Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 4, Gile-Gyz.djvu/336

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


1590

GUER

principia, inséré dans les Poemata didatcd' lica (1813).

GUÉRIN DE TENCIN (Pierre), cardinal français. V. Tkncin.

GUÉRIN DE TENCIN (Claudine-Alexandrine), femme auteur français. V. Tencin.

GUÉR1NEAU DE SAINT-PERAW (Jean-Nicolas-Marcelin), écrivain français, né à

Janville (Beauce) en 1735, mon à Liège en 1789. Doué d’un esprit souple et facile, il composa des ouvrages en prose et en vers, écrivit sur l’économie politique, l’agronomie, la politique, collabora au Journal de l’agriculture et du commerce avec Dupont de Nemours, et se vit contraint, à la suite d’une affaire d’honneur, de se retirer en Belgique, où il mourut d’ennui et de misère. Nous citerons de lui : Épître sur la consomption (Londres, 1761) ; la Foiropé’lie (1761) ; 1 Optique, ou les Chinois à Mempfiis (Londres, 1763) ; Traité de la culture de différentes fleurs (1765) ; Mémoire sur les effets de l’impôt indirect (1768) ; le Poêle voyageur et impartial (1783) ; Principes du commerce opposé au trafic (1787) ; Plan de l’organisation sociale (1790) ; les Deux femmes, comédie, etc.

GUÉRINOT s. m. (ghè-ri-no — du nom du curé Guérin, fondateur de la secte). Hist. relig. Membre d’une secte chrétienne fondée en Picardie en 1634.

GUÉRIR v. a. ou tr. (ghé-rir — du germanique : ancien haut allemand warjan, défendre, protéger ; gothique warjon ; anglo-saxon warjan ; Scandinave veria ; ancien allemand toerian, werien ; allemand moderne wehren ; toutes formes dérivées de la racine sanscrite var, entourer, défendre, protéger. Chevallet fait observer que l’on disait autrefois guarir, garir, qui était le même que garer. Ces deux verbes, qui n’avaient que la terminaison de différente, se prenaient l’un et l’autre dans le sens général de garantir une personne de quelque chose, l’en préserver, i en délivrer. Ensuite, guarir se prit dans un sens restreint pour délivrer une personne d’une maladie, la sauver de la mort. C’est de guarir, garer, pris dans leur ancienne signification, qu’on lit le substantif guarant, garant, d’où le verbe guaraulir, garantir). Rendre la santé à ; détruire, en parlant d’un mal physique : Guérir un malade. Guérir la fièvre. Guérir une blessure. Je l’ai pansé, Dieu l’a guéri. (A. Paré.) Je ne vois rien de plus ridicule qu un homme qui se veut mêler d en guérir un autre. (Mol.) Que de victimes, depuis qu’un homme a voulu guérir un autre homme ! (Dr Raymond.)

— Fig. Délivrer d’un mol moral ou d’un mal quelconque ; détruire, en parlant du mal lui-même : Guérir un amoureux. Guérir un ivrogne. Guérir la vanité de quelqu’un. Une douleur que rien ne peut guérir. Il y a quatre maladies bien difficiles à guérir : l’amour de soi-même, l’avarice, la vaine gloire et l’ambition. (Si-Grégoire le Grand.) Les hommes, n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, se sont auisës, pour se rendre heureux, de ne point y penser : c’est tout ce qu’ils ont pu inventer pour se consoler de tant de maux. (Pasc.) Le coupable est un malade que ta société doit soigner et guérir, dés qu’elle n’a plus rien à craindre. (Raspail.) Il n’est rien qui guérisse

Un homme vicieux, comme son propre vice.

HtOUIER.

Le trépas vient tout guérir ;

Mais ne bougeons d’où nous sommes ;

Plutôt souffrir que mourir,

C’est la devise des hommes.

La Fontaine,

— Absol. : L’art de guérir. Le médecin qui prétend guérir est un homme fort présomptueux. Si les magistrats uvaient ta véritable justice, si les médecins aoaient te vrai art de guérir, ils n’auraient que faire de bonnets carrés ; ta majesté de ces sciences serait asses vénérable d’elle-même. (Pasc.)

! v. n. ou intr. Revenir à la santé ; être

guéri, supprimé, en parlant du mal : Les maladies de cœur ne guérissent pas. Les joyeux GUÉRISSENT toujours. (A. Paré.) Un malade ne doit point vouloir guérik que la Faculté n’y consente. (Mol.) Que vous fait votre médecin ? demandait Louis XIV à Molière.Sire, il m’ordonne des remèdes, je ne les fais pas, et je

GUÉRIS.

— Fig. Être délivré, guéri d’un mal moral ou d’un mal quelconque ; être détruit, en pallant du mal lui-même : L’amour guérit toujours, l’ambition jamais. En amour, celui qui guérit le premier est toujours le mieux GUÉRI I {La Rochef.)

Guérir d’une folie,

Bien souvent ce n’est qu’en changer. Floriak.

Se guérir v. pr. Être guéri, détruit, en parlant d’un mal : La fièvre se guérit par la quinine. Un certain nombre de maladies SB guérissent très-bien d’elles-mêmes. (Maquel.)

— Revenir à la santé ; se rendre à soimême la santé : Les rie lies qui fréquentent tes eaux dépensent encore plus pour se rendre malades que pour se guérir. (Isid. Bourdon.)

— Fig. Être corrigé d un mal moral, ou d’un mal quelconque ; être corrigé, détruit, en parlant de ce mal : Les iuruynes ne SB guérissent guère. Çartsbad est le rendez-vous ordinaire des souverains ; ils devraient bien

GUER

s’y guérir de la couronne, pour eux et pournous. (Chateaub.)

Je borne tous mes soins & mt guérir moi-même.

Destouches.

— Prov.lat. Médecin, guéris-toi toi-même. Il faut se corriger avant de songer à reprendre les autres.

GUÉRISON s. f. (ghé-ri-zon — rad. guérir). Cure, action de guérir, de ramener quelqu’un à la santé ; destruction d’un mal physique : Opérer une guèrison merveilleuse, il n’appartient qu’à un charlatan de promettre la guèrison d’une maladie incurable. (Gardanne.)

— Fig. Suppression, destruction d’un mal moral : // n’y a qu’une âme faible ou froide gui puisse recevoir sa guèrison du temps, (Schiller.)

— Syn.’ Guéri.on, eore. V. CURE.

GUÉRISSABLE adj. (ghé-ri-sa-ble — rad. guérir). Qui peut être guéri : Un mal guérissable. Une maladie guérissable. Le pauvre abbé des Piles est mort dans votre pays ; il était allé prendre les eaux de Digne pour des vapeurs qui n’étaient pas guérissables. (Mme de Sév.)

— Fig. Qui peut être délivré d’un mal moral ou d’un mal quelconque ; qui peut être détruit, en parlant du mal lui-même : Le fanatisme et la superstition ne sont pas GUÉRtssables. (Frédéric II.) C’est par la forte éducation que Dieu a fait les natisns guérissables. (Dupanloup.) Ne repoussons pas cette parole de l’Écriture : Dieu a créé guérissables les nations de la terre. (Lacordaire.)

— Antonymes. Incurable, inguérissable. GUÉRISSEUR, EUSE s. (ghé-ri-seur, eu-ze

— rad. guérir). Personne qui guérit ou qui se donne pour guérir : Vous savez que j’ai peu de foi aux grands guérisseurs. (J.-J. Rouss). Chaque matin on voit éclore à Paris un nouveau guérisseur. (Brueys.) Il Ne s’emploie guère qu’en mauvaise part.

— Fig. Personne ou objet qui détruit un mal moral : Les guérisseurs des âmes.

GUÉRITE s. f. (ghé-ri-te — Ce mot est, dit-on, le participe féminin de guérir, qui a signifié protéger, défendre. La guérite est proprement un lieu défendu, fortifié. La terminaison itè du mot français fait penser h une introduction italienne, comme pour les autres mots de ce genre. Cependant on a des raisons de croire que c’est plutôt du français que les Portugais et les Espagnols ont tiré leur forme garita. Ainsi ces derniers ont une autre.forme, qui s’accorde mieux avec le génie dé leur langue, pour le même vocable pris dans son acception générale de refuge, savoir guarida, tandis que leur garita ne signifie que loge de sentinelle. De cette diversité Scheler infère que qarita leur vient d’une forme étrangère). Réduit construit ordinairementen planches, oùs’abrite une sentinelle : Une guérite de soldat. Une guérite de douanier, n Petit donjon construit au haut d’un bâtiment, d’où l’on peut dominer les environs.

— Mar. Planche qui forme un petit rebord autour d’une hune.

— Techn. Partie par laquelle l’air s’introduit dans une manche à vent.

GUERLANDE s. f. (ghèr-lan-de — autre forme du mot guirlande). Mar. Pièce qui fortifie la proue et qui en l’orme la rondeur.

GUERLE (Jean-Nicolas-Marie de), littérateur français, V. Deguerle.

GUERLJCHE (La), type populaire flamand. V. La Guerliche.

GUERLINGUETs.m.(ghèr-lain-gbè).Mamm. Genre de mammifères rongeurs, formé aux dépens des écureuils, et comprenant plusieurs espèces qui habitent l’Amérique : Le guerlinguet de la Guyane vit de fruits de palmier. (Lesson.)

— Encycl. Les guerlinguets, très-voisins des écureuils, auxquels plusieurs auteurs les réunissent, sont caractérisés par des frontaux très-déprimés, des naseaux peu allongés, une dépression profonde entre le crâne et la face, une queue ronde. Ils sont dépourvus d’abajoues. Ce genre renferme un petit nombre d’espèces, répandues dans les régions chaudes des deux continents. On remarque surtout le yuerlinguet de ia Guyane ou grand guerlinguet, long d’environ om,50, à pelage d’un gris olivâtre, lavé de roussàtre en dessus, de roux pâle en dessous ; il habite la Guyane et le Brésil, où il se nourrit de fruits de palmier. Les mœurs de cette espèce et de ses congénères ne diffèrent pas sensiblement de celles des écureuils.

GUERLUCHONE s. f. (ghèr-lu-cho-ne). Techn. Nom donné, à Paris, à une large truelle en fer, légèrement arrondie à son extrémité, qui sert à prendre le mortier.

GUERN, bourg de France (Morbihan), cant., arrond. et à 15 kilom. S.-O. de Pontivy, au bord de la Sarre ; pop. aggl., 420 hab. — pop. toc, 3,341 hab. Minoteries. La chapelle de Noire-Dame de Queiven est ornée de beaux vitraux gothiques.

GUERNESEY, la Samia des anciens, Ile anglaise de la Manche, dans l’archipel des lies Normandes, a 26 kilom. N.-O. de Jersey, à 126 kilom. S. de l’ilede Portland (Angleterre), à 52 kilom. de Cherbourg, pur 49" 28’ de latil. N. et 4° 57’ de longit. 0. Longueur, 15 kilom. ; largeur, 5 kilom. ; superficie, 7,000 hec GUER

tares ; 31,000 hab. ; eh.-l., Saint-Pierre-le-Port, sur ia côte orientale de l’île. C’est la seconde par son importance du groupe des Iles de la Manche ou des lies Normandes. Ce groupe se compose de trois lies principales : Alderney ou Aurigny au N., Jersey au S. et Guernesey à l’O. Autour de ces trois lies s’éparpillent de nombreux récifs et îlots, qui rendent souvent la navigation dangereuse dans ces parages. L’Ile de Guernesey a la forme d’un triangle ou, comme le disent plusieurs écrivains, d’une lyre. Au S. et au N. s’étend une ceinture de rochers élevés et abrupts. La base de l’île est de formation granitique, et on la regarde, avec raison, comme un des pays les plus remarquables du monde pour ses richesses conchyliologiques. La couronne d’écueils et d’Ilots qui la ceignent de tous côtés donne beaucoup de charme au paysage. Plus de quarante genres fit. de deux cents variétés de testacês fréquentent ses eaux, qui servent eu outre de refuge à près de quarante espèces d’épongés. Le sol, abondamment arrosé, est riche et fertile. Les pâturages qui couvrent les terrains bas nourrissent un grand nombre de troupeaux. Sur les hauteurs, les moissons sont superbes, et les rochers même les plus escarpés sont couverts de verdure jusqu’à leur sommet. Les terres, assez bien cultivées, produisent du blé, de l’orge, de l’avoine et des panais, dont on engraisse les bestiaux. On v récolte un

frand nombre de fruits, et on y fait beaucoup e cidre. Le climat, tempéré par les brises de la mer, est très-doux et très-favorable à la végétation. Rarement le thermomètre descend au-dessous de zéro ; rarement aussi il s’élève au-dessus de 28 degrés. Aussi le myrte et le géranium y croissent en pleine terre, et, avec un peu de soin, l’oranger y donne des fruits en hiver. Le figuier y devient superbe. Cette lie ne produit point de bois ; un des végétaux les plus utiles est le varech, plante marine qui sert de combustible et d’engrais. Les chevaux y sont chélifs et mal soignés, mais les vaches en sont renommées et donnent un lait excellent. La pèche sur les côtes est fort abondante ; elle fournit principalement des maquereaux, des merlans, des brèmes, des plies, d’énormes anguilles de mer, des soles, etc.

Le commerce de Guernesey est peu important. Les productions, suffisant a peine aux besoins des habitants, permettent peu d’exportation.

Comme les autres lies Normandes, Guernesey est placée dans une situation particulière vis-à-vis de l’Angleterre. Elle forme en quelque sorte un petit État indépendant, à la tète duquel est placé un lieutenant gouverneur, qui représente le souverain d’Angleterre. Le Corps législatif, composé de 32 membres, vote les dépenses du gouvernement et fait les lois. L imposition de taxes nouvelles et les changements dans la législation sont soumis au souverain d’Angleterre et à son conseil. Le tribunal suprême est une cour royale, présidée par un bailli assisté de douze juges nommés par les contribuables. « L’antiquité des coutumes de tfueruesey, au moins dans leurs formes générales, est attestée, dit M. Rabuteaux, par un document vénérable, écrit en français, qui d»te de 1331, et qu’on nomme le Précepte d’Assise. Guernesey, consacrée par la religion celtique, était dédiée à Saturne ou Gwyn. Plus tard, vers la fin du x» siècle, les moines lui rirent un renom de, sainteté, et aujourd’hui ses habitants aiment à la nommer la Petite Angleterre. < La langue la plus répandue à Guernesey, comme dans les autres îles Normandes, est un patois normand, défiguré par les emprunts successifs qu’il a faits à d’autres idiomes et surtout à l’anglais. C’est là du moins le langage des gens du peuple ; car dans les hautes classes de la société, l’anglais pur est d’un usage très-fréquent, pour ne pus dire général.

Guernesey a vu naître un poète normand célèbre, Robert Wace. Cette île était devenue, sous le second Empire, le lieu d’exil de notre grand poëte Victor Hugo, qui y a écrit les Misérables, les Chansons des rues et des bois, les Travailleurs de la mer et VHomme qui rit.

GUERNÉSIENNE s. f. ghèr-né-ziè-ne). Bot. Nom vulgaire de l’amaryllis de Guernesey.

GUERMER (Louis du), peintre français. V. DUGUEKNIËR.

GUERN 1EKI ou WERNER (le duc), aventurier et chef de bandes, d’origine allemande. Il s’est rendu célèbre, dans la première moitié du xiv-’ siècle, par ses actes de brigandage. Ayant quitté le service de Pise en 13-13, il forma une troupe d’aventuriers, qu’il appela la grande compagnie, et, renonçant à servir les princes, il se mit à piller pour son compte et à massacrer pour son plaisir. Sans doute pour qu’on ne se méprît pas sur ses intentions, il s’intitula lui-même l’ennemi de Dieu, de ta pitié et de la miséricorde, se mit à ravager et à piller la Toscane, le patrimoine de saint Pierre, la Romagne, une partie de la Lombardie, leva partout des contributions énormes-, laissa ses soldats se livrer à tous les excès, à toutes les cruautés, et ne trouva longiemps aucun État assez fort pour essayer de lutter contre sa formidable année. Cependant, les principaux seigneurs de la Lombardie réunirent des forces considérables pour lui résister. Dans la crainte d’essuyer un échec, Guernieri consentit à faire

GUER

passer sa bande en Allemagne ; mais il n’exécuta sa promesse que moyennant une somme considérable. En 1348, il repi.rut en Italie, où il servit quelque temps cortre Jeanne de Naples, sous les ordres du roi Louis de Hongrie. Lorsque ce prince eut congédié ses mercenaires, Guernieri forma avec eux une nouvelle bande, et recommen ; a à répandre la terreur dans la péninsule. Il finit toutefois par se lasser de carnage, se retira alors avec toutes ses richesses dans une seigneurie de la marche d’Ancône, et vendit le commandement de sa terrible troupe au comte Lando de Souabe.

GUERNON-RANVILLE (Martial-Côme-Annibal-Perpétue-Magloire, com.e de), magistrat

et homme d’État français, né à Caen en 1787, mort en 186G. Fils d’un ancien mousquetaire, il entra en 1806 dans les vélites de la garde, qu’il quitta peu de temps après pour cause de myopie, lit alcrs ses études de droit, passa son doctorat à Paris en 1813, et prit place au barreau de Laen. Lorsque, en 1815, Napoléon débarqua à Dannes, M. de Guernon-Ranville, qui avait accueilli avec enthousiasme le retour des Bourbons, entra dans une compagnie de volontaires pour courir sus à l’usurpateur. Il se rendit ensuite à Gand, protesta énergiquement contre l’acte additionnel, puis reprit sa profession d’avocat, qu’il quitta en 1820 pour devenir président du tribunal civil de Baycix. Le zèle et le talent dont il fit preuve dans ces fonctions le signalèrent à l’attention du pouvoir, qui le nomma successivement avocat général à Coluiar (1822), procureur général à Limoges (1824), à Grenoble (1826) et è. Lyon (1839). M. de Guernon-Ranville, dans un discours de rentrée, venait de se déciirer «ennemi irréconciliable des doctrines tévolutionnaires, » lorsque le duc de Polignac l’appela, le 19 novembre 1S29, à prendre.e portefeuille de l’instruction publique et des cultes dans le cabinet qu’il présidait. Le ministre imprévoyant qui devait amener la chute de la Restauration espérait trouver dans M. de Guernon-Ranville un instrument énergique, prêt à, le seconder vigoureuement dans le coup d’État qu’il méditait. Mais si l’ancien avocat de Caen était essentiellement conservateur, il était, en même temps très-sinemement attaché aux institutions constitutionnelles. À la Chambre des députés, il comb.utit le projet d’adresse des 221 ; mais, en même temps, il se prononça, au conseil des ministres, contre la proposition de dissoudre la Chambre, puis contre les ordonnances de juilet, et dit au roi : « La France est centre gauche. » Toutefois, il n’en signa pas moins les fatales ordonnances, se croyant obligé de suivre jusqu’au bout l’homme a la polit que duquel il s’était associé. Pendant l’insurrection, .il se rendit à Saint-Cloud, auprès du roi, qu’il suivit jusqu’à Rambouillet. Arrêté près de Tours le 5 août 1830, il fut conduit à Vincennes, jugé avec ses autres collègues par la Chambre des pairs (15-20 décembre) et condamné à la mort civile et à une détention perpétuelle. L’amnistie de 1838 lui ret dit la liberté, et il se retira alors dans sa terni de Ranville près de (Jaen, où, depuis cette époque, il a vécu complètement à l’écart de» affaires publiques. M. de Guernon-Runvi ie a publié : Recherches historiques sur le jury (Caen, 1818, in-8°). U a composé des uéinoires curieux, dit-on, qui sont encore inédits.

GUËRONNlÈRE (la), écrivain et homme politique français. V. La GuëRONNIÉre.

GUÉROULT (Guillaume), écrivain français, né à <Jaeu au xvi» siècle. Il étudia la médecine et la botanique, adopta les principes de la Réforme. Dans un voyage qu’il lit en Italie et en Suisse, sa conduite sct.nc.aleuse le fit chasser de Genève. Il vint alors se fixer à Lyon, adopta une conduite plus régulière et gagna sa vie à corriger des épreuves. Il a publié un assez grand nombre d’ouvrages : Description philosophale de ta uc.ture des animaux, eu rimes (Lyon, 1548-1530) ; Histoire desplantes, traduite de Laurent Fuohs (Lyon, 1548 in-4°) ; Chansons spirituelles mises en musique (Paris et Lyon, 1548, in -S") ; emblèmes (Lyon, 1550, in-Su, avec fig.) ; Hymne du temps et de ses parties (Lyon, 1552-1500, 2 vol. in-4") ; Chroniques et gestes admirables des empereurs de Borne jusqu’à Chartes V (Lyon, 1552, 2 vol. in-4°) ; Narrations fab lieuses, etc. (Lyon, 1558, in-4"). c’est un recueil de fables auquel La Fontaine a fait dis emprunts, et qui ne souffre pas trop de la ; omparaisoii avec les chefs-d’eeuvre de notre éminent fabuliste. Mais ce qu’il y a de piquant dans ce parallèle, c’est que la naïveté est le caractère propre du grand poëte du xviie siècle, et que la malice est plutôt l’apanage de celui du xvi<i.

GUÉROULT (Pierre-Claude-Bisrnard), humaniste, né à Rouen en 1744, mort à Paris en 1821. Il porta le petit collet, bien qu’il ne fût pas dans les ordres, et professa, pendant plusieurs années, la rhétorique au collège d’Harcourt, à Paris. Ayant eir. jrassé avec ardeur les principes de la Révolution de 1789, il fut, lors de la réorganisaiiou de l’instruction publique, nomme prûl’eiiseur de langues anoteimesau collège des Quatre-Nations, et fut désigné, avec sou frère, piur être des premiers élevés de l’École normale à 1 époque de sa foudation. Il devint ensuite proviseur du lycée Charlemagne, puis direc-