Page:LeMoine - Ornithologie du Canada, 1ère partie, 1861.djvu/42

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sant des efforts inouïs pour frapper de ses serres ce léger coursier des bois. En hiver lorsque le Harfang est gras, les Indiens et les Européens mêmes se nourrissent de sa chair qui est blanche et excellente au goût. » La femelle n’est jamais blanche.

Dimensions du mâle, 21 × 53 ; de la femelle, 26 × 65.

Le docteur Hall, de Montréal, prétend également que cette espèce niche dans le voisinage de Montréal — ce que nous osons révoquer en doute, sauf preuve du contraire. Ceci nous donne occasion de demander plus que jamais aux chasseurs et aux voyageurs canadiens leurs remarques, leur expérience, afin de dessiner d’une manière exacte, la physionomie, les habitudes et le parcours géographique des groupes que nous aurons à décrire — nous leur tiendrons compte de leurs renseignements dans les notes que nous aurons occasion d’ajouter à ce travail.



FAUCONS, ÉPERVIERS, ÉMERILLONS.


En octobre 1663, Pierre Boucher, alors gouverneur de Trois-Rivières, écrivant pour l’information

    choses, malgré qu’il mangeât dans une seule nuit un lièvre entier moins les pattes, les intestins et la peau. Il m’est arrivé de lui donner jusqu’à trente-trois petits oiseaux gris du printemps depuis 8 heures du matin jusqu’à 3 heures de l’après-midi et de les lui voir dévorer presque sans les plumer, mais c’était après un jeûne de treize jours ; malgré ce repas pantagruélique il ne buvait pas. Il était devenu très familier avec moi, il me connaissait très bien, quoique l’entrée d’un étranger dans l’appartement, lui causait une grande frayeur. Je lui faisais étrangler des lièvres presqu’à leur grosseur naturelle. Il mourut au printemps suivant, d’avoir mangé du poisson trempé dans la saumure. Le sel est mortel aux oiseaux. Toujours est-il vrai que je n’ai jamais pu comprendre pourquoi cet oiseau vivait sans boire. » — (Dr. Duquet.)