Page:Le Dantec - Lamarckiens et Darwiniens.djvu/137

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noir quand il quitta l’Angleterre, et qu’il devint roux après quelques mois de séjour dans le centre africain.

Et la robe blanche des animaux polaires ? Elle peut être en relation, d’après la loi de Heusinger, avec la quantité plus grande du tissu adipeux ; peut-être est-elle une conséquence directe de la couleur blanche du sol comme dans les expériences de Poulton sur les chenilles. On sait que la plupart des races humaines septentrionales sont blondes, c’est-à-dire pauvres en pigment, tandis que les races des tropiques sont nègres, sans qu’on puisse faire intervenir ici la sélection naturelle.

Mais, objectera-t-on, les Esquimaux sont aussi foncés que des Malais ! C’est peut-être un caractère héréditaire qu’ils n’ont pas eu le temps de perdre encore ; les Européens qui vont aux tropiques deviennent bruns, mais non nègres, et leurs descendants sont blancs quand ils retournent en Europe. Et puis d’ailleurs une exception comme celle des Esquimaux ne prouve rien. Les différentes espèces ou races n’éprouvent pas de la même manière l’influence du milieu ; l’ours polaire est blanc, peut-être par l’action directe de la neige, mais la martre zibeline conserve pendant les froids de l’hiver sibérien sa riche fourrure brune. Si le milieu a directement une influence sur la coloration des animaux, il produit probablement dans les différents cas des couleurs diverses ; seules les variétés homochromes sont avantageusement douées de ce côté et la sélection naturelle tend à les conserver, mais elle peut conserver aussi d’autres variétés hétérochromes qui sont, sous d’autres rapports, mieux armées pour la défense. Il ne faut pas oublier que le mimétisme est l’exception.