Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 4, Gile-Gyz.djvu/216

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nouvelles qu’il réunit plus tard en volume sous le titre de Sentiers et grands chemins (18S7) ; le succès du volume fut très-vif, et plusieurs éditions se succédèrent rapidement. M. Grattan, se tournant ensuite vers le théâtre, écrivit pour Kean une tragédie intitulée Ben Nazid le Sarrasin, qui n’eut aucun retentissement. "Vers 1828, M. Griittan quitta Paris pour aller habiter Bruxelles, d’où la révolution de 1830 l’obligea de s’éloigner momentanément. Pendant son séjour en Belgique, M. Grattan a composé : VÉérilière de Bruges (1828), Jacqueline de Hollande (1830) ; les Légendes du Rhin (1835) ; Agnès de Mansfeld (183G) : des Aventures de voyage et une Histoire des Pays-Bas. En 1839, M. Grattan fut nommé consul de Belgique, dans l’État de Massachusetts ; mais, en 1853, il s’est démis de ses fonctions en faveur de son fils. De retour à Londres, il publia une brochure sur les limites des États-Unis, qui produisit une certaine sensation dans le monde politique.

GRATTE s. f. (gra-te — rnd. gratter). Pop. Petits bénéfices plus ou moins irréguliers : Il g a cinq mille francs, sans compter la gratte. Il Ce qu’un tailleur ou un autre ouvrier garde de l’étoffe ou de la matière qui lui a été confiée : Jl habille son petit garçon avec les

GRATTES.

— Mar. Petite plaque de fer triangulaire, emmanchée en son milieu, dont on se sert pour gratter les diverses parties d’un bâtiment, il Morceau de fer recourbé dont les calfats se servent pour détacher le vieil enduit de la carène.

— Agric. Outil dont on se sert pour sarcler.

— Géol. Nom donné, par les mineurs du bassin de la Loire, à diverses variétés de grés grossiers.

GBATTÉ, ÉE (gra-té) part, passé du v. Gratter. Raclé, ratissé : Un mur soigneusement

GRATTÉ.

— Effacé, enlevé en grattant : Un chiffre GRATTÉ dans un compte.

— Fig. Chatouillé, flatté : Gratté dans son amour-propre, chacun prend plus de confiance en soi. (Virey.)

GRATTEAU s. m. (gra-tô — rad. gratter). Techn. Outil d’acier qui sert à gratter et à polir.

GRATTE-BOESSAGE s. m. (gra-te-bo-èsa-je — rad. gralte-boesser). Action ou manière de gratte-boesser : Le gratte-boessage ries boutons d’essai, il On dit aussi grattebossage.

— Encycl. Cette manipulation a une importance capitale dans le cours de l’opération des dépôts de métaux par la pile ; c’est, en effet, le seul moyen que possède l’industrie pour s’assurer que le dépôt est ou non adhérent au métal, et qu’il ne se forme pas sous la couche métallique des soufflures ou des cristallisations de sels doubles ; aussi ne négliget-on jamais de gratte-boesser plusieurs fois les objets à recouvrir. On interrompt fréquemment le travail galvanique pour s’assurer de l’homogénéité du dépôt. Sans ces précautions, on s’exposerait à voir tomber soit d’une seule pièce, soit par feuillets, tout le métal déposé, et, en croyant faire de l’hydroplastie, on aurait réellement fait de la galvanoplastie proprement dite.

Le gratte-boessage des grosses pièces s’effectue ordinairement avec des gratte-boesses en fit de laiton très-rude ; mais la menue bijouterie et les pièces délicates se gratteboessent de préférence. avec des gratteboesses en verre filé, d’une très-grande ténuité, et, par suite, très-doux au toucher.

Le gratte-boessage ne se pratique jamais à sec ; les pièces, ainsi que l’outil, doivent être constamment mouillées par une solution qui n’a le plus souvent d’autre fonction que de rendre les frottements moins rudes et de conserver la fraîcheur de teinte du dépôt.

Quelquefois on gratte-boesse avec une solution à réaction chimique, dans le but de modifier superficiellement l’aspect du métal.

Les bains de piafte-boessage sont mucilagineux et composés pour donner au moindre frottement une grande quantité de mousse, lorsqu’ils ne doivent que nettoyer et adoucir ; ils sont formés de vins aigres ou tournés, d’égouttures de comptoir de marchand de vin, de vinaigre étendu d’eau, ou enfin d’acide tartrique, lorsqu’ils doivent modifier les teintes primitives.

En. Angleterre et on Autriche, on se sert plus particulièrement de bières communes, et c’est sans doute à l’emploi de ce liquide que ces pays doivent la supériorité de leurs mats sur les nôtres.

Le gratte-boessage se fait à la main pour les pièces très-légères, pour les articles très-fouillés, et aussi pour les objets artistiques ; mais il se fait aussi depuis longtemps avec un tour spoliai appelé tour à gratte-boesser, et gui sert dans u vas grande partie du travail.

GRATTE-BOESSE s. f. (gra-te-bo-è-sede gratter et de boesse). Techn. Brosse de fil de laiton ou de verre nié, dont les doreurs se servent pour étaler l’amalgame d’or et de mercure, pour brosser les pièces de métal, et les monnayeurs pour nettoyer les boutons d’«ssai. il On dit aussi gratte-bosse.

GRATTE-BOESSE, . ÉE (gra-te-bo-è-sê) part.

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passé du v. Gratte-boesser : Bouton d’essai

GRATTE-BOESSE.

GRATTE-BOESSER v. a. ou tr. (gra-tebo-è-sê—rad. g7-atte-boessé). Techn. Frotter avec la gratte-boesse : Gratte-boesser des pièces de métal, des boutons d’essai, il On dit

aUSSi GRATTE-BOESSER.

GRATTE-COL s. m. {de gratter et de cul, parce que la bourre que contiennent ces baies, mise dans un lit, cause des démangeaisons aux fesses). Bot, Fleur ou fruit du rosier, et particulièrement du rosier sauvage ou églantier :

Ainsi qu’une abeille au matin Va sucer les pleurs de l’aurore, Ou sur l’absinthe ou sur le thym, Toujours travaille et toujours cause, Et nous pétrit son miel divin Des gratte-culs et de la rose...,

« Voltaire. GRATTÉE s. f. (gra-té — rad. gratter).

Agric. Sorte de petite charrue en usage dans

la Haute-Saône.

GRATTELÉ, ÉE (gra-te-lé) part, passé du v. Gratteler : Planche grattelée.

GRATTELER v. a. ou tv. (gra-te-lé — dimin. de gratter. Double la consonne /devant un e muet : Je grattelle, nous grattellerons). Techn. Gratter légèrement pour polir : Gratteler une plaque de marbre.

GRATTELEUX, EUSE adj. (gra-te-leu, euze — rad. grattelle). Qui a de la grattelle : Un mendiant gratteleux.

GRATTELLE s. f. (gra-tè-Ie — rad. gratter). Pathol. Menue gale, gale sèche ou canine : Avoir la grattelle.

GRATTE-PAILLE s. m. Ornith. Nom vulgaire de la fauvette d’hiver, il Invariable au pluriel.

GRATTE-PAPIER. Par dénigr. Copiste de bureau, clerc d’étude, homme occupé au travail matériel des écritures : On peut voir cet ancien gratte-papier parader dans sa voiture et se pavaner dans le luxe de ses appartements. (A. Marinier, il PI. Des gratte-papier.

GRATTER v. a. ou tr. (gra-té-du germanique : ancien haut allemand chrazon, chrasjân, gratter ; Scandinave kratta ; allemand kratzen ; anglaise scratch, to grate, même sens). Racler, ratisser, entamer superficiellement : Gratter une muraille. Gratter des souliers avec un couteau, pour en enlever la crotte. (Acad.)

— Racler avec les ongles : Gratter son front. Il faut éviter de gratter tes bords d’une plaie. Il Remuer, éparpiller avec les ongles : Les poules grattent te fumier pour y trouver leur nourriture.

— Effacer en enlevant la superficie du papier : Gratter une tache d’encre, un mot.

— Parext. Faire éprouver la sensation que procure l’action de gratter : Ce vin gratte le gosier. Les plus violents irritants grattent à peine les sens d’un Sibérien. (Virey.)

— Pop. Faire un petit bénéfice : Le voyageur patron obtiendra une commission là où il n’y a rien à gratter pour son pauvre représentant. (Raoul-Perrin.)

Gratter la terre avec ses ongles, ou simplement Gratter la terre, Se résigner à ce qu’il y a de plus ingrat et de plus pénible : J’aimerais mieux gratter la terre avec les ongles, que d’accepter cette charge à son préjudice. (Mézeray.)

Gratter le papier, le parchemin, Gagner sa vie à faire des écritures.

— Prov. Trop gratter cuit, trop parler nuit, On a toujours à se repentir de céder à la démangeaison de parler, comme à celle de sa gratter.

— Grav. Gratter les tailles, Rendre plus nourries des tailles trop délicates.

— Manège. Gratter le mur, S’approcher trop du mur dans les exercices.

— Techn. Gratter te sucre, Enlever avec un couteau ordinaire le sucre qui a jailli sur les bords de la forme, il Chez les forraiers, Gratter une forme, La ratisser avec une vieille lame d’épée pour la perfectionner. Il Gratter un livre, En ouvrir le dos avec un outil de fer dentelé, afin d’y faire pénétrer la colle avant de> l’endosser. |] Gratter*le cuivre, Le nettoyer pour que rétamage y adhère mieux.

Il Gratter le poil, Le tirer avec l’aiguille, pour cacher une couture.

— v. n. ou intr. Gratter de la guitare, Jouer fort mal de cet instrument.

— Argot de théâtre. Gratter au foyer, en parlant d’un acteur ou d’une actrice, Attendre des rôles, ne pas jouer dans plusieurs pièces montées de suite.

Se gratter v. pr. Être gratté : Ces légumes doivent se gratter avec soin.

— Gratter quelque partie de son corps : Un enfant bien élevé ne doit pas se gratter ainsi* La constance, en amour, c’est comme qui dirait une vive démangeaison, avec défense de segratter : dix fois sur douze, il a ?Tive qu’on se gratte. (A. Karr.)

Quiconque a soixante ans vécu Et jeune Bile épousera, S’il est galeux, se grattera Avec les ongles d’un cocu.

tJ.MTii-rFm.

— Prov. Qui se sent galeux se gratte, Celui

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qui se sent coupable de la faute qu’on blâme peut ou doit s’appliquer ce qu’on en dit.

GRATTEUR, EUSE adj. (gra-teur, eu-ze — rad. gratter). Qui se gratte, qui a l’habitude de se gratter : Cette enfant est bien gratteuse.

— Substantiv. Personne qui se gratte, qui a l’habitude de se gratter : Un gratteur insupportable.

Gratteur de papier, Scribe, homme qui tient des écritures. Il Mauvais écrivain : Méprisez les insultes d’un gratteur de papier.

GRATTOIR s. m. (gra-toir —rad. gratter). Instrument en acier.dont on se sert pour gratter le papier ou le parchemin, afin d’en enlever l’écriture ou les taches.

— Grav. Grattoir à creuser, Instrument au moyen duquel le graveur polit le bois avant d’y graver les lointains et les points éclairés.

Il Grattoir à ombre, Instrument qui ne diffère guère du précédent qu’en ce qu’il n’est point courbe, et que ses coins ne sont pas ronds d’une manière sensible.

— Techn. Espèce de couteau tranchant des deux côtés, en usage chez les monnayeurs et les chaudronniers. Il Instrument en forme de S, dont se servent les mouleurs pour piquer les pièces de cire et de plâtre qu’ils veulent fixer l’une à l’autre, i ! Lame à deux manches, servant à commencer le polissage de la raquette. Il Outil employé par les serruriers pour dresser et arrondir les anneaux des clefs et autres pièces da relief. Il Verge de fer terminée à un de ses bouts par plusieurs branches recourbées en dehors, dont on se sert pour gratter l’intérieur des canons de fusil, afin d’en détacher les saletés, il Petit outil en fer servant aux artilleurs pour nettoyer la chambre et l’âme du mortier. Il Outil en usage dans la fabrication des tapis et des tapisseries, pour resserrer la trame. Il Petit instrument de fer, en forme de ciseau à large lame, qui sert aux boulangers pour ratisser les angles du pétrin. Il Grattoir à anche. Instrument sur lequel le luthier ratisse les lames de roseau servant à faire les anches des hautbois et des musettes.

GRATTOIRE s. f. (gra-toi-re — rad, gratter). Techn. Instrument de serrurier appelé aussi Grattoir.

GRATTURES s. f. pi. (gra-tu-re — rad. gratter). Débris provenant du grattage : Des grattures de cuivre.

GRATUIT, UITE (gra-tui, ui-te — lat. gratuitus ; de grat}ts, agréable). Fait ou donné pour rien ; qui ne coûte rien : Consultations gratuites. Spectacle gratuit. Leçons gratuites. Le zèle gratuit d’un bon citoyen doit aller jusqu’à négliger pour sa patrie le soin de sa réputation. (D’Ablanc.) Le droit de l’enfant exige l’enseignement gratuit e (obligatoire. (V. Hugo.)

— Fig. Désintéressé : Il est rare que les éloges soient gratuits. La bonté, c’est l’amour gratuit. (Lacordaire.) L’amour gratuit de Dieu, l’anéantissement en Dieu est le principe par excellence de l’ascétisme. (Proudh.) il Qui est sans motif ou sans fondement : Insulte gratuite. Offense gratuite. Méchanceté gratuite. Supposition gratuite.

— Hist. Don gratuit, Contribution que le clergé français et quelques provinces du royaume offraient autrefois volontairement, de temps en temps, pour les besoins de l’Etat : Ce mot et ce privilège de don gratuit se sont conservés comme une trace de l’ancien usage où étaient tous les seigneurs de fiefs d’accorder des dons gratuits au roi pour les besoins de l’État. (Volt.)

— Antonymes. Dispendieux, payant, coûteux, cher.

GRATUITÉ s. f. (gra-tui-té —rad. gratuit). Caractère de ce qui est gratuit : Prouver que l’intérêt est légitime, juste, utile, n’est-ce pas prouver que la gratuité du crédit est une chimère ? (F. Bnstiat.)

GRATUITEMENT adv. (gra-tui-te-manrad. gratuit). D’une manière gratuite : Lepremier capital est fourni gratuitement à l’homme par la nature. (Proudh.) Point de société démocratique organisée, si l’instruction publique n’y est gratuitement donnée. (E. de Gir.)

— Fig. D’une façon désintéressée, sans intention égoïste : Personne n’est bon et officieux gratuitement ; (D’Ablanc.) Les hommes ne louent jamais gratuitement ; il faut toujours qu’il leur en revienne quelque chose. (St-Evrem.)

Il Sans fondement, sans motif : Supposer quelque chose gratuitement. Avancer gratuitement un fait. Insulter gratuitement un ami. Nul n’est mauvais gratuitement ; il faut toujours qu’il y ait une raison qui détermine, et cette raison est toujours une raison d’intérêt. (Moutesq.)

GRATZ ou GR-&TZ, ville des États autrichiens (Styrie), ch.-l. du gouvernement de Styrie et Carinthie, à 140 kilom. S.-O. de Vienne, sur la Muhr ; 70,000 hab. Siège de l’évêché de Sekkau, tribunaux de l™ instance, civil et de district ; résidence du commandant militaire de la Styrie et des autres autorités de la province ; séminaire théolo^ique ; noviciat de jésuites ; établissement du Johanneum, pour les hautes sciences ; chapitre impérial de nobles. L’université, transformé’» „„ is.-i-.»«», iiu»o iciuone en 1327, possède une riche bibliothèque, des collections et

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un observatoire. La ville est bâtie autour d’une hauteur (le Schlossbfi’g) qui forme une jolie promenade et d’où l’on découvre un magnifique panorama. Ses faubourgs sont très-vastes. Quatre ponts la mettent en communication avec les faubourgs situés sur la rive gauche de la Muhr. Gralz renferme quelques beaux édifices. La cathédrr.le, monument de style gothique bâti par Frcdéric III, est ornée de plusieurs tableaux signés de maîtres célèbres, et revêtue de nombreuses décorations en marbre. Dans l’égl.se Sainte-Catherine se trouvent les tombeat x de Ferdinand II et de son épouse, et celui de la princesse Marie-Thérèse de Savoie, femme de Charles X. Mentionnons aussi l’église paroissiale, dont le maître-autel est orné d’un tableau du Tintoret ; le château imperi.il, l’hôtel de ville, le théâtre.

GRATZEN, ville des États autrichiens (Bohême), cercle et à 20 kilom. fî.-E.deBudweis ; 2,000 hab. Beau château. Fabriques de fer et de papier ; importante verrerie et cristallerie du’comte de Bucquoy.

GRAU s, m. (grô). Géogr. Nom que l’on donne, dans le Midi, à. un ch mal par lequel un étang ou un rivière débouche dans la mer : Le littoral, à partir de son extrémité orientale jusqu’à la montagne d’Agdc, offre une suite d’étangs salés, séparés par m e plage étroite de ta mer, avec laquelle ils communiquent par des graus. (A. Hugo.)

GRAUDUNDEN, nom allemand du canton des Grisons.

GRAUCALE s. m. (grô-ka-)e). Ornith. Syn. de choucari et de cormoraj*.

GRAUDENZ, en polonais Grudsias, ville forte de Prusse, prov. de la Prusse proprement dite, régence et à 48 kilom. S.-O. de Marienwerder, sur la rive droite de laVistuIe ; 6,000 hab. Séminaire catholique ; gymnase. Fabriques de draps, carrosseries, brasseries, distilleries. Commerce actif de céréales et de bestiaux. La ville est ceinto de hautes murailles et de fossés, protégée par une île fortifiée et par une citadelle construite de 1770 à 1776, sur une colline voisino. Graudenz doit son origine à un fort bâti a’i xte siècle par les Prussiens ; la ville proprement dite fut fondée par. l’ordre teutoniqutî. La forteresse, assiégée en 1807 par les Français, fut défendue avec succès, du 2] janvier jusqu’à la conclusion du traité de Tilsitt, par le général Courtière, a qui le roi fit élever un monument sur le glacis de la citadelle. Il Le cercle de Graudenz compte une superficie de 854 kilom. carrés et une population de 56,267 hab.

GRAUL s. m. (grôl). Ornith. Nom que l’on donne au corbeau dans le Limousin.

GRAULE s. f. (grô-le). Oraith. Nom vulgaire de la corneille mantelén.

GRACL11ET, ville de France (Tarn), ch.-l. de cant., arrond. et à 19 kiloin. N.-E. de Lavaur, près de la rive gauche du Dadou ; pop. aggl., 3,734 hab. — pop. tôt., 6,118 hab. Tanneries, mégisseries, chapelltrie, filature de laine.

GRAULLV (le), monstre fantastique et terrible, sorte de dragon fabuleux, qui, selon la légende, sema la terreur à Metz, dans les premiers tempsdu christianisme, et dont cette ville n’aurait été sauvée, suivant la même légende, que grâce à la courageuse et miraculeuse intervention de saint Climent, son évêque. Voici cette légende : Meiz était alors un des principaux quartiers généraux de la domination romaine, qui en avait fait une sorte de forteresse capable d’arrêter les efforts des hordes germaniques. En outre, peu de villes étalaient un luxe qui pût être mis en comparaison avec celui de Metz : ie toutes parts s’élevaient des bains publics, d es naumachies ; rien n’égalait son vaste amphithéâtre, et des ruines éloquentes disent encore la grandeur de ses aqueducs. Déjà, en ce temps-là, de saints hommes se répandaient dans les Gaules, pour y porter la parole eu Christ. Saint Clément était venu fixer à MHZ le siège de son épiscopat ; mais les habitants, peu dociles à ses exhortations, continuaient à adorer Jufiiter et à s’abandonner au plaisir. Alors, dit a légende, voici ce que Dieu suscita pour châtier la ville impie. C’était en un jour de fùte : un peuple immense encombrait les gradins de l’amphithéâtre, célébrant le nom d Auguste, son fondateur. Le spectacle s’achevait au milieu des acclamations, quand tout à coup le ciel se couvrit d’un voile, les nuées s’amoncelèrent, la tempête écla ; a et un sourd mugissement résonna seul dons l’enceinte : l’horreur est au comble ; le ci si s’entr’ouvre et son flanc déchiré vomit un monstre effrayant : c’est un dragon aux proportions gigantesques, à la gueule écuniï.nte, aux ailes écitilleuses, qui tombe dans l’arène en jetant un cri strident. La foule veu ; fuir, mais le monstre a déjà compté ses victimes et quiconque appelle son regard est englouti par lui. Bientôt 1 arène n’est plus qu’un vaste champ de carnage et le dragon reste seul maître du terrain. Ses ailes verdoyantes se reploient sous son corps ; sa large queue abrite son flanc ; sa bave sanglante se mêle à des débris de crânes ; rassasié de meurtres, i s’endort.^ Le lendemain il s’éveille : il voit l’amphithéâtre vide. Alors, s’élevant de toute la rapidité de ooii vol, il s’arrête un instant oi-dessus de la ville éiinuv&uiee ;..siM> regard plonge sur la point de la cité le plus populeux : n s’y pre-