Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 4, Gile-Gyz.djvu/326

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


IbSO

GUEB

pond exactement au sanscrit gadham, même sens, dérivé, selon le Dictionnaire do Saint-Pétersbourg, d’une ratine gtitlli, être ferme, Solide, tenir le pied ferme, solide. Le gué serait ainsi désigné comme l’endroit où l’on prend pied). Endroit d’un cours d’eau assez peu profond pour qu’on puisse le traverser sans nayer et sans le secours d’une barque : Passer le ovà ù pied, à cheval, en voiture.

Passer à gué, Traverser en se mettant à l’eau sans nager : On passe tons les jours À Gub noire rivière de Seine. (Mme de Sév.)

Gui (lk), tableau de Troyon. Une rivière aux eaux basses coule au premier plan ; des vaches de différentes couleurs piétinent parmi les roseaux, humant l’air de leurs naseaux humides. Une immense prairie, où paissent d’innombrables bestiaux, se déroule dans le fond, jusqu’à une barrière de collines que baignent les’blanches vapeurs du matin. Le ciel est d’une légèreté et d’une finesse de ton admirables ; quelques nuages flottent dans l’atmosphère el projettent des ombres douces sur le pâturage. Ce tableau, d’une couleur riche, délicate, harmonieuse, a été payé 25,200 francs à la vente de la collection du baron Michel de Trétaigne, en 1872. Il a été gravé à, l’eauforte, en contre-partie, par Veyrassat.

Beaucoup de peintres ont représenté des troupeaux passant un gué. Nous citerons, entre autres compositions de ce genre : les tableaux de Berghem (gravé p r Halck), de Karl Dujardin (gravé par Niquet) et de Claude Lorrain (gravé par Haldenwang), que possède le Louvre ; un autre tableau eapiial de Dujardin.au musée de l’Krmitage ; une eau-forte de L. Bruandel ; diverses peintures de Michel (Jarre (autrefois dans la galerie FeschJ, J.-H. Roos (vente Pommersfelden), Pettenkufen (vente de la galerie San-Donato, 1870), Antigna (Salon de 1852). Appian (musée de Lyon), Ch. Busson (Salon de 1857), La laisse (Salon de 1857), etc.

GUÉ interj. (ghé — corrupt. de gai). Mot <jui revient souvent dans certains refrains joyeux :

Mais au Français attmté

Qui peut rendre la galtél

C’est la gaudriole,

0 gué.

BâUNQER.

Il On écrivait autrefois OATf : Si le roi m’avait donné

Paris sa graiul’ville,

Et qu’il voulut m’enlever

J.’unjour de ma mie,

Je dirais au roi Henry :

Reprenez votre faris. J’aime mieux ma mie, oh gay ! J’aime mieux ma mie.

(Vieille chanson citée par Molière.)

GUÉ (Jean-Marie-Oscar), peintre de genre français, né à Bordeaux en 1809. Cet artiste, à peu près oubli’1 aujourd’hui, parce qu’il n’est pas sorti des limites d’une honnête médiocrité, eut une certaine notoriété il y a quelque vingt ans. Il avait débuté, en 1833, par Ancien presbytère, dont la bizarrerie d aspect faisait surtout l’originalité. Au Salon de 1842, il exposa Louis du Bourbon deoimt la cour de François II (musée de Lisieux ;. La Distribution d’aumônes (1844) est surtout prétentieuse. Le Matin, le Midi et le Soir, trois pendants d’égale importance (1845), ont pour mérite principal une exécution très-hab.le. Ce charme d’aspect valut à ces trois petites compositions la faveur qui les accueillit uu Salon. L’exposition de 1S48, où M. Gué ne comptait qu’un seul tubleau ; Ilnyter et l’envoyé de Lnuii XJ V, n’ajouta rien à sa réputation. Frère et sœur de luit, en 1850, et le Fidèle gardien, en 1855, rappellent, tuais de loin, le charme du Presby.ère. 1, ’Ailieu nu pays (1859) appartient encore aux meilleures inspirations de M. Gué. Nous avons passé sous silence une fniile de compositions beaucoup moins réussies, ou les qualités sérieuses qui avaient signalé les débuts de l’artiste sont singulièrement amoindries. Une 3e médaille en 1834 et une 2e en 1840 sont les seules récompenses obtenues, croyons-nous, par le

peintre du Presbytère.

GUÉABLE adj. (ghé-a-ble — rad. gup). Qui peut eue pusse à gué ; Une rivière guêablk. Le comte de Guiche se cliarye de reconnaître si la rïuière est gukablk ; il dit qu’oui : elle ne l’est pas. (Mmc de Sév.)

GUEBI.1, rivière d’Algérie, province de Constantine. Elle descend de montagnes de 900 à 1,300 mètres de hauteur, arrose la Kabylie et se jette dans la mer à7 kilom. au S.-E. de Collo, après un cours do 68 kilom.

GUÈBRE ou GHÈBRE s. (ghè-bre — du persan ghebr, même sens). Hist, Nom des descendants des Perses que les Arabes vainquirent au vuic siècle, et qui ont conserve la religion de Zoroastre. Il Infidèle, dans le langage des musulmans de Perse. Il On dit aussi

CAUKbl.

— Encycl. Ghebr est le nom sous lequel les Persans, après avoir embrassé l’islamisme, désignèrent tous ceux de leurs compatriotes qui persévéraient dans l’ancienne religion du pays, la religion du feu. De tihebr, les Turcs ont t’ait Kufer ou Fia fer et Ginour, qualification qu’ils appliquent généralement à tous les infido.es. Le mot de Parsi ou Farsi, habitants de la province de Fart ou Farsistun, avait,

GUÈB

par un long usage, été étendu à tous les habitants de l’empire de Perse (YIran) ; il ne tarda pointa comporter la même signification que celui de Ghebr : traiter quelqu’un de Guèbre ou de Parsi, ce fut, dès lors, lui adresser la plus cruelle injure ; car le peuple attribuait aux réguieoles les vices les plus bas et les crimes les plus odieux. Il existe encore aujourd’hui, en Perse, des Gnèbres, Pursis ou Atechpèrcs. ils sont fort répandus dans la campagne de Y-ezd-i-Cast, de Firouzabad et de Madayn. Leurs temples ou

pvrées (Atech-Gali, autel de feu, sorte de pilier très-haut, en pointe arrondie), situés principalement sur la haute montagne d’Aluend, entre le Khurdistan et l’Irak, n’ont même été détruits que dans le x.c siècle de l’hégire. Schah-Abbas le Grand, désirant faire fleurir lu commerce dans Sa ville capitale d’Ispahan, les y avait attirés au nombre d’environ quinze cents familles, et leur avait assigné pour quartier un terrain en dehors de la ville, en deçà du fleuve Zendheroud. Sous Abbas II, urriere-peiit-rils d’Abbas le Grand, les Guèbres, persécutes, écrasés d’impôts, s’en retournèrent en partie dans leurs montagnes. Quelques-uns se réfugièrent au nord de la Mésopotamie, où s’étaient établis plusieurs de leurs coreligionnaires, mal convertis à l’islamisme, que les Turcs nomment Yezidis, sectateurs du diable ; d’autres poussèrent jusqu aux Indes. Mais le quartier qu’ils avaient occupé à Ispahan en retint le nom de GhebrAbad, habitation, demeure des infidèles. Abbas II contraignit enfin à sortir même de Ghebr-Abad tous les Parsis qui y étaient restés, six cents familles d’excellents agriculteurs, dit Kuempl’er, et les transporta dans un des quatre cuntons dé la colonie arménienne de Sulp/ui ou Sjulfu, fondée aussi par son aïeul. Sjulfa, ainsi nommée d’une ville d’Arménie, était alors un des plus beaux faubourgs d lspahau, remarquable par sou étendue, par ses places larges et spacieuses, et contiiiait au sud avec le quartier des Guèbres.

Décimés par tant de persécutions, les Guèbres se réfugièrent dans les lieux déserts, dans les campagnes et eu particulier dans les montagnes du Koraçan, où ils commuèrent à exercer leur culte. Les autels sur lesquels ils entretenaient le feu perpétuel, objet principal delà religion mazdeeime, furent éteints successivement dans toutes les provinces de l’ancien empire des Sassanides. Le dernier subsista, dit-on, à Hérat, dans le Caboul, jusqu’au 1X<" siècle, et les survivants de la religion de Zoroastre payaient une redevance annuelle pour avoir le droit de le conserver. Cependant Ibn-Kaukal, qui écrivait au xe siècle, prétend que de son temps un grand nombre d’autels du feu existaient dans diverses provinces de la Perse, ce qui suppose que la population guèbre, quoique disséminée, était beaucoup plus considérable qu’on ne prétend généralement. Cepemianl elle diminua progressivement dans la Perse proprement due.

Au siècle dernier, il restait à peine trois cents familles guèbres dans un faubourg d’Ispahan appelle Djulfa, qui n eu compte plus que quelques-unes aujourd’hui. Mais ils ont réussi a se maintenir dans leurs refuges primitifs, les montagnes, les cantons arides, les bois, où ils se sont adonnés à l’agriculture et aux ans mécaniques. Us ont cessé depuis des siècles de cultiver les lettres et les sciences. On sent à leur contact qu’on a affaire à une race déchue. La physionomie et les manières de ce peuple à l’agonie n’ont rien de remarquable. Ils sont pauvres et simples dans leur costume, comme leur condition le comporte, in.us ont le tempérament robuste et le visage basané, ce qui est le résultat de leurs occupations habituelles. Les boulines laissent croître leurs cheveux et leur barbe, portent des vêtements étroits et de couleur brune. Leur tète est couverte d’un bonnet de laine allongé, qui ressemble à l’ancienne tiare des mages. Les femmes, quoique réduites à une condition inférieure, jouissent chez les Guêtres de plus de liberté que chez les mu->ulmiuies et ne sont point voilées. Le gouverneur de chaque province confirme dans leurs pouvoirs les vieillards que les Guèbres choisisseul eux-mêmes pour les gouverner.

La situation de ceux qui s’expatrièrent futde Beaucoup plus heureuse. Ayant obtenu d’un prince indigène, nommé Jàdé Râuà, le droit d’aller s’établir à Saujàn.ils adoptèrent l’Inde pour leur nouvelle patrie. Les conditions qu’on leur imposa furent : 1° de s’ïibsteuir de porter des armes ; 2J de parler en public la langue du pays ; 3° d’adapter le costume de leurs femmes aux mœurs iudoues ; 4«de célébrer leurs mariages durant la nuit, suivant l’habitude des Induus. Les brahmanes, qui sont d’une tolérance exemplaire, ne les molestèrent d’aucune façon. De fait, ils sont devenus de véritables Indous, ou plutôt ils le sont redevenus, car ils l’étaient déjà par la race et l’origine de leurs croyances religieuses. Une fois leur situation assurée dans le Guzzerate, ils se mirent à peupler et à envoyer des colonies aux uleutuurs, à Cambodge sur le golfe du même nom, à Buroch sur la Nerbuddah, à Nausari dans le Bàilour, à Ukahiwar et en divers endroits du bass’in de l’Iudus. La conquête de 1 Indoustan par les nations européennes leur, a permis depuis de cicatriser leurs plaies et même de s’établir dans toutes les villes de commerce de la côte, jusque dans le golfe du Bengale. Leurs négociants occu- ]

GÙEB

pent des positions considérables à Bombay, à Surate, à Mndras et k Calcutta. À Bombay, ils sont a la tète du commerce de l’argent. Ils ont même établi des comptoirs à Aden, sur la côte orientale d’Afrique, à Ormuz, en Perse, dans les places du bassin de l’Euphrate. Leur véritable centre est Bombay, où ils vivent et exercent librement leur culte sous la protection des Anglais. Leur religion, moins intolérante que celle des Indous, leur permet de se livrer à toute espèce de travaux, dont ils ont le monopole, grâce à l’appui mutuel qu’ils se prêtent. A lacaiminspe, ils cultivent la terre et passent pour d excellents agriculteurs ; à Bombay, ils sont les principaux marchands, banquiers, constructeurs de navires^ courtiers, boutiquiers, agentsd’affaires, domestiques et ouvriers. Ce sont des gens paisibles, industrieux et sobres. Outre le commerce et l’étude des langues, à laquelle ils se livrent avec ardeur, ils cultivent aussi volontiers les arts et les sciences de l’Europe. Us sont tous dans une position aisée, et quelques-uns ont des richesses immenses qui leur permettent d’étaler le plus grand luxe dans leurs équipages et dans leurs palais ; ils se rapprochent beaucoup des Européens par le

goût et l’élégance de leurs demeures. Les uèbres ont une taille avantageuse, le visage allongé, le front développé, le nez aquilin, les yeux grands, expressifs, le teint un peu jaune, la barbe longue ; leur costume est celui des Persans, à l’exception du bonnet, qui, au lieu d’être conique, est un peu carré, rejeté en arrière, avec une petite poche où ils mettent souvent leurs lettres. Les femmes ont le visage découvert et sout habillées comme les musulmanes ; leurs traits sont grossiers, leur figure carrée ; elles sont moins bien que les femmes indoues et musulmanes ; elles n’ont pas cette taille svelte, ces formes délicuies et régulières des lndoues. Les Guèbres sont très-charitables ; on ne voit jamais de mendiants parmi eux ; leur nom figure toujours dans les souscriptions en faveur des familles malheureuses. Dans l’incendie qui eut lieu à Surate, en 1838, des muisons parsis de Bombay souscrivirent à elles seules pour un lait de roupies (250,000 fr.). Ces riches et charitables travailleurs ont élevé dans Bombay, à leurs frais, un temple magnifique, qui leur a coûté des sommes énormes. Pour célébrer l’inauguration de cet édifice, un riche banquier parsi de Bombay, nommé Framji-Corvaji, donna à dîner a tous ses coreligionnaires de ia ville, et chargea ses correspondants, dans toute l’Inde, de luire à ses frais une invitation semblable : il n’eut pas moins de 50 à eo,000 convives. Un autre parsi de Bombay, Jumsetji-Jijiboï, s’est acquis une grande réputation par sa fortune colossale et sa géuérusitê. Il possédait quinze énormes navires, un grand nombre de maisons à Bombay et un hôtel magnifique. Il donna un jour au gouvernement anglais 500,000 francs pour bâtir un hôpital dans la ville ; la reine Victoria, pour reconnaître cette munificence, créa baronnet le riche Parsi.

Les vestiges des antiques monuments des Guèbres sont considérables.

Toutes les plaines de l’Asie moyenne, entre la mer Caspienne et la mer des Indes d’une part, l’Iudus et l’Euphrate d’autre part, sont couvertes des monuments de leur religion. Ces monuments appartiennent à des époques très-différentes et embrassent une période qui s’étend du règne des Achem4nides, jusqu’au delà de celui des Sussanides. On range d’abord parmi eux les ruines des constructions attribuées à S<miiramis, qu’on trouve dans la grande Médie ou Irak-Arljemi et dans le Kurdistan, et, entre autres, Ecbatane, bâtie par Déjocès (710-657 av. J.-C), aujourd’hui Humuilaii. De vastes ruines, celles-ci plus authentiques, se rencontrent dans la Perse proprement dite ou Earsistuti. C’est là qu’il faut chercher Pnsaigades et le tombeau de Cyrus ; Persépolis, si célèbre sous des noms divers, et donl les ruines majestueuses portent maintenant ceux du Takhti-Dschenisehid (le Troue des DschemschidsJ, ou de Tehehil-MinartlesQ larante culumiesj. Pasargades était la Je : usaient de la religion înazuéenne et renfermait les plus grands monuments de l’Asie ancienne. • Là, dit Creuzer (Histoire des religions de l’antiquité, t. 1er, notes), dut se trouver la métropole, la cité natale et aussi le séjour suprême (la nécropole) de Cyrus et de ses successeurs. À Pasargades, à Persépolis, fut la première et véritable capitale, sinon de la vieille monarchie assyrienne, an moins des monarques qui suivirent Cyrus. C’était comme un foyer national et sucré, d’où sortait te robappelo au trône, où il revenait après-1 avoir quitté. •

Le palais de Persépolis a plusieurs milles de circonférence. Tout le Farsistan offre, çà et là, des ruines dunième caractère d’architecture avec des sculptures analogues et des inscriptions cunéiformes. Il en est de même des contrées environnantes. L’Aberdidjan, ou la Médie Alropntèue des Grecs, montre des débris de murs énormes, qu’on pourrait appeler cyciopéens, et dont les Parsis attribuent la construction à leurs anciens hèro3. À Meragn, près d Arlaxate, on trouve d’immenses excavations souterraines, ainsi que dans le Kurdistan oriental. Partout les restes d’anciens teinples du feu, sur cette terre imprégnée de naphte, jonchent le sol. Plus loin, du côté de l’Iudus, la grandeur brahmanique et celle de la Perse paraissent confondues

ÛUEB

dans des ruinas ayant à la fo.s le caractère

des deux civilisations indous et persane.

Tome la contrée n’est qu’un vaste cimetière.

La religion des Guèbres sera exposée au

mot PARS1SMU.

GUÉBR1ANT (Jean-Baptiste Bupes, comte de), maréchal de France et l’un des bons capitaines du xvu"-’ siècle, né ei 16D2 près de Saint-Brieuc, d’une ancienne famille de Bretagne, mort en Souabe en 1643. Il s’était déjà fait remarquer de Louis XIIt.tuand ce prince lui confia, en 1636, la défense de la ville de Guise. Il s’empara l’année suivante de plusieurs places (le la Franche-Jointe, fut ensuite envoyé en Allemagne ;»u secours de Bernard de Saxe-Weimar, emporta plusieurs villes du bas Palatinat, et exieuta, en 163a, ce fameux passage du Rhin rn : i le couvrit de gloire, et qui lui permit de faire sa jonctionavec Bauer. Après la mort de ce général (1041), il prit le commandement des deux armées suédoise et française ivunies, et gagna sur Piccolomini la sanglante bataille de Wolfenbùttel. puis celle de Ivampnn sur le général Lumboï (1642). Il reçut en récompense ie bâton de maréchal. Dans la campagne de 1043, il obtint encore quelques succès, mais il fut blessé mortellement au siège de Roth■weil (Souabe). Le Laboureur a écrit sa vie, d’après des mémoires qu’il avait laissés.

GOÛBfilANT (Renée nu Bec. maréchaleDE), femme du précédent, née au commencement du xvu» siècle, morte à Pèrigueux en 1659. Mariée fort jeune à un homme dont l’esprit et la position ne satisfaisaient pas ses idées ambitieuses, elle parvint à faire rompre cette union et épousa, en 1032, Guèbriant, à qui elle lit obtenir, dit-on, le bàttn de maréchal de Fiance. En 1643, elle devint veuve. Depuis deux ans elle vivait dans la retraito, lorsqu’elle fut chargée de se rendre eu Pulogne, avec le titre d’ambassadrice extraordinaire, pour conduire au roi Vladistas IV la princesse Marie-Louise de Gonzugue, qu’il avait épousée par procuniti jii. On sait que l’accueil fait à cette princesse fut loin d’être celui qu’elle espérait. Le roi se montra envers elle d’une bruialité gra.—sière, et peu s’en fallut qu’il ne la renvo>àt en France. I Dans ces circonstances péi ibles, Mme de Guèbriant déploya, du L. Louvet, une grande dextérité d’esprit, beaucoup i.e fermeté et de ressources pour empêcher ce scandale ; elle réussit tellement, que non-set lemeiit la reine fu. recotinue ; mais que Vladi’las duniiu ordre de rendre à 1 ambassadrice dts honneurs pareils à ceux qu’avait reçus l’archiduchesse d’inspruck, Claude de Medicis, lorsqu’elle lui avait amené à Varsovie sa première femme. » Mme de Guèbriant écrivit à cène occasion à la princesse Palatine des lettres très intéressantes, qui jettent une vive lumière sur les intrigues de la cour de Pologne. De retour en France, elle prit une part active aux affaires, et, grâce à un stratagème qui mou ire toutes les ressources de son esprit, elle conserva à la France la forteresse de Brisach (1682). Feignant d’être iné : ontenle ne la cour, elle se rendit auprès di gouverneur de cette place, Charlevois, avec une charmante jeune fille qu elle chargea de mettre eu jeu toute sa coquetterie, et d’inspirer une vive passion au gouverneur ; celui-ci tomba aussi tôt dans le piège, accepta des rendez-vous en dehors des murs, fut arrêté, enlevé, conduit à Philipsbourg, et consentit à rendre la place eu échange de sa liberté. Cet acte de duplicité acciut encore le crédit que la maréchale avait à la cour. Elle venait dVtre appelée au poste de première dane d’honneur do la reine Marie-Thérèse, et cherchait à se faire nommer gouverneur ilj Brisach et de l’Alsace, lorsqu’elle niuurul à PerigueUX, après avoir refusé de se tonfesser, chose furt rare à cette époque.

G UEBWILLEH, ville de France (Haut-Rhin), ch.-l. de cant., arrond. et à Î5 kilom. de Colînar, sur la Lauch, dans unn des vallées les plus riantes des Vusges ; 12,218 hab. C’est une ville très-industrielle. On y remarque de vastes filatures de coton, des ateliers de construction de machines à filer le lin, le coton et la laine ; des (abri.mes de draps et de rubanerio de soie ; des Uu..chissenes do toiles ; des teintureries, des brasseries, une imprimerie, des tanneries et un moulin. Les vins de Guebwiller jouissent J’une réputation méritée.

Guebwiller possède quelques édifices remarquables, notamment l’an jienne église paroissiale de Sain t-Leger, qui due du xn< siècle, et passe avec raison pour l’un des plus beaux monuments religieux de l’Alsace. Elle appartient au style roman et austVle de transition. La façade principale est iîanquée de deux, magnifiques tours carrées à quatre étages. Une troisième.tour, de forme octogonale, s’élève au-dessus du transsept. Ces tours sont percées de feuètres en plein cintre, et richement décorées. Le poi’.utl principal sa termine par un pignon quadrillé et urne d’arcatures. L’église est divisée en cinq nefs. La uot’ principale est remarquable par sa largeur et son élévation. Une sfirie de chapelles, ajoutées postérieurement à la construction primitive, occupe les deux nefs extrêmes.

La nouvelle église, construite en 1766, est en somme un joli monument du style grêcoroinaiu. La partie la plus remarquable de l’édifice est le portail, que de’icore une ordonnance de colonnes ionique i. Une seule des