Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 4, Gile-Gyz.djvu/200

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GRAN

couvrement pour laisser é^outter l’eau de3 pluies ; la charpente du comble est également

  • >n peuplier. Quant a la grange mobile des

Hollandais, c’est, en réalité, un véritable gerbier.

GRANGE (Jean-Baptiste A,), littérateur français, né à Marseille en 1795, mort en 1826. Il lit ses études de droit, succéda à son père comme notaire, et consacra tous ses loisirs à la culture des lettres. Son principal ouvrage, intitulé : Essais littéraires (Paris. 1824, 2 vol. in-8°), contient des élégies, desépîtres, des odes, des éloges, un essai sur les romans, etc. Les poésies de Grange ont de la grâce et de l’élégance.

«RANGE (la). Pour tous les personnages de ce nom, v. La Grange.

GRANGE (Pierre-Eugène Basté, connu au théâtre sous le nom d’Eugèno), auteur dramatique français, né à Paris le 1C décembre 1S10. Il fit ses premiers débuts sur le théâtre des Funambules en 1830, par une pantomime intitulée : les Chevaliers d’industrie. Depuis lors, il a donné, le plus souvent en collaboration, un grand nombre de pièces représentées sur nos différents théâtres, et dont plusieurs ont joui d’un véritable succès. Nous citerons : le Fils du portier, en un acte ; Eric le Fou, en deux actes (1836) ; Un tour de faction, en un acte (1837) ; Gras et maigre, en un acte ; les Enfants d’Adam et d’Eve, en deux actes (1840) ; Pauvre Jeanne, en trois actes, avec d’Ennery (1843) ; les Bohémiens de Paris, drame en cinq actes et huit tableaux, avec le même (Ambigu, 1843) ; la Grisette de qualité, en quatre actes, avec le même ; o& Premières armes du diable, vaudeville fantastique eu cinq actes, avec Cormon (1844) ; la Dette à la bamboche, en deux actes ; Un mari qui se dérange, en deux actes, avec Cormon ; les Amours d’une rose, en trois actes (184G) ; Mademoiselle Agathe, en un acte ; les Paysans, drame en cinq actes, avec d’Ennery (1847) ; le Journal d’une grisette, en trois actes ; Fualdés, en cinq actes, avec Dupeuty (1848) ; les Faubourgs de Paris, en cinq actes (1849) ; les Frères corses, drame en cinq actes ; la Gothon de Déranger, vaudeville en cinq actes, avec Cormon et Dutertre (1851) ; le Carnaval des maris, vaudeville en trois actes (1853) ; À Clicliy (épisode de la vie d’artiste), opéra-comique en un acte (1854) ; les Lavandières de Santarem, opéra-comique en trois actes (1855) ; le Donjon de Vincennes, drame en cinq actes, avec d’Ennery (1857) ; Pâquerette, opéra-comique en un acte (1856) ; Don Pèdre, opéracomique en deux, actes, avec Cormon (1857) ; les Crochets du père Martin, drame en trois actes, avec Cormon (Gaîté, 1858) ; les Mémoires de AJimi liamboche, vaudeville ; Salvator Jlosti, drame en cinq actes ; le Crétin de la montagne, drame en cinq actes, avec Lambert Thiboust ; les Domestiques, vaudeville en trois actes (1861) ; Sortir seule.’ comédie en trois actes, avec Henri Rochefort (Gymnase, 1863) ; les Coiffeurs, vaudeville (1864) ; Un clou dans la serrure, vaudeville. D’une grande fécondité, M. Grange a successivement ajouté aux œuvres précédentes : la Voleuse d’enfants (1865), drame joué à l’Ambigu ; le Supplice d’un homme (1865), vaudeville représenté au Palais-Royal ; les Thngs à Paris (1866), revue en trois actes ; la Bergère d’Jvry (1866), drame joué à l’Ambigu ; le Pays des chansonnettes (1867), vaudeville ; les Croqueuses de pommes, opéra-comique en cinq actes (1868) ; et plus récemment : la Mariée du mardi gras, en trois actes, un des succès’du Palais-Royal.

Grongo-Baichéro. On a donné co nom à une rue toute moderne, qui relie la rue Chauohat a la rue du Faubourg-Montmartre. Comme le nouveau quartier sur lequel elle est ouverte était jadis un terrain marécageux, on serait tenté d’expliquer son nom par grange aux bateaux. En voici la véritable origine : vers le xni" siècle, il existait de ce côté une maison qui est désignée dans plusieurs actes de l’époque sous les divers noms de granyia batailiias, granchia balilitica (grange de la bataille, grange batailleuse), et nous trouvons dans un acte de 1620 grangia batetleria. Ces divers noms provenaient du voisinage du Champ des joutes, jeux militaires en usage à cette époque. La Grange-Batailleuse formait, avec ses dépendances, un fief important, qui était, au xive siècle, la propriété de Guy, comte de Laval. Il appartenait à l’ordre des blancs-manteaux en 1424. En 1743, il était devenu un des apanages du comte de Vendôme, Jean de Bourbon, et à la fin du xvmc siècle il avait passé, sous le nom d’hôtel Pinon, aux mains de cette dernière famille. En 1820, la ville de Paris l’acquit d’un des héritiers et commença à y ouvrir la rue Drouot et la rue dite Grange-Batelière. Cette dernière rue, continuée en 1846 et 1847, n’a été terminée (ju’en 1851.

Grnnge-Biéneau (la), château de France (Seine-et-Marne), comni. de Courpalay, cant. de Rozoy, arrond. et à 24 kilom. de Coulommiers. Ce château, qui a appartenu à La Fayette, éveille de-nombreux souvenirs féodaux et surtout républicains. Il attire de loin l’attention par son aspect féodal. Trois corps de bâtiments forment une vaste cour, dont le quatrième côté laisse voir le pure avec ses belles pelouses de gazon, bordées irrégulièrement d’arbres de haute futaie et entrecoupées çà et là de superbes massifs de sapins, de saules et de peupliers, qui rapprochent ou

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reculent l’horizon. Cinq gro-sas tours rondes, bâties il y a près de six tièeles, donnent à l’édifice une certaine majesté. Les deux tours dont la porte d’entrée est flanquée sont presque entièrement tapissées d’un lierre vigoureux qui y fut planté de la propre main de Fox, pendant le séjour qu’il fit à la Gninge-Bléneau chez le général 1.a Fayette, lors de son voyage en France après la paix d’Amiens (1802).

GRANGÉE s. f. (gran-jé — rad. grange). Ce que contient une grange pleine : Une grangée de blé.

— Bot. Genre de plantes de la famille des composées, tribu des corymbifères.

GRANGÉINÉ, ÉE adj. (gran-jé-i-né — rad. grangée). Bot. Qui ressemble à une grangée.

— S. f. p !. Sous - tribu des corymbifères, ayant pour 13rpe le genre grangée.

GRANGEMOUTH, ville d’Écosse, comté et à 17 kilom. S.-E. de Stirling, sur le Cnrron, près de son embouchure sur le Forth ; 2,000 hab. Port de commerce, fréquenté principalement par les navires de Suède et de Norvège.

GRANGENEUVE (Jacques - Antoine), conventionnel girondin, né à’Bordeaux en 1750, décapité dans cette ville le 21 décembre 1793. Avocat à l’époque de la Révolution, il en embrassa les principes avec beaucoup d’ardeur, fut élu procureur de la Commune, puis député à l’Assemblée législative (1791), y fit preuve de talents oratoires et d’une grande exaltation républicaine, et s’y montra le premier doiffé du bonnet rouge. Il prit souvent la parole contre les émigrés, contre les ministres, contre le roi lui-même. Ayant injurié un membre de la droite, le député Journeau, celui-ci s’en vengea en le frappant, et fut, pour ce fait, envoyé à l’Abbaye. ûrangeneuve est un de ceux qui insistèrent le plus, avant le 10 août, pour faire décréter par l’Assemblée la déchéance de Louis XVI. Pour précipiter ce résultat, Chabot et lui prirent la résolution de se tuer l’un par l’autre dans le jardin des Tuileries. Leur mort, attribuée à la cour, devait exaspérer le peuple. Mmo Roland, qui rapporte cette anecdote, ajoute que Chabot ne parut pas au rendez-vous. Elu député à la Convention, Grangeneuve changea tout à coup de conduite, vota contre la mort du roi, fit cause commune, contre la Montagne, avec ses amis de la Gironde, fut proscrit, comme eux, le 31 mai 1793, puis mis hors la loi, arrêté à Bordeaux et traduit devant une commission militaire, qui n’eut qu’à constater son identité pour l’envoyer à.la mort.— Son frère, Joseph Grangeneuve, né en 1758, fut administrateur du département de la Gironde, dénonça à la Convention une adresse qui demandait le massacre d’une partie des représentants du peuple, fut arrêté, et subit avec une grande fermeté le dernier supplice en même temps que son frère, en 1793.

GRANGER, ÈRE s. (gran -je, è - re — rad. grange). Agiic. Nom donné aux fermiers ou aux métayers dans quelques localités. Il Ouvrier qui serre le blé dans la grange. On dit

aussi GRANGIKR.

GRANGER (Tourtechot), voyageur français, né à Dijon, mort en Perse en 1734. Il exerça la chirurgie dans plusieurs villes, notamment à Marseille et à Toulon, pendant la peste de 1721, se rendit ensuite à Tunis, où il devint chirurgien-major de l’hôpital des religieux trinitaires espagnols, et revint en France en 1728 pour solliciter une place de chirurgien-major dans un régiment. N’ayant pu obtenir cet emploi, il partit pour l’Égypte avec le consul de France au Caire, puis visita successivement Candie, Chypre, la Caramanie, la Palestine, la Syrie et enfin la Perse, où il mourut non loin de Bassora. On a de lui, sous le titre de llelation du voyage fait en Égypte par le sieur Cranger en 1730 (Paris, 1745, in-12), un ouvrage dans lequel il décrit le pays et ses monuments en observateur judicieux qui ne parle que de ce qu’il a vu.

GRANGER (Jacques), biographe anglais, né dans le Berkshire vers 1710, mort en 1776. Il exerça les fonctions pastorales à Shiplake, dans le comté d’Oxford. Ayant fait une collection de portraits d’hommes célèbres et étudié en même temps l’histoire des personnages que ces portraits représentaient, il lui vint à 1 esprit d’écrire une Histoire biographique d’Angleterre depuis Egbert le Grand jusqu’à la Révolution (1769, 2 vol. in-4°), qu’il fit suivre d’un supplément en 1774. Cet ouvrage, qui eut un grand succès et dont une G° édition, augmentée do plus de 2,000 vie. par Mark Noble, a paru en 1S24 (G vol. in-S"), donna en Angleterre une vive impulsion aux travaux biographiques. Les notices de cette biographie sont écrites d’une façon concise, exacte et impartiale ; mais, comme l’ouvrage était destiné plutôt à servir de texte à une collection de portraits qu’à comprendre systématiquement les célébrités de l’Angleterre,

il est résulté de ce plan étroit que Granger y a introduit fréquemment des individus qui ne méritaient.pas cet honneur, et que, sous le rapport de l’art, il y a admis des ouvrages au-dessous même de la médiocrité. Outre ce livre, Granger a publié des sermons et quelques petits traités.

GRANGER (Philippe-Pierre), acteur distingué de la Comédie-Italienne, né à Paris en 1744, mort en 1825. Il débuta dans les rôles

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tragiques, au Théâtre-Français (1763), y obtint assez de succès pour inspirer rie la jalousie à Grand val et à Mole, joua pendant vingt ans en province, et parut, en 17S2, au Théàtre-Ituiicn, dont il devint un des meilleurs

sujets. Après 1790 ; ce dernier théâtre ayant abandonné la comédie.pour les pièces à ariettes, Granger prit la direction de la scène de Rouen, qu’il conserva jusqu’en 1818, et fut j)ommé, en 1819, professeur de déclamation au Conservatoire de Paris. C’était un des meilleurs comédiens de son temps ; il excellait dans les rôles de marquis et en général dans le haut comique.

GRANGER (Jean Perrin), peintre français, né à Paris en 1779, mort dans cette ville en 1840. Élève de David et de Regnault, il remporta le grand prix de peinture en ISOl et se rendit en Italie. Cet artiste dessinait correctement et savait bien composer ; mais complètement dénué d’originalité, il resta toute sa vie un imitateur impuissant et servile du grand David. Nous citerons, parmi ses principaux tableaux.- Ganymède (1812), au musée de Bordeaux ; Saint Charles Borromce (1819), à l’église Saint-Sulpice ; Titus recevant’ les hommages des Campauiens (1822), au musée de Versailles ; Jésus guérissant lesmatades (1839) ; le Maréchal Bnucicau.lt faisant lever le siège de Constantinople à Bajazel (1S40), au musée de Versailles ; une Adoration des mages, à Notre-Dame-de-Lorette, à Paris, etc.

GRANGER (Jacques), médecin et poète écossais. V. Grainger.

GUANGERET DE I.AGRANGE (Jean-Baptiste-André), orientaliste, né à Paris en 1790. 11 s’adonna à l’étude des’ langues orientales, particulièrement de l’arabe et du persan, sous la direction de Sylvestre de Sacy, et fut attaché, en 1824, en qualité de sous-bibliothécaire, à la bibliothèque de l’Arsenal. Outre un certain nombre d’articles publiés dans le Journal asiatique, le Journal étranger, etc., on a de lui : les Arabes en Espagne, extrait des historiens orientaux (1824, in-8°) ; Défense de la poésie orientale (1826, in- 8°) ; Anthologie arabe ou Choix de poéstes inédites, traduites pour la première fois (1828, in-8°).

GRANGÉRIE s. f. (gran-jé-rî—de Granger, bot. fr.). Bot. Genre d’arbres de la famille des chrysobulanées, dont l’espèce type croît à l’île de la Réunion. Il On l’appelle vulgairement arbki ; dk buis.

GRANGES (Tiburce nu Phroux des), prêtre français. V. Desgiîangës.

GRANGES (Jean-Baptiste des), médecin français. V. Desgranges.

GRANGES, bourg et commune de France (Vosges), cant. de Corcieux, arrond. et à 35 kilom, S.-O. de Saint-Dié, sur la Vologne. dans une vallée pittoresque ; pop. aggl., 1,285 hab. — pop. to :., 2,761 hab. Moulins, huileries, filature de coton, fabrique de calicot, feculerie, teinturerie et grosses toiles.

Grongea-CnlhuD (CHÂTEAU DES), château de

France (Vendée), sur un plateau boisé d’où le regard embrasse un immense horizon. Ce château fut commencé en 1525 par Jean Cathus, seigneur des Granges. Quoique ruiné, c’est encore aujourd’hui un des plus précieux monuments de l’art de la Renaissance. L’édifice avait jadis un second étage percé de fenêtres semblables à celles de la grande tour. Les constructions se prolongeaient à gauche de l’escalier, formant un second corps de façade, défendu du côté du jardin par une tour pareille à celle qui existe à droite. Des combles élevés dans le style de l’époque et couverts en ardoises surmontaient les bâtiments ; ceux de la tour, terminés par une lanterne ou campanile, existaient encore en 1540, époque où on les remplaça par une disgracieuse toiture en tuiles. Un dôme en plomb, surmonté d’un clocheton, couvrait le pavillon de l’escalier. Enfin il y avait encore deux autres tours, dont l’une n’a pas complètement disparu. Quant aux constructions entièrement disparates, qui, en forme d’aile, s’appuient sur l’escalier, elles ne remontent pas au delà du xviu« siècle. À l’intérieur, la richesse de l’ornementation éblouit : animaux fantastiques ou réels, instruments de guerre et de science, de musique et de chasse, armures, fleurs, armoiries, devises et allusions d’amour, toutes les capricieuses créations, en un mot, de la Renaissance y éclatent et s’y entremêlent, formant au plafond comme une page unique qui va s’enroulant jusqu’au second étage, présentant dans deux médaillons l’histoire du seigneur des Granges, sa naissance et sa jeunesse, ses deux mariages et ses chagrins domestiques. Pas une pierre qui n’ait été fouillée, tourmentée par le ciseau. Les sculptures des cheminées, finement exécutées, représentent Pyrame et l’hisbé et Y Amour poursuivi par des chimères. Citons encore la fenêtre de la grande tour, et le portail remarquable par la légèreté et l’élégance de son style. M. Andé a publié, en 1854 (La Roche-sur-Yon), une intéressante notice historique sur le chàteaudes Granges-Cathus.

GRANGIER (Balthasar), traducteur français du XVio siècle. Il était aumônier du roi et conseiller d’État, C’est lui qui, le premier, a traduit en français la Divine Comédie de Dante, l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis (Paris, 1596, 3 vol. in-12). Cette traduction en vers est d’une très-grande fidélité, mais souvent obscure. Grangier a en

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outre lnissé une traduction des Césars de Julien (15S0, in-8°).

GRANGIER (Jean), érudit fiançais, né à Châlons-sur-Marne vers 1576, mort à Paris en 1G43. Successivement professeur de rhétorique et principal des collèges d’IIarcourt et de Beauvais. puis recteur de l’Université (1611), il succéda, en 1617, à Théodore Marcite en qualité de professeur d éloquence latine au Collège royal de Frarce, Comme il était diacre, il fut obligé de demander au pape des dispenses pour se marier avec une femme dont il avait eu des enfants. Grangier était un remarquable orateur, mais un insupportable pédant. C’est lui que Cyrano de Bergerac, son élève, a représenté sous le nom de Granger dans sa comédie intitalée le Pédant joué. On a de Grangier quelques" opuscules, entre autres : De Fruncia ab ’Jenriei l V inieriln vindicata (16U) ; De loco ubi victus Attila fuit (1641, in-8<>).

GRANGUES, village et commune de France (Calvados), cant. de Dozulé, arrond. et à 50 kilom. de Pont-l’Evêque, su.’ le penchant d’un coteau d’où l’on découvre une belle vue sur l’admirable vallée d’Auge ; 279 hab. Belle église du xvc siècle, offrant une jolie porta méridionale, de gracieuses fenêtres, deux élégantes piscines, et un beau rétable du règne de Louis XIII.


GRAN1E (Pierre), historien «^jurisconsulte français, né à Béziers en 17."5, mort à Bordeaux en 1819. D’abord avocr.t près la cour de cassation (1800), puis avocat aux conseils du roi (1814), il devint, en IS19, vice-président du tribunal de première instance de Bordeaux. Ses principaux ouvrages sont : Observations sur tes lois maritimes dans leurs rapports avec le code civil (Paris, 1799, in-8°) ; Histoire de l’Assemblée constil tante écrite par un citoyen des États-Unis de ’.'Amérique septentrionale (Paris, 1799), sam nom d’auteur ; Histoire de Charlemagne (Paris, 1819).


GRANIER (Louis), compositeur français, né à Toulouse en 1740, mort dans la même ville en 1800. Il étudia la composition dans son pays natal. Après avoir été quelques années maître de musique de l’Opéra de Bordeaux, il passa au service du prince Charles de Lorraine, en qualité de premier violon de son théâtre à Bruxelles. Il mit en musique les chœurs d’Athalie, de Racine. Appelé à Paris et admis à l’Opéra, il occupa, de 1760 à 1787, une place de second violon. Il est auteur de fragments ajoutés à l’opéra de Tancrède, de plusieurs divertissements, ballets et airs de danse, de Théonis, fait en collaboration avec Berton père et Trial, et de la nouvelle musique de la tragédie lyrique de Bellérophon, également avec Berton. On doit encore à Granier des sonates et des airs pour le violon, qui furent très-remarqués des connaisseurs.


GRANIER DE CASSAGNAC (Bernard-Adolphe), publiciste et homme politique français, né à Averon-Bergelle (Gers) le 12 août 1806. On a contesté à M. Adolphe Granier le droit de porter le nom de Cassagnac, et il s’est fait assez de bruit autour de cette question pour que nous résumions tes débats. Il résulte des pièces produites que la famille Granier, ou de Granier, est originaire de l’Ariége, et qu’elle alla se fixer, dans le courant du siècle dernier, à la verrerie de Montpellier, canton de Vic, qu’elle afferma ; un petit bois, dépendance de cette terre, s’appelle le Cassagnac, mais il n’est pas prouvé qu'aucun des ascendants du fougueux journaliste ait songé à se parer de ce nom comme d’un titre. Loin de là, l’acte de naissance de son père porte simplement : « Noble Pierre-Paul de Granier, né du légitime mariage de noble Joseph de Granier et de dame Élisabeth de Delort. » Dans son acte de naissance à lui, la particule est même supprimée. Il y est qualifié : « Bernard-Adolphe Granier, fils de Pierre-Paul Granier et de dame Ursule Lissagaray. » M. Granier de Cassagnac déclara avec un grand fracas, en 1867, que des pièces nombreuses, authentiques, l’autorisant à porter le nom qu’il revendiquait, étaient déposées chez Me Cabaret, notaire. Ceux qui le lui contestaient s’y transportèrent et reçurent pour réponse que jamais on n’avait ouï parler de ces pièces. Le procès nous semble donc vidé. M. Granier de Cassarnac possède des droits incontestables à signer de Granier ; mais comme il n’a produit aucun jugement ou ordonnance insérée au Bulletin des lois, l’autorisant à modifier son acte de naissance, ses prétentions au nom de Cassagnac sont dénuées de fondement. Nous le lui laisserons néanmoins dans le cours de cette biographie, comme acquis par l’usage.

M. Granier de Cassagnac fit ses études au collège de Toulouse, puis suivit les cours de la Faculté de droit ; nous ignorons s’il obtint le grade de licencié. Il cultivait, avec assez de succès, la poésie, et montrait déjà, dans des pièces d’une tournure originale, ce souci de la forme et cette science du style qui ont été la préoccupation constante de l’écrivain. Il obtint à l’Académie des Jeux floraux un souci réservé, pour une Épître à moi-même (1829), qui est une rareté bibliographique, et dont nous citerons quelques fragments. Granier de Cassagnac poète ! Qui s’en doutait ? Cette épître est lestement troussée. En voici le début :