Page:Le Coran (Traduction de Savary, vol. 1), 1821.pdf/163

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coucha sur la terre, et dès le point du jour il annonça la prière de l’aurore. Il se rendit à l’enceinte d’Elharam, et s’y tint debout jusqu’au lever du soleil. Alors, pressant le pas, il descendit dans la vallée Mohasser (profonde) ; de là passant à la vallée Mena, il prit sept pierres et les jeta contre Satan en prononçant cette formule : Dieu est grand, etc. Ces rites accomplis, il se rendit au lieu de l’immolation des victimes, où, après avoir harangué le peuple, il en égorgea soixante-trois de sa propre main, pour rendre grâce au ciel du nombre de ses années. Il chargea Ali, nouvellement arrivé de l’Yemen, d’immoler le reste jusqu’à cent, donna la liberté à soixante-trois captifs, se rasa la tête, et jeta ses cheveux [1] que l’on ramassa comme une relique. Ce fut alors que ces paroles célèbres descendirent du ciel [2] : « Aujourd’hui j’ai mis le sceau à votre religion [3]. Mes grâces sur vous sont accomplies. » Il m’a plu de vous donner l’islamisme [4]. » Lorsque les victimes eurent été immolées, tous les fidèles se nourrirent de leur chair. L’apôtre donna l’exemple. Il prit son repas en public, et n’admit qu’Ali à sa table. Après le repas, il alla au temple où il fit la prière de midi. De là il se rendit au puits de Zemzem, et but à longs traits de cette eau miraculeuse. Il fit ensuite les sept circuits autour de la maison sainte, et fournit la carrière entre les collines de Safa et de Merva.

Le neuvième jour de la solennité, il alla prier sur le


  1. Khaled se hâta de les recueillir. Il les attacha à son turban en forme d’aigrette, et attribua à leur vertu toutes les victoires qu’il remporta dans la suite.
  2. Lorsque ces paroles descendirent du ciel, la chamelle du prophète, accablée sous le poids de la révélation, fléchit le genoux, et se prosterna à terre. Jannab.
  3. Abul-Feda, page 131. Jannab, page 281.
  4. Le Coran, chap. 5, tome Ier.