Page:Lavergne, Jean Coste - 1908.djvu/25

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de nous aider à emballer, ne serait-ce que ce soir, à la veillée. Notre mobilier est mince… ce sera fait en un tour de main… Le chemin de fer ne va pas jusqu’à Maleval… Je vais donc louer une voiture de déménagement… Allons, les amours, au revoir et faites risette à père… Courage, chérie…

Et il redescendit, en sifflotant ; Louise souriait de la gaieté bon enfant de son « petit homme » et de la mobilité de ses impressions.

Jean revint une heure après.

— C’est entendu ; ta mère va venir et ton père sera là aussi, la journée faite.

— Qu’ont-ils dit ?

— Mais rien : ils ont fort bien-compris les choses. Ton père est content même ; il se promet d’aller nous voir souvent, en se rendant au marché de Montclapiers.

— Oh ! mon père, — fit Louise, — je le connais. Voilà au moins dix ans qu’il parle de fréquenter le marché de Montclapiers… mais l’argent, s’il sait bien le gagner, ne s’arrête pas longtemps dans sa poche et alors…

Jean se mit à l’œuvre après le déjeuner. Quelques voisins et amis vinrent l’aider.

Le surlendemain, ils débarquaient à la gare de Montclapiers.

IV

À la descente du train, ils s’informèrent. On leur indiqua le bureau de la diligence qui va de Montclapiers à Lansac et qui, en passant, devait les déposer à Maleval. Pour quelques sous, un gamin dépenaillé s’offrit à les y conduire. Piteux et crottés, des paniers et des paquets sous le bras, lui remorquant Paul, elle tirant Rose, ils suivirent les boulevards,