Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 6, part. 4, Domm-Dz.djvu/309

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DUMÉCOLE s. f. (du-mé-ko-le —du lftt. dumus, buisson ; colère, habiter). Ornith. Nom donné à une section du genre fauvette.

DUMÉE (Jeanne), femme astronome, née a Paris, qui vivait dans la seconde moitié du xvii» siècle. Elle montra de très-bonne heure un goût très-vif pour les sciences, épousa un officier qui la laissa veuve à dix-sept ans, et se livra avec une ardeur nouvelle à l’étude de l’astronomie. Elle composa, sous ce titre : Entretien sur l’opinion de Copernic touchant la mobilité de la terre, un ouvrage qui n’a jamais été imprimé et dont le Journal des savants rendit cependant compte en 1680. Dans cetécrit, Jeanne Dumée défend l’opinion do Galilée contre les erreurs de la Bible.

DCS1KES (Antoine-François-Joseph), jurisconsulte français, né près de Valenciennes en 1722, mort en 1765. Il fut successivement avocat au parlement de Flandre, procureur du roi, syndic et subdélégué de l’intendant du Hainaut à Avesnes. On a de lui : la Jurisprudence du Hainaut français (Douai, 1750, in-4">) ; Histoire et éléments du droit français (Douai, 1733) ; Annales belrjiques ou des Payslias (Douai, 17C1) ; l’raité des juridictions et de t’o ?~dre judiciaire pour les provinces du ressort du parlement de Flandre (Douai, 1762).

DU MENU (Maurice), capitaine français. y. Mkné.

DliMl’iNlL, haute-contre de l’Opéra, du temps de Lulli, mort en 1715. Il avait été cuisinier de M. de Foucaut, intendant de Montauban, ce qui lui valut cette apostrophe d’un plaisant du parterre, un soir qu’il jouait Phaèlon :

Ah Phaéton ! est-il possible

Que vous ayez fait du bouillon ?

Duménil chanta longtemps les premiers rôles avec succès, et créa le personnage de Renaud, dans Armide. De mœurs dissolues, cet artiste vivait aux dépens des filles d’opéra, et ne paraissait guère sur la scène que dans un état d’ivresse à peu près complet.

DUMENIL (Auguste-Pierre-Jules), chimiste allemand, né en 1777 dans les environs de Zelle, mort vers 1850. Il appartenait à uneancienne famille française qui, en 1713, avait émigré en Allemagne pour cause de religion. 11 étudia d’abord la pharmacie et devint directeur des poudres et salpêtres du département de l’Aller, dans le royaume de Westphalie, et, après la suppression de ce royaume, commissaire supérieur des mines en Hanovre, puis, en 1827, conseiller aulique du duché de Schaumbourg-Lippe. On a de lui : Analyses chimiques des corps inorganiques (1823) ; Recherches chimiques dans le domaine delà nature inorganique (1825) ; Guide pour l’examen mécanique des corps naturels (1829, 2 vol.) ; les Sources de Jlehburg (1S30) ; Sur la préparation et l’administration des remèdes (1835) ; Manuel de la théorie des réactifs et de l’analyse (1836, 2 vol.) ; l’Analyse des concrétions animales (Altona, 1837) ; la Théorie des réactifs de l’analyse des plantes (1841) ; Opuscules philosophiques (1841, 4 vol.).

DO MÉNIL LA TOUR (Georges), peintre français, né à Lunéville vers la fin du xvi° siècle, mort en 1652. On ne sait presque rien de l’existence de cet artiste, qui acquit de son temps une assez grande célébrité. Il excellait surtout dans les scènes de nuit. « 11 présenta, ditdom Calmet, au roi Louis XIII un tableau de sa façon qui représentait un Saint Sébastien dans une nuit. Cette pièce était d’un goût si parfait, que le roi lit oter de sa chambre tous les autres tableaux pour n’y laisser que celui-là.» Nous citerons parmi ses autres œuvres une Nativité de Noire-Seigneur, un Saint Alexis, un Saint Sébastien exécuté pour le gouverneur de Nancy, un Reniement de saint Pierre, dont la ville de Lunéville lit présent au maréchal de La Ferté, etc.

DÛMENT adv. (dû-man — rad. dû). D’une manière convenable ; selon la raison ; selon les formes : Être dûment averti, dûment autorisé, dûment atteint et convaincu. La chose a été bien et pûmiînt constatée (Acad.). Notre défunt était en carrosse porté, Bien et dûment empaqueté.

La Fontaine.

. Mais si peu qu’il ait fait, chacun trouve a son grë De le voir par écrit dûment enregistré.

A. de Musset.

— Antonyme. Indûment.

DUMERBION (Pierre Jadar), général en chef, né à Montmeitlant en 1734, mort en 1797. Il entra jeune au service et était capitaine de grenadiers a l’époque de la Révolution. Il devint général de brigade en 1702, général de division l’année suivante, puis énéral en chef de l’armée d’Italie. Il se renit maître de Saorgio, enteva les camps des Fourches et de Baoux, où 60 aanons et 2,000 prisonniers tombèrent en son pouvoir, prit le col de Feneste (il mai 1794), et remporta sur les Austro-Sardes une brillante victoire dans les plaines de Cascaro. Tourmenté par de fréquents accès de goutte, ce brave soldat fut obligé de demander sa retraite. La Convention, en la lui accordant, ajouta cette déclaration honorable à son décret : n Dumerbion est non-seulement un général républicain, mais encore un des généraux les

plus instruits de la France. »

DUMÉRIL (André-Marie-Constant), médo S

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cin, membre de. l’Académie de médecine et de l’Académie des sciences, né à Amiens le 1er janvier 1774, mort à Paris le 2 août 1860. Son père avait été juge au tribunal civil d’Amiens. « Ses premières courses, dit M. Flourens, ses premiers ébats eurent pour objet de recueillir des insectes. Curieux et pétulant, plus pressé du besoin de communiquer que de celui de réfléchir, il enrôlait ses petits compagnons pour leur faire subir une sorte d’enseignement... Les choses allèrent ainsi jusqu’à sa dix-septième année. Il fallut alors, contraint par la médiocrité de sa fortune, que Duméril s’éloignât du foyer paterne !. Envoyé à Rouen pour être admis à une sorte d’apprentissage chez un droguiste, l’excellent

jeune homme intéressa, par ea courageuse résignation, le maître auquel il était confié. A quelque temps de là, l’Académie des sciences de Rouen décernait un prix de botanique au jeune apprenti.

Un chirurgien habile l’admit à son enseignement. Ses progrès furent assez rapides pour qu’après quelques mois on le nommât prévôt d’anatomie. Le district de sa ville natale, ayant à envoyer un élève à l’École de santé qui venait d être fondée à Paris, le désigna. Il y vint. Après un an, il obtenait au concours la place de prosecteur. Rendu confiant par le succès, il se présenta pour les fonctions de chef des travaux anatomiques à l’École pratique. Il avait pour concurrent Dupuytren, et 1 emporta... « Sur dix-neuf votanis, écrivait-il a son père, j’ai obtenu quinze suffrages. Quand j’y pense, je crois rêver. » Il disait plus tard : « J’ai réussi parce qu’à cette époque Dupuytren n’était pas. fort. »

Il forma alors avec Cuvier les liens d’une amitié qui ne s’est pas démentie depuis. Cuvier venait d’être envoyé à l’École normale comme candidat professeur ; il n’avait encore étudié que les animaux dits à sang blanc. Ce fut Duméril qui lui donna, dans l’intimité, les premières notions de l’anatomie des vertébrés. Peu de temps après, Duméril devenait à son tour l’élève du grand naturaliste, qu’il aida puissamment dans la rédaction de ses premiers travaux. Cuvier continua de s’aider de ses lumières pour les recherches de myologie et de névrologie, comme il se servait de celles de Brongniart pour résoudre les difficultés que lui présentait la géologie dans ses études sur les fossiles. ■ Pour juger de la valeur de Duméril, il faut, disaitil, l’entendre faire une démonstration myologique ou névrologique. »

A vingt-sept ans il fut nommé professeur d’anatomie à la Faculté de médecine (1801). 11 y professa successivement la pathologie et la physiologie et fut élu membre de l’Académie des sciences en 1816, en remplacement de Tenon. Il succéda à Cuvier comme professeur d’histoire naturelle à l’École centrale du Panthéon, et, en 1825, à Lacépède, dont il était le suppléant depuis 1803, dans sa chaire d’erpétologie et d’ichthyologie du Muséum. Il était médecin consultant de Louis-Philippe. ; il avait été fait chevalier de la Légion d honneur sous la Restauration, promu au grade d’officier en 1837 et nommé commandeur en juin 1860. Ses principaux ouvrages sont : Traité élémentaire d’histoire naturelle (1804 ; ce traité a eu cinq éditions dont la dernière est de 1846) ; Zoologie analytique (1800) ; Considérations générales sur ta classe des insectes (1823) ; Éistoire naturelle des poissons et des reptiles, insérée dans la Bibliothèque populaire ; Erpétologie générale (1835-1854) ; Ichthyologie analytique (1856). Le Magasin encyclopédique, le Bulletin de la Faculté de médecine et le Dictionnaire des sciences naturelles contiennent en outre de lui un grand nombre d’articles sur ia zoologie, l’anatomie et la physiologie.

On peut dire que Duméril a été le véritable créateur de l’histoire des reptiles. »Son livre de l’Erpétologie, dit M. Flourens, est le seul ouvrage complet qui existe sur la classe si nombreuse et si peu connue des reptiles. 11 n’a pas moins de dix volumes. L’auteur a mis, pendant vingt ans, une infatigable ardeur à le préparer, à le rédiger, à classer toutes les espèces. De la collection de reptiles qu’il avait créée, et dont la démonstration" fut l’une des joies de sa vie, il disait a juste titre : « C’est la plus nombreuse qu’on ait en Europe et dans le monde. J’éprouve un ôrgueil national à le proclamer. » Enfin Duméril a fondé une ménagerie, une première ménagerie de reptiles, et c’est là un service réel. La dépouille ne permet que la description anatomique et la classification ; une étincelle de vie fait un être qui, quelle que soit son infériorité relative, devient l’objet de ces observations philosophiques dont le lien se retrouve partout.

En retour de tant de services rendus, le monde des naturalistes, le monde des classilicateurs, aéropage qui se fait l’illusion de croire ses arrêts éternels, décerna à M. Duméril le titre de Père de l’erpétologie. »

La science lui doit une des plus belles découvertes du siècle sur l’anatomie comparée. Il cherchait à débrouiller le chaos d.es muscles du cou et y trouvait des difficultés insurmontables, parce que la tête lui paraissait une partie sans analogues. L’idée lui vint alors d’assimiler la tête, considérée dans son ensemble, à une simple vertèbre, et de comparer les muscles qui l’unissent aux autres

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vertèbres à ceux qui unissent les vertèbres entre elles. ’.

« On était alors trop peu avancé, dit M. Flourens, pour saisir tout ce qu’un pareil rapprochement avait d’important. On l’était si peu que les camarades de Duméril ne l’abordaient ensuite qu’en lui demandant ironiquement des nouvelles de sa vertèbre pensante. Mais le temps marche et les questions frandissent. Quelques années plus tard, les elles analogies du crâne et.des vertèbres étaient mises en évidence par Oken. »

« Duméril est l’idéal du caractère franc des Picards, » disaient ses condisciples. Ami sûr et zélé, il excellait partout où le cœur était essentiel. En 1803, à l’occasion d’une élection prochaine a l’Académie, Cuvier lui écrivait : « Je n’ai jamais été si embarrassé de ma vie que je le suis entre Geoffroy, Brongniart et toi. À Duméril ne se présenta pas. À la fois laborieux et simple, il avait su écarter de sa vie les fiévreuses émotions que donne l’ambition, pour ne goûter vraiment que les affections de la famille et ces longues amitiés qui l’unirent à ce que son temps comptait d’hommes remarquables,

DUMÊR il (Auguste-Henri-Aiidré), médecin et naturaliste, fils du précédent, né à Paris on 1812, mort dans la même ville en novembre 1870. Docteur en médecine et docteur es sciences, il a été successivement aide naturaliste au Muséum (1840), professeur suppléant à la Faculté des sciences (18*4-1846), professeur de géologie au collège Chantai (1847) et professeur d’erpétologie et d’ichthyologie au Jardin des plantes, en remplacement de son père (1857). En 1869, l’Académie des sciences l’a admis au nombre de ses membres libres, eu remplacement de M. Delessert. Outre divers mémoires insérés dans des recueils scientifiques, il a publié : Des odeurs, de leur nature et de leur action physiologique (1843, in-8°) ; Des modifications de la température animale sous l’influence des médicaments (1853, in-S°) ; Histoire naturelle des poissons (18Q5, in-8°), etc. En outre il a donné un Catalogue des reptiles du Muséum et le septième volume de l’Erpétologie générale de Duméril et Bibron.

DUMÉRIL (Edélestand), philologue et paléographe français, né vers 1S15, mort en

1871. li a fait une étude toute particulière de l’histoire littéraire au moyen âge, et sV.st fait connaître par plusieurs ouvrages qui attestent sa solide érudition. Nous citerons de lui : Essai philosophique sur le principe et la formation de la versification (1841, in-8°) ; Essai sur l’origine des rimes (1844, in-S°) ; Origines latines du théâtre moderne (1849, in-8") ; Mélanges archéologiques et littéraires (1850, in-8°) ; Essai philosophique sur la formation de la langue française (1852, in-8<>) ; Des formes du mariage et de ses usages pendant le moyen âge (1881, in-8°) ; Études sur quelques points d’archéologie et d’histoire littéraire (1802, in-8°) ; Histoire de la comédie dans sa période primitive (1864, in-8°), etc. En outre il. Duméril a édité les ouvrages suivants : Poésies populaires latines antérieures au x»o siècle (1843, in-so) ; Poésies populaires latines du moyen âge (1847, in-8o) ; Poésies inédiles du moyen âge, avec une Histoire de la fable ésopique (1854, in-8°) ; Flore et Blance/lor, poëme du xue siècle, d’après les manuscrits (1858, in-8°).

DUMÉRILIE s. f. (du-mô-ri-li — de Duméril, natural. fr.). Entom. Genre d’insectes coléoptères pentamères voisin des cabrions, et dont l’unique espèce habite l’Afrique centrale, il Genre d’insectes diptères de la tribu des entomobies, fondé sur une seule espèce, qui habite lo Brésil.

— Bot. Genre d’arbrisseaux, de la famille des composées, tribu des chicoracées, dont l’espèce type habite le Mexique.

DUMERSAN (Théophile), auteur dramatique et savant français, né au château de Castelnau, près d’Issoudun, en 1780, mort à Paris en 1849. Le véritable nom de sa famille était Mario» ; ce fut son père qui, pour se distinguer de ses frères, prit celui de Du Mersan, d’un domaine qu’il possédait. Un biographe nous apprend que le futur vaudevilliste descendait d’une très-ancienne famille de Bretagne, qu’il fut même ondoyé dans la chapelle du féodal manoir et qu’il ne reçut pas de prénom, son père n’ayant pas trouvé probablement dans tout le calendrier un saint d’assez bonne famille pour lui servir de patron. L’auteur du Marqids de Carabas a dû bien rire plus tard de ce gothique appareil, et il a été, à notre avis, mieux inspiré que son noblissime père lorsqu’il a répudié Le de qui précède son nom.

Les études du jeune Dumersan furent aussi négligées que les cérémonies de son baptême. 11 apprit à lire dans Racine et dans Molière, ce qui lui donna de bonne heure le goût du théâtre ; à cinq ans il récitait à merveille la fameuse tirade de Joas, dans A thalie, et celle de Louison dans le Malade imaginaire. À sept ans, ajoute le naïf biographe auquel nous avons fait allusion plus haut, il quittait le sein de quelque basse Brelte pour prendre celui des Muses.

Ah ! qu’en termes galants ces choses-là sont mises 1 Mais où avez-vous vu, cher monsieur, qu’on tette encore à l’âge de sept ans ? Passons cependant. Donc Dumersan faisait des vers à l’âge de sei, i us. Abandonné bientôt à

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sa propre direction, dans ces temps orageux au milieu desquels s’écoula sa jeunesse, H contracta v : ctte indépendance d’esprit qu’il a toujours conservée. Les malheurs et les privations qui furent alors son partage lui inspirèrent le goût d’une vie^simple et le mépris de l’ambition ; il ne chercha le bonheur que dans des travaux variés et les soins quo réclamait sa famille, qui avait dû s’enfuir ou se cacher pour échapper au régime de la l’erreur. En 1795, le savant Millin, nommé conservateur du Cabinet des médailles, ap Êela auprès de lui, à titre d’aide, le jeune tumersan, qui pourtant n’avait montré jusque-là aucun goût bien prononcé pour la numismatique et l’archéologie ; mais, avec son amour du travail, son intelligence et son aptitude, il se fut bientôt mis en état de rendre de véritables services dans l’emploi qu’il •occupait. De concert avec Son collègue Mionnet, il commença une classification nouvelle du Cabinet dos médailles, d’iiprès l’excellent système d’Eckhel, par ordre chronologique et géographique, et s acquitta si bien de co travail qu’il fut décoré en 1833 et nommé, en 1842, conservateur adjoint de ce même département des médailles, qui lui devait bien aussi quelque reconnaissance pour l’habileté et le courage avec lesquels il avait su, en 1815, préserver de l’avidité des alliés plusieurs objets extrêmement précieux. Disons toutefois, pour ne négliger rien de ce qui peut être la vérité, qu on a contesté la compétence de Dumersan en fait de numismatique. M. Louvet va jusqu’à prétendre qu’il était fort peu au courant de cette science, et qu’il ignorait même les procédés en usage à la Monnaie do Paris pour la frappe des médailles. Et cependant, outre son titre en France, Dumersan avait encore celui de membre de la Société, de numismatique de Londres.

Quoi qu’il en soit, les préoccupations archéologiques n’étouffèrent point Je penchant

irrésistible qui emportait Dumersan vers lo théâtre, et, tout en classant des médailles, il ébauchait quelque vaudeville. Pour sa première pièce, dont les biographes ne donnent pas le titre, il construisit de ses propres mains un petit théâtre et joua lui-même le rôle principal. En 1798, il commença à alimenter les théâtres du boulevard et débuta par Arlequin perruquier ou les Télés à la Titus, critique des modes et des mœurs du temps. Vint ensuite Sans prétention. En deux ans il donna dix-huit pièces, parmi lesquelles il faut citer l’Ange et le diable (1709), drame en cinq actes qu’il fit représenter lorsqu’il avait à peine dix-huit ans, et qui obtint plus de cent représentations, chiffre prodigieux pour l’époque.

Nous ne nous proposons nullement de donner ici la liste complète des pièces de Dumersan ; le nombre s’en élève à 238, dont plus de 50 ont eu lui seul pour auteur. Parmi les écrivains qui lui ont apporté leur collaboration, nous citerons principalement Joseph Pain, Bouilly, Rougemont, Dartois, Brnzier, Merle, Sewrin, Désaugiers, Georges Du val, Francis, Mélesville, Scribe, DupuiSjDumanoir, Dupeuty et Vnrin, c’est-à-dire toute l’élite des joyeux vaudevillistes parisiens. La plupart dos productions sorties de ces brillantes associations d’esprit pétillent de verve et de gaieté ; elles fourmillent d’observations aussi fines que justes, principalement sur les mœurs et les habitudes des différentes classes du peuple. Qui ne s’est tordu de rire à cette désopilante farce qui s’appelle les Saltimbanques ? • et qui n’a fredonné quelquefois les couplets patriotiques du Soldat laboureur ? Il est a remarquer que, dans toutes ces bouffonneries, les plus gaies qu’on ait jamais jouées au théâtre, Dumersan a observé une morale sévère ; il n’a jamais eu recours à ces libertés de langage, à ces mots à double entente, à ces réticences, à ces allusions diaphanes qui sont la source de tant de succès aujourd’hui, mais qui sont aussi le déshonneur de nos théâtres de genre.

Citons maintenant les principales pièees da Dumersan. Avec Merle : la Fête d’un bourgeois de Paris (1816) ; avec Brnzier : PetitJean de Saintré (1817) ; Maître André et Poinsinet (1807 et 1821) ; Sage et coquette (1815) ; Y École du village (1818) ; le Vieux berger (1819) ; les Cuisinières ; les Bonnes d’enfant (1820) ; les Ouvriers ; les Paysans (1826) ; les Petites biographies (1826) ; Jocrisse grand-père (1816) ; le Coin de rue (1820) ; Clara Wcndel (1826) ; la Chercheuse desprit (1822), pièce de Favart rajeunie. Avec Merle et Brazier : les Deux Philiberts (1S16). Avec Aubertin : Zoéou l’Effet au porteur (1821). Avec G. Duval : Dorât et Vadé (i8is) ; le Pont des Arts (1825). Avec Sewrin : les Anglaises pour rire (1814) ; le Port au blé (1820) ; la Jeune belle-mère, opéra-comique (1816). Avec Scribe et Dupin : la Pension bourgeoise (1823). Avec Désaugiers ; le Chanteur éternel (1805) ; Turlupin (1808) : le Valet d’emprunt (1807). Il a donné seul : 1 Original dePourceaugnac (1810) ; YIntrigue sur les toits (1805) ; Cadet Roussel beau-père (1810) ; le Petit Chaperon rouge (1811) ; Gargantua ou Rabelais en voyage (1813) ; le Tribunal des femmes (l 814) ; Monsieur Bon-Enfant (1816) ; le Grelot magique (1817) j les Comédiennes (1816), à l’Odéon ; la Noce écossaise, opéra-comique (1814) ; le Méchant malgré lut, comédie en trois actes en vers (1824), aux Français ; Pauline ou Brusque et bonne, comédie en trois actes et en