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exaltation : la Vérité et la justice ou le Cri des royalistes français (Avignon, 1816) ; la Sainte alliance ou lo Tombeau des Jacobins {Avignon, 1818) ; l’Ermite de Vaucluse (Avignon, 1822), etc.

ÉMER1G (Louis-Dumien), littérateur français, frère du précédent, né îi Eyguières (Provence) en 1765, mort à Paris en 1825. Il commença l’étude du droit à Avignon, puis se fendit à Paris (1795). D’une grande indolence de caractère, il végéta, publia dans l’Almanach des Muses quelques épigrammes et élégies imitées de Catulle, de Martial, fit paraître trois êpitres (1808), des articles de journaux qui ne furent pas lus, des livres qui ne se vendirent pas, et finit par mourir misérable à l’hôpital. On n’a guère de lui, en dehors de quelques pièces fugitives publiées dans des recueils, qu’une brochure intitulée : Histoire généalogique des -pairs de France, et un ouvrage : De la politesse (1819, in-8°), réédité sous le titre de Nouveau guide de la politesse (Paris, 1821, in-8°).

ÉMÉRIC-DAVID (Toussaint-Bernard), archéologue et critique français, né à Aix (Provence) le 20 août 1755, mort à Paris le 2 avril 1839. L’éminent écrivain dont nous allons parcourir l’œuvre et la vie s’est fait une place très-haute dans l’histoire de l’art français, et cependant son nom ne jouit pas de la notoriété qu’il mérite ; il n’est guère familier qu’aux érudits. Appartenant par sa ntiissance à un monde intelligent et très-éclairé, il fit de brillantes études, et, grâce à ses progrès rapides, à la précocité rare de son intelligence, il fut reçu docteur en droit le U juin 1775. Ce résultat vraiment remarquable lui valut d’être envoyé à Paris. Il y passa quelques années, durant lesquelles il se lit une sorte de notoriété dans les conférences des jeunes avocats. Mais ses instincts d’artiste l’appelaient ailleurs ; il se sentait entraîné vers l’Italie par un attrait invincible. Aussi le voyons-nous profiter de la première occasion pour s’envoler vers la patrie de Michel-Ange et de RaphaEl. Après avoir parcouru toutes les villes de cette terre classique des arts, il se fixa tour a tour à Rome et à Florence. U s’était lié déjà avec les élèves de l’école ; il s’était fait l’ami du statuaire Seglas, des peintres David et Peyron, et il se livrait tout entier a l’admiration enthousiaste des chefs-d’œuvre de l’art grec et des superbes créations de la Renaissance. Il voulut connaître l’histoire de ces manifestations splemlides du génie humain, et il s’aperçut bientôt que cette histoire n’existait pas, que personne ne l’avait écrite : dès lors il s’imposa la mission de réparer ce qui lui semblait une immense ingratitude. Il se mit donc à fouiller les archives, à réunir ces notes précieuses dont il a fuit plus tard si bon usage. Mais il lui fallut interrompre ce travail pour revenir à Aix, où l’appelait sa mère souffrante. À son arrivée, des affaires importantes lui firent reprendre la robe d’avocat. Ses plaidoiries brillantes lui avaient déjà donné une certaine notoriété, quand son oncle Antoine David, imprimeur du roi et d.u parlement, mourut subitement, lui laissant sa succession tout entière. On était en 1789. Einéric-David embrassa les idées nouvelles ; mais il mit à son adhésion le calme réfléchi, hi haute modération de sa nature douce, honnête et sourtout indulgente. En 1790, ses concitoyens, rendant hommage a ses vertus civiques, le nommèrent officier municipal. Il devint maire en 1791. Les-temps étaient durs, les passions excessives ; les émeutes se succédaient terribles, avides de vengeance, aveugles quelquefois en leurs aspirations, toujours dangereuses. Il chercha à les calmer en éclairant ses concitoyens.

Il usait, pour cela, de tous les moyens. Ainsi, pour instruire le peuple sur ses véritables intérêts, sur ses besoins réels, il publia ses Hecherches sur ta répartition des contributions foncière et mobilière faite au conseil général d’Aix le 12 novembre 1791 (in-4° de 39 p.). (Jette étude excellente n’eut pas le résultat qu’il en espérait. Déposant alors ses fonctions, Eméric-David se réfugia à Paris. Mais, accusé de modérantisme et déclaré traître à la patrie en 1792, il fut obligé de fuir, de se cacher dans une ferme de Bondy. Le 9 thermidor lui permit de rentrer à Paris, et il put revenir dès lors aux arts et à ses amis de Rome. Son premier travail fut le Musée olympique de I École vivante des beaux-arts (Paris, Plassan, in-lS). En cette étude savante, d’une forme élégunte, forte en raisons, se développait l’idée d’un musée d’exposition permanente pour les œuvres des artistes vivants, au double point de vue de l’art plastique et de l’art industriel. Le gouvernement

— chose rare — comprit l’idée et créa le musée du Luxembourg et le Conservatoire des arts et métiers.

Ici se place un incident qui a laissé dans la vie d’Eméric-David une impression très-pénible :

En l’an VIII, l’Institut mit au concours la question suivante : Quelles ont été les causes de la perfection de la sculpture antique, et quels seraient les moyens d’y atteindre ? Le savant critique écrivit un mémoire qui fut couronné. Il fut publié en 1805 seulement, sous le titre de : lîeclterches sur l’art du statuaire considéré chez les anciens et tes modernes (Paris, veuve Nyon, in-18). Pour rendre son travail complet, l’auteur avait demandé

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quelques renseignements techniques à son ami le statuaire P. Giraud, et il l’avait remercié très-chaudement dans sa préface. Mais l’ami, mal conseillé sans doute, ne trouva point cet hommag-e suffisant, et, dans un libelle injurieux, Lettre à M. Eméric-David (Paris, H.-L. Peronneau, an XIII), il essaya de faire passer le critique déjà célèbre pour un odieux plagiaire. Indigné, mais calme en son inattaquable loyauté, Eméric-David répondit par deux fois. Il avait raison ; on lui donna raison. Mais il s’était fait, d’un ami qu’il aimait, un ennemi implacable ; et il ne s’en consola jamais.

En 1805, une autre déception vint l’attrister encore. L’Institut avait proposé cette question : Quelle est l’influence de la peinture sur les arts d’industrie commerciale, et quels seraient les moyens d’augmenter cette influence ? Le prix no fut pas accordé k Eméric-David. Il eut un accessit seulement, avec cette mention : S’il eût été d’usage de donner des seconds prix dans les concours de cette nature, la classe des beaux-arts en aurait décerné un à l’auteur. M. Amatiry Duval, le lauréat plus heureux, n’a jamais publié son travail. Ma-is l’Académie de Marseille vengea l’écrivain de cet échec imprévu en lui donnant le prix offert pour Y Éloge de Puget (1807) ; l’Éloge de Poussin, en 1812, fut couronné par la Société philotechnique de Paris. Ces deux morceaux remarquables ont été publiés, après sa mort,

avec des gravures excellentes.

Eméric-David jouissait depuis longtemps d’une grande notoriété, qu’il avait d’ailleurs vaillamment conquise. Aussi, quand les éditeurs du Musée Napoléon, Robillard-Péronville et Laurent, vinrent présenter, en 1800, leur projet à l’Empereur, celui-ci ayant laissé à Visconti et Denon le choix du rédacteur des notices, Croze-Magnan, qui avait été présenté tout d’abord, fut écarté comme incapable, et remplacé par Eméric-David. Le critique, trop modeste, allait refuser, quand Visconti, l’illustre auteur de ('Iconographie grecque et romaine, lui promit sa collaboration. Ainsi commença ce magnifique ouvrage, malheureusement resté inachevé, mais dont les fragments nombreux donnent une haute idée d’Eméric-David, au triple point de vue do l’écrivain, de l’archéologue et de l’artiste. Lui-même en indique la disposition et les tendances dans les quelques mots suivants :

Ce plan, dit-il dans sa réponse à M. Raoul Rochette, m’offrait l’avantage : 1° de détruire l’erreur qui a fait croire que la peinture avait presque cessé dans le moyen âge, ou était réduite à des miniatures ; 2<> de remplir une lacune historique restée à peu près entière, malgré les travaux de Fiorillo ; 3° de montrer les origines d’un- grand nombre d’allégories chrétiennes employées dans les rites modernes ; 4° enfin, de faire remarquer la continuation des procédés de l’art antique au travers des Deuf cents années écoulées depuis Constantin jusqu’à Guido de Sienne et à Cimabue. »

Malgré le zèle infatigable, les aptitudes particulières, l’érudition rare qu’avait montrés Eméric-David dans ce travail monumental, il e» fut écarté un jour, à la grande stupéfaction du monde intelligent, et à sa place fut appelé M. Guizot ; M. de Montalivet répondit à l’écrivain, justement blessé : Quand un ministre a pris "un arrêté injuste, IL PEUT UN AVOIR DU REGRET, MAIS IL NE REVIENT PAS SUR UN FAIT ACCOMPLI.

Eméric-David, à cette époque, représentait au Corps législatif le département des Bouches-du-Rhône, qui l’avait élu en 1809. Dans

ces six années de législature, jusqu’à la dissolution de 1815 il se fît remarquer autant comme orateur que comme économiste. Il fut nommé membre de l’Institut en 1816. La Restauration, cependant, ne fut guère plus juste envers lui que l’Empire ; aussi Eméric-David manifesta-t-il plus d’une fois toute l’amertume que ces injustices avaient laissée en lui ; par exemple, dans sa discussion avec M. Raoul Rochette, à propos de la peinture murale chez les anciens, il mit quelque vivacité à relever les erreurs nombreuses de son adversaire. Il défendit, avec non moins de talent et de succès, l’art français passionnément attaqué par le comte Cieognara, dans la Sioriu delta scultura, dal suo risorgimenlo in Ilalia, fiuo alsecolo XIX, per servire di continuazione aile opère di Winkelmann e diAgincourt ; et l’Académie des beaux-arts, dans une séance solennelle, lui adressa des remerciements. Il était à cette époque au Moniteur universel, où il a publié, entre autres choses remarquables, un Tableau historique de la réformation de la peinture, depuis l’époque de Vien jusqu’aujourd’hui, puis des Jieoues de Salon. Il l’ut appelé aussi k la Biographie universelle, où il a laissé une véritable Histoire de l’art. Il faisait encore partie de la commission chargée par l’Académie d’achever 'Histoire littéraire de la France, qu’avaient commencée les bénédictins. Dans ce dernier travail, où il ne s’est occupé que des troubadours, il est resté peut-être au-dessous de lui-même ; mais, en revanche, il donna bientôt après toute la mesure de son talent d’écrivain, de son érudition d’archéologue, dans le Jupiter, recherches sur ce dieu, sur son culte et les monuments qui le représentent, ouvrage précédé d’un Essai sur l’esprit de la religion grecque (Paris, 1833, 2 vol. in-S°).Ce monument littéraire, dont la valeur ne s’est pas amoindrie malgré les progrès de l’archéo EMER

logie, eut un succès immense ; en Allemagne, on le regarde encore comme le dernier mot, de ce sujet difficile. Quelques autres études de même genre, mais de moindre importance, furent aussi bien accueillies ; citons : Essai historique sur Apollon ; Recherches sur le dieu Vulcain (Paris, 1837) ; Neptune, recherches sur ce dieu (Paris, 1839) ; Mémoire sur la Vénus de Milo ; Mémoire sur les centaures, etc. Mentionnons également : Discours historique sur la peinture moderne (Paris, 1807, in-8°) ; Discours historique sur la gravure en tailledouce et sur la gravure en bois { Paris, 1809) ; Histoire de la peinture au moyen âge, suivie de l’histoire de la gravure (Paris, 1842) ; Vies des artistes anciens et modernes (Paris, 1853), recueil posthume d’articles insérés dans la Biographie Michaud.

ÉMERICIE s. f. (é-me-ri-sl — de Emeric, n. pr.). Bot. Syn. de vailaire.

EMÉRIGON (Balthazar-Marie), jurisconsulte français, né en 1725, mort à Marseille en 1784. Les premières études d’Emérigon furent dirigées vers la science du droit, et, grâce à de sérieux travaux, il prenait, jeune encore, place au barreau d’Aix. La proximité de Marseille donnait au parlement d’Aix juridiction sur tous les faits maritimes, Sur toutes les causes commerciales qui naissaient des relations internationales dont ce port était le centre. Emérigon comprit qu’il y avait dans ces relations, chaque jour plus nombreuses et que les progrès de notre industrie allaient développer à l’infini, un vaste sujet d’études pour le législateur et le jurisconsulte. It se voua donc pendant plusieurs années à l’étude des transactions de toutes sortes dont le commerce maritime est la source et l’occasion : assurances, emprunt à la grosse, nolissement, bris, abandon, etc. Ces travaux, si intéressants en eux-mêmes, créèrent à Emérigon une sorte de spécialité, qui lui valut comme clients les armateurs et les négociants de Marseille. Une fois connu dans cette ville, le jeune avocat vit sa réputation s’accroître et sa position s’assurer. Sa connaissance approfondie des intérêts de ta marine, son habitude des transactions commerciales, son dévouement à une classe riche, puissante, heureuse de trouver dans ce jurisconsulte la science sans morgue, le talent sans dédain, tous ces éléments de succès, Emérigon en recueillit le fruit. Nommé conseiller au siège de l’amirauté de Marseille, il apporta dans cette savante compagnie son contingent de lumières et d’intelligence. Les hommes les plus compétents se sont plu à rendre nommage à cette vaste érudition, à ce bon sens, à cette perspicacité qui furent d’un si grand secours au conseil de l’amirauté.

Les travaux du barreau, pas plus que ceux de la magistrature, n’étaient suffisants pour satisfaire l’activité d’Emérigon. En étudiant le droit commercial, et surtout le droit maritime, il avait compris qu’un livre résumant les règles sur les rapports entre les négociants expéditeurs, les armateurs, les capitaines et les assureurs, était indispensable pour fixer les droits et les obligations de chacun. Une ordonnance célèbre, datée de 1681, connue sous le nom ^’ordonnance sur la marine, et que Colbert avait entièrement préparée, contenait toute la législation sur une matière déjà si importante, et qui devait prendre de nos jours une immense extension. Un honorable magistrat de La Rochelle, Valin, que ses beaux travaux sur le droit ont rendu célèbre, préparait depuis plusieurs années un commentaire sur cette ordonnance. Avec un désintéressement et une modestie qui montrent son caractère à la hauteur de son talent, Emérigon abandonna à Valin le fruit de dix ans de labeur, toutes ses recherches, tous les matériaux qu’il avait accumulés pendant sa pratique. M. Dupin apprécie en ces termes cette action si noble, si simple chez Emérigon : à II avait, dans les méditations du cabinet et l’exercice de la magistrature, acquis une immense érudition, qui se fait quelquefois un peu trop sentir dans le Traité des assurances. Longtemps avant de publier cet ouvrage, il avait, par le sacrifice le plus désintéressé, fourni à Valin de précieux matériaux pour le commentaire que cet auteur a donné sur l’ordonnance de 1681. La délicatesse avec laquelle Emérigon donna le fruit de plusieurs années de travail, la franchise et l’effusion avec lesquelles Valin lui en témoigna publiquement sa reconnaissance dans la préface de son ouvrage, honorent l’un et l’autre. » Le sacrifice qu’Emérigon faisait k la science du droit était d’autant plus honorable, que lui-même préparait un livre Sur les matières que ses grands travaux lui avaient rendues si familières. C’était son beau Traité des assurances, qu’il ne publia qu’après lui avoir donné les proportions que comporte ce sujet. Il parut sous ce titre : 2raité des assurances et des contrats à la grosse (Marseille, 1783, 2 vol. in-4°). Le succès de ce livre fut immense. Traduit en plusieurs langues, il devint, pour les nations maritimes, une sorte de code expliqué. On sait que le Code de commerce a reproduit, en les harmonisant avec notre législation, beaucoup des dispositions de l’ordonnance de 1681. L’ouvrage d’Emérigon n’a donc pas vieilli. Il a eu ce suprême honneur de traverser la grande Révolution de 1789, et de conserver, dans une époque de liberté et de

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progrès, toute sa valeur théorique, toute son autorité pratique. Nous ne pouvons lui donner de plus bel éloge que cette appréciation d’un des plus lumineux esprits de ce siècle, d’un des plus savants jurisconsultes de ce temps, le procureur général Dupin : « Le Traité des assurances, dit l’illustre magistrat, n’est pas borné à la seule matière qu’indique son titre ; il embrasse la presque totalité du droit maritime et ne saurait être trop recommandé à ceux qui s’occupent de cette importante partie de la législation. » L’éminent procureur général, on le sait, n’était pas prodigue de si flatteuses paroles. Outre cet ouvrage capital, Emérigon avait publié en 1780, sous le voile de l’anonyme, un Nouveau commentaire sur l’ordonnance de la marine du mois d’août 1681 (Marseille, 2 vol. in-12).

ÉMERILITE s. f. (é-me-ri-li-te — à’émeri). Miner. Substance du groupe des chlorites, qui offre la plus grande ressemblance avec la margarite, et qui a été ainsi appelée parce qu’on la trouve dans la mine d’émeri de Gummuchdagh, non loin d’Éphèse, en Asie Mineure. On lui donne aussi le nom d’ÉPHÉ SINE.

ÉMERIIAON s. m. (é-me-ri-llon ; Il mil.

— du bas latin mirlus, [qui se lie probablement, de loin il est vrai, au sanscrit mâraka, faucon, aussi tueur, meurtrier, peste, de la racine mar, tuer, blesser. De ce dernier mot, vient aussi le nom zend du serpent, mairya, en persan mâr, mûrah, etc. À la racine mar, Se rattachent également le grec mermnos, mermnés, espèce de faucon, pour mermenos, sanscrit marmâna, celui qui tue ; l’irlandaiserse meirneal, faucon, épervier, que l’on peut comparer au sanscrit marana, meurtre ; et sans doute, avec 's prosthétique, l’ancien allemand smirle, smiri, Scandinave smirill, bas latin mirlus, d’où notre français émerillon, et l’anglais merlin, etc.). Ornith. Nom vulgaire d’une espèce de faucon : Z’émerillon est un des animaux qu’il était défendu aux Juifs de manger. (V. de Bomare.) A’émkrillon est le plus petit oiseau de proie de notre continent. (Bouillet.) Les émerillons sont les oiseaux de chasse les plus familiers et les plus dociles. (Bouillet.)

— Mar. Croc tournant sur lui-même qui termine- un câble, une manœuvre, et sert à éviter les coques du cordage. Il Emerillon de fileur, Crochet dont l’ouvrier cordier se sert pour empêcher les fausses torsions. Il Emerillon d’affourchage, Manille à croc tournant, qui réunit les deux chaînes d’un navire affourché à l’itague, ou câble conique qui pénètre à bord. Il On dit aussi, dans ce dernier

Sens, MAILLON d’aFFOURCHE, MAILLON TOUR-NANT. L’Académie écrit, dans ce sens seulement, ÉMÉRILLON.

— Pêche. Hameçon tournant sur lui-même qu’on emploie pour le requin et autres gros poissons.

— Art milit. Ancienne pièce de canon très-longue, mais qui ne lançait que des projectiles de 10 ou 15 onces.

— Techn. Instrument de cordier, formé d’un morceau de bois creux armé d’un crochet, et servant à câbler la corde et la ficelle. Il Outil de boutonnier. Il Crochet du rouet à filer les cordes à boyau.

— Encycl. Ornith. Cette espèce de faucon est le plus petit de tous les oiseaux de proie de l’Europe. Sa longueur totale ne dépasse pas om,30. Son plumage est d’un cendré bleuâtre en dessus et d un jaune roussâtro en dessous, chaque plume présentant des taches noires en forme de larmes ; la gorge est blanche, ainsi que l’extrémité de la queue, qui offre, en outre, cinq bandes de la mémo couleur ; la cire, le tour des yeux et les pieds sont jaunes. Le rochier, dont quelques auteurs ont fait une espèce distincte, n’est pas même une simple variété de celle-ci ; ce n est autre chose que le vieux mâle. L’émerillon se rapproche assez de la cresserelle. Il habite les contrées tempérées et septentrionales de l’Europe, et niche dans les régions les plus élevées. Il est très-commun dans le nord, en Suède, en Norvège, etc., et ne se montre guère qu’en automne dans le midi de la France, où il en reste quelques individus pendant l’hiver. Au printemps, il y’ en a un second passage. L’émerillon habite surtout les montagnes boisées et niche sur les arbres élevés. Il appartient à la catégorie des oiseaux de proie nobles. Bien que ce soit le plus petit de tous nos rapaces, il est très-vif, très-hardi, mais en même temps très-étourdi ; toujours en action, il a un vol assez bas, mais rapide et léger. Son courage l’avait mis en crédit au temps où florissait l’art de la fauconnerie. Il ne se nourrit que de proie vivante, qu’il saisit, non avec le bec, mais avec une patte, et toujours de côté. Quand il veut s’emparer d’un pigeon ou d’une perdrix, il commence par isoler cet oiseau de sa bande ; puis, tandis que sa victime fuit, il la poursuit en décrivant autour d’elle des cercles de plus en plus resserrés ; enfin, quand il est à portée, il la saisit, et tombe-souvent par terre avec sa proie, dont le poids l’emporte de beaucoup sur le sien. « D’autres fois, dit F. Gérard, c’est en passant qu’il saisit l’oiseau inattentif. Quand l’émerillon passe le long d’une haie qui recèle des oisillons, sa vue glace à un tel point d’épouvante les pauvrets cachés dans le feuillage, qu’ils restent saisis de terreur et se laissent prendre sans chercher à