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SOUFFLE D'AMOUR



À DES JEUNES MARIÉS


Malheur à qui vit seul ! disent d’anciens écrits.
Pour le cœur sans pitié que l’ennui soit sans trêves !
La vie à deux est bonne et ses heures sont brèves,
La force et la beauté, ce matin, l’ont compris.

Votre jeunesse expire, et vos calmes esprits
Ne seront plus troublés par d’inutiles rêves.
Comme des flots mourant sur le sable des grèves,
Vos doux espoirs comblés feront taire leurs cris.

Une porte se ferme, une autre porte s’ouvre,
Une terre promise à vos yeux se découvre,
Où votre amour béni va tracer un sillon.

Et votre liberté, craignez qu’on vous la rende ;
Vous croyez fermer l’aile et vous l’ouvrez plus grande…
La chrysalide meurt quand naît le papillon.