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LE GRAND SÉPULCRE BLANC

d’un autre phénomène spécial aux régions polaires : les parhélies.

Ceux-ci apparaissent surtout le mois précédent à la disparition totale du soleil et de nouveau en mars, lorsqu’il réapparaît au-dessus de l’horizon. Les vignettes ci-dessous donneront au lecteur une idée de ce que sont les parhélies ou faux-soleils.


Lavoie - Le grand sépulcre blanc, 1925, illust 06.png

Il arrive très rarement que l’on puisse observer quatre parhélies équipollés, car les rayons du soleil couvrent le faux-astre supérieur. Quant au quatrième, qui, logiquement, devrait être vu, il se trouve toujours au-dessous de l’horizon. Voici une description de ce phénomène illustré par la vignette n°. 3. Lors de son apparition, deux faux-soleils seulement apparurent parallèlement à l’horizon. Un halo, rouge jaune et vert, s’était formé, la partie inférieure disparaissant à l’horizon. Un troisième faux-soleil se montra à la partie supérieure du cercle lumineux, et trois demi-halos, jaunes, rouges et pourpres se formèrent à l’intersection des trois faux-astres, qui tous brillaient autant que le soleil même, et émettaient des rayons. En hiver, il arrive aussi quelquefois que la parasélène entourant la lune présente le même phénomène.

Le parti, arrivé au fond du golfe Admiralty, subit bien des contre-temps. Les glaces étaient entassées les unes sur les autres, et il y eut des jours où l’on ne couvrit que de quatre à cinq milles. La chasse ayant fait défaut, les chiens affamés devinrent presque incontrôlables, mangeant leur harnais ou tout vêtement de fourrure que l’on n’avait pas la précaution de cacher. Heureusement pour nos explorateurs qu’au moment d’entreprendre la traversée de l’isthme devant les conduire à la baie Agou (Whyte Inlet) s’ouvrant sur le détroit Fury and Hécla, ils tuèrent quelques rennes. Ainsi ravitaillés, ils suivirent une vallée peu profonde, qui, par une succession de lacs intérieurs, les conduisit à la baie Agou. Avant d’y arriver, ils avaient trouvé quantité de saumons gelés et cachés sous des amas de pierres par les naturels du pays, ce qui avait été un changement bien agréable à leur monotone diète. Le 26 octobre, ils atteignaient le fond de la baie Agou, où étaient temporairement campés les Esquimaux d’Igloulik, venus en ces lieux pour la pêche au saumon et la chasse à l’ours polaire.

Ils furent reçus très cordialement par les naturels. Le parti ayant beaucoup souffert du froid et des intempéries, Théodore décida de le faire reposer au milieu d’une tribu aussi hospitalière. Lui-même s’installa dans l’iglou du chef du village, Sigailto, son assistant étant hébergé par le fils de ce dernier. Les vêtements humides furent séchés et l’on s’en procura d’autres plus appropriés à ce climat. Quant au premier second qui avait accompagné l’expédition les premiers jours, il était retourné au bateau depuis quelque temps.

Après quelques jours de repos, Théodore se décida à commencer le relevé des côtes du Prince Régent en remontant vers le nord. Après trois jours de marche, il dut revenir sur ses pas, la glace n’étant pas encore prise, au large du golfe Boothia. Il lui était impossible de pousser de l’avant. Il revint donc sur ses pas, retournant au bateau par le même chemin d’où il était venu. Il y arriva le 17 novembre. À son voyage de