Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/132

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C’est au peuple, dit-on, que la religion est nécessaire ; c’est donc la religion du peuple qui doit être bonne ; un athée devrait être convaincu par le plus simple des croyants, aussi sûrement que par un prince de la théologie. Si les prêtres ont une doctrine ésotérique, et enseignent au peuple une religion grossière, quel avantage puis-je tirer de ce que leur doctrine personnelle est très élevée, si celle qui joue un rôle social, celle dont les excès sont à craindre et les avantages à apprécier, si la religion du peuple, en un mot, est un ramassis de bourdes et de superstitions ? Eh bien ! ici, dans mon pauvre pays breton, je n’hésite pas à affirmer que la religion du paysan (qui, heureusement, n’est plus fanatique et ne peut plus être dangereux), se réduit exclusivement à quelques pratiques extérieures, dont beaucoup sentent le paganisme d’une lieue. Le culte des statues, des fontaines, des symboles en un mot, est la véritable religion des paysans bretons. Ils s’indigneraient sans doute, si je leur disais que c’est un contresens zoologique de mettre des ailes à des anges, qui ont déjà des bras, et que d’ailleurs, les anges de Dieu, n’ayant pas que l’atmosphère pondérable à traverser (au fait, d’où venaient-ils ?) n’avaient pas besoin d’ailes pour se mouvoir.

Mais je ne le leur dirai pas ; la foi du charbonnier lui donne, dit-on, le bonheur, et je serais désolé de l’en priver ; je veux bien discuter avec des