Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/38

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étonné, c’est que les croyants de tous les temps ont cherché et donné des preuves de l’existence de Dieu. Et, naturellement, toutes ces preuves sont irréfutables pour ceux qui les utilisent ; malheureusement, elles ne le sont que pour eux ; elles prouvent qu’ils croient en Dieu, et voilà tout.

La démonstration d’un théorème de géométrie est à l’usage de tous ; elle entraîne chez tous une certitude indiscutable ; chez les croyants, la certitude de l’existence de Dieu préexiste à la démonstration ; la démonstration n’y ajoute rien. Il me semble que, si j’étais croyant, je n’aurais pas besoin de me demander pourquoi. Mais, me dira-t-on, il y a les athées comme vous qui niez l’existence de Dieu ; c’est à cause des athées qu’il faut des preuves, en vue de ceux que l’athéisme pourrait influencer. S’il y a des athées, cela prouve simplement que les preuves de l’existence de Dieu ne valent rien. Elles sont bonnes pour ceux qui croient, et qui, par conséquent, n’en ont pas besoin ; elles sont inefficaces pour ceux qui ne croient pas, et c’est même une grande imprudence que de donner de telles preuves, car un athée, les ayant jugées insuffisantes, se trouvera, par là même, plus autorisé à se proclamer athée. On ne saurait attaquer le croyant qui se contente d’affirmer sa foi ; on peut discuter les raisons qu’il en donne, s’il a la témérité d’en donner. Les Pensées de Pascal sont, à mon avis, le livre le plus capable