Page:LeMay - Le pèlerin de Sainte-Anne, Tome II, 1877.djvu/281

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Tous deux, en silence, ils s’éloignèrent de la maison délaissée.


XXVII

LA CAVE.


Le pèlerin accompagna Noémie. Ils marchèrent lentement, bien lentement, et la route, malgré cela, leur parut fort courte.

Le soleil couchant brille comme une lampe d’or au sommet des montagnes bleues, et ses rayons qui traversent de légers nuages blafards, paraissent comme les chaînes de diamant qui suspendent au ciel cette lampe merveilleuse. Un souffle frais passe dans l’air et sèche le front humide des laboureurs. Par intervalle l’on entend le beuglement des génisses au milieu des gras pâturages, les hennissements des chevaux qui se saluent de loin, et les bêlements timides des agneaux. Le pèlerin, ivre de bonheur, s’en revient en songeant à sa bien-aimée. Quand on aime et que l’on est aimé, l’on fuit le tumulte et le monde, et l’on se plaît dans la solitude. Tout ce qui n’est pas