Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/176

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et il a été attaqué dès sa naissance pour des raisons qui tiennent à la paresse intellectuelle autant qu’à l’abus de la logique de sentiment. Je dis que le monisme est récent, quoique ses adversaires le confondent volontiers dans une même réprobation avec le matérialisme des anciens[1] ; et, en réalité, le monisme de certains monistes actuels ne se laisse pas aisément séparer du matérialisme, dont il a repris les affirmations métaphysiques, inaccessibles à l’expérience. Avant d’envisager les objections faites au monisme, et pour pouvoir discuter ces objections sur le terrain scientifique, il importe donc de donner du monisme une définition dépourvue de toute métaphysique.

Ce résultat n’est pas obtenu si l’on se borne à opposer le monisme au dualisme exposé dans la vieille formule : « mens agitat molem », et à nier purement et simplement l’existence de ce facteur d’action appelé mens par Virgile. Pour éviter de s’occuper de l’existence absolue des choses, il faut se garder d’oublier la manière dont nous connaissons ce que nous appelons les choses ; nous les connaissons par nos organes des sens et grâce à l’hérédité de l’expérience ancestrale, comme j’ai

  1. Je me suis souvent intitulé matérialiste, parce que, ignorant des systèmes philosophiques, je ne savais pas à quoi cela m’engageait ; j’aime mieux employer le mot « moniste ». Encore faut-il se défier de cette étiquette même, comme je le montrerai plus loin ; le seul monisme que je me laisse attribuer est celui que je définis dans ce chapitre.