Page:LeMay - Les gouttelettes, sonnets, 1904.djvu/225

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
223
SPORT



LE PÊCHEUR


Il court tout palpitant, en appâtant sa ligne,
Le long d’un ruisseau creux sous les grands bois perdu.
Il a vu fuir, tantôt, un goujon éperdu,
Mais il l’a dédaigné. Vrai pêcheur ne forligne.

l s’arrête aux remous qu’un tronc couché souligne.
Il se penche. Il s’appuie au vieux saule tordu.
Il lance l’hameçon. Toc, toc !… On a mordu.
Vite il tire. Échappé !… La déveine maligne !

Il était gros. Le gros mord de cette façon.
Le pêcheur restera jusqu’au soir pour le prendre,
Et mettra sans regret son meilleur hameçon.

Si le poisson savait comme on va le surprendre,
Il s’en faudrait un peu, certes ! qu’il le happât,
Mais il est comme nous faible devant l’appât.