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ULTIMA VERBA



ULTIMA VERBA


Mon rêve a ployé l’aile. En l’ombre qui s’étend,
Il est comme un oiseau que le lacet captive.
Malgré des jours nombreux ma fin semble hâtive ;
Je dis l’adieu suprême à tout ce qui m’entend.

Je suis content de vivre et je mourrai content.
La mort n’est-elle pas une peine fictive ?
J’ai mieux aimé chanter que jeter l’invective.
J’ai souffert, je pardonne, et le pardon m’attend.

Que le souffle d’hiver emporte, avec la feuille,
Mes chants et mes sanglots d’un jour ! Je me recueille
Et je ferme mon cœur aux voix qui l’ont ravi.

Ai-je accompli le bien que toute vie impose ?
Je ne sais. Mais l’espoir en mon âme repose,
Car je sais les bontés du Dieu que j’ai servi.