Page:LeMay - Le pèlerin de Sainte-Anne, Tome II, 1877.djvu/209

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XXI

LE BONHOMME FERRON


Désireux de savoir ce qui se passait à la demeure de M. Lepage, et ce qu’était devenu son fidèle camarade le charlatan, Saint Pierre se rendit au Château-Richer. Ceux qui le connaissaient ne le reconnurent point. Son crâne dénudé se perdait dans une riche chevelure noire, une longue moustache en brosse tombait comme un voile devant ses lèvres, et des lunettes en verres enfumés dérobaient les reflets fauves de ses yeux. Il s’arrêta à la porte voisine de chez Lepage, demanda de l’eau pour son cheval, et lia conversation, de l’air le plus indifférent du monde, avec le garçon de la ferme. Il apprit, en peu d’instants, plus de nouvelles qu’il n’espérait en recueillir. Le garçon loquace éprouvait un véritable plaisir à raconter les événements qui avaient, depuis quelques jours, tant agité la