Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/97

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distinction apparaît très nettement, et l’on sépare avec facilité des doctrines religieuses les principes de pure morale qu’elles contiennent. Le croyant fougueux qui s’isolait dans les déserts de la Thébaïde fuyait la nécessité des devoirs sociaux pour se consacrer entièrement à la glorification de Dieu ; un athée honnête homme néglige au contraire l’adoration religieuse qu’il ne comprend pas, et ne retient, de la religion de ses ancêtres, que les principes moraux. Littré est complémentaire de Paphnuce.

Ainsi, la séparation est aujourd’hui très nette entre les devoirs religieux et les devoirs sociaux, bien que, pendant une longue période de l’histoire de l’humanité, ces deux groupes de devoirs aient été confondus, par le fait qu’on croyait applicable à l’un et à l’autre la même juridiction divine. On leur appliquait aussi d’ailleurs la même juridiction humaine, et, aux époques théocratiques, les juges hommes, chargés de faire respecter les lois sociales, étaient au moins aussi sévères pour les crimes religieux que pour les crimes de droit commun.

L’hérédité peut, elle aussi, séparer les caractères correspondant à ces deux catégories de devoirs. On peut être dépourvu, en naissant, de l’idée de Dieu, et avoir néanmoins une conscience éprise de justice, un sentiment impérieux du devoir. Est-il possible, réciproquement, qu’un homme naisse plein