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AUTOUR DE LA MAISON

désirais rien. Je regardais le ciel bleu et les nuages qui voyageaient et changeaient de formes. Et je courais jusqu’à bout d’haleine, toute seule, sans but, pour suivre les nuages, pour « manger » le vent !

On jouait beaucoup à la « tag », en ces jours-là, Toto, Pierre, Marie et moi. On jouait surtout à la « tag baissée » et l’on faisait des culbutes qui n’en finissaient plus sur le gazon ! On se roulait. On chantait. On se balançait à toutes forces, dans le hamac, en enterrant à pleins poumons, « le petit bonhomme tout noir, tout barbouillé, qui s’est noyé, plan, plan, plan, boum, boum ! »

Qui portera le deuil — le
plan, plan — boum ! boum !
Qui portera le deuil — le ?
Ce s’ra monsieur l’curé,
eh ! eh ! Ah ! ah !
Ce s’ra monsieur l’curé,
eh ! eh ! Ah ! ah !
Ce s’ra monsieur l’curé — é !

On riait. On poussait des cris d’allégresse. On ne montait jamais sur la galerie sans sauter par dessus le bras, et l’on entrait dans la maison par les fenêtres. On « marchait debout » sur la haute clôture qui entourait la