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SONNETS ÉVANGÉLIQUS



LE LIS


Des nuages, planant comme des vols d’autour,
Ombraient des pans de ciel et des coins de pelouse.
Nazareth regardait, souriante et jalouse,
Ses filles vers le puits s’en aller tour à tour.

Attendant de l’époux le fidèle retour,
Sur la pierre du toit veillait la chaste épouse.
Judas qui devait être, un jour, parmi les douze,
Jouait avec Jésus sur les prés d’alentour.

Un lis dans la verdure ouvrait son blanc calice.
L’Enfant-Dieu lui sourit. L’autre, dans sa malice,
S’en va de son pied nu froidement le briser.

Et Jésus, tout chagrin de ce plaisir farouche,
Prend la fleur et la porte à sa divine bouche…
Le lis garde toujours le parfum du baiser.