Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/281

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l’abus qu’on en peut faire ; cet abus n’est pas douteux et je vous dirai tout à l’heure en quoi il me semble que vous l’exagérez et comment vos exemples ne sont pas tous bien choisis ; mais, pour le moment, l’abus n’est pas en question. Vous connaissez trop la logique déductive et vous en usez trop pour en contester la valeur ; j’ai déjà dit qu’on en pouvait apercevoir les traces dans des raisonnements très naïfs, dans l’intuition de l’emboîtement des concepts les uns dans les autres : une classe d’objets contient une autre classe moins générale, qui en contient une autre… qui contient des individus.

« Je ne répugne nullement à imaginer de pareilles intuitions, non seulement chez les hommes primitifs, mais même chez leurs ancêtres, ni à regarder leur évidence comme un résultat de l’habitude et le réveil de la mémoire inconsciente.

« Il est fort probable que beaucoup d’hommes appartenant même aux races qui se disent supérieures, ne dépassent guère ces intuitions immédiates et ces raisonnements naïfs ; ils seraient capables d’aller plus loin, ils n’en ont pas l’occasion et peuvent se reproduire sans cela. Bien qu’on puisse trouver des intermédiaires, reconnaissons qu’il y a loin de ces intuitions à une affirmation comme celle-ci : telle proposition est impliquée dans telle autre ; si celle-ci est vraie, la première