Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 4, Gile-Gyz.djvu/205

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


GRAN

Scott, dans son journal (26 mars 1831), nous donne quelques renseignements sur les commencements de la carrière de son jeune ami, qui, après avoir dépensé son patrimoine, chercha des ressources dans ses dispositions pour la peinture. « S’il persévère dans cette profession, dit l’auteur A’Ivanhoë, il deviendra l’un de nos peintres les plus éminents. » Ce fut, en effet, Walter Scott qui lui fournit sa première commande, en lui faisant peindre la décoration de son cabinet d’armures. Dans sa jeunesse, M. Grant avait été passionné pour la chasse au renard et les exercices les plus violents du sport ; aussi ses premiers tableaux se ressentent-ils de ce goût ; mais il renonça bientôt à peindre des sujets de chasse, pour se consacrer exclusivement au portrait. Les relations de sa famille et son mariage avec une fille du duc de Rutland lui assurèrent une riche et aristocratique clientèle. En effet, M. Grant est le peintre ordinaire des cercles les plus fashionables, et son pinceau fécond à reproduit les traits de tout ce qui tient un rang à Londres par la naissance, la beauté et la célébrité politique. Nous citerons, parmi ses premiers tableaux : le Rendez-vous de chasse d’Ascott et la Chasse de Mellon, exposée en 1855 à Paris ; puis, parmi ses nombreux portraits, ceux des ladies Howard, Rodney, Waierford, Beauclerck, et des lords Camphell, Derby, Gaugh, Hardinge, John Russe II, puis de MM. Macaulay, Disraeli, Lockart, gendre de Walter Scott, et Landseer, le peintre. M. Grant, membre de l’Académie royale depuis 1851, eu est devenu président en 1866. Ses beaux portraits, si remarquables par une manière large et brillante, par la liberté de la touche, l’élégance aristocratique de l’arrangement, lui ont valu une grande médaille à l’Exposition universelle de 1855.

GRANT (sir James Hope), général anglais, frère du précédent, né en 1808. Il embrassa la carrière des armes en 1826, servit avec distinction en Chine et dans l’Inde, devint colonel en 1854, et reçut, en 1858, en récompense de la part brillante qu’il venait de prendre à la répression de la formidable insurrection des cipayes, le grade de lieutenant général et les remerclments du Parlement. En 1860, Grant fut appelé, conjointement avec le général Cousin-Montauban, à prendre le commandement de l’expédition envoyée en Chine par la France et l’Angleterre. Après uné campagne aussi courte que brillante, les deux généraux arrivaient à la capitale même de l’empire chinois, s’emparaient de Pékin (12 octobre 1860) et forçaient le gouvernement du Céleste-Empire à signer un traité qui assurait le respect des intérêts européens dans l’extrême Orient. De retour en Europe ; après avoir visité le Japon, le général Grant fut félicité pur le Parlement, pour sa conduite pendant cette expédition, et reçut de l’empereur Napoléon III le cordon de grand officier de la Légion d’honneur. À la fin de 1861, il se rendit à Madras pour y prendre le commandement en chef de cette province. Il a quitté ce poste en 1865, pour devenir quartier-maître général de l’armée anglaise.

GRANT (James), écrivain anglais, né à Elgin, dans le nord de l’Écosse, en 1806. Il vint à Londres en 1833, où il entra dans la presse métropolitaine comme sténographe, en même temps qu’il envoyait aux journaux de province des correspondances de Londres, Son expérience des débats du Parlement l’engagea à publier ses Souvenirs de la Chambre des communes, croquis de personnages parlementaires, qui obtinrent le succès le plus vif et qui enhardirent leur auteur à publier successivement : les Souvenirs de la Chambre des lords, la Grande métropole, le Banc et le barreau, Croquis de Londres, le Sénat anglais en 1838, le Pupitre métropolitain, Voyages dans Londres, Portraits de caractères publies, Paris et son peuple. Depuis plusieurs années, M. Grant est l’éditeur du Morning Advertiser, journal politique quotidien qui a toujours représenté les doctrines d’un libéralisme avancé et ceux du fibre échange.

GRANT (Robert), astronome anglais contemporain, né à Grantown (comté d’Inverness) en 1814. Il atteignait sa quatorzième année, lorsque ses études furent interrompues par une maladie qui dura six années. Une fois rétabli, il se remit avec ardeur au travail, apprit seul les mathématiques, l’astronomie physique, le grec, le français et l’italien, et, après avoir terminé ses études par un court séjour à Aberdeen, entra, en 1841, dans la maison de banque dirigée par ses frères à Londres. Il y demeura quatre ans, consacrant tous ses loisirs aux mathématiques et à l’astronomie. En 1845, il conçut le projet d’écrire l’histoire de cette dernière science et vint dans ce but à Paris, où il passa deux années à faire des recherches dans les bibliothèques publiques et à suivre les cours scientifiques de laSoibonne. En 1848, il commença, dans la collection de la Bibliothèque des connaissances usuelles, la publication do son livre, qui parut par livraisons et dont le plan s’agrandit beaucoup dès le début même : il ne fut terminé qu’en 1852. Cet ouvrage, qui a pour titre : Histoire de l’astronomie physigue depuis les temps les plus reculés jusgu’au milieu du xixe siècle (Londres, 1852, in-s»), a fait époque, a son apparition, dans, l’histoire générale des sciences naturelles, car nous n’avions sur la matière que les Histoires de

GRAN

Bailly et de Delambre, ouvrages excellents sans doute mais qui sont trop anciens et n’ont pas été mis au courant des rapides progrès qu’a faits la science depuis le commencement de ce siècle. Lé livre de Grant venait donc combler une lacune réelle ; ce fut ainsi du moins qu’en jugea la Société royale d’astronomie de Londres, qui décerna, en 1856, à l’auteur sa grande médaille d’or ; la Société était à sa trente-sixième année d’existence, et c’était la première fois qu’elle accordait une pareille récompense. Elle comptait, en outre, Grant parmi ses membres depuis 1S50 et l’avait chargé, en 1852, de diriger la rédaction de ses Comptes rendus mensuels, dans lesquels il a inséré depuis divers Mémoires sur sa science favorite.

GRANT (Ulysse), célèbre général et président des États-Unis d’Amérique, fils d’un simple tanneur, né à Point-Pleasant (Ohio) le 27 avril 1822. En 1839, il entrait à l’école militaire de West-Point, d’où il sortait second lieutenant du 4« régiment d’infanterie. Dans la campagne du Mexique, il gagna sur le champ de bataille ses épaulettes de lieutenant et de capitaine. Mais, la guerre finie, il se trouva que l’existence de garnison ne lui plaisait guère, et, comme beaucoup d’autres, aux États-Unis, il rentra dans la vie civile, alla s’établir fermier dans le Missouri, puis se rendit dans l’IUinois où il entreprit avec son père le commerce des cuirs dans un village appelé Galena. Lorsque la guerre de la sécession éclata, il offrit son épée a la république et fut nommé colonel du 24* régiment des volontaires de l’IUinois. Après la prise du fort Donelson, le président lui conféra le grade de major général. Peu après, il se distingua à la sanglante bataille de Pittsbourg et au siège de Corinth, où il était sous les ordres de Halleck. À la fin de 1863, les échecs de Sherman décidèrent le président à lui donner Grant pour successeur, et dès lors ce dernier sentit qu’il fallait agir promptement et puissamment. On était devant Vicksburg ; le premier soin du général fut de couper les lignes de chemin de fer dans le nord de l’État, afin d’isoler la place. L’attaque commença le 27 décembre. Les fédéraux franchirent sans grandes pertes le bayou marécageux qui longe le pied de la colline, puis ils escaladèrent les pentes sous le feu convergent des batteries ennemies. Après un combat acharné, ils s’emparèrent des deux premières lignes de retranchements. Le 28, ils avaient refoulé les séparatistes à une distance de plus de s kilomètres et combattaient pour la possession de la crête des falaises ; mais, le 29 décembre, la garnison, ayant été renforcée par des troupes fraîches, réussit à rejeter les assaillants dans la vallée de Yazoo. Au printemps de 1863, les fédéraux reprirent partout l’offensive. Du reste, l’hiver et l’insuccès du général Sherman devant Viksburg n’avaient, interrompu que pour quelques semaines les opérations militaires entreprises contre la forteresse qui fermait le Mississipi aux flottes de l’Union ; dès la fin de janvier, le général Grant, appelé à diriger le siège, débarquait avec son armée sur la longue péninsule basse du village de Soto, qu’enlace un vaste méandre du Mississipi, et, par delà cette nappe circulaire d’eau courante, les falaises et les collines de Walnut-Hills, de Vicksburg, de Warrenton, semblables aux gradins d’un immense amphithéâtre. Le premier but du général Grant devait être évidemment d’isoler Vicksburg, ou du moins de couper cette place de ses communications avec Port-Hudson, en s’emparant de la partie du fleuve comprise entre les deux villes. Au premier abord, cela parut assez facile ; mais le général Grant fut forTié d’y renoncer, après avoir accompli de3 prodiges de patience et de labeur. Au mois de mai, il commença le mouvement qui devait lui permettre d’investir Vicksburg, cette place en vue de laquelle il était depuis si longtemps campé. Abandonnant ses cantonnements do Milliken’s-Bend, il lit prendre à son armée les routes boueuses qui longent la rive droite du Mississipi, et bientôt il arriva en face de-Grand-GuIt, petite ville située à 90 kilomètres de Vicksburg et dominée par de hautes falaises où les confédérés érigeaient en toute hâte de puissantes batteris. Tandis que les canonnières fédérales démolissaient ces fortifications improvisées, qui, dans l’espace de quelques semaines, eussent pu devenir un autre Vicksburg, l’armée débarquait à une petite distance en aval, et commençait immédiatement sa marche dans la direction du nord-est, à travers un pays très-accidenté et coupé de ravins profonds. Dès le lendemain, elle se heurtait contre l’ennemi, près de la ville de Port-Gibson, et le mettait en déroute en lui faisant un millier de prisonniers. Le 12, elle atteignait Raymonde, a l’est de Vicksburg, et battait les troupes peu nombreuses que lui opposait le général Greegg. Deux jours après, elle entrait à Jackson, capitale du Mississipi et point de croisement des deux grands chemins de fer de l’État. Le 16 et le 17, nouvelles batailles sur la route de Vicksburg ; le général Pemberton, défait, se réfugia dans les murs de la place, abandonnant 18 pièces d’artillerie et laissant 3,000 prisonniers entre les mains des fédéraux.

Le 21, la place était complètement investie, et les assiégés offraient au général Grant de l’abandonner avec l’artillerie et les munitions de guerre, à la condition de pouvoir rejoin GRAN

dre librement les forces de Johnston. Grant refusa ; et, croyant sans doute l’ennemi plus affaibli qu’il ne l’était, ordonna pour le lendemain un assaut général. Cet assaut ayant été repoussé après un combat sanglant, les fédéraux durent se résigner à entreprendre un siège régulier. Le généralJohnston, commandant les forces confédérées des États du sud-ouest, ne disposait pas d’une armée suffisante pour livrer bataille aux troupes fédérales et secourir la garnison de Vicksburg. Les diverses tentatives qu’il fit pour tromper la surveillance des assiégeants furent inutiles ; privé d’approvisionnements et de moyens de transport, il dut renoncer à tout espoir de ravitailler Vicksburg, 11 ordonna à son subordonné, le général Pemberton, d’évacuer la place avec toute sa garnison et de se frayer un chemin à travers les lignes fédérales ; mais Pemberton refusa d’obéir aux ordres reçus et resta dans la place pour la défendre jusqu’à la dernière extrémité, espérant que, pendant l’intervalle, le gouvernement confédéré pourrait lui envoyer du secours. Son espoir fut déçu ; on ne put même le secourir indirectement en coupant les communications de l’armée de Grant avec le Nord. Depuis plusieurs jours déjà, les travaux de sape avaient fait de tels progrès, que la prise de la ville était.devenue certaine. Le 3 juillet, le général Pemberton demanda une entrevue au général Grant, son ancien compagnon d’armes dans la guerre ’du Mexique, et débattit avec lui les termes de la capitulation. Le 4, à dix heures du matin, les troupes fédérales entraient à Vicksburg en jouant

Dixie, l’air national des États du Sud, comme pour rendre hommage à la garnison, qui s’était si vaillamment défendue. Les résultats de la prise de Vicksburg étaient considérables. Près de 30,000 prisonniers, 200 canons, 100,000 fusils et autres armes, des munitions de toute espèce tombaient entre les mains du vainqueur.

Grant se mit ensuite à la poursuite du général Bragg, auquel il livra, sous les murs de Chattanoga, plusieurs combats dans lesquels il eut l’avantage. Au milieu de ces succès, il fut appelé à remplacer Rosencranz comme commandant en chef de la division du Mississipi, dent les opérations s’étendaient dans l’Ohio, le Cumberland et le Tennessee. L’année suivante fut le signal d’un redoublement d’efforts de la part des armées ennemies. Voyant cela, Lincoln nomma le général Grant commandant en chef de toutes les forces de l’Union, et ordonna une levée de 200,000 hommes (2 mars). Sans tarder, Grant se met à la tète de l’armée du Potomac, et, dégagé de toute préoccupation d’intérêt personnel et d’ambition mesquine, il signale à l’attention du président un homme qu’il considérait comme son supérieur en intelligence stratégique, le terrible marcheur Sherman. Ce dernier reçoit le commandement des armées du Tennessee et de l’Ohio. Pendant plus de deux mois, Grant n’a qu’un souci, celui de réorganiser ses troupes et de préparer ses plans en vue de la grande campagne qui devait, concurremment avec celle de Sherman, porter le coup de grâce à la rébellion. De même que Lincoln et tous ceux qui avaient pris part à la haute direction des armées américaines, le général Grant avait le dessein d’enserrer la confédération esclavagiste dans un cercle de plus en plus étroit. C’est là co qu’on appelait le plan de l’anaconda ou du serpent boa, par allusion aux anneaux que ce reptile enroulé autour de sa victime pour lui rompre les vertèbres. Grant s’était réservé la difhcile entreprise de vaincre Lee, le plus habile et le plus persévérant des généraux confédérés, et de réduire la ville de Richmond, tandis qu’à l’autre extrémité des Alleghanis le général Sherman était chargé de l’œuvre non moins importante de pénétrer en Géorgie, de disperser les troupes de Johnston, de prendre les forteresses, de brûler les arsenaux, de couper les voies de communication, de gagner la mer, puis de reprendre sa marche vers le nord, en passant à travers les Carolines. Comme si la contrée occupée par les rebelles n’avait été qu’un seul champ de bataille, les forces de Grant et celles de Sherman, comparables aux deux ailes d’une année gigantesque, devaient concourir à la même victoire. L’un prendrait d’assaut le camp retranché de l’ennemi, l’autre se déploierait autour du théâtre de la lutte et balayerait tous les obtacles. Suivant la comparaison très-juste d’un écrivain du Sud, à Grant avait saisi par les cornes le taureau sacré, tandis que Sherman plongeait son glaive dans les flancs de la victime. » En dépit de l’embarras que devait nécessairement lui causer un convoi d’approvisionnements composé de plusieurs milliers de wagons, le général Grant n’hésita pas à tenter une marche directe à travers la région coupée de bois et de cours d’eau qui sépare les bords du Rapidan de ceux de la rivière James. Pour atteindre Richmond par ce difficile chemin, il fallait marcher dans le sang, compter ses étapes par de terribles batailles ; mais c’était là le seul moyen d’empêcher l’habile capitaine Lee et sa vaillante armée de reprendre l’offensive et de transporter le théâtre de la guerre aux portes de Washington. Les forces amassées dans la vallée du Rapidan s’élevaient à plus de 130,000 hommes et dépassaient probablement de 40 à 50,000 soldats le chiffre des troupes que leur opposait la confédération.

GRAN

1459

L’ancienne armée du Potomac, qui restait sous les ordres immédiats du général Meade, avait été réorganisée et divisée en trois corps, dont Grant avait confié le commandement à des chefs éprouvés, Sedgwick, Hancocke et Warren. Burnside, qui se trouvait à la tète du corps de réserve, venait d’arriver avec ses troupes du Tennessee oriental, et sa présence était destinée à tromper l’ennemi ; en outre, le jeune et bouillant général Sheridan commandait un corps de 10,000 cavaliers, destinés à opérer sur les flancs de l’armée principale. Tous les chefs qui devaient seconder Grant dans sa marche directe sur Richmond avaient été spécialement désignés par lui ; mais, par malheur, il n’avait pas joui de la même liberté pour choisir les commandants des deux armées qui avaient pour mission de tourner la capitale des confédérés et de couper les voies de communication. Le 4 mai, tous les préparatifs étaient terminés. Le général Grant donna l’ordre à l’année du Potomac de se porter en avant, en même temps que Siegel, Butler et Sherman quittaient aussi leurs quartiers d’hiver pour marcher à la rencontre de l’ennemi. La grande Ïiériode héroïque de la guerre américaine alait commencer. Dans la matinée du 5 mai, toutes les forces de Grant, à l’exception du corps de Burnside, se trouvaient au sud du Rapidan et traversaient les solitudes de Wilderness, fourré presque inextricable de*pins et de chênes rabougris, où la cavalerie et l’artillerie elle-même manquaient de place pour manœuvrer. Il est probable que le général Grant devait éviter toute rencontre sérieuse avec l’ennemi, avant d’uvoirgagné la position de Spottsylvania-Court-House, carrefour de plusieurs chemins situés au sud des bois de Wilderness ; grâce à cette avance, il lui serait ensuite devenu très-facile de saisir sur une grande partie de son parcours le chemin de fer du Potomac à Richmond par Eredericksburg. Grant espérait.sans doute tromper son adversaire sur ses véritables intentions, en feignant de vouloir tourner le camp, solidement fortifié, que les confédérés occupaient à quelques milles plus à l’ouest, au delà d’un ruisseau appelé le Mine-Run ; mais Lee, bien renseigné par ses éelnireurs, no tomba point dans le piège qui lui était tendu et so porta en toute hâte au travers de la ligne de marcha suivie par le général Grant. Sans même attendre le corps de Longstreet, trop éloigné sur sa gauche, il lança contre les fédéraux les forces d’Ewell et de Hill. L’année du Nord se forma aussitôt en ligne de bataille pour recevoir le choc. La lutte commença. Les confédérés vinrent se heurter avec fureur contre les régiments de Hancock ; ceux-ci soutinrent vaillamment l’assaut et repoussèrent avec succès les colonnes ennemies ; mais ce n’était que le prélude du sanglant combat de Wilderness, qui eut lieu le lendemain. Il dépassa en horreur le carnage des champs de bataille voisins, Frédéricksburg et Chancellorsville. Près de 20,000 morts et. blessés tombèrent au milieu des broussailles de Wilderness. Dans la journée du 7, une forte division de cavalerie fédérale, envoyée en reconnaissance vers Spottsylvania, vint se heurter à moitié chemin contre celles des généraux du Sud, Pitzhugh, Lee et Stuart. Le violent combat qui s’ensuivit, et qui dura pendant presque toute la journée, prouva que Lea voulait s’assurer à tout prix la possession fia

fioint convoité et s’avançait lui-même dans a direction de Spottsylvania-Court-House.

11 n’y avait pas’ de temps à perdre. Grant donna l’ordre à toute l’armée de marcher en avant ; mais, par malheur, l’immense convoi de bagages et d’approvisionnements retarda la marche, et c’est à l’aurore du jour suivant que l’avant-garde, .formés par le corps de Warren, arriva en vue de Spottsylvania, distant de 1 ? kilom. seulement du champ de bataille de Wilderness. Warren essaye aussitôt de déloger le corps de Longstreet, mais tous les assauts sont successivement repoussés, et la première ligne des retranchements n’est emportée qu’à la tombée de la nuit. Ce combat, qui, dans toute autre occasion, eût mérité le nom de bataille, était le premier choc d’une immense lutte qui devait durer six jours et coucher sur le sol près de 40,000 hommes, la cinquième partie des deux armées. Après ces grandes journées, Grant et Lee font assaut de tactique militaire pour se surprendre l’un l’autre ; mais tout se borne à des reconnaissances, et aucune action sérieuse n’est

engagée. Le 23 mai, Grant annonce que Lee a abandonné la ligne de North-Anna, et, le

12 juin, après avoir livré plusieurs combats, il évacue la position de Coal-Harbour, pour transférer presque toute son armée sur la rive méridionale du fleuve James. L’alternative qu’il avait prévue en ordonnant au général Butler d’occuper City-Point s’était réalisée ; n’ayant pu briser les forces de Lee ni les renfermer dans Richmond, il était maintenant obligé de tourner au midi la capitale des États rebelles en attaquant Petersburg et en l’isolant peu à peu du reste do la confédération par un long investissement. Grant accomplit sa nouvelle marche de flanc avec le même succès que toutes les précédentes. Le 30 juillet au matin, il attaqua les fortifications de Petersburg avec G4 gros canons et 15 mortiers. À quatre heures du matin, une mine fit sauter un pont, qui ensevelit sous ses décombres tout un régiment de la cavalerie du Sud. L’attaque commença une heure