication avec une fosse assez profonde, dans laquelle les excréments peuvent séjourner de trois à six mois sans aucun inconvénient pour le voisinage. De plus, la

terre mêlée aux excréments, si on la fait sécher à l’air, peut de nouveau être employée jusqu’à cinq et six fois dans le même but. Cette propriété de la terre sèche repose sur la faculté résorbante qui lui est commune avec la chaux, ainsi que sur un phénomène do décomposition chimique. Moule a calculé que, pour 20,000 habitants, il faut chaque jour, en moyenne, 130 quintaux métriques de terre. Pour l’exploitation de son système, il serait nécessaire de créer des sociétés qui se chargeraient (le faire apporter la terre, puis do la faire enlever lorsqu elle aurait été plusieurs fois employée et serait devenue un engrais qui ne le céderait en rien au meilleur guano. Le bénéfice d’une pareille exploitation faite en grand dépendrait naturellement de la proportion des frais de transport avec la valeur de l’engrais obtenu.

En Angleterre, un acte du Parlement a ordonné que le système de désinfection Moule fût mis en pratique partout où jusqu’à ce jour on s’était servi de water-closets. Ou l’essai en a été fait sur la plus grande échelle, c’est aucampdeWimbleton, ou 148 latrines avaient été construites pour 20,000 volontaires. La désinfection s’y est opérée de la manière la plus complète, et l’excellent état sanitaire qui n’a cessé de régner dans le camp, malgré des chaleurs jusqu’alors sans exemple, a été attribué surtout à l’emploi de ce système. Il n’a pas obtenu moins de succès dans l’Inde, où 1 ardeur du climat rend de la plus absolue nécessité l’enlèvement et la désinfection rapides des excréments. Les rapports recueillis en outre à ce sujet, dans les prisons, dans les écoles, dans les hôpitaux, etc., ont été tellement satisfaisants que le gouvernement anglais a accordé à M. Moule, à titre de