Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 3, Frit-Gild.djvu/421

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la salle des pas perdus du palais de justice et de la caserne do Saint-Charles, de la même ville ; un ljas-relief de l’église de Saint-Augustin de Paris ; un autre à la bibliothèque du Louvre, em.

■GILBERT (Jean-Désiré-Louis), littérateur français, né à Maissemy (Aisne) en 1819. Il se fit recevoir licencié es lettres, puis donna des leçons particulières. Devenu riche par suite d’un brillant iriariage, M. Gilbert abandonna l’enseignement pour se livrer uniquement à ses goûts littéraires. Il s’est avantageusement t’ait connaître des lettres en remportant a trois reprises le prix d’éloquence décerné par l’Académie française pour ses Eloijes de Vituoeuarynes (1856), de Heynard (1859), et de Saint-Evremont (180C). Outre ces écrits, remarquables par le style et par l’ingéniosité des aperçus, et qui lui valurent la croix de la Légion d’honneur, M. Gilbert a donné une excellente édition annotée des Œuvres complètes de Vnuoenurgues (1857, 2 vol. in-8°), et.une très-bonne édition de La Bochefuucuuld, laquelle t’ait punie de la collection des grands écrivains sde M. Régnier.

GILBERT D1ÏS MOLIÈRES, homme politique français. Y. GiBiotT uns Molierks.

GILBERT DE LA POBHÉE, théologien français, évêque de Poitiers, uè dans cette ville vers 1070, mort en 115-t. V. Poerée (Gilbert de la).

GILBERT DE VOISINS (Pierre), magistrat français, né en 1684, mort à Paris eu 1769. Il était parent par sa mère de Boileau Despreaux. Il fut successivement avocat du roi au Châtelet, conseiller au parlement, maître des requêtes au conseil d État, membre du conseil royal des finances, avocat général au parlement de Paris (1718-1739), conseiller- ? d’Etal (1740), et premier président au grand conseil (1741). Oilbert de Voisins appartenait à ces membres de notre ancienne magistrature, qui, en toute occasion, dépendaient le pouvoir rojal contre les prétentions de la cour de Rome. Un a des extraits des plaidoyers de ce magistrat, conservés dans le Journal des audiences, et deux Mémoires suites moyens de donner aux protestants un État cieil en France, suivis d’un Projet de déclaration (Parisf 1787, iu-8°).

GILB1ÎKT DE VOISINS (Pierre-Paul-Alexandre, comte), magistrat et publiciste, pair de France, arrière-petit-rils du précédent, né à Grosbois, près de Paris, en 1779, mort en 1843. Il éinigra au commencement de la Révolution, revint à Paris après le 18-brumuire, fut nommé juge, puis président à la cour impériale eu 1810, maître des requêtes au conseil d’État en 1813, prit part à la défense de la capitale en 1814, à hx tête d’une compagnie de gardes nationaux, et devint, au retour de Napoléon de l’Ile d’Elbe, premier président de la cour impériale, conseiller d’État, pair de France et baron de l’Empire. À la seconde rentrée des Bourbons, Gilbert de Voisins tomba dans une complète disgrâce. Il entra alors dans les rangs de l’opposition libérale, fit une guerre acharnée aux. jésuites, fut élu député par l’arrondissement de Parthenay en 1827, et devint membre de la cour de cassation et de la chambre des pairs après la Révolution de 1830. Son principal ouvrage a pour titre : Procédure contre l’institut et les constitutions des jésuites, suinte au Parlement de Paris (1823-1824, vol. in-8<>).

GILBERT1N, 1NE s. Cil-bèr-tain, i-nede suint Gilbert). Hist. relig. Membre d’une communauté de l’ordre de Saint-Gilbert.

GILBEE1TITE s. f. Cil-bèr-ti-te — du nom ■du naturaliste Gilbert). Miner. Hydro-silicate d’alumine naturel.

— Encycl. On trouve la gilberlite dans un filon d’élain, près de Saint-Austle, au pays de Cornouailles, en Angleterre. Elle se présente en petites laines plaies, transparentes, douce3 au toucher, à éclat nacré un peu gras, et d’une couleur blanc verdâtre ou jaunâtre. A cause de ses caractères extérieurs, la gilberlite a été d’abord confondue avec le talc. C’est d’ailleurs une substance très-peu importante, qui raye le gypse et est rayée par le carbonate de chaux, et dont la densité est de 2,048. Thomson y a. trouvé 47,79 de silice ; 32,02 d’alumine j 9 ;23 do soude ; 5,18 de protoxydo de ter ; 1,60 de magnésie, et 4 d’eau.

GILBER.TSOCR.1NE s. m. Cil : bèr-so-kri-ne

— do Giiuertsùii, su.v. angl., et du gr. kruion, lis). Echiu. Genre d’échinodermes crinoïdes fossiles, dont l’espèce type a été trouvée en Angleterre.

Gil Bina (histoire : de), roman de Le Sage,

fiublié, en quatre volumes, de 17J 5 à 1735. Ce ivre immortel est le type ou roman de mœurs, du roman de caractère ; sous ce rapport, c’est une création qui suffirait à elle seule à constituer l’originalité de l’auteur. Modèle inimitable, GU Bios a exigé plus que de l’esprit et plus que de l’observation. Cette histoire séduit tous les âges. Mais l’homme mùr admire surtout la vérité et l’étonnante variété des caractères. Une gaieté naturelle, un mélange heureux de satire et de bonhomie entraînent le lecteur. Nulle part on ne trouvera une peinture plus générale et plus complète de la vie humaine et des diverses conditions de la société ; une censure plus vive et plus

ôitè

comique du vice et du ridicule ; plus de verve et de bon sens ; une narration plus rapide ; un style plus franc et pUs vrai. Gil Blassort d’une condition modeste ; sa naissance est obscure. Fils de minces bourgeois, il reçoit une éducation telle quelle. Garçon éveillé, spirituel, bien tourné, il prend, à dix-sept ans, la route des aventures. Fera-t-il son chemin dans le monde ? Après mainte rencontre et maint accident, la nécessité et l’inexpérience de la vie le font passer sans aucun regret par toutes les conditions ; voyant qu’il n’a pas dépassé le plus humble échelon de la hiérarchie sociale, il s’ingénie à monter plus haut.

Chacun des personnages secondaires qui joue un rôle autour de la figure principale représente une classe particulière de la société. Ces acteurs paraissent et reparaissent un instant, mais davs des situations nouvelles. Ils changent d’humeur, mm de caractère. Sangrado préconise jusqu’à sa dernière heure l’excellence de l’eau chaude et de la saignée, en dépit du résultat funèbre de sa thérapeutique ; Fabrice, le poëte, déserte le service des Muses, mais il revient à son premier culte avec la santé ; Raphaël et Lamèla Se lassent de la pénitence et emportent la caisse du couvent. Mille tableaux variés se déroulent ; c’est un péle-méle de toutes sortes de classes et de conditions, de rangs et dé caractères, d’aniécédents et d’habitudes, de goûts et de ridicules : voleurs, chanoines, médecins, auteurs, comédiens, prélats, barbons amoureux, filles galantes, ministres, etc. Gil Blas obtient enfin le poste d’intendant de don Alphonse ; il est sans retard chargé de faire en son nom une restitution ; c’était, observe-t-il, commencer le métier d’intendant par où l’on devrait le finir. Il monte plus haut encore. I ! passe à la cour et le voici secrétaire du duc de Lerme. Alors tant de fortune l’éblouit et le déprave. Mais bientôt de nouveaux événements modifient sa position, on amenant la retraite de son protecteur. Gil Blas se décide enfin à vivre chez lui en bon père de famille, qui croit pieusement être le père de ses enfants.

a De tous ceux qui connaissent ce charmant ouvrage, dit Walter Scott, qui aiment it se rappeler comme une des occupations les plus agréables de leur vie le temps où ils l’ont dévoré pour la première fois, il eu est peu qui ne reviennent de temps en temps à ce livre immortel avec toute l’ardeur et la vive émotion qu’éveille le souvenir d’un premier amour. Peu importe l’époque où nous nous sommes trouvés pour la première fois sous le charme, que ce soit dans l’enfance, où nous étions surtout amusés par la caverne des voleurs et les autres, aventures de Gil Blas, que ce soit un peu plus tard dans’ l’adolescence, alors que notre ignorance du monde nous empêchait encore de sentir la satire fine et ainère cachée dans tant de passages, ou, enfin, que ce soit lorsque nous étions déjà assez instruits pour saisir et comprendre toutes les diverses allusions à l’histoire et aux affaires publiques qu’on trouve dans tant d’autres, ou assez ignorants lecteurs pour ne voir dans l’amusant récit que ce qu’il exprime directement, l’enchanteur n’en a pas moins exercé sur nous un pouvoir ’absolu. Si Gray a dit une chose vraie en prétendant que rester nonchalamment étendu sur un sofa à lire des

romans nouveaux, ne fussent-ils qu’attachants, donnait une assez bonne idée des joies du paradis, combien cette béatitude de l’esprit ne serait-elle pas plus grande encore si le génie de l’homme pouvait enfanter de nos jours un nouveau Gil Bios ? »

L’une des meilleures pages de La Harpe, le premier qui ait convenablement apprécié Gil Blas, est celle qu’il lui consacre. « Gil Blus, dit-il, est un chef-d’ceuvre ; il est du petit nombre des romans qu’on relit toujours avec plaisir-, c’est un tableau moral et animé de la vie humaine ; toutes les conditions y paraissent pour recevoir ou pour donner une leçon. C’est là que l’instruction n’est jamais sans agrément. Utile dulcidevta.il être la devise de cet excellent livre, que la bonne plaisanterie assaisonne partout. Plusieurs traits ont passé en proverbe, comme, par par exemple, les homélies de l’archecêque de Grenade. L’interrogatoire des domestiques de Samuel Simon est digue de Molière ; et quelle sanglante satire de l’inquisition ! Ailleursquelle peinture de l’audience d’un premier commis, de l’impertinence des comédiens, de la vanité d’un parvenu, de la folie d’un poète, de la mollesse des chanoines, de l’intérieur d’une grande maison, du caractère des grands, des mœurs de leurs domestiques ! C’est l’école du monde que OU Blus. Ou reproche à l’auteur de n’avoir peint presque jamais que des fripons. Qu’importe ? si tes portraits sont reconnaissables. Il a fait, d’ailleurs, son métier, car le roman et la comédie sont un genre de satire. Ou lui reproche trop de détails subalternes ; mais ils sont tous vrais et aucun n’est indifférent. Il n’est point tombé dans cette profusion gratuite de. circonstances minutieuses qu’on prend aujourd’hui pour de la vérité et qui ne signifie rien. On connaît les personnages de Gil Blus ; on a vécu avec eux ; on les retrouve à tout moment. Pour

?uoi ? Parce que, dans la peinture qu’il en

ait, il n’y a pas un trait sans, dessein et sans effets. Le Sage avait bien de l’esprit, mais il met tant de talent a, le cacher, il aime tant à | se cacher derrière ses personnages, il s’oc GiLÈ

cupe si peu de lui, qu’il faut avoir ne Dons yeux pour voir l’auteur dans l’ouvrage et apprécier a ta fois l’un et l’autre. »

La question des origines de Gil Blas a été fort agitée. M. Sainte-Beuve indiquait, il y a plusieurs années, ,1e travail à entreprendre sur ce sujet ; mais deux érudits allemands ont vidé le procès à notre avantage, et leur arrêt définitif rejette toutes les prétentions des critiques espagnols. Une injuste assertion de Voltaire avait causé tout ce malentendu. D’après lui. Le Sage avait pris entièrement Gil Blas d’un roman espagnol de Vincent Espinel. À la fia du siècle dernier, un jésuite de Madrid, le P. Isla, reproduisit cette assertion ; seulement il citait une autre source que celle signalée par Voltaire ; c’était un miinuscrit espagnol inédit et inconnu ! En conséquence, il restitua à l’Espagiie le roman de Le Sage, dont il donna une traduction castillane. En 1819, le comte François de Neufchàleau réfuta les prétentions inadmissibles du P. Isla. Un savant espagnol, qui habitait alors Paris, M. Llorente, releva le gant. M. F. de Neufchàleau répondit en 1822 ; M. Llorente répliqua, la même année, par un volume où il soutenait que Gil Blas était la dépouille opiitie des Aoentnres du bachelier de Sntumaiiqde, manuscrit inédit du temps de Le Sage. La querelle e’n resta là ; mais le doute lit son chemin ; l’Allemagne et l’Angleterre mettaient en avant de temps et temps le prétendu plagiat, quand MM. Ast et Franceson, de Berlin, se firent successivement juges du procès en 1857.

M. Franceson renverse dans ses observations critiques les hypothèses de Llorente, hypothèses gratuites, contradictoires, puériles même, lln’a pas de peine h réfuter Une argumentation sans base, sans preuve, sans bonne foi. Ainsi, Llorente fonde son accusa1 tion de plagiat sur la connaissance des mœurs, l’exactitude des descriptions et l’emploi de certains mots castillans qui se trouvent dans le roman français. Il découvre enfin des liispanismes dans ces expressions : « Grâce au ciel, à Dieu ne plaise, seigneur écolier, etc. » Il se demande où l’auteur de Gil Blas a pu apprendre si justement qu’il y avait dans les Espagnes un patriarche des Indes, une Saiiite-Hermandad, un connétable de Castille et des vice-rois, puisqu’il n’y en a point en France ? Il l’accuse, eu outre, d’avoir servi à l’un de ses personnages une tusse de chocolat ! « Ceci mérite une attention particulière, dit Llorente avec toute la gravité castillane ; car alors (en 1715) le chocolat n’était pas connu en France... » Il était si peu connu que la comtesse de Grignan mourut de l’usage immodéré du chocolat, malgré les remontrances de M"’e de Sévigné.

M. Franceson a recherché avec soin les emprunts que Le Sage a pu faire. Ces emprunts o mettent hors de doute la véritable originalité de l’ouvrage français. • Ce sont des imitations, non des traductions ; elles se réduisent à une dizaine de passages pris, en effet, au roman désigné par Voltaire, et dont voici le titre : Jletation de la vie de l’écuyer Marcos Gbregan, par Vicante Espinel, publié à Madrid en 1618 et traduit en français vers cette époque. Les principaux passages imités sont : le prologue, ^aventure de Gil Blas avec le parasite, l’histoire du muletier, la première aventure de Santillane avec Camille, l’aventure du barbier Diego de la Fuente avec la femme du médecin, etc. Enfin, Le Sage, appliquant le précepte de Molière, a pris dan3 une vieille comédie (Tout est intrigue en amour) l’idée de l’intrigue d’Aurore de Guzman et de Louis Pacheco, et les diverses particularités de la vie de Sojpion à un autre roman (Vie et prouesses d’Jistiuanitlo Gonzalez). Le Sage a extrait d’un auteur italien oublié, Ferrante Pallavicini, le récit de la disgrâce du comte-duc d’Olivaréz. La relation de Pallavicini fut imprimée en français, en Hollande (1644), sous le titre de Courrier desvalisé. Outre les détails historiques relatifs au comte-duc, Le Sage a emprunté les expressions de ce récit. Nousnous attacherons à cette conclusion donnée par un maître en jurisprudence littéraire, M. Villeinain : ■ Ce n’est pas que, dans cette affaire, dit cet excellent juge, nous prétendions tout à fait nier la dette envers l’Espagne ; mais elle est autre qu’on ne dit. Notre Gil Blas n’est pas volé, quoi qu’en aient dit le P. Isla et tout récemment la docte Llorente. Il n’y a pas eu de manuscrit mystérieux trouvé par Le Sage et caché pour tout le monde ; mais nul doute que Le Sage n’ait habilement recueilli cette plaisanterie sensée, cette philosophie grave avec douceur, maligne avec enjouement, qui brilio dans Cervantes et dans Quevedo, et dont quelques traits heureux se rencontrent toujours «fans les moralistes et les conteurs espagnols. À cette imitation générale et libre, Le Sage mêle le goul de la meilleure antiquité : il est, pour lo style, l’élève de Terence et d’Horace. »

Les deux premiers volumes de Gil Blçs parureùt à paris eun’lS, format in-12 ; le troisième volume en 1724 et le quatrième, enfin, en 1735. Les éditions de Gil Blas sont innombrables ; nous" citerons seulement celle de P. Didot (Paris, 1819, 3 vol. in-8"), accoinpafnée d’un Examen de la questiun de saeoir si e Sage est l’auteur de Gil Blas ou s’il l’a pris de l’espagnol, par F. de N.eufchâteau, et celle de Lefevre (Paris, 1820, 3 vol, in-8<>)( accompagnée également d’un oxamen préli ÔÎLB

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minairo, de nouveaux sommaires des chapitres et de notes historiques et littéraires par F. de Neufchàteau, Gil Blas a été traduit dans toutes les langues littéraires ; nous mentionnerons, en anglais, l’excellente version de Smollett, le romancier, et, en espagnol, celle du P. Isla.

Gil Blas est resté le type de l’homme d’une morale facile, acceptant toutes les situations ? tirant de chaque chose le meilleur parti possible. Ce n’est pas un de ces modèles de vertu dont la sublimité nous décourage et nous désespère ; il va terre à terre avec nous ; il tombe, il se relève ; mais, sans vouloir nous" imposer l’imitation, il nous montre tantôt ce qu’il faut faire, tantôt ce qu’il faut éviter ; il trébuche quelquefois, mais jamais il ne s’enfonce tout à fait dans lo vice, et il y a en lui une bonhomie naturelle qui revient à la vertusanseffort.il répand sur tout une teinte, de naïveté toujours aimable, soit qu’il demande plaisamment à Dieu de ne pas charger sa conscience du coup d’escopette qulil tire sur la voiture des voyageurs, soit qu’il tombe des mains des voleurs pour aller dans la prison. Enfin, il sait aussi nous offrir à l’occasion de profondes leçons démorale. Tel est le caractère de l’homme H’ger, inconstant, à facile morale, aimable, dont Gil Blas est resté le type, et auquel la littérature fait de fréquentes allusions :

« Aujourd’hui, les notables et les influents viennent en droite ligne de Gil Blas. Que s’ils récusent une pareille généalogie, on peut les renvoyer à.ïurcaret, autre fils du même père. Il semble, toutefois, que la paternité de Gil Blas soit préférable, car celui-ci veut parvenir, et il y a droit par ses talents, tandis que l’autre, parvenu on no sait comment, est jugé par sa conduite, ni noble ni bourgeoise, mais souvent imitée depuis. »

Guardia..

Gil Blas de lu Révolution (lu), OU les Confasuioni de Laurent G i lia ni, par Picard

(1824-1825, 5 vol. in-12). Au moment où commence la Révolution, Gitfard, le héros de notre roman, est garçon chez un coiffeur ; c’est à lui qu’est échu l’honneur d’accommoder les tètes les plus considérables du quartier, parmi lesquelles figurent celles du marquis de Rinville et du comédien Durosuy. Il s’affilie à une société populaire, tout eu faisant partie d’une société royaliste, et, grâce à ce double courant, il voit ses uffaires prospérer de plus en plus. Un peu plus tard, il s’associe à une troupe de comédiens bourgeois, où il se présente sous te nom de Giffard de Cuissac, et où il connaît la jolie Thérèse, qui, séduite par le marquis de Rinville, en avait eu un fils. Le marquis émigré, et Gitfard, dont la duplicité venait d’éprouver quelques, désagréments dans sa société patriotique, le suit de l’autre côté du Rhin, où il essaye de se faire passer pour noble. Reconnu par quelques gentilshommes dont les têtes lui avaient passé par les mains, il est forcé de reprendre la houpe et le cuir anglais. Dégoûté par cet insuccès, le Gil Blas Je la Révolution s’enrôle dans une troupe de comédiens dont Thérèse faisait partie, Puis, il devient tour il tour négociant, journaliste, directeur de théâtre et fournisseur de l’armée d’Italie. Il realise une grande fortune. Thérèse, qu’il épouse, le fait nommer membre du conseil des Cinq-Cents. Le 18 brumaire, Giffard saute l’un des premiers par les fenêtres de l’Orangerie, et retombe si habilement sur ses pieds, que, le soir, il était tout porté à Saint-Cloud pour voter l’approbation de la mesure un peu vive qui, le matin, l’avait obligé de déployer ses talents gymnastiques. Cependant, ou nomme des tribuns, des sénateurs, des conseillers d’État, et Giffard est oublié.

Sous l’Empire, notre Oil Blas, dont la fortune n’avait survécu que quelques jours aux libertés publiques, se vit forcé d’accepter una place d’h-uissier de cabinet, qu’il ne parvint « même pas à conserver. Après bien des démarches, colloque dans les Droits réunis, puis mis à la retraite, il retourna philosophiquement à ses premières amours, et ouvrit boutique dans un village. La nouvelle do la déchéance de l’empereur l’y surprit. Se croyant royaliste, il Se mit eu route pour la capitale, où, à peine arrivé, il se lança de nouveau dans l’intrigue, toujours avec la mémo maladresse et le même insuccès. La débàule de 1S15 arrive ; il parvient à se procurer une place dans le gouvernement nouveau. Au champ "de Mai, il figure parmi les hérauts d’armes de l’empereur. Après les Ceni-Jours, Giffard perd.ses protecteurs, descend aux. plus bas degrés de l’échelle sociale, et s’achemine vers la route qui conduit à Bicètre.

Les acteurs de ce draine politico-familier sont peints avec une grande vérité. Ce sont des girouettes, que font tourner des rubans, des dignités ou des emplois. Ce roinnn renferme d’excellentes scènes de comédie, des chapitres écrits avec beaucoup de comique et de vérité.

Gil Bla*, opéra-comique en cinq actes, paroles de MM. Michel Carré et Jules BarbieY, musique de M. Semet, représenté au Théâtre-Lyrique le 23 mars 1860. Quelque séduisant que soit le titre, la pièce manque d’intérêt. Ce n’est qu’une suite d’aventures, d’épisodes dont chacun exige une exposition nouvelle, une nouvelle mise en scène. De tous les ro»