Page:Le Coran (Traduction de Savary, vol. 1), 1821.pdf/55

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

d’un gris argenté, et si vite, que l’œil a peine à le suivre dans son vol. Me l’ayant confiée, il me commanda de monter ; j’obéis. Nous partîmes. Dans un instant nous fûmes aux portes de Jérusalem. Elborak s’arrêta. Je descendis, et l’attachai aux anneaux où les prophètes avaient coutume d’attacher leurs montures. En entrant dans le temple, je rencontrai Abraham, Moïse, Jésus. Je fis la prière avec eux. Lorsqu’elle fut finie, je remontai sur Elborak, et nous continuâmes notre route. Nous parcourûmes avec la promptitude de l’éclair l’immense étendue des airs. Arrivés au premier ciel, Gabriel frappa à la porte. Qui est là, demanda-t-on ? — Gabriel. — Quel est ton compagnon ? — Mahomet. — A-t-il reçu sa mission ? — Il l’a reçue. — Qu’il soit le bienvenu ! A ces mots la porte s’ouvrit et nous entrâmes. Voilà ton père Adam, me dit Gabriel. Va le saluer. Je saluai Adam, et il me rendit le salut. Le ciel, ajouta-t-il, accomplisse tes vœux, ô mon fils honoré ! ô le plus grand des prophètes !

Nous partîmes. Je suivais mon guide à travers l’immensité de l’espace. Nous arrivâmes au second ciel, Gabriel frappa à la porte. Qui est là, demanda-t-on ? — Gabriel. — Quel est ton compagnon ? — Mahomet. — A-t-il reçu sa mission ? — Il l’a reçue. — Qu’il soit le bienvenu. La porte s’ouvrit et nous entrâmes. Je rencontrai Jésus et Jean. Je les saluai, et ils me rendirent le salut. Bonheur ! ajoutèrent-ils, à notre frère honoré, au plus grand des prophètes.

Mahomet, toujours volant sur Elborak, toujours conduit par Gabriel, parcourut toutes les sphères célestes avec les mêmes cérémonies. Au troisième ciel, il fut complimenté par Joseph ; au quatrième, par Henoc ; au cinquième, par Aaron ; au sixième, par Moïse ; au septième, il salua Abraham et reçut ses félicitations. De là il franchit une vaste étendue des cieux, et pénétra jusqu’au Lotos qui termine le jardin de délices. Les esprits célestes ne peuvent passer au delà. Cet arbre est si immense, qu’un seul de ses fruits nourrirait pendant un jour toutes les

c
Ire. part.