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heurtèrent et se dispersèrent dan» la plus grande confusion, qu augmenta bientôt après une violente tempête. On trouve au mot machine, dans l’Encyclopédie méthodique, la description de l’engin de destruction inventé par Giambelli.

GIAM-BO s. m. Ciam-bo). Bot. V. jambos.

GIAMBULLAR1 (Bernardin), poëte italien, né à Florence. Il vivait dans la seconde moitié du xve siècle, et a composé la Sloria di sanio Zanobi, légende rimée (Florence, 1556) ; Sonaglio délie donne, poème sur les inconvénients du mariage (Sienne, 1611), réédité en dernier lieu en 1823 ; les trois derniers chants de Ceriffo calvano, poème en quatre chants, dont le premier est de Luca Palis et qui parut pour la première fois à Rome (1514). La partie de ce poème composée par Giambelli a été rangée, par les académiciens délia Crusca, au nombre des ouvrages classiques.

G1A1UBULLARI (Pierre-François), littérateur italien, né à Florence vers 1495, mort en 15C4. Il devint curé de Saint-Pierre dans sa ville natale, fut un des fondateurs de l’Académie florentine et employa son crédit à protéger les savants et les artistes. GiambuU lari a été un des écrivains qui ont le plus contribué à l’épuration de la langue italienne. Ses principaux ouvrages sont : Origine délia lingua fiorentina (1544, in-4<>) ; le Régale per bene scrivere e parlare toscano (1549, in-8°) ; Délia lingua che si parla e scrive in Firenze /1551, in-8°) ; Lesioni sopra alcuni luogki di Dante (1551), etc.

G1AM-CIANG, nom que l’on donne, chez les Thibétains, au dieu de la sagesse. Ce fut lui qui apprit aux autres dieux à se métamorphoser en singes pour créer l’espèce humaine. Giam-Ciang habite la lune. Il est représenté assis sur cet astre et sortant d’une fleur de peina.

G1AMPAOLO (Paolo-Nicolas), philosophe et économiste italien, né à Ripalimosani en 1757, mort à Naples en 1832. Il avait été professeur de philosophie et remplissait les fonctions de grand vicaire de Sessa, lorsque Joseph Bonaparte le nomma membre du conseil d’État en 1807. Quatre ans plus tard, Giampaolo fut chargé d’administrer la province d’Otrante, puis il devint vicaire royal du diocèse de Boiano, inspecteur général "de plusieurs évêchés vacants et enfin abbé de Centola. Il était très-versé dans les sciences économiques et morales, et faisait partie de l’Académie des sciences de Naples. Ses prin. cipaux ouvrages sont : Lezioni e catechismo di agricoltura (Naples, 1808, 3 vol. in-8°, et 1819, 5 vol. in-8°) ; Dialoghi sulla religione (Naples, 1815-1828, 4 vol.), traité également remarquable.

GIANDUJA, masque ou type de la comédie italienne, originaire de Turin, populaire également à Gênes, à Milan, et qui se nommait d’abord Girolamo (Jérôme). Les impresarii lui enlevèrent son nom en 1802 par un respect exagéré ou plutôt une peur beaucoup moins exagérée de l’illustre frère du roi Jérôme. Être pitre et s’appeler Girolamo, l’allusion était trop saisissable ; le bouffon dut prendre le nom beaucoup moins compromettant de Gianduja, Jean de la chopine.

Gianduja porte une veste marron galonnée de rouge, un gilet jaune bordé de rouge, une culotte verte ou marron, les bas rouges, la perruque noire avec la queue rouge en trompette, dite à la Jeannot, type appelé précisément chez nous queue rouge. Sa physionomie est décrite par M. Maurice Sand (Masques et bouffons) comme un mélange de grossièreté et de malice. Les yeux grands, les arcades sourcilières très-développees, le nez épaté, les lèvres épaisses, le menton gras et les joues charnues rappellent assez la face du Silène antique. On lui fait assez souvent parler le patois d’Asti.

C’est un paysan finaud, faisant la bête, un faux niais, ou plutôt un niais malin. Il a le genre d’eprit que l’on prête en Angleterre aux Irlandais. Il est beaucoup moins fantaisiste que Stenterello, et, depuis qu’il est devenu Gianduja, il n’a plus rien de la distraction de Meneghino et de Girolamo. M. Maurice Sand vit Gianduja à Cuneo, au pied des Alpes, dans un spectacle de marionnettes. Les fantoccini se mouvaient, formidables, à travers un noir mélodrame, dans des forêts bleues, sous des cieux roses. Il y avait un prince en satin bleu avec crevés en satin blanc et une princesse Mirabelle toute de velours et d’or. C’était terrible, c’était charmant. « Toutefois, ajoute le narrateur, sans Gianduja il n’y a pas de représentation possible. Le public bienveillant bâillait aux scènes d’amours... Aussi, quand l’imprésario sentait languir son public, il ne se gênait pas pour couper court à une scène et amener Gianduja, lequel, après s’être bien repu, se livrait a des incohérences amoureuses vis-àvis de la première servante venue et lui faisait des propositions à la Jeannot. »

Gianduja possède à Turin une salle spéciale : ce petit théâtre est le rendez-vous du peuple. Avant que la capitale eut été transportée à Florence, Tojo (Victor-Emmanuel) y venait souvent partager les délices de ses sujets, et Gianduja lui dit un jour « qu’on avait vu des rois s’amuser en plus mauvaise compagnie, » ce dont Tojo était si parfaitement convaincu qu’il fut le, premier à battre des mains à cette boutade du bonhomme. I

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Enfin Gianduja ne se contente pas d’avoir un théâtre ; il a un journal a lui, rédigé en patois piémontais, qui sait défendre les droits de l’esprit et quelquefois ceux des citoyens.

G1AN-FRITELLO, masque de la comédie italienne au xvie siècle, le même que Fritellino (v. ce nom).

GIAJÏGCRGOLO, type calabrais des capitans dans la comédie italienne. Le caractère particulier de ce personnage, comme son nom l’indique (Jean le goulu), est une effroyable voracité. Comme tous les capitaDS, il est très-porté vers les femmes ; mais, ce qui l’inquiète, c’est que tout le sexe porté jupons, et qu’il n’est jamais bien sûr qu’un "homme ne soit pas caché sous une jupe de femme. Les marchands de macaroni partagent, avec le sexe, ses assiduités. Il se battrait volontiers s’il ne craignait d’être battu ; ce scrupule le fait entrer dans les caves par les soupiraux, d’où il sort pour s’écrier : « La terre tremble sous moi quand je marche, et je marche toujours ! » Tout prin’ce sicilien qu’il est, il garde volontiers l’incognito avec les sbires, et pour cause. Résumons-nous : gourmand, libertin, poltron, vantard et voleur, voilà l’homme au moral. Voici maintenant son signalement : long nez de carton, apte à flairer le macaroni d’autrui, moustaches à faire peur aux moineaux, feutre large et pointu, interminable rapière pleine de toiles d’araignées et pourpoint écarlate aux manches jaune pâle rayées de rouge. V. Com-

MEDIA DELL’ ARTK.

GIANNETTI (Philippe), peintre italien, né à Messine, -mort à Naples en 1702. Abraham Casembroodt fut le maître de cet artiste, qui compte au nombre des plus remarquables paysagistes de l’Italie. Il épousa une Française, Flavie Durand, qui peignait le portrait d’une façon remarquable, et exécuta de nombreux travaux pour le comte San-Stefano, vice-roi de Naples. Les tableaux de Giannetti sont d’une grande beauté, bien qu’on puisse critiquer les figures et que certains détails pèchent par l’absence de fini. Il avait une très-grande facilité de travail, ce qui lui a valu le surnom de Giordano des paysagistes.

GIANNI (François), poète italien, né dans les États romains en 1760, mort à Paris en 1822. Il appartenait à une famille peu aisée et fut mis en apprentissage chez un tailleur. Ces occupations manuelles ne purent éteindre son goût inné pour la poésie, et l’on raconte qu’en travaillant il avait toujours près de lui un volume de la Jérusalem du Tasse ou du Roland furieux de l’Arioste. Le jeune apprenti ne tarda pas à abandonner le métier de tailleur pour celui d’improvisateur ; car, ’ en Italie, c’est une véritable profession. Les succès qu’il obtint dans la Romagne se renouvelèrent à Gênes, et il était déjà connu comme poète lorsqu’il obtint, en 1796, à Milan, un emploi de la république Cisalpine. C’est de cette époque que datent ses scandaleuses polémiques avec Monti, ou tous deux se prodiguèrent à l’envi les plus basses injures. Ardent républicain, Gianni, devenu membre du Corps législatif de la république Cisalpine, dut fuir, en 1799, les vengeances de la réaction, un instant victorieuse avec ’ Souwaro-w^ il se réfugia en France, où il obtint plus tard de Napoléon, par la protection de Mme de Brignole, une pension de 6,000 fr. avec le titre d’improvisateur impérial. C’était chez le Génois Corvetto, alors conseiller d’État à Paris, que Gianni, au milieu d’une nombreuse et brillante assistance, donnait ses fameuses séances d’improvisation et traduisait immédiatement en beaux vers les bulletins de victoire qu’on décachetait devant lui. Les hymnes qu’il a composés dans ces circonstances obtinrent du public le meilleur accueil et furent, pour la plupart, imprimés en italien, avec la traduction française en regard. Les poésies qu’il adressa à M™e de Brignole, à l’occasion de son voyage à Gênes, où il l’accompagna, furent jointes à quelques cansoni erotiques, traduites en français et publiées à Paris en 1813. La chute de Napoléon ne priva pas Gianni de la pension qu’il lui avait accordée ; mais, après la perte de sa protectrice, Mme de Brignole, morte en 1815, a la cour de Marie-Louise, il s’adonna à la poésie religieuse. Les poésies improvisées de Gianni sont loin d’être parfaites^ mais on y rencontre très-souvent des traits dune grande beauté. La meilleure part de son œuvre littéraire est un recueil de poésies galantes, erotiques, héroïques et républicaines (Milan, 1807, 5 vol. in-S°).

GIAJVN1NI, géomètre italien qui a rétabli, dans le style pur des anciens, le livre perdu d’Apollonius : De sectione déterminata. On ignore la date de sa naissance et celle de sa mort.

G1A.NNIN1 (Thomas), médecin italien, né à Ferrare vers 1548, mort en 1630. Son intelligence fut si précoce que, à dix-sept ans, il put se faire recevoir à Ferrare docteur en philosophie et en médecine. Cinq ans plus tard, il devint professeur de philosophie, acquit une grande célébrité et composa plusieurs ouvrages bien au-dessous de sa réputation. Nous nous bornerons à citer celui qui a pour titre : De substantia cœli et stellarum (Venise, 1618, in-4<>).

GIANNIN1 (Joseph), médecin italien, né à

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| Parabiago, près de Milan, en 1773, mort en 1818. Après avoir suivi les leçons de Franck, de Spallanzani, et s’être fait recevoir docteur à Pavie, il alla se fixer à Milan, où il devint médecin de la cour en 1810. Ce savant médecin a publié des écrits qui méritent d’être lus : Memorie di medicina (Milan, 1800-1802, 4 vol. in-4°) : Délia natura délie febri e del meglior metodo di curarle (Milan, 1805-1809, 2 vol. in-8<>).

GIANNONE (Pierre), célèbre historien napolitain, né à Ischitelta (Capitanate) en 1676, mort en 1743. Il était avocat à Naples et fit paraître dans cette ville, en 1723, une Histoire civile du royaume de Naples, en 4 vol. in-4t>, livre plein d’érudition et le premier de ce genre qui soit disposé dans un ordre méthodique. Les attaques violentes qu’il renferme contre le pouvoir-temporel des papes soulevèrent le clergé. Giannone, frappé d excommunication, dut quitter Naples. La colère

de la -cour de Rome le poursuivit à Vienne, à Venise et à Modène, où il essaya successivement de s’établir. Ce n’est qu’à Genève qu’il trouva quelque tranquillité (1735) ; mais, ayant eu l’imprudence de s’aventurer sur la frontière de Savoie, il fut saisi par la police sarde, renfermé au château de Miofans, puis dans la citadelle de Turin, où il mourut, bien qu’il se fût rétracté et que l’inquisition romaine l’eût relevé des censures ecclésiastiques. L’Histoire de Giannone a été traduite en français (La Haye, 1742), et le ministre genevois J. Vernet en a extrait, sous le titre d’Anecdotes ecclésiastiques (1738, in-8°), les passages les plus violents contre le saint-siége. Les éditions italiennes sont nombreuses ; une des meilleures est celle de Milan (1823-1824, 14 vol. in-8°), avec les Œuvres posthumes de l’auteur.

GIANNOTTI (Donato), historien italien, né à Florence en 1494, mort à Venise en 1563, selon Zeno. » C’était, dit Varchi, un homme de basse condition, mais grave, modeste, de bonnes moeurs, versé dans les lettres grecques et latines et dans les affaires, très-instruit dans le gouvernement et surtout amateur enthousiaste de la liberté. » Il remplit les fonctions de secrétaire du conseil suprême de Florence, puis celles de gonfalonier. Ses principaux ouvrages sont : Delta republica dei Veneziani (Rome, 1540, in-4°) ; Délia republica fiorentina, libri IV (Venise, 1721, in-8°).

GIANNUTR1, YArtemisia des anciens, petite île d’Italie, dans la mer de Toscane, à 11 kilom. S. du mont Argentaro. Elle a 5 kilom. carrés de superficie. Elle est inhabitée. On y trouve de nombreuses antiquités romaines.

G1ANCM, nom latin de Gien. GIAOUR s m. Ci-a-our). V. Ghiaour.

Gînour (le), fragment d’une histoire turque, poëme anglais de Byron. Un événement où Byron joua un rôle lui donna la première idée de ce poëme ; mais quant au fait d’avoir été lui-même l’amant de la jeune esclave, son héroïne, rien n’est moins exact. La jeune fille dont Byron sauva les jours à Athènes était, d’après le témoignage de M. Hobhouse, la maîtresse de son domestique. Relativement aux détails fournis sur cette affaire par le marquis de Sligo, on peut consulter les Mémoires de Thomas Moore. Tout le sujet du poëme roule sur le supplice de Leïla, une esclave du musulman Hassan, que ce maître farouche, sur un soupçon de jalousie, fait enfermer dans un sac de cuir et jeter à la mer. . La mort de Leïla est vengée par le Giaour qui l’aime. Celui-ci tue Hassan dans un combat singulier, et, désespéré d’avoir perdu sa maltresse, il se fait caloyer. « Ce poëme, dit Byron dans son avertissement, repose sur des circonstances moins fréquentes aujourd’hui qu’autrefois en Orient, soit que lès femmes soient plus circonspectes que dans les vieux temps, soit que les chrétiens se montrent moins entreprenants ou plus habiles. > Le Giaour, publié au mois de mai 1813, fut payé à l’auteur 525 livres sterling. Il augmenta encore la réputation de Byron, si glorieusement inaugurée par les deux premiers chants de Chilae Harold. On peut remarquer que, dans le Giaour, le premier des poëmes-romans de lord Byron, sa versification reflète une partie de son enthousiasme pour le Christabel de Coleridge. Walter Scott, dans le Lai du dernier ménestrel, avait adopté déjà ce rhythme irrégulier. Quant à ^composition fragmentaire de l’ouvrage, l’idée en fut suggérée à lord Byron par le poëme alors nouveau et en vogue de M. Rogers, Christophe Colorhb. La prédilection de Byron pour l’Orient datait, du reste, de plus loin, et depuis longtemps il était familiarisé avec l’histoire des Ottomans. « Le vieux Knolles, disait-il avant sa mort à Missolonghi, est un des livres quiin’ont procuré le plus de jouissance lorsque j’étais enfant. Je crois qu’il a beaucoup contribué à faire naître en moi le désir de visiter le Levant, et peut-être lui dois-je le coloris oriental qui est un des caractères de ma poésie. • Byron prétendit en d’autres temps avoir entendu raconter l’histoire qui forme le sujet de ce poème par un de ces improvisateurs qui chantent ou récitent de merveilleuses aventures dans les cafés. « Je ne sais, dit M. B. Laroche, un des meilleurs traducteurs de Byron, à quelle source l’auteur dé ce singulier ouvrage a puisé ses renseignements. Quelques- j

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uns de ses épisodes peuvent se trouver dans la Bibliothèque orientale de d’Herbelot ; mais, pour la vérité des mœurs, la richesse des descriptions, la puissance d’imagination, il laisse bien loin toutes les imitations européennes. >

Gîooiip (le), tableau d’Ary Scheffer. L’artiste Vest inspiré du passage suivant du poëme de lord Byron : « Quand l’hymne ébranle le chœur et que les moines s’agenouillent, il se retire à l’écart. Voyez sous le porche sa figure éclairée par cette torche solitaire et vacillante. Là, il s’arrête jusqu’à ce* que tout soit terminé. Il écoute la prière, mais n’en prononce aucune. Là, quand l’harmonie élève ses louanges les plus éclatantes vers le ciel, voyez cette joue livide, cette expression glacée, mélange de défi et de désespoir ! » Ary Scheffer a rendu cette scène sombre et pathétique avec beaucoup d’énergie. Le Giaour, appuyant son poing sur son front livide, a une physionomie des plus expressives. Les moines qui prient, dans le fond du tableau, formeraient un contraste plus saisissant avec le personnage principal, s’ils étaient plus en évidence.

Ce tableau a figuré au salon de 1833 et à l’exposition posthume des œuvres du maître, en 1859. A. cette dernière date, il appartenait à Mme Pescator. Il a été lithographie par M. Max Fajans.

Avant Scheffer, Horace Vernet avait traduit un épisode du Giaour de Byron ; son tableau a été gravé par Jazet.

Giaour (le), tableau d’Eugène Delacroix. L’épisode retracé dans cette composition est celui où le Giaour, poursuivant les ravisseurs de sa maîtresse, arrive jusqu’au bord de la mer, tout frémissant de ne pouvoir s’élancer après la barque qui les emporte. Il a lancé son cheval sur la pente rapide du rivage, mais l’abîme s’est interposé tout à coup entre lui et les fugitifs. Les flots mouvants sérient de sa colère, et leur voix couvre sa voix. Son poing crispé par la rage s’élève impuissant vers le ciel. Au souffle qui vient de la mer, son turban se déroule et fouette l’air. Ce cavalier est superbe dans son attitude violente ; son cheval est d’une couleur et d’un dessin un peu aventurés, mais la mer est magnifique, l’ensemble a une harmonie puissante.

Cette toile, de petite dimension, a été exposée au Salon de 1850. En 1855, Delacroix exposa le Combat du- Giaour et du Pacha, composition remarquable par l’éclat des costumes et la vivacité fiévreuse de l’exécution, mais quelque peu décousue, et qui, suivant M. Th. Gautier, serait très-inférieure à une peinture sur le même sujet, exécutée par le même maître, qu’avait possédée Alexandre Dumas père.

GIARATANA, bourg d’Italie, dans la. Sicile, province de Syracuse, district et à 22 kilom. N. de Modène, sur une montagne ; 3,100 hab.

G1ARDINI (Félix), violoniste et compositeur italien, né.à Turin en 1716, mort à Mos-cou en 1796. Son’père, qui avait remarqué en lui quelques dispositions pour le violon, le mit entre les mains de Somis, qui lui fit étudier pendant plusieurs années les œuvres de Borelli, sans parvenir à lui donner le goût du grand style et de la simplicité. Giardini était encore jeune quand il se rendit à Rome pour se faire une position artistique. N’y ayant point réussi, il entra à l’orchestre d’un théâtre de Naples. Sa manie de surcharger de traits les simples accompagnements, aberration de goût qui du reste lui valait chaque soir les applaudissements du public, lui attira une humiliante leçon de la main de Jomelli. On jouait un ouvrage de ce maître, qui vint à l’orchestre s’asseoir près de Giardini. Celuici espérant, sinon éblouir le compositeur, du moins recevoir une profusion d’éloges, s’ingéniait plus que jamais à entasser fioritures et gruppetti sur sa "partie d’accompagnement, quand, au milieu d’un point d’orgue des plus compliqués, il reçut de son voisin un puissant soufflet qui le ramena désagréablement à la réalité. En 1744, cet artiste se rendit à Londres ; les dilettanti anglais, qui n’avaient eu, jusqu’à ce jour, à juger que la manière antique de Brown et le style sévère da Seminiani, s’extasièrent devant l’archet leste et pimpant de Giardini. Après un séjour de dix-huit mois à Paris, où il se produisit avec succès aux concerts spirituels, il se fixa à Londres, où la haute aristocratie l’accueillit avec empressement. Les élèves accoururent en foule, le grand monde s’empressa à ses matinées musicales ; de là, une fortune considérable qui lui assurait une existence des plus heureuses, s’il n’eût eu, en 1765, la fantaisie de diriger le Théâtre-Italien. Il perdit, dans cette entreprise, tout ce qu’il possédait. Pour réparer ses pertes, il publia de nouvelles compositions et reprit l’enseignement et les concerts ; mais il avait atteint la cinquantaine ; son talent n’avait plus pour les Anglais l’attrait’de la nouveauté. Le public resta indifférent, et l’arrivée du violoniste Cramer lui porta le dernier coup. Lorsqu’il abandonna Londres, en 1784, il était aussi pauvre qu’à son arrivée dans cette ville, et il avait soixante-dix ans. Naples le retint quelques années, puis il alla mourir à Moscou.

Un grand sentiment dans l’adagio, une exquise justesse, de la variété dans le coup d’archet, telles étaient les principales qualités de Giardini. Par contre, son style était mes-