Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/247

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


n’y ait dans le voisinage aucune oreille capable de déceler leur sonorité.

En revanche, je suis tout à fait d’accord avec M. Vignon quand il dit[1] : « Voici ce que tout matérialiste, quel qu’il soit, sera obligé de proclamer : les mouvements moléculaires étant tous déterminés mécaniquement, la résultante de ces mouvements élémentaires est déterminée de la même façon. » Mais l’auteur ajoute : « Cette résultante est donc indépendante de toute perception, de tout raisonnement, de tout jugement », et ici je suis obligé de me séparer de lui, car les monistes considèrent que les raisonnements et les jugements sont la traduction, dans le langage de la conscience individuelle, des mouvements de choses mesurables, qui prennent place dans le déterminisme universel. Il ne suffit pas qu’un phénomène soit accompagné de conscience chez un individu pour qu’il soit inactif dans le concert général des choses ; seulement, le fait qu’il est connu de cet individu n’a pas d’influence sur la marche des événements. C’est ce que j’ai essayé d’exprimer dans cette formule imparfaite : « Tout ce qui se passe dans le monde s’y passerait de la même manière si les atomes avaient toutes leurs propriétés actuelles, sauf la propriété de conscience élémentaire », formule imparfaite puis-

  1. Op. cit., p. 13.