Page:LeMay - Les gouttelettes, sonnets, 1904.djvu/212

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PAYSAGES



SOLEIL COUCHANT


Le soir coupe l’azur d’une livide strie ;
La voile s’est fermée au vent qui la gonflait ;
La campagne tranquille, où s’attarde un reflet,
D’ombres et de lueurs semble toute pétrie.

Les champs beuglent, les bois chantent, la cloche prie.
Un nid vient de jeter des strilles de sifflet ;
Le fleuve qui s’endort gronde comme un soufflet ;
Le fardeau va tomber de l’épaule meurtrie.

Comme un voile de neige, au fond du vallon noir,
Une vapeur s’étend sur le toit du manoir.
Avec le jour qui fuit plus d’un espoir s’écroule.

Mais voici qu’inondé de feux éblouissants,
Un sommet orgueilleux où le nuage roule
Paraît comme un autel d’où s’élève l’encens.